mai 19

Demain, les Humains…

Et si la fin du monde était pour demain ? Si, venus des confins de l’univers, des aliens nous observaient depuis si longtemps qu’ils avaient appris à nous connaître mieux que nous nous connaissons nous-même ?Et si, sans que nous en soyons conscients, ils étaient déjà là, parmi nous, attendant le moment d’agir au grand jour et de réduire l’Humanité à un petit tas de cendres ?

Dans un monde en ruines, à l’aube de la 5ème vague, Cassie est peut-être la seule Humaine encore en vie. Seule, endurcie malgré elle par les épreuves et les deuils. Séparée de Sams, son jeune frère pris en charge par l’armée,  Cassie ne tient plus à la vie que par la promesse qu’elle lui a faite : revenir le chercher, où qu’il soit. Mais depuis leur séparation, Cassie a compris l’impensable. Les aliens ont l’apparence des humains et l’odieuse idée d’avoir livré son frère aux extraterrestres la hante…A qui se fier désormais ? Cassie refuse d’abandonner sa promesse qui est sa seule lueur d’espoir. Tout le reste n’est que survie. Survie et peur. Peur et solitude… La première vague a répandu une onde électro magnétique qui a stoppé net toute forme de communication, l’électricité et les moyens de transports, la deuxième vague, sous la forme de gigantesques tsunamis a noyé des millions de personnes à travers le monde, seule une poignée d’humains a survécu à la Peste rouge répandue par la troisième vague . Ensuite, le Silence de la quatrième vague…Qu’en sera t-il de la 5ème ?

Une chose est sûre, Cassie n’a plus de questions à se poser. Survivre est l’épreuve ultime, celle qui vous met face à vous-même et peut faire de vous un alien, quelqu’un qui perd toute humanité, devenu étranger à lui-même…

Fascinante variation sur le thème des envahisseurs, vibrant hommage aux classiques du genre, -qu’ils relèvent du domaine littéraire ou cinématographique-, La 5ème vague amène son lecteur à des questionnements essentiels : quel est notre rapport à l’Autre, à la violence, à ce qui nous permet de rester humain ? Comment trouver les forces en soi d’espérer, même dans les situations les plus sombres, continuer à faire confiance, à être ému, malgré tout ?

Cette trilogie va vous transporter, vous malmener, vous plonger dans des abîmes d’angoisse et de tension, vous faire chavirer d’émotions et au final vous enchaîner à une lecture particulièrement addictive qui vous hantera jusque dans vos rêves. Faites-nous confiance, la 5ème vague tient toutes ses promesses…

mai 13

Malédiction familiale

 

A l’âge de trois ans, la petite Susan est la seule rescapée d’un incendie ravageur dans sa demeure familiale. Ses parents décédés, la petite fille est désormais pensionnaire d’un orphelinat dans les Highlands écossais.

Aujourd’hui Susan a presque 14 ans et est devenue une adolescente difficile. Elle a écumé vingt-deux familles d’accueil différentes dans lesquelles elle a toujours provoqué des désastres volontaires. Susan sait qu’elle ne veut pas de n’importe quelle famille. Depuis qu’elle est orpheline, elle cherche à retrouver le « Parfum » ; ce parfum si spécial qu’elle ne peut caractériser avec des mots. Et jusqu’alors aucune famille n’a jamais inspiré en elle ce que le « Parfum » représente. Pourtant, un jour de visite à l’orphelinat, Susan est sous le choc ! Elle sent le « Parfum », son parfum ! L’odeur tant aimé appartient à Mme Hopper. Elle et son mari sont en visite à l’orphelinat. Dès cet instant, Susan n’a qu’une idée en tête : se faire adopter par les Hopper.

Lors d’une visite de la famille, la jeune fille se lie avec Eliot, le fils Hopper, atteint d’une étrange maladie : il est un « enfant de la lune ». Le garçon ne peut jamais être exposé au soleil ou à la lumière du jour et il est, par conséquent très solitaire. Eliot va très rapidement éprouver une fascination immense pour Susan et presser ses parents afin qu’ils adoptent la jeune fille.

