Les lycéens écrivent aussi (billet numéro 5)
29jan
Les larmes de l’assassin d’Anne Laure Bondoux (édition Bayard Jeunesse)
« Les larmes de l’assassin », nom contradictoire de nature, mais tellement plaisant ! C’est la première chose que j’ai pensé pour ce livre.
En le lisant, ma première impression a été très bonne : l’histoire est très attachante, la relation entre le tueur et l’enfant est très chaleureuse bien que distancée au début. Lors de leurs rencontres, Angel hésite à tuer le petit : « Un sursaut inattendu de sa conscience, peut-être un peu de pitié, ret
enait son bras ». Je n’ai jamais tué d’enfant, dit-il. Et la réponse qu’il reçu ne fut vraiment pas celle qu’il attendait. « Moi non plus », répondit Paolo. Cela créa déjà un lien particulier entre eux. Mais Paolo ne semble pas se soucier de vivre avec le meurtrier de ses parents. Il voit tous les jours la bosse que fait la tombe de ses parents sur le sol sans que cela ne le trouble ou le gène particulièrement.
Une des scènes les plus touchantes est lorsque Angel récupère Paolo après que ce dernier se soit perdu. Angel ressent à ce moment-là un bonheur intense car c’est lui qui a sauvé Paolo : « Il ne ressentait plus qu’un immense soulagement, et la fierté d’avoir retrouvé l’enfant vivant. Cela rayonnait en lui, si bien qu’il songea à remettre l’assassinat de l’étranger à plus tard pour ne pas gâcher ce moment extraordinairement serein, ce moment où il marchait, un corps lové contre le sien, avec la certitude d’accomplir quelque chose d’important dans l’univers ». Cette scène est réellement ém
ouvante, très bien rédigée, et les sentiments sont très bien retranscrits. On aurait pu sentir la main gelée de l’enfant se glisser dans la notre, son corps engourdi contre notre poitrine.
L’auteur a une façon d’écrire qui nous fait vraiment vivre et ressentir l’histoire et les sentiments des personnages. On peur sentir chaque chose. De simples phrases comme « Moi aussi, ce sont les jaunes que je préfère », sont rendues magnifiques et très agréables à lire.
Pour conclure, ce livre est une vraie réussite, et son auteur tout autant ! Seul défaut remarqué : un manque de variété de vocabulaire. Sinon, c’est que du bon !
Bénard Odile, élève de seconde 3.
La première semaine des « Lycéens écrivent aussi » s’achève. Nous remercions tous les élèves du lycée Condorcet pour leur entrain à participer à ce projet commun. Nous les retrouverons pour notre plus grand plaisir pour une deuxième salve de billets à partir du 15 février. A bientôt








Mes idées folles
Retranchés sur une île protégée par une barrière artificielle hautement surveillée et rendue infranchissable, les rescapés du virus qui a ravagé la Terre ont fondé une nouvelle République largement inspirée de la République de Platon. La jeune Anaximandre postulante à l’entrée à l’Académie (qui fait office de gouvernement), a cinq heures pour présenter et défendre son sujet devant trois examinateurs : elle a choisi d’évoquer la vie D’Adam Forde (2058-2077) et d’expliquer en quoi il a bouleversé l’ordre établi. Anax maîtrise parfaitement son sujet sur lequel elle travaille depuis trois ans en compagnie de son mentor, Périclès. Mais peut-être ne sait-elle pas tout…
A quelques minutes du réveillon, Cal reçoit un premier avertissement : « la singularité Ormond. Ne la laisse pas te condamner, mon garçon. Va t-en ! Fuis ! (…) Tu as 365 jours ».
Il me prend l’envie de vous parler d’un roman qui, à mon goût, n’a pas trouvé le public qu’il mérite. Un de ces romans « à l’anglaise », au charme raffiné, romanesque et délicat comme on les aime…
Que pense une jeune fille de 16 ans au 17 ème siècle ? La même chose qu’une adolescente d’aujourd’hui ! A quelques exceptions près : Meg vit à londres, centre intellectuel de l’Angleterre. Elle baigne depuis son enfance dans les livres, son père est libraire éditeur, et Meg, grande lectrice, souhaite elle aussi se lancer dans l’écriture. A tel point qu’elle s’éloigne quelque peu des préoccupations des jeunes filles de son âge : se trouver un mari et remplir ses fonctions de future femme. Entre Edward, homme de bonne famille et Will, l’apprenti de son père, son coeur ne parvient pas à se décider, et elle préfère largement se réfugier dans son travail d’écriture et l’aspect poussiéreux des bouquins. Ainsi, la prise en otage d’Edward en Algérie lui donne du coeur à l’ouvrage : elle entreprend d’écrire ses mémoires, assoiffée de récits à rebondissements, pour qu’elle puisse un jour connaître la notoriété, comme tous ces auteurs qu’elle a lus. Mais voilà, une adolescente évoluant dans un milieu d’hommes rencontre forcément des obstacles à la reconnaissance. Meg devra donc se battre contre les préjugés, au nom de l’écriture et du besoin de raconter des évènements pouvant changer le cours de l’Histoire. Peu à peu la beauté de ce combat prend le dessus sur les apparences rudes qu’implique la condition d’une jeune fille à cette époque, et Meg, touchante et drôle, nous transporte dans sa vie tumultueuse et attendrissante. Un voyage extraordinaire quatre siècles en arrière avec