Archives du mois de janvier 2010

Les lycéens écrivent aussi (billet numéro 5)

29jan

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Les larmes de l’assassin d’Anne Laure Bondoux (édition Bayard Jeunesse)

« Les larmes de l’assassin », nom contradictoire de nature, mais tellement plaisant ! C’est la première chose que j’ai pensé pour ce livre.
En le lisant, ma première impression a été très bonne : l’histoire est très attachante, la relation entre le tueur et l’enfant est très chaleureuse bien que distancée au début. Lors de leurs rencontres, Angel hésite à tuer le petit : « Un sursaut inattendu de sa conscience, peut-être un peu de pitié, retlarmes-assassin300.jpgenait son bras ». Je n’ai jamais tué d’enfant, dit-il. Et la réponse qu’il reçu ne fut vraiment pas celle qu’il attendait. « Moi non plus », répondit Paolo. Cela créa déjà un lien particulier entre eux. Mais Paolo ne semble pas se soucier de vivre avec le meurtrier de ses parents. Il voit tous les jours la bosse que fait la tombe de ses parents sur le sol sans que cela ne le trouble ou le gène particulièrement.
Une des scènes les plus touchantes est lorsque Angel récupère Paolo après que ce dernier se soit perdu. Angel ressent à ce moment-là un bonheur intense car c’est lui qui a sauvé Paolo : « Il ne ressentait plus qu’un immense soulagement, et la fierté d’avoir retrouvé l’enfant vivant. Cela rayonnait en lui, si bien qu’il songea à remettre l’assassinat de l’étranger à plus tard pour ne pas gâcher ce moment extraordinairement serein, ce moment où il marchait, un corps lové contre le sien, avec la certitude d’accomplir quelque chose d’important dans l’univers ». Cette scène est réellement émbondoux300.jpgouvante, très bien rédigée, et les sentiments sont très bien retranscrits. On aurait pu sentir la main gelée de l’enfant se glisser dans la notre, son corps engourdi contre notre poitrine.
L’auteur a une façon d’écrire qui nous fait vraiment vivre et ressentir l’histoire et les sentiments des personnages. On peur sentir chaque chose. De simples phrases comme « Moi aussi, ce sont les jaunes que je préfère », sont rendues magnifiques et très agréables à lire.

Pour conclure, ce livre est une vraie réussite, et son auteur tout autant ! Seul défaut remarqué : un manque de variété de vocabulaire. Sinon, c’est que du bon !

Bénard Odile, élève de seconde 3.

La première semaine des « Lycéens écrivent aussi » s’achève. Nous remercions tous les élèves du lycée Condorcet pour leur entrain à participer à ce projet commun. Nous les retrouverons pour notre plus grand plaisir pour une deuxième salve de billets à partir du 15 février. A bientôt

Les lycéens écrivent aussi (billet numéro 4)

28jan

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Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti (L’Ecole des loisirs)

Le sujet principal de ce livre est la guerre entre la Palestine et Israël. Il a été écrit par Valérie Zenatti et a été publié en 2005 à L’École des loisirs. Ce livre est destingaza300.jpgé à la jeunesse. Il s’agit d’un roman épistolaire, c’est-à-dire un roman écrit avec des lettres, dont les adresses e-mail sont bakbouk@hotmail.com, pour Tal, et gazaman@free.com, pour Naïm, alias Gazaman.

On parle beaucoup de guerre, de militaires, mais surtout de paix, ce que souhaitent Naïm et Tal pour leur pays qui ne savent que se massacrer entre eux. Tal a dix-sept ans. Elle habite à Jérusalem, en Israël. Mais depuis quelques années, Israël est en guerre avec la Palestine. Tal en a assez de cette guerre, elle ne s’y habitue pas. Tous les jours, il y a des attentats, en Palestine comme en Israël, et tous les jours il y a des morts et des blessés des deux côtés. Tal est triste pour les Israéliens mais aussi pour les Palestiniens car ses parents sont pour la paix entre ces deux pays et rêvent de faire la paix avec la Palestine.

Tal écrit toutes ses pensées et un jour, pendant le cours de biologie, elle décide d’envoyer ses pensées à une fille d’en face. Elle l’imagine déjà cette amie-ennemie. Tal glisse ses feuilles danvalerie-zenatti-2-300.jpgs une bouteille et les confie à son frère qui fait son service militaire à Gaza, en terre de Palestine. Mais son frère, un peu plus futé qu’elle, eut l’idée de la mettre sur la plage de Gaza, là où quelqu’un pourrait la trouver. Quelques jours plus tard, Tal reçoit un e-mail dont l’adresse est gazaman@hotmail.com. Au fur et à mesure, Tal et Naïm apprennent à se connaître. Chacun d’eux a le même point de vue sur cette guerre. Tous les deux souhaitent la paix entre la Palestine et l’Israël. Tal et Naïm s’inquiètent l’un pour l’autre, ils ont peur que l’un d’eux meurt, que l’un d’eux n’ait plus de nouvelles de l’autre.