Désormais, elle est Susan Hopper.

Mais qui est-elle vraiment ? Pourra-t-elle se faire accepter et aimer des Hopper ? Sa vraie famille ne la hantera-t-elle pas ? Susan va devoir découvrir à ses risques et périls l’horrible malédiction qui pèse sur elle et sa véritable identité…

A lire dès 13 ans !

mai 07

Non à la ségrégation!

En 1954, La Cour Suprême des Etats-Unis rend la ségrégation raciale dans les écoles publiques inconstitutionnelle. Un plan d’intégration est donc mis en place pour que quelques étudiants noirs puissent faire leur rentrée dans un lycée blanc. La date effective est prévue pour septembre 1957. Dès l’annonce de la Cour Suprême, l’Amérique s’enflamme.

Molly Costello est une jeune fille noire de 15 ans qui, en 1954, ose se porter volontaire pour intégrer un lycée blanc. Le lycée en question est situé à Little Rock en Arkansas, un état du Sud. Persuadée qu’elle n’entrera jamais dans cet établissement, Molly oublie peu à peu le projet mais, pendant l’été 1957, on lui confirme bien qu’elle a été sélectionnée pour faire partie des neuf étudiants intégrant le lycée de Little Rock. Dès lors Molly va subir une pression constante, d’abord de la part des blancs de plus en plus agressifs et également de la part de la communauté noire peu désireuse d’affronter des représailles.

Le personnage de Molly Costello est directement inspiré par Melba Patillo qui témoigna de son expérience à Little Rock. Annelise Heurtier propose un véritable roman tout en décrivant des faits authentiques. Elle mêle habilement deux points de vue : celui de Molly qui se trouve dans une situation affreusement angoissante et celui de Grace, petite bourgeoise blanche dont l’opinion va peu à peu se transformer…

Sweet sixteen est passionnant car on y découvre une réalité très forte et bien que nous sachions tous que l’intolérance ne disparaitra jamais, ce livre nous rappelle qu’elle peut être combattue.

mai 04

Run, Angel, run!

 

Un matin, se réveillant près de la caravane où elle vit avec sa mère, Angel découvre des traces de sang et n’a pas la moindre idée de l’endroit où sa mère se trouve. Scotty le petit ami violent de sa mère a également disparu avec sa voiture. Comprenant le danger, Angel prend la fuite à travers le désert alentour. Quelques miles plus loin elle découvre une tombe toute récente dans laquelle gît sa mère.

L’inévitable est arrivé : le très dangereux Scotty a tué la mère d’Angel et Angel est le seul témoin du crime. Après une confrontation avec l’assassin, Angel arrive à s’enfuir dans le désert. Mais sans eau et blessée, la jeune fille n’a pas beaucoup de chance de survivre. Jusqu’au moment où elle est recueillie par une famille mexicaine vivant dans une communauté extrêmement pauvre à la frontière de l’Etat. Mais Angel n’a pas le temps d’être reconnaissante, dorénavant elle est une proie en grand danger. En chasseur aguerri, Scotty va la traquer jusqu’à ce qu’elle tombe dans ses griffes. Angel doit choisir : fuir, se cacher ou bien se supprimer ?

Charlie Price possède parfaitement l’art de l’intrigue. Avec Desert Angel, il construit un roman exaltant au suspense troublant. Angel est un personnage hors du commun presque plus animal qu’humain : une proie complètement inadaptée au monde qui l’entoure. Tous les personnages du roman sont décrits avec la même intelligence et la même complexité que Price distille dans ses histoires. Un excellent thriller à lire à partir de 15 ans.

mai 01

Mystères sur la falaise

Amateurs de thrillers et de sensations fortes, réjouissez-vous ! La falaise écarlate, nouvel opus de la série Clairvoyance d’Amélie Sarn  va vous donner toute satisfaction…

