Traverser la nuit

Posté dans la catégorie Au jour le jour, policier/roman noir par Véronique D.

16mai

Traverser la nuit est de ces romans qui vous laisse un peu sonné, contraint de digérer une lecture qui vous a laissé, presque au cœur de la nuit, des images devant les yeux, puissantes, et dans la tête le souvenir de phrases sublimes qui vous ont fait trembler. Les pages se sont tournées presque malgré vous, tenté que vous étiez de vous arrêter davantage pour vous délecter des trouvailles, tenté aussi de percer à jour les secrets de ce si tranquille petit village picard d’Etrenjoie…

Il ne se passe jamais rien à Etrenjoie, rien jusqu’à ce jour où l’on découvre, noyé dans une mare, Jacques Jaron, figure bien connue du patelin. Pour Vilor, jeune flic qui voudrait bien nettoyer tout ce qu’il y a de sale au monde, l’affaire est compliquée : pas plus d’indices que de témoins, des mobiles incertains, des suspects peu convaincants et puis surtout des sentiments trop forts pour la fille de la victime, Blanche, 17 ans, sensuelle et affolante. Depuis ses 12 ans et une métamorphose spectaculaire, l’ingénue met tous les hommes du village au défi de garder leur sang-froid par ses seules apparitions et rappelle, par sa fausse candeur, les plus grandes héroïnes des romans noirs.

Sous les lumières de  Picardie auxquelles Martine Pouchain rend un superbe hommage, dans ce décor d’air et d’eau qui chaque soir rougeoie et tombe dans la nuit, les langues se délient, le doute s’invite à la fête, les révélations   s’emboîtent  sans que le motif du puzzle n’apparaisse encore. Les personnages prennent chair tandis que leurs secrets s’éventent, que leurs failles les éclairent et que le lecteur s’interroge, traquant  l’indice décisif qui le fera entrer dans le secret des Dieux.

Traverser la nuit transpire de chagrins enfouis, de sentiments qui cognent, de solitude et de douleurs jamais apaisées et résonne comme un requiem : une messe pour âmes seules et abîmées, que rien ne pourra réparer.

Après La ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain confirme s’il était nécessaire qu’elle excelle à donner la parole aux plus simples, à ces gens ordinaires qui, sous sa plume, font entendre leur voix singulière. Absolument incontournable !

 

 

 

Tient bon Rose!

Posté dans la catégorie 1 par Emilie

12mai

L’histoire se passe  en Irlande.  A quelle époque, on ne sait pas très bien finalement; l »auteur, Florence Cadier, n’a pas tenu à la préciser, peut être pour donner à ce petit récit une dimension universelle.

L’histoire se passe  en Irlande donc, dans une famille on ne peut plus conservatrice au sein de laquelle vit Rose, une jeune fille dont la vie aurait été sans histoire si ses yeux n’avaient pas croisé ceux de Sean.

Sean et Rose sont tombés amoureux presque à leur premier regard et ils se sont rapidement rendu compte du sérieux de leur relation. Dans le village où ils vivent, où tout se sait et tout est jugé, il vaut mieux ne pas trop alimenter les rumeurs, c’est pourquoi Rose a vite décidé d’en parler à ses parents pour envisager une union.

A la fougue et à l’émotion de Rose, les parents répondent d’une manière particulièrement froide et cynique: Parce que Sean est un simple garçon de ferme et un étranger de surcroît, il n’est pas digne d’épouser leur fille.

Ce non catégorique et sans appel ne fera pourtant pas changer d’avis Rose et Sean qui décident de tout quitter, de partir pour un monde meilleur.

Le lecteur suit ainsi les pérégrinations de Rose et Sean, entre espoir et désillusions. La Faute de Rose est un roman très fort, un tout petit texte soit  mais un grand roman.

 

 

Et voici le texte gagnant du concours d’écriture Eragon!

Posté dans la catégorie 1 par Marie-Aurélie

09mai

La sortie tant attendue du 4ème tome de L’Héritage a déclenché les passions! En voici un bel exemple. Bravo et merci à Eva Coubron pour ce très joli texte fort enthousiaste!

C’est en voyant par hasard ces deux questions : « Vous êtes un inconditionnel d’ Eragon ? Les dragons n’ont plus de secrets pour vous ? » que j’ai immédiatement réagi.