On trouve ce livre triste et beau à la fois. Il parle d’un sujet qui nous concerne tous, la guerre israélo-palestinienne. On a l’impression que Tal et Naïm nous la font découvrir d’une autre façon. On découvre beaucoup de choses sur cette guerre et sur la façon de vivre dans ces pays. Peut-être qu’un jour le souhait de paix entre la Palestine et l’Israël se réalisera. Énormément de gens veulent la paix entre ces deux peuples, qui ne sont pas si différents l’un de l’autre finalement…

Bénani Sandra et Bellancourt Soumaya, élèves de seconde 3

Les lycéens écrivent aussi (billet numéro 3)

27jan

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Persépolis (4 tomes) de Marjane Satrapi (édition L’Association Paris)

Ces quatre tomes retracent la vie de Marjane, jeune iranienne née en 1970, pleine d’ambition, élevée dans une famille cultivée qui va vivre le renversement du Shah et la mise en place de la république islamique avant de connaître l’exil occidental.
Chaque tome retrace, de façon chronologique, une période marquante de sa vie, indissociable de l’histoire de son pays.
Le tome 1 axe son propos sur la destitution du Shah et la révolution iranienne datant des années 79-80. Marjanepersepolis300.jpg Satrapi a alors entre 8 et 10 ans, elle suit avec passion les événements politiques en embrassant les opinions de ses proches sans aucun recul mais déjà elle manifeste un esprit de révolte qui aboutit à une crise religieuse puisque, suite à l’arrestation et à l’assassinat de son oncle, elle renie sa foi en Dieu.
Le tome 2 relate les conditions de vie pendant la guerre Iran-Irak, les bombardements, la peur, la pénurie, l’endoctrinement des jeunes recrues de l’armée iranienne, l’absence de liberté avec le port du voile rendu obligatoire. La pré-adolescente qu’elle est devenue ne cesse de vouloir se rebeller contre toutes les injustices et affronts subis et tous les moyens sont bons : paroles, musique et références occidentales, comportements provocateurs… Sa vie est sérieusement menacée, ses parents décident de l’exiler en Autriche.
Le tome 3 se passe à Vienne, en 1984 et raconte sa vie d’exilée pendant 4 ans : découverte de la liberté, de la société de consommation, de nouveaux modes de pensée mais aussi de soi à travers la naissance de sa féminité et des premiers sentiments amoureux. Pourtant, tout n’est pas si rose, loin s’en faut, l’exil est aussi marqué par la solitude, le manque affectif, les désillusions amoureuses et surtout le reniement de soi à travers celui de ses origines qu’elle tente d’oublier les jugeant trop lourdes à assumer.
Le dernier tome marque le retour à Téhéran, la dépression et la renaissance à travers différentes expériences : l’entrée à l’université, le mariage (raté), les fêtes, enfin la décision, cette fois-ci définitive et choisie, de partir vivre en France…
J’ai adoré ces quatre tomes, dévorés en une semaine. Le ton est simple, voire familier ce qui nous rend très proches de Marjane dont on suit l’évolution, le passage de l’enfance à l’adolescence puis à l’âge adulte, passage souvent douloureux qui nous renvoie à des problématiques personnelles. La force de ces bandes dessinées vient à la fois de leur caractère universel et du contexte historique très marqué qu’elles nous font découvrir et vivre « de l’intérieur ». Les dessins en noir et blanc donnent de l’intensité et une portée plus générale au propos. Après avoir lu les bandes dessinées, j’ai vu le film et n’ai pas été déçu, au contraire, il est fidèle au texte tout en trouvant son ton propre. A voir et à lire d’urgence !

Gabriel Hodonou, étudiant en BTS CI

Les lycéens écrivent aussi (billet numéro 2)

26jan

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Jeune fillejeunefille300.jpganne_wiazemsky300.jpg d’Anne Wiazemsky (édition Gallimard)

Une autobiographie cinématographique

Tout le livre repose sur le film de Robert Bresson dans lequel a joué Anne Wiazemsky lors de sa jeunesse. Cela fut certainement un fait marquant de sa vie, c’est donc pour cela qu’elle décide de nous en faire part.

