Archives du mois de mars 2010

Stephenie Meyer : le retour !

31mar

meyer3.JPGIndiscrétion, rumeur, fantasme ou rêve fou de fan ?

Le samedi 05 juin à 18h01 précisément paraitra en sortie mondiale « La seconde et brève vie de Bree tanner » signée Stephenie Meyer .

L’information vient directement de l’éditeur français (Hachette) qui livre au passage quelques informations quant au contenu ultra-secret bien sûr.

C’est en pensant à récompenser ses fans par l’écriture d’une nouvelle inédite destinée au Guide officiel de la saga Twilight que Stephenie Meyer s’est sentie à l’étroit dans le format littéraire qu’elle avait envisagé. Ce sera donc un roman, le cinquième de la saga, dont le titre sera en rupture avec les précédents : les paris étaient lancés pourtant sur le titre qui pourrait rimer avec les précédents Fascination,Tentation, Hésitation et …Révélation.

Les fans auront reconnu dans le personnage de Bree Tanner l’une des jeunes vampires du tome 3, Hésitation…

Il n’y a plus qu’à patienter jusqu’à la minute fatidique : 18h01, samedi 5 juin 2010, l’histoire de Bree Tanner s’arrachera dans le monde entier et sera dévorée dans le week-end par des millions d’yeux de toutes les couleurs…

Vivants ou damnés ?

29mar

la forêt des damnésMarre des vampires ? Passez aux zombies !

La forêt des damnés, roman américain de Carrie Ryan, précédé d’une solide réputation dès sa sortie (un buzz comme on dit désormais en bon français…) est à se …damner ! Dès les premières lignes, l’étrangeté mêlée à l’inquiétude crée l’attente. Et le lecteur est dès lors harponné de la plus belle manière.

Imaginez un village, cerné de grillages derrière lesquels se pressent les Damnés, créatures affamées de chair humaine, motivées par un  seul désir : manger ! Imaginez la vie de ces habitants, reclus depuis toujours, dont la vie est régie par l’autorité des Soeurs… Imaginez que, comme la jeune Mary, vous ayez été bercé par des histoires qui parlent d’un ailleurs où une autre vie a été possible et le serait peut-être encore. Une vie sans peur, au bord de l’océan, bercée par le vent de la liberté…

La forêt des damnés distille une tension plus que palpable : celle de ces romans d’horreur qui vous font vous grignoter le bout des doigts nerveusement tout en tournant les pages avec frénésie dans de délicieux frissons d’angoisse.

Il est bien plus que cela aussi. Une subtile réflexion sur nos motivations d’humain, nos choix de vie, nos égoïsmes et nos rêves. Qu’est-ce qui fait dans une vie que les uns vont se résigner à un pis-aller et les autres vouloir accomplir leur rêve, quoi qu’il en coûte ? Qu’est-ce qui fait que les uns seront satisfaits d’une vie simple et les autres toujours en quête ?

Au delà de l’horreur, un roman d’une grande finesse psychologique qui devrait soulever bien des questionnements chez ses lecteurs et provoquer quelques maëlstroms intérieurs.

A conseiller à partir de 14 ans.

Les lycéens écrivent aussi (billet n°19)

26mar

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Le serment des catacombes d’Odile Weulersse, Livre de poche

sermentcatacacombes.jpgLe livre que je pourrais conseiller aux lecteurs ou aux lectrices de tout genres est celui qui raconte une histoire d’opposition entre deux peuples à l’époque Romaine: les Chrétiens et les Romains. Et au milieu de toute cette tyrannie, cette opposition et cette maltraitance il y a une jeune fille de 15 ans, Toutilla qui vit chez son oncle Sacrovir -un marchand de cuir respecté- et sa tante Bibulia, la femme de Sacrovir. Sacrovir avait trouvé la fille de sa sœur sur le marché et l’avait rachetée à un homme qui la vendait en tant qu’esclave.
Dans ce monde où les Chrétiens sont accusés de tous les malheurs qui se produisent à Rome, où les Chrétiens sont en danger à chaque seconde de leur vie, où ils sont persécutés maltraités, rejetés et même livrés aux lions, Toutilla a quand même trouvé son prince charmant: Gédémo un jeune homme de 15 ans à l’ air un peu enfantin qui ne pense qu’à faire des farces, à s’ amuser et à chasser le sanglier. Cet amour est réciproque car lui aussi est épris de la belle.
Cependant Toutilla est une Jeune fille très courageuse qui tient à ce qu’elle est, à ce qu’elle représente. Elle met sa vie en danger à chaque seconde pour pouvoir protéger ses amis, pour pouvoir être libre et vivre sans pouvoir se cacher et avoir honte de ce qu’elle représente.
Toutilla se bat de toutes ses forces jusqu’à la dernière minute de sa vie.
Mais elle n’est pas toute seule dans ses folles aventures car Gédémo veille sur elle, l’accompagne et est là pour la protéger. Qu’est-il prêt a faire pour elle?
Vous le saurez en lisant le livre!!