 J’ai effectivement décidé de soumettre ma candidature dans le but de remporter le tome IV de la trilogie de L’Héritage que j’attends depuis si longtemps, mais aussi et surtout pour faire partager la passion que je vis depuis mon plus jeune âge. En effet, aussi loin que remontent mes souvenirs, j’ai toujours été attirée par les dragons. La majorité des livres de mon enfance se résument à des épopées de dragons. Ma mère prenait bien garde à ne pas me lire une histoire où, à la fin le « brave chevalier tue le méchant dragon » car il s’ensuivait irrémédiablement une violente crise de ma part qui se terminait généralement en pleurs.

Je ne sais pas d’où vient exactement cet amour pour ces animaux qui paraissent féroces à bon nombre de personnes puisque je suis fille unique (je n’ai donc pas subi une influence de la part d’un potentiel frère, fan de dragons) mais mes parents me racontent qu’il n’y avait pas un seul dessin que j’ai fait où il n’y ait pas l’un de ces animaux féériques.

Cet amour quasi compulsif pour ces êtres extraordinaires ne s’arrête pas là. Effectivement, en grandissant au milieu d’animaux que mes parents recueillaient, je me suis créée une sorte de bulle où j’évoluais dans un monde « parallèle », peuplé de dragons et c’est très souvent que je me baissais promptement au passage des pigeons frôlant ma tête en hurlant :

- Regarde, maman ! Les dragons sont là ! Attention, tu vas les effrayer !!!

Et quand venait le soir et qu’il était temps d’aller dormir, une dizaine de dragons en peluches m’attendaient et je leur souhaitais à tous une bonne nuit avant de m’endormir à leurs cotés.

Le jour de mes 9 ans, je reçus un vélo flambant neuf ainsi qu’un petit chiot et un livre qui allait accroitre ma passion pour les dragons. Il s’agissait du premier tome de Christopher Paolini : Eragon. Je l’ai tout de suite lu avec le plus grand intérêt et au bout d’une semaine à peine, je l’avais fini. Plus tard, en attendant avec impatience le tome suivant, je l’ai relu et relu, avec toujours la même passion, apprenant par cœur les mots d’ancien langage qui s’y trouvaient.

A peine la première lecture d’ Eragon achevée, c’est tout naturellement que j’ai baptisé mon petit chiot  » Saphir  ».

Cet amour pour les dragons, je l’ai transmis à ma cousine Anna, plus jeune que moi d’un an à peine.

Je lui ai donc prêté Eragon et pendant qu’elle le lisait, j’allais me promener en forêt avec Saphir dans le fol espoir de trouver à mon tour un œuf de dragon qui ferait de moi une dragonnière.

Je peux vraiment affirmer qu’il y a un  »avant » et un  »après » Eragon car avant la lecture de ce fabuleux livre, j’aimais et j’admirais les dragons comme des êtres que je pouvais  »observer » mais après avoir découvert le monde de l’ Alagesia, je me suis rendu compte que la relation entre humains et dragons était beaucoup plus complexe que ça, qu’il existait des dragons mais aussi des dragonniers et qu’ensemble ils vivaient une relation idyllique, qu’ils ne faisaient qu’un. J’ai été agréablement surprise de découvrir que les dragonniers avaient le pouvoir de voler sur le dos de leur dragon, de communiquer mentalement avec eux.

Quand ma cousine a eu à son tour terminé la lecture du livre, elle était séduite tout autant que moi par l’histoire et attendait la suite avec impatience. Justement, nous nous étions créées toutes les deux un dragon imaginaire avec lequel nous vivions des aventures. Le mien était couleur or et je l’avais appelé Flamme; celui de ma cousine était gris foncé et se nommait Granit. Mon dragon ne me quittait jamais et nous passions avec ma cousine, des moments fabuleux.

Je l’invitais à la maison, nous ramassions des plumes de dindons dont nous agrémentions nos queues de cheval et l’on étaient fin prêtes pour partir  » à dos de dragon », faire de longues balades.

Je revois encore ma mère qui me criait depuis la porte :

- Éva ! Quand tu pars en vélo, mets ton casque !!!

- Rho, mais maman, les dragonniers ne portent pas de casque !

