fév 10

Curry, jelly et brin de folie

londonEntre Lucie et sa prof d’anglais, le moins que l’on puisse dire, c’est que les relations sont plutôt unfriendly. Aussi la pauvre Lucie se retrouve t-elle exclue d’office d’un voyage scolaire to London. Qu’à cela ne tienne, ne serait-ce que pour embêter sa prof et la voir rager, la jeune lycéenne mobilise ses neurones pour trouver une solution qui l’amènera au pays des scones et du tea time sans casser sa tirelire dont le contenu avoisine le zéro que ce soit en livres ou en euros. Eureka ! La solution s’appelle Abu ! Lucie ne sait pas grand chose de ce camarade si ce n’est qu’il est indien et qu’il fait fréquemment des voyages  à Londres pour y retrouver lors des vacances ses tantes, oncles  ou cousins. Devant un plat de poulet tandoori, le deal se met en place : Lucie paiera son billet d’Eurostar et sera accueillie par tonton Vinesham à Londres à condition de faire « Makjidham » et Abu la prévient, son oncle est influent, très important et ne supporte pas que l’on se moque de lui…

Un seul problème se pose désormais : comment prendre l’Eurostar sans billet (because Lucy’s moneybox is empty, remember ?). « Impossible n’est pas français »  (comme disait l’ennemi juré de la perfide Albion, notre bien-aimé Napoléon)* et Lucie va se retrouver dans la place, babysitter un peu malgré elle au coeur d’une famille so british mais un rien déjantée… Mais don’t panic, Lucie assure dans (presque) toutes les situations !

Et que se passe t-il après ? Et bien pour le savoir, il vous reste à tourner les pages de London panic,  roman virevoltant à souhait, où le tempo donné par Marie Vermande-Lherm ne laisse aucun répit ! Une comédie fraîche, pleine de peps, de celles qui donnent la pêche et vous font oublier le fog et le blues !

*french humour

jan 24

La fille qui venait du futur

Attention, remède anti-morosité97827485206510-3131554-205x300 en vue ! Si vous avez envie d’un roman au rythme endiablé, où l’humour le dispute à l’intelligence du propos, sachez que nous l’avons trouvé !

2019. Andrea, 16 ans mène une existence tranquille entre son père et ses deux frères et prépare avec son meilleur ami un long voyage à travers l’Europe pour les vacances d’été. Partira, partira pas ? Les négociations père-fille vont bon train et l’affaire est loin d’être gagnée pour Andrea. Alors qu’elle cherche le moyen de persuader son père va lui tomber dessus un de ces imprévus qui changent un destin : Pénélope.

Qui est cette fille plantée là, aux abords du lycée, sans bouger, sans manger, sans boire, qui semble en état de panique et demande son aide à Andrea avant de se raviser et de refuser de bouger comme de s’expliquer sur sa situation pour le moins curieuse? Bizarrement accoutrée, le visage ravagé par l’acné, le cheveu gras, elle paraît si perdue… Et pour cause ! Pénélope avoue venir du futur, de 2171 très exactement. Mensonge ou réalité ? Une chose est sûre, pour Andrea, les ennuis ne font que commencer et les révélations de Pénélope n’ont pas fini de la surprendre !

Voilà le genre de roman sur lequel on aurait envie de tout dire, de donner envie en racontant les mille et une trouvailles qui font le charme de cette histoire pétillante et malicieuse. On vous dira juste que loin d’être le laideron que l’on croyait, Pénélope s’avère être une fille à la beauté stupéfiante (comme, dit-elle, le sont toutes les femmes de son temps) doublée d’une enquiquineuse de première catégorie, et que son rapport à la gent masculine est comment dire… plutôt singulier.

Ne ramenez jamais une fille du futur chez vous est non seulement un roman addictif dont les pages se tournent avec bonheur mais aussi et surtout un roman qui parle de féminisme (et oui !) avec beaucoup de pertinence et d’humour. Mais l’humour n’est pas la seule tonalité du roman puisque les révélations vont aussi bon train et que la tension dramatique est maintenue jusqu’au point final. Reste à savoir  ce que nous réserve Nathalie Stragier pour le prochain opus à paraître en juin 2016 et inutile de dire que nous sommes déjà impatientes de la lire !

déc 22

Une gourmandise !

le-chateau-de-cassandraPrenez un père écrivain qui se refuse à écrire, une belle-mère aussi ravissante que fantasque, une sœur aînée qui désespère de pouvoir un jour trouver un prince même peu charmant qui veuille bien d’elle, un jeune frère espiègle. Faites-les vivre très chichement dans un magnifique manoir aux charmes plus que désuets  : vous avez là le portrait complet de la famille de Cassandra, 17 ans. Loin de se complaire dans la morosité ambiante, la jeune fille passe l’essentiel de son temps dans la rédaction de cahiers, racontant par le menu sa vie, ses rêves, ses interrogations,  se livrant ainsi sans fin à sa seule passion : l’écriture. Si elle rêve comme sa sœur d’une vie meilleure, sa principale question reste de savoir si elle préfère Charlotte Brontë ou Jane Austen ! La vie des deux sœurs va prendre soudainement un tout autre tournant -romanesque en diable – avec l’arrivée de deux jeunes et charmants américains dans le voisinage.

