Héros ou rien !
30sept
Imaginez une enfance bercée par les récits des exploits de votre lointain mais non moins courageux ancêtre. Comment il s’amusa à défier les Trâles (des trolls mais en pire !) à la nuit tombée, comment il les affronta à mains nues, comme ceci et comment cela… Ah ! Les exploits de Svein…Comme autant de berceuses, ils sont contés à la veillée, de génération en génération dans la Maisonnée de Svein, l’une des douze communautés de la vallée.
Oui, mais voilà…Lorsque l’on est cadet de la famille, peu favorisé par la nature du point de vue de sa morphologie et donc promis pour ces deux raisons, mais surtout pour la première à un avenir sans gloire mais avec beaucoup de misère et que l’on n’a aucune chance d’être un héros à son tour, que faire ? Partir défier les Trâles ? Autant se pendre directement comme un jambon au plafond !
Halli, le cadet de la maisonnée des Svein donc, anti-héros s’il en est, moche (disons-le tout net sans jouer les hypocrites), pourvu de petits jambes tordues et d’un très sale caractère, prompt à imaginer les bêtises les plus lourdes, est tout à fait désespéré quand l’aventure se propose enfin sous la forme d’un drame familial. Son oncle Brodil a été assassiné sous ses yeux ! L’heure de la vengeance a sonné : il se met en quête de l’assassin…
Après la trilogie de Bartiméus, Jonathan Stroud était bien évidemment attendu par les fans (dont nous sommes…). Changement de registre pour les Héros de la vallée : de la pure fantasy au goût médiéval avec un bestiaire effrayant et mystérieux (les fameux Trâles : brrrrrr !), des légendes familiales, des rivalités entre Maisonnées, et…un humour ravageur !
Roman d’aventures, roman initiatique aussi, les Héros de la vallée est aussi un roman qui, tout en étant extrêmement divertissant, amène une vraie réflexion sur la responsabilité ou encore la violence. Halli va aller au bout de lui-même, grandir, découvrir aussi que les légendes familiales ne sont pas toujours à prendre au pied de la lettre…
Alors, « Prêtez-moi l’oreille et je vous conterai à nouveau la bataille du Roc… »
Ils sont quatre. Quatre copains, ou plutôt des amis, deux filles, deux garçons. Complices, solidaires, complémentaires et donc différents dans leurs goûts, leurs choix. 
Lenny suscite bien des discussions au sein de l’équipe pédagogique de l’école qu’il fréquente. Nombre d’entre eux serait favorables à son inscription dans une classe de surdoués, peut-être surtout pour en être débarassés. Lenny est différent. Brillant scolairement, bricoleur insatiable et curieux juqu’à l’obsession, Lenny déroute les adultes qui ne savent pas comment gérer ces avalanches de « pourquoi » qui perturbent tout apprentissage. Les uns sont pour les punitions, les autres jouent l’indifférence, quant à sa mère, « mannequin-main », redoutable d’efficacité dans toutes les taches quotidiennnes, elle ne touche Lenny que du bout de ses gants destinés à protéger son « instrument » de travail de toute blessure, même minime. Quand au papa, disparu dans la nature depuis longtemps…
A regarder la riche bibliographie de Fabrice Colin, on serait tenter de croire que ce romancier dont le talent n’est plus à prouver, ne navigue guère hors des eaux profondes du merveilleux et d’un imaginaire peuplé de créatures aussi écailleuses que fascinantes ou d’êtres aux pouvoirs guidés par les forces les plus obscures. Il habite l’univers de la fantasy avec une telle singularité qu’il est reconnu aujourd’hui comme l’une des signatures incontournables de cette littérature dite de genre qui, sous sa plume, rejoint la littérature tout court, la grande, avec un grand « L ».
1898, Angleterre.
©Haute tension/Alejandre Aja