Mon avis personnel: Une fois que vous avez commencé à lire le livre vous ne pouvez plus vous arrêter de le lire, vous êtes obligé de le continuer jusqu’ à la fin de l’histoire.
Vous êtes comme absorbé par l’histoire et tout ce que vit le personnage principal (ici: Toutilla) vous le vivez avec elle, vous ressentez ce qu’elle ressent et êtes dans sa tête.
Il y a une scène par exemple ou Toutilla se fait agresser par les « fouines » deux garçons dont un petit gros et un grand mince (on les appelle comme ça car ils se mêlent de ce qui ne les regarde pas!) ils l’insultent et la menacent de divulguer son secret (le fait qu’ elle soit chrétienne) qui n’est pas vraiment un secret, ils la frappent et barbouillent son visage de boue.
A ce moment là vous êtes obligé d’être en colère. Même si ce n’est pas à vous que cela arrive!
Même si parfois il y a des scènes un peu cruelles et sensibles : c’est un très bon roman plein de sentiments et d’émotions. Je vous conseille fortement de le lire et je vous souhaite une très bonne lecture!!!!Sadna Nathoo, Seconde 1

Voilà ! L’article de Sadna conclue cette nouvelle série de billets des élèves du lycée Condorcet. Rendez-vous le 12 avril pour la prochaine et dernière vague condorcéenne.

Les lycéens écrivent aussi (billets n°17 et 18)

25mar

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Le Temps des miracles d’Anne-Laure Bondoux (Bayard Jeunesse)

tps-miracles.jpgLe nouveau livre d’Anne Laure Bondoux est un cadeau tombé du ciel. Il se nomme Le Temps des Miracles. Pour dire un miracle, cela en est un, ah ! oui ! même un très grand miracle. Ce livre créé par cette déesse de l’écriture nous donne encore des larmes aux yeux en écrivant l’article, avec cette histoire incroyable mais peut-être vraie.
L’histoire d’un enfant Koumail et de sa mère Gloria, la mère qui ment pendant tout le récit à son fils, son jeune fils qui le croit. Une histoire folle mais très intéressante. Plus on lit, moins on a envie de lâcher le livre. On est envoûté comme si on rentrait dans le livre et on était à la place du jeune Koumail.
L’histoire se déroule dans l’Est de l’Europe, dans le Caucase dans les années 1990 pendant la guerre, l’éclatement de l’ex-Yougoslavie. C’est pour cela qu’il est intéressant, ce livre car cela peut être vrai.
C’est Gloria, la mère de Koumail qui traverse l’Europe pour la France avec lui, alors que Koumail était petit encore. Gloria ment à Koumail, invente une vie imaginaire mais peut-être vraie, elle invente qu’il est français, que sa mère est morte dans un accident de train, qu’il s’appelle Blaise Fortune. Elle s’invente aussi une vie, que son père, ses frères vivaient bien, qu’ils cultivaient des légumes dans un très grand jardin alors que tout est faux, c’était la dictature. Gloria ment à Koumail pour le protéger car s’il connaît sa vie, son passé, l’histoire ne mène à rien et Anne-Laure Bondoux fait très bien mentir Gloria. Si Koumail savait que son père Zemzem est un terroriste, il serait recherché, inquiété et traumatisé. Le rêve de Gloria est d’aller en France et pour cela, elle fera beaucoup de sacrifices, le plus dur en réalité est pour Koumail. Donc, si vous le lisez, vous saurez comment la mère et le fils traversent l’Europe !
Et j’allais oublier, une des multiples autres spécialités de cette déesse de l’art d’écrire: un suspense à en couper le souffle, et une fin à faire pleurer un fantôme !
Quel beau livre, quel beau livre, quel beau personnage qu’Anne a créé ! Oh ! Là, là ! Lisez-le et une dernière chose, lisez-le dans le silence car il y a de tous petits indices qui sont très importants.