Dans cette autobiographie, nous allons ainsi assister à l’envers du cinéma par des faits bien sûr réels. Tout d’abord, l’audition pour le rôle est racontée, audition qui semble particulièrement difficile. Puis, l’envers de la caméra est extrêmement bien décrit, avec par exemple le nombre impitoyable des prises de la « scène de séduction » où le réalisateur prit un malin plaisir à répéter les prises alors qu’Anne se faisait de plus en plus mal.

Alors, on découvre l’envers du décor grâce à un auteur ayant vraiment vécu un tournage de film.

Une autobiographie non censurée

L’aspect négatif du film représente les quelques passages du livre pouvant choquer comme les scènes de nu où doit apparaître Anne ou les scènes dans lesquelles on peut dire qu’il y a un détournement de mineure, puisque Robert Bresson essaye délibérément d’embrasser la jeune fille.

Ainsi, certains lecteurs pourraient être choqués de ce qui les attend au fur et à mesure de ce texte.

Une autobiographie avant tout

 

Derrière ses airs cinématographiques, le livre d’Anne Wiazemsky est tout d’abord une autobiographie.

Premièrement, l’auteur est entièrement sincère puisqu’elle nous raconte sa première expérience sexuelle ou des abus dont elle a été victime sans aucune pudeur.

Secondement, elle nous livre un passage très marquant de sa vie, aussi bien dans sa carrière, qu’au niveau de son caractère ou de sa vie sentimentale.

Finalement, Anne Wiazemsky souhaite sûrement par cette autobiographie montrer qui elle était et ce qu’elle est devenue.

Jessica Leopold, étudiante en 1ère L

Les lycéens écrivent aussi

25jan

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Des conseils de lectures d’ado à ado

Le Blog Ado de la librairie Mollat laisse carte blanche aux élèves du Lycée Jean Condorcet de Bordeaux. Ces jeunes lecteurs ont saisi l’opportunité qui leur a été offerte de pouvoir s’exprimer sur ce blog en matière de littérature.Les élèves ont régulièrement assisté aux conférences publiques du Salon Mollat et y ont rencontré de nombreux auteurs tout au long de l’année 2009 -2010. Ces rendez-vous sont devenus pour les élèves et leurs professeurs une invitation à débattre et à oser une parole propre.

Ces jeunes n’ont pas leur langue dans leur poche ! Souvent envoûtés par leurs lectures, mais déçus parfois, ils vous livrent leurs impressions de lecture et leurs coups de cœur !

Pour le lycée Condorcet, c’est une occasion de s’ouvrir beaucoup plus largement à la culture : habitués à des rencontres avec les textes comme avec des écrivains – toujours dans les murs du lycée ou en bibliothèque – les élèves ont via ce blog l’occasion de rencontrer et de confronter beaucoup plus largement leurs points de vue, leur enthousiasme, leurs déceptions, leurs visions d’une littérature vivante.

C’est bien la pratique d’une écriture lycéenne prise sur le vif qui trouve ici sa place. La lecture s’affirme alors comme une passion partagée, discutée qui nourrit un dialogue dont chacun sortira enrichi. La curiosité et l’esprit critique des élèves et des étudiants du Lycée Condorcet risquent de vous surprendre.

Suivez donc leurs conseils de lectures tout au long de l’année 2010 sur le Blog Ado de la librairie Mollat ! De janvier à mai, quatre semaines seront consacrées à la présentation des articles des étudiants du Lycée Condorcet. Nous vous donnons donc rendez-vous semaine 4 ( du 25 au 30 janvier), semaine 7 (du 15 au 20 février), semaine 12 (du 22 au 27 mars) et semaine 15 (du 12 au 17 avril). En avant, voici le premier billet !

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Loin d’eux de Laurent MAUVIGNIER (éditions de Minuit)

Luc s’ennuie, ne se sent pas très bien dans son environnement familial. Il passe son temps sur son lit à regarder les affiches de cinéma qu’il a accrochées sur les murs de sa chambre. Sa famille ne le comprend pas, à l’exception de sa cousine qui arrive à comprendre ce que vit le jeune homme. Luc va finalement trouver un emploi de barman et quitter le nid famililaurent_mauvignier300.jpgal pour s’installer à Paris. Tout le monde pense que ce travail et cet éloignement lui feront du bien, sauf sa cousine qui pressent le drame inévitable : Luc se suicide.