De toute façon, nous étions déjà trop loin pour faire demi-tour et les dragons allaient s’impatienter.

Devant ma cousine, je lui criais :

- Eh Anna ! On fait une course jusqu’à la rivière ?

- OK, si tu veux mais alors nos dragons sont autorisés à couper par les prés !

- Bien sûr ! Ils ne vont quand même pas suivre les routes ! C’est bon pour les humains ça, pas pour les dragonnières !

- T’as raison ! Aller ! C’est parti !!!

Je pédalais de toute mes forces en criant :

- Aller Flamme !!! Qu’est-ce que tu attends pour mettre la pâtée à ce dragonneau et à sa ridicule dragonnière ?

- Pardon ? Vole plus vite granit, on va leur montrer ! La dernière arrivée est une dragonne mouillée !

Après dix minutes d’efforts intenses nous arrivions toutes essoufflées à la petite clairière que nous avions baptisée  » Le repère des dragons. »

- ET J’AI GAGNEEEEEE !!!

- Ouais, mais nous aurons notre revanche !

- Bon, on fait une petite pause pour que les dragons se reposent et partent chasser.

- Oui, et pendant ce temps on pourrait peut-être nous rassasier. Justement je vois de belles mûres qui ont l’air bien appétissantes sur le buisson, là-bas. Eh ! Honneur à la gagnante ! Non mais !

Nous passions ainsi toutes nos vacances.

Bientôt vint les second puis troisième tomes de la trilogie et malgré le défilement des années, notre passion pour les dragons ne diminua pas. Aujourd’hui encore, ces êtres imaginaires aussi beaux que toutes les richesses du monde m’émerveillent.

Et je suis persuadée que pour tout ceux qui croient en eux au plus profond de leurs cœurs, les dragons viendront et embelliront notre monde de leur présence.

Oups ! Je n’ai pas vu l’heure passer ! Il est déjà plus de quatre heure, Anna ne va pas tarder à arriver, il faut que je me dépêche d’aller seller Flamme pour la course jusqu’au  »repère des dragons ».

 Et que l’aventure perdure !

Ils l’ont fait !

Posté dans la catégorie fantastique/merveilleux, MollaTV par Véronique D.

09mai

Ils l’ont fait, animés par la passion, dévoués à la cause d’Eragon. Ils se sont prêtés, le coeur battant et concentrés, à l’exercice périlleux qui consiste à regarder une caméra tout en pensant à ce que l’on va dire ! Ouf ! Ils s’en sortent à merveille, chacun à leur façon : sérieux, impitoyable, enthousiaste, masqué…Quant à la chaussette (même pas lavée), elle va vous persuader qu’Eragon, c’est le pied !

En sons et en images, les passionnés d’Eragon sont là !


Compte à rebours

Posté dans la catégorie 1 par Marie-Aurélie

02mai

Partir en vacances avec son père, c’est pas du tout marrant. Encore moins lorsque le père en question se noie dans l’alcool pour oublier son divorce tout récent.

Dan est un adolescent plutôt réservé et très complexé par son physique. Suite à des problèmes familiaux , le jeune garçon part, avec son père, dans un complexe sportif pour les vacances. Vraiment pas de quoi le réjouir. Arrivé sur place, Dan comprend que son cauchemar ne fait que commencer : le centre de loisirs est rempli de terrains de volley, de courts de tennis, de plages artificielles, de jeunes garçon musclés et de jeunes filles en bikinis. Dan se sent immédiatement  en marge de cette petite bulle préfabriquée où règne le sport et la perfection physique.

Son malaise ne va faire que s’amplifier lorsque son père se retrouve saoul dès leur premier dîner. En effet, depuis que la mère de Dan est partie, son père s’est mis à boire de façon régulière et Dan doit supporter toutes les conséquences de cet alcoolisme. Les relations entre le père et le fils sont de plus en plus tendues, Dan culpabilise au sujet de la séparation de ses parents alors que son père l’enfonce sans arrêt.