Deniz Haci Un, élève de seconde 3

Jeune fille d’Anne Wiazemsky (Gallimard)

jeune-fille-poche.jpgC’est après avoir écrit plusieurs romans que l’auteur, Anne Wiazemsky, décide de se lancer dans un livre sur une histoire vécue. Celui-ci raconte l’année où elle fut recrutée pour jouer dans le film Au hasard Balthazar en tant qu’actrice principale. Dans son roman, Anne Wiazemsky évoque des passages intimes, privés, lors de son passage d’adolescente à femme. Elle raconte du début à la fin : de sa rencontre avec Robert Bresson jusqu’aux moments où le tournage se termine. « Je ne sais pas de devinette, mais je sais une énigme. Vaut-il mieux avoir de la poussière sur ses meubles ou sur son âme ? » Cette réplique, celle de Anne répétant son rôle, est la première que lui demande d’apprendre Robert Bresson au début du livre. Cette phrase revient à plusieurs reprises lors des premiers chapitres c’est une des phrases qui semble l’avoir le plus marquée.
Anne Wiazemsky décide de se « dévoiler » dans ce roman, elle fait part au lecteur de tous les détails de son expérience : « Je m’étirais dans tous les sens, roulais dans ce lit, ivre de plaisir et de fierté : je l’avais fait ! ». Anne partage avec le lecteur l’expérience de sa première fois qui se passa avec un des acteurs qu’elle rencontra lors des trois mois de tournage d’Au hasard Balthazar.
Il y a dans Jeune fille trois points importants que l’auteur raconte tout au long du roman :
La vie et les contraintes du point de vue familial :
« Pour d’obscures raisons, elle croyait que son père – mon grand-père – ne m’autoriserait pas à participer au tournage.»
Le train de vie du tournage :
« Comme d’habitude après le diner, Robert Bresson prit mon bras et m’entraina dans l’allée centrale du parc.»
Et enfin sa vie sentimentale :
« …et tombai dans l’herbe violemment, avec la volonté de me faire mal, d’oublier dans la douleur physique l’autre souffrance, intérieure et invisible, dont je venais de découvrir l’existence.»
De ce fait, je trouve, dans l’ensemble, ce livre réussi. Les descriptions de la personnalité de Robert Bresson sont nombreuses et détaillées, ce qui permet au lecteur de mieux cerner le personnage.
L’écriture est fluide et agréable à lire.
Tout comme peut le faire pressentir la quatrième de couverture, ce roman est avant tout le parcours plutôt unique d’une jeune fille qui s’ouvre au monde en faisant ses premiers pas en dehors du cocon familial.
De son côté, Anne semble avoir vécu ce tournage comme une féerie, un rêve d’adolescent.
Un roman que je conseille tout particulièrement aux adolescents.

Lukas Oliver, étudiant en 1ère Littéraire

Les lycéens écrivent aussi (billets n°15 et 16)

25mar

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La touche étoile de Benoîte Groult (LGF)