Ce roman de Dodie Smith, paru en 1947 en Angleterre reste outre Manche un véritable classique et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas pris une ride. Frais, enlevé, touchant, drôle, Le château de Cassandra se lit comme un journal intime puisque le texte est composé des différents cahiers écrits par Cassandra, tout en ayant le souffle d’un roman d’aventures avec force péripéties et rebondissements.

A recommander notamment aux fans de littérature anglaise victorienne et aux amoureux de Jane Austen et de Charlotte Brontë en particulier qui verront dans ce roman des allusions nombreuses à leurs romancières favorites.

Née en 1896  dans le Lancashire, Dodie Smith a étudié l’art dramatique à la Royal Academy of dramatic Art. Emigrée aux Etats-Unis avec son mari lors de la seconde guerre mondiale, elle y écrira de nombreux scénarii pour Hollywood. Si c’est Le château de Cassandra qui la rendra célèbre, c’est son autre passion pour les chiens blancs à pois noirs qui fera d’elle une star via l’adaptation que Walt Dismey fera de son roman, …Les 101 dalmatiens ! Dodie Smith s’est éteinte à l’âge de 94 ans.*

*Sources : Gallimard jeunesse

déc 12

Entre quatre murs

CouvPageLaVie-copieDeux ados enfermés entre quatre murs : elle c’est Flora, en centre de détention pour mineures pour s’être acharnée sur une camarade désormais dans le coma à l’hôpital et lui c’est Max, lycéen comme elle mais qui, en proie à des épisodes de panique qui le paralysent, ne sort plus de chez lui. Lorsque Flora reçoit la première lettre de Max , c’est une petite fenêtre qui s’ouvre dans sa vie et au fil de la correspondance tissée entre ces deux êtres blessés et fragiles, une belle histoire d’amitié qui commence et même une vraie leçon de vie qui se dessine…

Ecrit à quatre mains par Coline Pierré et Martin Page, La folle rencontre de Flora et Max est un roman épistolaire au charme fou où  tendresse, écoute, bienveillance et humour deviennent les maîtres mots qui permettent d’accepter l’autre dans sa différence et de mieux le comprendre. Ce sont des lettres pleines de fantaisie qui s’échangent entre ces deux vilains petits canards que la société a eu vite fait de mettre dans des cases qui sont devenues des cages. Flora est en réalité plus victime que coupable puisqu’elle a répondu (par la violence, certes) au harcèlement d’une camarade de classe et Max est un personnage que l’on retrouve dans nombre des romans de Martin Page, névrosé un peu lunaire, d’une grande douceur, en proie à l’empathie mais trop fragile pour un quotidien qui confond bienveillance avec faiblesse, gentillesse avec naïveté.

Voilà des mots qui font du bien, qui prônent l’air de rien le droit à la différence, à la fantaisie débridée. Lire La folle rencontre de Flora et Max c’est comme manger du miel quand on a mal à la gorge, s’envelopper dans une grosse écharpe par temps de brouillard ou trouver la lumière alors que la nuit s’installe. Bref, lisez-le, ce livre fait vraiment du bien !

déc 02

Tabby et Eppo

9782330053789Avant même qu’il ait eu  temps de sortir son bout de carton marqué « Paris » , une voiture s’arrête devant Eppo. La chance, le destin, le hasard. Et le voilà embarqué aux côtés de Tabby, pipelette aussi intarissable que le jeune homme est silencieux mais si le silence est une évidence pour qui porte de lourds secrets et de grandes douleurs, être trop volubile peut servir tout autant à se dissimuler. Au fil de la route tracée ensemble, les questions de Tabby se font pressantes, indiscrètes tandis que les souvenirs d’Eppo, comme un flux intérieur, viennent délicatement faire affleurer les raisons de son départ. Peu à peu, les masques tombent et chacun se révèle peu à peu…

Ce qui séduit dans Le monde est derrière toi  est d’emblée l’écriture : le sens du rythme, de la composition, des dialogues. Tabby et Eppo prennent instantanément vie, dès le prologue où se perçoivent d’emblée la fantaisie de l’une et la retenue de l’autre. Marian de Smet alterne le récit de leur voyage avec les flashback qui occupent les pensées d’Eppo et très vite se dessine l’importance à ses yeux de Marteen, un ado de son âge dont ses parents ont souhaité s’occuper pour le sortir de la délinquance. Marteen, le presque frère, l’ami, le complice, le modèle… Tabby, quant à elle, cache derrière sa fantaisie la crainte d’avoir fait de mauvais choix et s’interroge sur son avenir…

Je ne vous dirais rien des secrets que cachent ces deux personnages mais sachez que la note finale est celle de l’espoir, de celles qui permettent aux lecteurs de se sentir réconfortés et émus au même titre que les personnages qui auront vécus avec eux le temps d’une lecture et peut-être même pour plus longtemps encore. Si vous êtes de ceux qui pensent que les personnages les plus beaux nous tendent leurs mains invisibles pour nous accompagner au quotidien, soyez sûrs que Marteen, Eppo et Tabby vont faire la route avec vous !

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