Emma se rend pour la première fois depuis le divorce de ses parents chez son père en Bretagne. Contrainte par sa mère à faire cet effort, la jeune fille est bien décidée à montrer  autant sa désapprobation à son père qu’une franche  hostilité à sa jeune belle-mère. Dès son arrivée, la rencontre avec des jeunes de son âge lui redonne le moral. Au moins les vacances ne seront pas complètement ratées, d’autant que l’un des garçons est plutôt séduisant…Mais le lendemain, tout le village est sous le choc : une jeune fille, familière du groupe, est retrouvée morte au pied de la falaise d’où elle se serait jetée…

Emma va alors vivre cette expérience qui l’ avait déjà éprouvée lors de la première enquête de Clairvoyance : elle entre en contact avec la victime dans des rêves qui lui donnent des indices sur les circonstances du drame. Sauf que les indices, loin de l’éclairer, la troublent encore davantage…

Fausses pistes et faux-semblants sont au rendez-vous de cette intrigue diaboliquement efficace et nerveuse à l’ambiance particulièrement soignée. La construction de l’intrigue entraîne son lecteur de piste en piste sans que rien ne laisse présager de l’issue, les personnages sont d’autant plus attachants qu’Amélie Sarn prend le soin de les rendre crédibles dans leurs motivations et réussi à faire de ce nouvel opus un roman qui peut être lu sans que l’on connaisse le premier. Le seul risque dans ce cas là : avoir envie de s’y plonger !

avr 27

Une histoire d’amours

Frangine, c’est d’abord une histoire d’amours : l’amour de Joachim pour sa jeune soeur, l’amour que se portent leurs deux mères et bien sûr l’amour inconditionnel que leurs deux mères leur portent à tous deux, eux qu’elles ont choisi d’avoir alors même que la loi française ne le leur permettait pas…

Vous l’aurez compris, Frangine est un roman au coeur de l’actualité la plus brûlante, de celle qui fait les gros titres sur une France divisée. Mais si le discours est ici engagé, il n’est pas de ceux qui jettent de l’huile sur le feu, il est de ceux qui posent des questions bien concrètes, loin de toute caricature, sans goût pour une vaine polémique. Et peut-être est-ce là la force de ce roman d’être une oeuvre littéraire qui donne à voir une réalité encore peu courante dans toute sa banalité et qui donne la parole à ceux qui n’ont pas choisi leur « situation » à savoir les deux enfants nés par PMA*.

Une famille banale que celle de Pauline et Joachim, aussi banale qu’elle peut l’être quand on est ado et que l’on a encore deux parents qui s’aiment comme au premier jour, unis, solidaires. Sauf qu’une famille homoparentale attire les questions mais aussi les insultes : autant de situations que Joachim a, à sa façon, su affronter sans trop de dommage. Quand Pauline va à son tour quitter « le pays des Bisounours » du cocon familial pour entrer au lycée, ce sera pour être prise au piège de l’homophobie la plus crasse et de l’indifférence du plus grand nombre, masse anonyme des biens contents de laisser la place de bouc-émissaire à quelqu’un d’autre…Et c’est sans l’aide de quiconque que la fragile Pauline finira par trouver ses propres réponses à la violence et à la brutalité.

Frangine est une histoire d’amours aussi parce que Joachim, en plus d’être inquiet pour sa jeune soeur, harcelée à cause de l’homosexualité de leurs mères, va vivre sa première fois avec l’élue de son coeur et découvrir que pour que la scène soit « grandiose » il n’est pas nécessaire d’être un surhomme. Se construire, être soi, trouver sa place, tels sont les enjeux qui s’imposent à ces deux ados comme les autres comme à leurs deux parents confrontés elles aussi aux jugements, à la critique et sujettes aux crises existentielles.

Si Marion Brunet fait mouche dans la vivacité des dialogues, toujours justes et empreints d’une vitalité et d’une spontanéité qui reflète bien le monde du lycée, elle excelle tout autant à rendre ses personnages crédibles, plus vrais que nature autant dans l’inquiétude que dans la combativité. Tout aussi justes sont les portraits de Julie et Maline, les deux mamans, chacune avec son histoire et ses choix de vie, deux femmes équilibrées et bienveillantes mais toujours prêtes, comme n’importe quels parents, à défendre leurs « petits ».