touchetoile.jpg

Cette œuvre est une projection dans un monde qui existe bien mais qui n’est visible que pour ceux qui y vivent : celui de la vieillesse, du quotidien des vieux qui semblent comme boycottés par notre société et qui connaissent des problèmes d’adaptation au niveau technologique, c’est ce que B. Groult essaie de nous faire vivre tout au début de ce livre. D’autres vérités consistent à décrire la dégradation de la chair partagée par tous mais que chacun va découvrir en temps voulu, mais aussi l’expérience acquise qui donne une certaine sagesse ou encore l’amour de la vie qui perdure au-delà des années.
Ce livre relève différents problèmes générationnels au sein d’une famille composée de quatre générations, en mettant l’accent sur le vécu des femmes. Ce qui était un combat pour la première génération que ce soit pour le droit de vote, le droit à l’avortement…apparaît à la dernière, si toutefois elle en a conscience, comme quelque chose d’inné et de naturel, d’où des problèmes de communication. Aussi on remarque que le personnage principal, Alice une octogénaire qui n’est autre que le double de Benoite Groult, ne comprend pas les goûts de ses arrières petits enfants ce qui s’explique par la différence d’âge et la divergence des préoccupations.
Le livre raconte donc la vie d’ Alice, journaliste féministe née en 1915, mariée à Adrien, qui a vécu et participé à tous les combats pour donner plus de droits aux femmes, et qui décide d’écrire un livre sur elle-même. Elle a une fille Marion, un fils Xavier et une soeur de dix ans sa cadette Hélène.
Marion est mariée à Maurice mais tous deux ne se comprennent plus par manque de communication, mais aussi parce que chacun vit sa vie de son côté. Marion aimait passionnément Brian, un Irlandais rencontré de façon épisodique, ce qui rendait Maurice fou de jalousie alors même qu’il ne cessait de la tromper. De son côté, Brian ne pouvait pas laisser tomber sa femme, Peggy, d’abord parce qu’il était un catholique convaincu, ensuite parce qu’elle est tombée gravement malade, maladie mortelle qu’il a interprétée comme le châtiment que Dieu lui réservait pour son adultère. La différence d’âge entre Marion est Brian était de 10 ans, malgré cette différence ils ont réussi à conserver un amour profond même après la mort de Brian, à travers la fille qu’ils ont eue ensemble. Marion entretient avec sa mère une relation très forte faite de tendresse et de complicité.
Une immense affection unit aussi Alice à sa sœur Hélène, même si les deux femmes sont très différentes, voire ont eu des vies opposées : Hélène a laissé tomber ses vocations pour s’occuper de sa petite famille, ainsi elle a abandonné toute affirmation d’elle-même au sein de sa famille et s’est consacrée à son mari, ancien chirurgien autoritaire et possessif.
Le frère de Marion a choisi, quant à lui, une autre vie : voyager avec son bateau, ce qui constitue une fuite devant la complexité de la vie. Le choix de vivre et vieillir seul pèse lourdement sur sa conscience, mais ce n’est pas pour autant qu’il change de vie.
Plusieurs drames viendront ternir la fin de vie d’Alice : la mort de son mari, donc la perspective de vivre sa vieillesse sans un compagnon pour la partager car quand on est vieux on est exclu de la société, la mort de sa sœur chérie qui l’accablera. Lui reste néanmoins la complicité avec sa fille mais la perspective de voir vieillir celle-ci ne l’enchante guère, de même que celle du délabrement physique à venir, d’où une réflexion sur l’euthanasie comme droit de mourir dans la dignité…
Je trouve cette œuvre à la fois très dure par son sujet et simple à lire, le ton utilisé est léger et polémique. Le sujet est très important dans les pays développés, car la société voit les vieux comme une génération qui a passé son temps et qui est devenue par conséquent inutile. Le problème vient de là : il y a un manque de respect de leur vécu, de reconnaissance pour les combats menés pour l’acquisition de droits dont on bénéficie aujourd’hui, d’amour enfin.

Zakia El Felss, étudiante en B.T.S.C.Go

A l’Ouest, rien de nouveau d’Erich Maria Remarque (LGF)

alouest.jpgCe roman est écrit par un soldat allemand de la guerre 1914-1918. C’est un roman très émouvant, il est tiré d’une histoire vraie. Nous disposons dans ce témoignage d’une version du vécu du côté allemand. Le personnage principal est Paul BaÜmer, il raconte ce qu’il vit dans les tranchées et dans le campement avec ses compatriotes …
Le témoignage est très captivant car le texte est à la première personne et nous avons l’impression de vivre ce que vit le personnage, nous ressentons ses émotions, ses peines, ses quelques joies (car à la guerre nous ne pouvons pas dire que c’est le bonheur ). Cependant on ressent dans le récit qu’il y ‘avait même à la guerre dans les moments difficiles une fraternité du côté allemand et même un début de complicité entre des allemands et des français qui essayaient de se sortir de la même galère : LA GUERRE !
Ce texte suscite réellement de l’émotion, vous ne pouvez pas après avoir lu ce témoignage mettre le livre sur la commode et ne pas y repenser ne serait- ce une seconde. Lorsque nous lisons les péripéties racontées par Paul, nous sentons qu’il y a véritablement à la guerre des conditions de vie exécrables. De plus les hommes ne sont pas considérés comme des hommes mais plutôt comme des machines à tuer. On a l’impression qu’ils n’ont plus de sentiments lorsqu’ils sont sur le front et prêts à se battre. Ils ne font plus de différence et sont sans scrupule aussi bien du côté allemand que du côté français.
Je pense que le plus dur à s’imaginer en tant que lecteur c’est de se trouver dans les tranchées et prendre son courage à deux mains pour avoir la force de se jeter au front et risquer sa vie. Car il est facile dans les écoles de raconter les faits qui ont eu lieu mais on ne peut jamais réellement se mettre à la place des hommes qui sont morts aux combats, ce qu’ils ont ressentis cette énorme trouille qui tiraillait tous leurs membres à même se pisser dessus. Bien évidemment nous ne pouvons pas nous culpabiliser de ne pas avoir vécu ces monstruosités mais il faut tout de même se mettre à la place de ces hommes et tenter de comprendre comment l’espèce humaine a pu en arriver à réellement transformer des hommes en armes de guerre.
Ce roman nous l’explique vraiment. Par ailleurs ce qui peut choquer ou interpeller le lecteur c’est les soins que les soldats recevaient s’ils étaient blessés. Les soins n’étaient vraiment pas de bonnes qualités et les opérations se faisaient à la chaîne sans réellement prêter attention aux blessés. Parfois même il est raconté dans le roman que s’il y avait un signe d’éventuelle mort le médecin ne tentait même pas de guérir le soldat, il s’occupait d’un autre cas. Ou pire en cas d’amputations ce qui était très fréquent, le médecin ne daignait même pas demander l’autorisation au soldat… Ils n’avaient pas le choix…
Il est raconté dans ce témoignage que beaucoup d’hommes sont morts asphyxiés par les gaz qu’utilisaient les français.
Il est bien montré que durant ces quatre années de douleurs de cette boucherie humaine, les rescapés ont tout subi. Au contraire de ce qui était raconté dans les journaux pour rassurer les civils. Il était dit que les soldats vivaient un grand confort et qu’ils étaient même heureux d’être au front. Les civils s’aperçurent peu de temps après la guerre que la vie des soldats n’était pas très joyeuse…. Effectivement de nombreux soldats furent surnommés « gueules cassées » à cause des bombardements et des blessures qu’ils avaient subis, leurs visages étaient complètement détruits, pour la plupart ils n’avaient plus de nez ou un œil de travers, de nombreuses cicatrices…. Ces hommes étaient marqués à vie par les souvenirs terribles de la guerre et chaque jour leur visage le leur rappelait.
Si vous aimez les livres d’émotions et de guerre où si vous aimez lire tout court et bien lisez A l’Ouest rien de nouveau.
Maryem Khalifa, seconde 1