Pourtant, les vacances de Dan vont prendre un tournant inattendu lorsque le jeune garçon va rencontrer Lexi. Lexi est une jeune fille étrange qui passe son temps à nager à l’écart du reste du monde. Rapidement Dan est fasciné par Lexi et le mystère va s’intensifier quand le jeune garçon se rend compte qu’il est le seul à voir la jeune fille. Bien qu’au premier abord Lexi semble être une adolescente normale, Dan décèle de plus en plus d’anomalie chez elle. La jeune fille semble être couverte de bleus et d’ecchymoses qui disparaissent aussi vite qu’elles sont apparues. Ses bizarreries sont-elles uniquement liées à Lexi ou bien est-ce tout le centre de loisirs qui est concerné?

Plongez sans attendre dans l’univers étrange et inquiétant de La nuit de la 25ème heure, et dévorez ce roman à l’ambiance si particulière qui vous tiendra en haleine jusqu’à la dernière minute de la 25ème heure!

Rage de vivre

Posté dans la catégorie Au jour le jour, aventure par Véronique D.

27avr

A Tunis, Mohamed, 10ans, essuye les coups de sa mère autant que ses brimades qui tombent avec une belle régularité, frotte les sols, dort par terre et voit plus qu’à son tour les hommes venir « honorer » sa mère. Ommi, mère injuste et brutale mais adorée de son fils. Ommi, qui va se retrouver à nouveau mère et va mettre à la rue son fils aîné pour lequel elle ne trouve plus de place dans sa vie… Que faire dans les rues de Tunis à 10 ans lorsqu’on est sans argent ? Comment garder la tête haute et arriver à échapper à la loi de la rue, à l’humiliation ? Comment ne pas se perdre, comment réaliser son rêve : celui d’aller à Paris, un jour, celui de montrer à Ommi que l’on est digne de son amour, malgré tout ?

Paris inch’Allah est un roman qui mène à la lumière, d’autant plus vive et attendue que le chemin est difficile, que la lutte est incessante. Kamel Hajaji nous donne à voir grandir le petit Mohamed au fil de sa bataille pour la vie, jusqu’à l’âge adulte qui sera le temps de l’apaisement, de la réalisation de soi et de ses rêves. Avant cela il ya aura eu beaucoup de douleur, de violence, de doute, une immense bataille dépassée grâce à une énergie vitale intense et communicative.

Vive le Charleston!

Posté dans la catégorie 1 par Emilie

23avr

Le dernier livre d’Anna Goodbersen, Tout ce qui brille, ne décevra en rien les fanatiques de la série Rebelle, bien au contraire!

L’auteur nous plonge ici dans le New York des années 20, celui des mythiques « Années folles » et nous fait suivre le destin de 3 jeunes adolescentes qui rêvent de bonheur et de gloire. Cordelia et Letty ont fuit le Midwest dans lequel elles ont grandi, tiré un trait sur les liens qui les unissaient avec leur parents, oublié leur éducation on ne peut plus puritaine, et ont foncé bille en tête vers le monde de paillettes qui s’offre à elles dans la capitale.

Au cours de leur pérégrinations, elles feront la rencontre d’une troisième complice, une dénommée Astrid, qui est aussi l’amante du frère de Cordelia et qui cache un lourd secret… Ensemble, elles vont faire les 400 coups mais perdre aussi au passage quelques désillusions…

Avec Tout ce qui brille, l’auteur de Vénéneuse réussit avec brio à nous immerger dans un décor étonnant! Aventures, émotions, et évasions sont au rendez vous!

Une toute jeune prodige…

Posté dans la catégorie 1 par Emilie

20avr

A tout juste 19 ans, Manon Toulemont est bien ce qu’on appelle une jeune prodige. Etudiante en licence de cinéma, elle est aussi l’auteur de Symfonia,  une série dont le premier tome, Ouverture, est plus que convaincant.

Avis aux amateurs de Bit litt, vous serez charmés! Manon Toulemont met en scène une kyrielle de personnages aux destins on ne peut plus étonnants : il y Pacôme, un beau jeune homme fasciné par les reptiles qui vit avec sa jeune soeur, Alice,  il y a aussi Ange, un séducteur sans scrupules, en puis Olympe, une jeune étudiante sans histoire dont le destin va vite basculer…

Le roman s’enchaine sous forme de récits croisés, et l’étau se resserre petit à petit… Une plongée dans un Paris mystérieux, un roman qui vous envoutera forcément…

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°35)

Posté dans la catégorie 1 par Administrateur

12avr

Billet sur Matin Brun de Franck Pavloff

 