Ce roman est une vraie réussite, à mettre entre  les mains des ados et des adultes : de l’amour en pages !

*PMA : procréation médicalement assistée

avr 25

Sur la route…

Luce est sur la route des vacances. Elle part rejoindre son père en Arizona pour une semaine. Le voyage en voiture est très long, d’autant plus que c’est son frère qui conduit et qu’il a eu la bonne idée d’inviter son meilleur ami, Kit, un garçon plutôt agaçant. Au Nouveau Mexique, alors qu’un orage éclate, la voiture des trois jeunes percute quelque chose. Persuadée qu’ils ont blessé un animal, Luce exige de descendre voir. Sauf que, sous la pluie battante se trouve le corps sans vie d’une jeune fille. Sous le choc les trois adolescents gagnent l’unique maison à des kilomètres alentour et appelle le shérif. Jamie, le conducteur est mis en garde à vue ; Kit et Luce n’ont pas d’autre choix que de dormir chez Beth, la propriétaire des lieux.

Passé le choc de l’accident, Luce est complètement obsédée par l’identité de la jeune fille décédée : qui est-elle? que faisait-elle seule sur une route déserte? De son côté, Jamie est persuadé d’avoir renversé un coyote et certainement pas une personne.

Les jeunes ont-ils renversé l’inconnue? Sinon que s’est-il vraiment passé? Chaque jour le mystère va s’épaissir, car c’est bien connu, dans les petites villes, tout le monde a des choses à cacher…L’obstination de Luce la mènera sûrement à la vérité mais ne restera pas sans danger.

Elise Broach concocte un thriller génial au suspens à couper au couteau. La fille mirage, un livre que vous ne lâcherez pas!

avr 23

Espions et cheveux longs

Ah ! Les années 70 ! Le temps des cheveux longs, des robes à fleurs, et d’une jeunesse qui s’agite en musique, ivre de liberté…Mais qu’en est-il à Berlin-est, à quelques heures de Paris, derrière le Mur ?

Berlin-Est. 1972. Alex Ostermann, élève modèle et sans histoires joue comme la plupart de ses camarades avec les limites imposées, essaie d’avoir les cheveux les plus longs possibles (sans pour autant déroger à la règle), écoute en secret des disques venus de l’Ouest et s’autorise parfois à rêver d’un monde plus coloré, moins standardisé, d’un monde libre… Mais comment confier ce genre de pensées, jugées subversives et hors-la-loi dans un pays où votre meilleur ami travaille peut-être pour la redoutable Stasi, le service d’espionnage en garde de la sûreté de l’Etat ? Dans ce climat de suspicion permanente, comment se sentir un tant soit peu libre d’agir à sa guise, de rêver et d’être différent dans une ville grise où tout est standardisé et où il est mal vu de tenter de mettre en avant sa singularité, ne serait-ce qu’en cousant des boutons différents sur ses vêtements ?

Alex trouve en Sophie dont il tombe amoureux une oreille complice : tous les deux partagent ce rêve de l’évasion vers l’Ouest et tous les deux en connaissent le prix. En cas d’échec, c’est la mort ou au mieux, la prison et la rééducation pour de longues années…

Sektion 20 est une passionnante immersion dans la vie quotidienne d’une famille de la RDA prise au piège de la Stasi dans un chantage dont on ne peut deviner l’issue. Avec une abondance de détails qui permettent au lecteur de mieux s’imaginer la vie quotidienne derrière le rideau de fer et de comprendre les mécanismes d’embrigadement, Paul Dowswell réussit à mêler la grande Histoire (les jeux de Munich, la Fraction Armée Rouge, les services secrets, la guerre froide) au destin de ses personnages de fiction. Fascinant jeu de chat et de souris qui garde le suspense jusqu’à ses dernières pages, Sektion 20 tient tout autant du roman d’espionnage que du roman historique et porte sur le régime autoritaire de l’Allemagne de l’Est un regard très subtil, loin de toute caricature et pose la question, tout comme dans Etranger à Berlin, du libre-arbitre face à la dictature.