Les lycéens écrivent aussi (billets n°13 et 14)

23mar

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Laurent Mauvignier, Loin d’eux (Minuit)

Parfois, le caractère recherché de certains mots ne cadre pas avec le niveau de langage des personnages.
Mais le livre est très bien écrit. En effet, l’écriture touche, elle rend avec finesse et subtilité les émotions et la douleur. Elle traduit remarquablement l’absence de communication, le malentendu, le non-dit et le mal-dit, les choses qu’on n’arrive pas à nommer, les choses qu’on ne dit pas, jusqu’à l’indécence totale : l’énorme gâchis fait malgré – ou avec – beaucoup d’amour, puisque ces parents aiment leur enfant.
laurent_mauvignier300.jpgloindeuxpoche.jpgLa construction du livre est atypique ; il s’agit d’une succession de monologues intérieurs. Les premières pages sont difficiles à comprendre, on est perdu, on ne sait pas qui parle, il n’y a aucune chronologie. Luc parle, puis sa mère et son père racontent combien il est difficile de surmonter sa mort, ensuite, Luc intervient de nouveau, il évoque ses sombres journées à travailler au bar. Ceci dit, au fur et à mesure de la lecture, en apprenant à connaître les personnages, on sait qui parle comme si le relais d’un personnage à l’autre suivait une certaine logique aussi implacable que l’est l’issue tragique de cette histoire.
Ce livre démontre l’importance de la communication au sein d’une famille et des relations humaines. Il prouve la nécessité de dire ce que l’on pense avant qu’il ne soit trop tard.

Manon Lesimple et Lou Fontanet, étudiantes en B.T.S. A.M.

Delphine De Vigan, Jours sans faim (J’ai Lu)

devigan2-300.jpgjourssansfaim.jpgUne explosion de sensations pour exprimer de grands sentiments

