Retranchés sur une île protégée par une barrière artificielle hautement surveillée et rendue infranchissable, les rescapés du virus qui a ravagé la Terre ont fondé une nouvelle République largement inspirée de la République de Platon. La jeune Anaximandre postulante à l'entrée à l'Académie (qui fait office de gouvernement), a cinq heures pour présenter et défendre son sujet devant trois examinateurs : elle a choisi d'évoquer la vie D'Adam Forde (2058-2077) et d'expliquer en quoi il a bouleversé l'ordre établi. Anax maîtrise parfaitement son sujet sur lequel elle travaille depuis trois ans en compagnie de son mentor, Périclès. Mais peut-être ne sait-elle pas tout...
Genesis est l'un des romans les plus originaux et les plus ambitieux de ces derniers mois. Il fallait oser l'alchimie entre philosophie et science-fiction mais Bernard Beckett mène son projet de main de maître ! On devient vite captivé par ce roman en grande partie construit sur la forme du dialogue dans la droite ligne de Platon et les idées maîtresses sont très vite mises en lumières. Qu'est-ce que l'humain, où se situe la différence entre intelligence artificielle et pensée humaine, qu'est-ce que le libre arbitre ? Qu'est-ce qui fait l'intérêt de la vie alors même que nous savons qu'elle se terminera par notre mort ? Comment décider de nos choix, de nos actions ?
Au fil de l'examen, Anax prend de plus en plus de risques dans ses réponses, est de plus en plus sensible à l'engagement d'Adam Forde, résistant à l'autorité de l'Etat. Le piège se referme sur elle et la fin sera surprenante !
Lire Genesis, c'est accepter de ne pas lâcher le livre avant de l'avoir terminé. La fascination va crescendo tant ce roman est intelligent, pétillant, vibrant de ce questionnement permanent qui fait de nous des humains et non des machines soumises. Excitant, non ?