avr 18

Les lycéens écrivent aussi (4e édition – billet n°23)

Billet portant sur Quelque chose en lui de Bartleby de Philippe Delerm

               Quelque chose en lui de Bartleby est un roman dans lequel Philippe Delerm, nous raconte l’histoire d’Arnold Stizweg, un homme que l’on pourrait qualifier de « Français moyen », employé de la poste. Célibataire depuis 40 ans, il est heureux de l’être bien qu’il ait vécu quelque temps avec une dénommée Clémence Dufour. Le personnage d’Arnold est un peu effacé, il a envie de vivre  sans déranger personne et sans qu’on ne le dérange. Aimant la ville de Paris, la vie de quartier, il se révèle très inspiré par le personnage de Bartleby, dont il fait référence tout au long du livre. (Bartleby est le personnage principal de la nouvelle de Hernan Melville qui, un jour, cesse de travailler et refuse tout ce qu’il lui ait demandé  en répétant «  je ne préférais pas » ou « je ne préfèrerais ne pas » et qui tout, comme Arnold, prône l’inaction.) En effet, à l’instar de cet antihéros, Arnold s’implique très peu dans sa vie et reste indifférent à son métier, de même il a tendance à toujours dire non et éprouve un certain attrait pour la solitude. Enfin, il se passionne lui aussi pour l’écriture.

Arnold Spitzweg, a vu se développer dans son entourage une utilisation de plus en plus fréquente de l’ordinateur, or, au début, cet outil provoque en lui des angoisses, il ne comprend pas comment les gens peuvent passer toute une soirée sur l’ordinateur.

            Cependant, il va être obligé de se familiariser avec cet outil pour son travail et finit par y prendre goût. Il commence alors, à la stupéfaction de ses amies, à tenir un blog  qu’il nomme www.antiaction.com , titre qui devient une profession de foi .C’est un blog dans lequel il prône un art de vivre basé sur la philosophie du « carpe diem » dont l’objectif est d’apprécier chaque plaisir de la vie quotidienne.

Alors qu’il ne s’y attend pas, son blog connait un succès phénoménal auprès des internautes  même si, au début, il n’est pas trop à l’aise avec les commentaires qu’on peut lui adresser.

Il sort alors de l’anonymat à partir du moment où les chroniqueurs de France Inter  le félicitent pour ces écrits.

          Un jour  un important éditeur, voyant la réussite de ce blog, lui propose de le publier.

Arnold se remet alors en question, il vit de plus en plus mal sa notoriété n’aimant pas être au centre des discussions, il refuse finalement cette proposition, sous prétexte qu’il préfère écrire avant tout pour lui.

On comprend ainsi que Arnold qui est un personnage de nature plutôt réservée, s’est perdu dans toute cette notoriété, il ne se reconnait plus et si le blog lui procure une certaine liberté d’expression  il pourrait aussi constituer lui un danger en l’amenant à renier sa nature profonde encline à la contemplation… Il prendra alors une solution définitive pour se retrouver lui-même.

          Ce roman interroge notre relation aux nouvelles technologies et surtout, à travers l’exemple du blog, notre besoin de nous exprimer, de parler de nous et de rendre publique cette parole comme si nous étions sans cesse en quête de la reconnaissance d’autrui. Cette nouvelle forme d’expression que certains ont qualifiée de « parole extime » présente des avantages indéniables mais aussi des dangers, le premier d’entre eux étant le risque de perdre le contrôle de sa vie et d’être dépassé par la notoriété. L’auteur nous fait aussi remarquer le besoin qu’on l’on éprouve à faire comme tout le monde finalement ; il interroge sur l’ambiguïté de ce personnage qui revendique sa différence tout en devenant conformiste puisque comme tout un chacun il cède aux sirènes de son époque en se familiarisant avec les nouveaux moyens de communication.