 

Matin brun est une nouvelle et un apologue français, le titre fait référence aux « Chemises brunes », surnom donné aux miliciens nazis des SA. Matin brun est une métaphore antifasciste et contre la pensée unique. En effet cette nouvelle relate la vie de Charlie et son ami, dont on ne connait pas le nom car il désigne tout le monde : moi, vous, nous, qui s’occupent entre belotte et bière. Ils assistent au lent et progressif glissement vers un régime totalitaire. Dans un premier temps les animaux de compagnie n’ayant pas le pelage brun font l’objet d’une interdiction. Une mesure précédant de peu leur extermination et qui s’étend rapidement à la presse puis au contrôle des ouvrages dans les bibliothèques.

Cet apologue est une façon de montrer où peu conduire la peur et l’absence de révolte, lorsque la garde est baissée, lorsque la conscience n’allume plus ses feux. Ces deux hommes qui sont des hommes ordinaires comme peuvent l’être tout un chacun, assistent en refusant de s’inquiéter à la mise en place d’un Etat brun.

Ils acceptent petit à petit toutes les nouvelles règlementations de l’Etat national afin d’êtres bien vus tranquilles, de se sentir en sécurité « … la sécurité brune, ça pouvait avoir du bon… ». Ils acceptent de détourner les yeux en se faisant une raison avec par exemple les preuves scientifiques qui leur servent de prétextes. Mais à la fin de la nouvelle le héros reprend conscience et se rend compte que tout ceci n’est qu’une mascarade. Cet apologue est un bel exemple du détour par l’intelligence car l’Etat a manipulé ses citoyens pour qu’ils acceptent ses réformes sans sourciller, pour au final instaurer une dictature. Un film est paru sur le même thème, il se nomme La vague.

 

 

Billet d’Yrieix Sardin, étudiant en de BTS CI 1

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°34)

Posté dans la catégorie 1 par Administrateur

12avr

Billet sur L’Aveuglement de José Saramago

 

 

« D’abord il s’aperçut qu’il avait cessé de voir ses mains, puis il sut qu’il était aveugle ».

 

Tout commence lorsqu’un homme devient subitement aveugle, il ne le sait pas encore mais sa cécité va rendre le pays tout entier dans une blancheur lumineuse. Tous ceux qui sont en contact avec le premier aveugle deviennent aveugles à leur tour. Est-ce une contagion, une épidémie ? Personne ne le sait, même le ministère qui décide de mettre les aveugles en quarantaine surveillés par des gardes. Ces derniers essayent par tout moyen de survivre dans des conditions misérables, « des lieux d’aisances immondes, une cuisine qui n’avait pas encore perdu son odeur de mauvaise nourriture ». Mais aussi, José Saramago montre que dans un monde sans société, ce sont les plus forts qui font la loi, « si tu veux manger, écarte les jambes ». Etrangement, seule une femme n’est pas frappée par le « mal blanc », pourquoi voit-elle ? Pourquoi elle ? Un jour, les gardes n’étant plus là, les aveugles séquestrés purent s’échapper. La femme, son mari et les autres aveugles partirent vers la ville. Seule la femme qui n’était pas aveugle put voir l’état de la ville. Tout le monde était devenu aveugle… Des habitants étaient morts, on pouvait en trouver dans les rues, dans leur maison. La femme les emmena chez elle pour pouvoir s’occuper d’eux, sans elle ils étaient tous condamnés à mourir, ils ne pouvaient se débrouiller seul. Comment pouvaient-ils aller chercher à manger ? Soudain, tous assis autour d’une table dans le salon, une jeune fille aux lunettes noires retrouva la vue et chacun leur tour ils retrouvèrent la vue. La cécité blanche avait disparu. Nous pouvons voir que José Saramago traite de différents thèmes comme la dignité ou encore la vie en société. Est-ce que nous avons une dignité lorsque nous sommes aveugles ? Pour pouvoir vivre en société, il faut des règles respectées par tous et que tout le monde soit égaux les uns aux autres. Est-ce qu’on commence à voir lorsqu’on devient aveugle ?

 

« Si tu peux regarder, vois. Si tu peux voir, observe ».

 

 

Billet d’Amélie Carmeille, étudiante de BTS CI 1

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