Dans ce premier roman, Laurent Mauvignier expose les difficultés que doit affronter cette famille déchirée par la douleur. Le mal-être des jeunes, l’écart entre les générations, l’incompréhension et la souffrance ; autant de problèmes qui nous renvoient à nous-mêmes et sont familiers à chacun.

Laurianne Brabant et Fabien Thollard, étudiants en BTS AM

le singulier docteur Maboul

21jan

mes idées follesMes idées folles aurait pu être la simple histoire d’une vocation : celle d’un petit garçon qui veut comprendre comment ça marche à l’intérieur du corps humain et qui veut devenir médecin, puis, parce qu’il veut aussi comprendre pourquoi on pleure ou on rit, devient psychiatre.

C’était sans compter sur l’univers légèrement déjanté d’Axl Cendres, qui après le déjà très remarqué Aimez-moi maintenant, revient avec des personnages à la fois loufoques, tendres et touchants.

Abel est médecin psychiatre donc, et utilise sa première ordonnance pour prescrire une bonne dose d’héroïne pure à son meilleur ami Johnny ainsi quà lui même. Le ton est donné : nos deux héros sont en proie à un désepoir qui ne dit pas son nom et se cache derrière des substances que la morale et le corps médical réprouvent.

Alors que Johnny rêve de la découverte génialissime qui va le rendre riche à millions, Abel accepte un poste de psychiatre au Pavillon 43, réservé aux « chroniques » : il ya a là l’incontournable Napoléon, le non moins attendu Jésus, mais aussi Rose, une éternelle petite fille aux cheveux blancs, Baudelaire en spécialiste de poésie pornographique et j’en passe. Des fous ? Oui, sans doute, au moins autant qu’Abel… A moins que ce ne soient que des victimes de la vie ?

Mes idées folles est un roman qui navique entre humour et tristesse à l’instard de ses personnages. Derrière les scènes burlesques perce le désarroi et derrière le désarroi un incroyable instinct de survie. Et pour ça , tous les moyens sont bons ! Au final ce roman dégage, comment dirais-je ?… un charme fou !

 

Eternel Adam

16jan

GENESISRetranchés sur une île protégée par une  barrière artificielle hautement surveillée et rendue infranchissable, les rescapés du virus qui a ravagé la Terre ont fondé une nouvelle République largement inspirée de la République de Platon. La jeune Anaximandre postulante à l’entrée à l’Académie (qui fait office de gouvernement), a cinq heures pour présenter et défendre son sujet devant trois examinateurs : elle a choisi d’évoquer la vie D’Adam Forde (2058-2077) et d’expliquer en quoi il a bouleversé l’ordre établi. Anax maîtrise parfaitement son sujet sur lequel elle travaille depuis trois ans en compagnie de son mentor, Périclès. Mais peut-être ne sait-elle pas tout…

Genesis est l’un des romans les plus originaux et les plus ambitieux de ces derniers mois. Il fallait oser l’alchimie entre philosophie et science-fiction mais Bernard Beckett mène son projet de main de maître ! On devient vite captivé par ce roman en grande partie construit sur la forme du dialogue dans la droite ligne de Platon et les idées maîtresses sont très vite mises en lumières. Qu’est-ce que l’humain, où se situe la différence entre intelligence artificielle et pensée humaine, qu’est-ce que le libre arbitre ? Qu’est-ce qui fait l’intérêt de la vie alors même que nous savons qu’elle se terminera par notre mort ? Comment décider de nos choix, de nos actions ?

Au fil de l’examen, Anax prend de plus en plus de risques dans ses réponses, est de plus en plus sensible à l’engagement d’Adam Forde, résistant à l’autorité de l’Etat. Le piège se referme sur elle et la fin sera surprenante !

Lire Genesis, c’est accepter de ne pas lâcher le livre avant de l’avoir terminé. La fascination va crescendo tant ce roman est intelligent, pétillant, vibrant de ce questionnement permanent qui fait de nous des humains et non des machines soumises. Excitant,  non ?

Les mois de janvier sont meurtriers

12jan

conspiration 365A quelques minutes du réveillon, Cal reçoit un premier avertissement : « la singularité Ormond. Ne la laisse pas te condamner, mon garçon. Va t-en ! Fuis ! (…) Tu as 365 jours ».

Ce mois de Janvier n’est pas de tout repos pour Cal. Il vient de perdre son père décédé brutalement après avoir contracté un mystérieux virus, il réchappe de peu à la noyade, la maison familiale est mise à sac par des cambrioleurs, il est tout à tout menacé, kidnappé puis contraint de fuir après avoir été accusé de tentative de meurtre sur les personnes de son oncle et de sa petite soeur !