Quand nous voyons le livre, nous pouvons directement deviner que le personnage principal est une fille grâce à la couverture. Le titre Jours sans faim est fondé sur un jeu de mots « faim=>fin », les lecteurs qui entendent peuvent comprendre (sans connaître l’histoire) que le titre signifie une journée qui ne se termine jamais.
Je trouve que la première de couverture définit bien l’histoire du livre : une femme aux traits minces. Peu de couleurs sont utilisées, il n’y a que du jaune et du noir ce qui rend l’aspect du livre plus triste, moins gai.
L’auteur, Delphine DE VIGAN est un jeune écrivain qui publie sous le pseudonyme de « Lou ». Ce livre est un roman autobiographique. Il parle de l’anorexie, maladie à laquelle Delphine a dû faire face durant la fin de son adolescence. Ce livre est descriptif de la maladie : comment l’on devient anorexique, pourquoi, etc…
Ex : Page 42 « A dix-sept ans, elle voulait gommer les rondeurs de son adolescence, elle rêvait d’avoir les joues creuses pour se donner l’air un peu plus fatal. Quand l’été s’est annoncé, comme toutes les filles de son âge, elle a commencé un régime pour pouvoir dandiner des fesses en maillot sur la plage ». On pourrait voir ce livre comme un documentaire car il nous montre pourquoi des personnes tombent dans l’anorexie mais c’est bien plus, c’est un roman ! Un roman qui est rempli d’émotion comme le personnage principal, nommé Laure, qui décrit la maladie à travers les sensations éprouvées, sensations souvent profondes, qui nous prennent au point que l’on a peur, mal avec Laure. Peut-être est-ce les sensations que Delphine a éprouvées ?
Quand nous voyons que Laure est atteinte d’anorexie au point de ressentir la mort en elle; qu’elle a de très gros problèmes familiaux, Laure a de quoi être triste et énervée! De plus, l’auteur interprète vraiment bien cela, du fait qu’elle l’a vécu elle même, en utilisant un vocabulaire familier qui traduit la colère : Page 21 « Pour l’instant elle sait juste une chose : elle voulait leur faire mal, les blesser dans leur chair, les détruire peut-être. Son père et sa mère. Qu’ils ne s’en tirent pas comme ça. […] Mais maintenant elle sait aussi que cela ne changera rien, qu’elle peut leur balancer en pleine gueule son corps décharné comme une insulte, et tout ce dégoût qu’elle a d’eux, elle sait que cela peut durer encore longtemps ».
Pour la narration l’auteur a utilisé la 3° personne car l’histoire date. Ce sont de vieux souvenirs. Elle l’a aussi utilisée afin d’extérioriser ses souvenirs. Elle a aussi changé les noms car le récit ne correspond pas parfaitement à la réalité dans le respect de l’anonymat.
Vient un moment où Laure n’en peut plus, n’en peut plus de lutter, n’en peut plus de cet hôpital, n’en peut plus de tout… Le poids qui est demandé lui semble si loin, si dur d’accès, les efforts à fournir trop importants, c’est si facile de se laisser mourir…
Heureusement, le Dr Brunel est là mais est-ce suffisant, s’en sortira-t-elle ? Je vous laisse découvrir le chemin qu’elle a choisi et qui est raconté à travers ce roman magnifique.

Raphaël Rossignol et Florian Arthur, seconde 3

Les lycéens écrivent aussi (billets n°11 et 12)

22mar

logocondorcet.jpgLa troisième série de billets des élèves de Condorcet va déferler sur notre blog cette semaine.
Afin de promouvoir la qualité des articles écrits par les étudiants du Lycée Condorcet durant cette campagne, un prix récompensera la production d’un ou plusieurs élèves ou étudiants qui se seront particulièrement distingués dans l’année.

Le premier prix récompensera le meilleur « billet » publié sur le blog, celui qui donne le plus envie de lire ou qui fait preuve de la plus grande originalité. Une présélection des billets les plus notables sera d’abord effectuée, puis ceux-ci seront soumis à un jury qui élira le vainqueur et récompensera aussi deux autres billets. Il y aura donc trois prix en tout. La librairie s’engage à doter les prix de récompenses sous forme de lots de livres. Il est convenu que le prix serait remis début mai 2010.

Le jury est composé d’un libraire de chez Mollat, d’une auteure, d’une bibliothécaire, d’une adolescente qui n’est pas du lycée Condorcet, d’une journaliste et du webmaster de la librairie. La délibération du jury se fera au Lycée Condorcet, au mois d’avril.

La remise des prix aura lieu au mois de mai, à la Librairie Mollat.

Et maintenant, place aux articles. Tribune ouverte !