C’est un  roman intéressant qui pousse les lecteurs à prendre du recul sur l’ensemble des révolutions  numériques qui ont modifié notre quotidien. Il ne pourra que plaire à ceux qui ont un esprit porté à la contemplation, ils se reconnaitront alors dans la vision du personnage et dans ses réflexions.

Billet de Nadya Bouhsoum étudiante en B.T.S. Assurance deuxième année

avr 17

Les lycéens écrivent aussi (4e édition – billet n°22)

Billet portant sur Bas les voiles !  de Chahdortt Djavann

L’auteur est née en Iran, elle était contrainte de porter le voile. C’était le voile ou la mort, il n’y avait pas d’échappatoire. Tout au long de son témoignage, Chahdortt Djavann nous expose son opinion sur l’Islam et ses composantes. Elle parle de son vécu en Iran et de ce qu’elle a ressenti et compris de l’Islam. Ce que j’aime dans ce livre c’est que cette femme n’a peur de rien, elle dit ce qu’elle pense comme elle le pense et on sent bien qu’il y a eu une longue réflexion et méditation derrière ses propos. Son livre est polémique, elle prend nettement position et revendique l’interdiction du port du voile des jeunes filles en France et dans les pays démocratiques. Elle ne comprend pas comment des jeunes filles qui ont le choix et la possibilité d’accéder à une certaine liberté, peuvent s’aliéner à une pratique qu’elles exécutent sans savoir le pourquoi du comment. Pour Chahdortt Djavann, le voile représente une perversion, on couvre les femmes sous prétexte de vouloir les cacher et les préserver du regard des hommes, mais en réalité il ne constitue aucune barrière. Bien au contraire, l’auteur explique que le voile attise l’envie, attire le regard et finalement expose autant celles qui s’y soumettent que le sont les femmes dénudées sur des magazines. Par ailleurs, Chahdortt Djavann incite les femmes musulmanes et les autres à faire valoir leurs droits, elle s’adresse aux hommes musulmans (père comme fils) et les enjoint à respecter les femmes et à réfléchir sur certaines interprétations qu’ils font de l’Islam. Pour elle, l’Islam est une religion de paix et d’amour et toute pratique barbare qu’enseignent certains philosophes musulmans ne fait que la compromettre.

   En tant que musulmane, je me suis interrogée sur les propos de Chahdortt Djavann et j’ai souvent été d’accord avec elle. La femme doit être sur un pied d’égalité avec l’homme. J’ai aimé ses provocations qui ne sont jamais gratuites mais amènent chacun à s’interroger sur lui-même et à remettre en cause ses certitudes et ses agissements. On pourrait dire, de façon quelque peu cavalière, que tout le monde en prend pour son grade, y compris les intellectuels et autres autorités françaises qui, sous prétexte, de tolérance, font preuve de passivité et d’hypocrisie coupables et se rendent ainsi complices de cette subordination forcée de la femme. Elle dénonce ainsi la collaboration de ces derniers dans la mise en place de  la loi islamique en Iran avec Khomeiny. Dans l’un des passages, voici ce qu’elle dit : « Ecoutez fonctionner la machine rhétorique de certains intellectuels français. Laissons faire le temps et la  pédagogie. Entendez bien : une fois encore, laissons faire les autres, les filles voilées vivre voilées et les enseignants se débrouiller. » Le style est toujours très incisif, parfois moqueur et sarcastique. Ainsi en est-il dans le passage suivant : «  si l’Homme musulman aime tant le voile, qu’il le porte lui-même ».

   Je conseille vivement cet ouvrage à celles et ceux qui s’interrogent sur l’Islam et, plus particulièrement, sur le port du voile. Il s’adresse aussi évidemment tout particulièrement aux jeunes filles voilées qui souhaitent élargir leur réflexion sur cette pratique. Enfin ce livre est aussi conseillé aux hommes musulmans qui interprètent cette religion de manière stricte, parfois discutable.

Billet de Maryem Khalifa, étudiante en B.T.S. Commerce Internationnal première année

Articles plus anciens «