Beaucoup pour un seul jeune homme ! La solution est peut-être dans les mystérieux dessins que lui a laissé son père… En attendant, Cal n’a qu’une chose à faire : sauver sa peau !

Vous aimez les séries américaines qui vous laissent en apnée pendant une heure trente ? Vous allez adorer Conspiration 365, la série qui conduit à l’addiction à la lecture ! Pour suivre les aventures rocambolesques de Cal, il vous faudra lire en effet un livre par mois : Janvier, Fevrier etc… Dans un style efficace qui ne s’embarrasse guère de fioritures, Gabrielle Lord vous entraîne dans une suite de péripéties effrenées qui séduira même les plus réfractaires à la lecture.

Allez, c’est parti pour l’aventure, suspens garanti !

Un secret bien gardé

07jan

couverture de Profond secretIl me prend l’envie de vous parler d’un roman qui, à mon goût, n’a pas trouvé le public qu’il mérite. Un de ces romans « à l’anglaise », au charme raffiné, romanesque et délicat comme on les aime…

Grace et Madeleine vivent dans un petit village de la campagne anglaise. Rien ne distingue les deux jeunes filles, parfaites jumelles, mis à part le ruban de couleur qu’elles portent dans leurs cheveux. Même leur mère, sans cet accessoire, ne peut les différencier. A la mort (accidentelle) de Grace, Madeleine, persuadée que sa soeur était la préférée de leur mère, décide d’endosser son identité et commence dès lors à vivre dans un mensonge de plus en plus étouffant.

Dans le même temps, le village est destiné à disparaître sous les eaux, à cause de la construction d’un barrage dans la vallée. C’est tout un monde qui s’efface, changement attendu impatiemment par les uns, redouté par les autres.

Ce roman est un petit bijou ! Délicat, sensible, sans aucune mièvrerie, il propose une peinture psychologique d’une grande finesse en même temps qu’une analyse très pertinente de la société d’après-guerre. Jamais morbide ou désespéré, Profond secret est un vibrant témoignage d’espoir, d’humanité qui dit le pouvoir de reconstruction de l’être humain, malgré les épreuves.

On se prend à penser à la jolie comédie dramatique que le roman de Berlie Doherty pourrait devenir au cinéma ; dommage que personne n’en ai eu l’idée ! Mais Profond secret, sous la forme du roman, suffit à notre bonheur : celui que donne une histoire rendue étonamment crédible par la richesse des personnages, le sens du détail, les descriptions de la vie quotidienne. Rien que du bonheur vous dis-je ! Et magnifiquement écrit !!!

Et en format poche qui plus est ! Non, vraiment, vous auriez tord de passer à côté…

La jeune fille à la plume

03jan

la jeune fille a la plumeQue pense une jeune fille de 16 ans au 17 ème siècle ? La même chose qu’une adolescente d’aujourd’hui ! A quelques exceptions près : Meg vit à londres, centre intellectuel de l’Angleterre. Elle baigne depuis son enfance dans les livres, son père est libraire éditeur, et Meg, grande lectrice, souhaite elle aussi se lancer dans l’écriture. A tel point qu’elle s’éloigne quelque peu des préoccupations des jeunes filles de son âge : se trouver un mari et remplir ses fonctions de future femme. Entre Edward, homme de bonne famille et Will, l’apprenti de son père, son coeur ne parvient pas à se décider, et elle préfère largement se réfugier dans son travail d’écriture et l’aspect poussiéreux des bouquins. Ainsi, la prise en otage d’Edward en Algérie lui donne du coeur à l’ouvrage : elle entreprend d’écrire ses mémoires, assoiffée de récits à rebondissements, pour qu’elle puisse un jour connaître la notoriété, comme tous ces auteurs qu’elle a lus. Mais voilà, une adolescente évoluant dans un milieu d’hommes rencontre forcément des obstacles à la reconnaissance. Meg devra donc se battre contre les préjugés, au nom de l’écriture et du besoin de raconter des évènements pouvant changer le cours de l’Histoire. Peu à peu la beauté de ce combat prend le dessus sur les apparences rudes qu’implique la condition d’une jeune fille à cette époque, et Meg, touchante et drôle, nous transporte dans sa vie tumultueuse et attendrissante. Un voyage extraordinaire quatre siècles en arrière avec la Jeune fille à la plume de Katherine Sturtevant chez Bayard jeunesse !

Ce billet a été écrit par Emma Foucher, libraire au rayon Poche et Ado

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