Les larmes de l’assassin d’Anne-Laure Bondoux, Bayard Jeunesse

bondoux300.jpglarmes-assassin300.jpgSentimental et incontournable, Les larmes de l’assassin relate l’angoissante rencontre de Paolo et Angel, l’assassin des parents de ce même Paolo. Mais au contact de Paolo, Angel « le truand », « l’assassin », découvre l’amour et rivalise avec Luis pour obtenir l’affection de l’enfant : « sans l’amour de cet enfant, il redeviendrait ce qu’il était, un voleur, un escroc, un parasite dont la vie n’importe à personne ».
Ainsi, le lecteur est dérouté par la confrontation des deux univers, celui de l’innocence et celui de la malfaisance. Cela l’amène à réfléchir sur le bien et le mal.
Certes, le début nous annonce la fin, mais le triste sort de nos deux héros ne peut que nous émouvoir. Les chapitres nous absorbent dans un suspense haletant et inquiétant. Cet humour et cette imposante tragédie font de ce livre une histoire attachante. Durant tout ce périple, nous ressentons les joies et les peines des personnages.
Anne-Laure Bondoux est donc une virtuose du sentimentalisme : « Chaque soir, Angel se tenait devant la fenêtre pour que les deux autres ne voient pas les larmes, les larmes qui mouillaient ses yeux d’assassin ».
En revanche, on pourrait reprocher un grand nombre de va-et-vient parmi les personnages, comme Délia qui n’apporte aucun enrichissement dans l’avancement du récit. Toutefois, je conseillerai ce livre à un jeune public car le vocabulaire et les actions y sont appauvris. En effet, un unique chapitre peut séparer les mêmes descriptions et les mêmes actions.
Le prénom Angel signifie ange, ne serait-ce pas une contradiction envers son statut de meurtrier ?

Mylène Falcone, classe de seconde 3

Jeune fille d’Anne Wiasemsky, Folio

jeune-fille-poche.jpganne_wiazemsky300.jpgAnne Wiazemsky nous fait parvenir son dernier ouvrage, Jeune fille, un roman accrocheur pour sa sensibilité. Il est touchant grâce à l’héroïne principale du livre qui est l’auteur elle-même.
Encore enfantine, l’héroïne va connaitre une évolution physique et morale grâce à un homme.
Grâce à Robert Bresson, célèbre réalisateur qui un jour pénétra dans la vie de cette « gamine » et qui décida de lui faire incarner Marie dans son dernier film Au hasard Balthazar. Seulement après autorisation de son grand père et tuteur François Mauriac, elle partit avec son mentor dans la campagne , autour de Versailles, afin de débuter les premières prises du film. C’est ainsi qu’elle pénétra dans une aventure qui la changera à jamais.
Anne Wiazemsky nous montre dans son roman les difficultés et le bonheur de travailler avec un homme si apprécié, si respecté et si étrange.
En effet, celui-ci s’éprend de cette jeune fille, si parfaite selon lui, qu’il essaie à plusieurs reprises d’embrasser.
Malgré cela, Anne s’émeut pour un acteur qui, l’espace d’une nuit, deviendra son amant. Ainsi elle put découvrir les joies de l’amour tendre et physique.
De plus, elle nous raconte le changement radical qui s’opère en elle, la jeune fille devient femme, beaucoup moins proche de sa famille, elle veut vivre sa vie, découvrir le monde, elle s’attache tendrement à ce film, elle y connaitra des joies et des déboires. Toutes les expériences concernant le tournage du film, soit l’ambiance, le travail si dur et si différent, les gens, l’équipe, le maître, si tendre et si délicat, qui refuse de se dire qu’il faudra bien qu’elle parte, qu’elle reprenne le cours de sa vie, et qui refuse de se séparer d’elle.
C’est ainsi qu’Anne, à la fin du tournage les quitta tous, avec, je pense, le cœur lourd de souvenirs. C’est ainsi qu’Anne Wiazemsky publie son ouvrage, peut-être voulant partager son expérience avec ses lecteurs, c’est pourquoi elle décide de partager un bout de sa vie dans un ouvrage plein d’émotions.

Alexie Nassiri, élève de première L

un blog, des secrets

19mar

clavier« Ce qui me reste, c’est la stupeur, la colère et cette expression qui les résume : putain de merde« .

Cette expression, c’est la première qui vient à l’esprit de cet ado de 15 ans qui découvre que son père a visité son blog et ce, à plusieurs reprises. Des petits détails l’ont alerté sur une possible intrusion dans son univers intime, si intime, puis le doute a laissé  place à la  certitude, avec ce sale sentiment d’être violemment mis à nu, de ne plus avoir d’intimité. La guerre commence alors entre le fils et le père, une guerre à sens unique, faite d’un mur de silence que le jeune blogueur décide de tenir jusqu’à sa majorité.

Un soir, devant la porte de sa chambre, le bruit d’un lourd carton que l’on dépose, un carton empli de grands cahiers cartonnés… Et le début d’une lecture tour à tour curieuse, amusée, bouleversante.

Jean-Philippe Blondel a le don de faire entrer son lecteur dans l’intimité de ses personnages, de les dévoiler peu à peu avec tact. Le blog, espace à la fois privé et public (thème accrocheur) est ici  prétexte à évoquer les thèmes du  secret, de la culpabilité et du deuil.

Après Au rebond et un endroit pour vivre, Jean-Philippe Blondel confirme un talent singulier : sans artifices, sans coups d’éclats, il trouve dans chacun de ses romans un ton juste, qui éclaire sans effet de mode ou de manches l’univers des adolescents d’aujourd’hui.

Subtil et très attachant donc. Un auteur à suivre…

Jumper

14mar

couverture jumperIl ne sera pas là question de Jolly (Jumper), monture du célèbre cow-boy passé de la cigarette au brin d’herbe machouillé virilement, mais bien de Jumper, le livre (et non le film) de Stephen Gould.

Présent dans la première sélection pour le Prix des Incorruptibles, Jumper s’est retrouvé récemment en haut de ma PAL (ma Pile A Lire, comme disent les blogueurs). Une lecture un peu contrainte donc pour assumer mon rôle de coordinatrice du comité de lecture… et, une fois n’est pas coutume, j’avoue avoir été récompensée de mes efforts !

Du rythme, du style, de l’aventure, de l’émotion et au final, voilà un livre que je suis contente de ne pas l’avoir  sauté ou encore « jumpé ».

 Le point de départ de l’intrigue se résume en quelques phrases : David, adolescent de 17 ans, est sur le point d’être une nouvelle fois battu par son père alcoolique et violent lorsqu’il se retrouve « téléporté » à la bibliothèque municipale. Il va peu à peu apprendre à maîtriser le « jump », ce pouvoir étrange qui va lui permettre de conquérir son autonomie et d’échapper pour toujours à son père. Le jeune homme fugue à New-York, vole une grosse somme d’argent dans une banque, organise sa vie presque bourgeoisement mais son passé le poursuit. Sa rencontre avec la raisonneuse Méllie va être l’occasion pour lui de se poser de nombreuses questions quant à son identité, son passé, l’idée de vengeance qui le torture et bien sûr son don pour le Jump qu’il n’ose confier à son amoureuse. Autant de questions qui ne pourront se résoudre sans douleur…

Si Jumper est un roman d’aventures de science-fiction, et aussi un roman de politique fiction passionnant (le thème du terrorisme abordé dans le dernier tiers du roman est très finement traité), il est aussi à mon sens un fabuleux roman d’initiation, un excellent roman psychologique très crédible. David est un personnage au pouvoir certes extraordinaire mais qui ne peut échapper aux questions essentielles qui mènent un adolescent en passe de construire sa vie d’adulte. Cette qualité primordiale a été totalement occultée par le film du même nom qui s’est contenté d’utiliser une gamme d’effets spéciaux qui ne rendent pas hommage d’ailleurs non plus au climat du roman.

En résumé, dans ce cas là, mieux vaut sauter dans les pages que sur l’écran, vous ne serez pas déçus de votre choix.

 

La mort, on adore !

09mar

Alors ange ou démon ?

Clémence nous revient dans ce deuxième épisode de La Mort, j’adore, un roman explosif paru chez Sarbacane dans la collection Exprim’.

Clémence est grosse et boutonneuse. Dans le premier épisode, les élèves la poursuivent dans la cour avec un compas pour lui percer ses boutons ! Sympa, non ? En tout cas, le ton est donné. Après une superbe cuite, elle se réveille  un beau matin, morte et… démone. Sa double vie (une normale et pas très drôle et une existence démoniaque et extravagante) peut enfin commencer. Flanquée d’une esclave, sa goule qui n’est autre que sa meilleure amie ( superbe, sexy mais pas toujours très futée), elle va relever bien des défis, aux prises avec les machinations les plus machiavéliques et les personnages les plus extravagants. Tout ça pour apprendre qu’elle est née ange mais a été élevée chez les démons en enfer. C’est compliqué, non ? Peut être pas tant que ça, car finalement à travers cette dichotomie, on retrouve une Clémence  qui se cherche comme tous les jeunes de son âge.

En tout cas, cela ne l’empêche pas de piquer là où ça fait mal et d’envoyer des vannes à faire pâlir le pape. Tout le monde en prend pour son grade, elle y-compris. Dans un style spontané, fleuri et provocant elle nous entraine dans son monde : trouble, noir, sanguinolent, hilarant et furieusement décalé….Du grand délire, en somme !

L’auteur, Alexis Brocas, également critique pour Le Magazine littéraire, joue la carte de l’humour en parodiant tous les genres : la Chick-lit (littérature de filles), Buffy contre les vampires, Harry Potter, Poe….Et on en redemande !

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