Archives du mois de juillet 2010

Les voyages forment la jeunesse!

31juil

automneDes vacances au Japon! Tout un automne plus précisément, et à Kyoto!

Et pourtant, ce programme n’enchante pas plus que ça Margaux… Elle va suivre son père qui a décroché une place en résidence d’artiste là-bas. Elle part accompagnée de sa petite soeur mais sans sa mère, qui elle a choisie de rester en France – officiellement pour raisons professionnelles et officieusement pour prendre certaines distances avec son compagnon.

Le fait de faire plusieurs mois de baby-sitting à l’oeil n’est évidemment pas pour enchanter Margaux, mais ce qui la chagrine le plus est d’être séparée de sa bande d’amis et surtout de son tout nouvel amoureux, Matthias…

La pointe de nostalgie ressentie par notre héroïne s’estompe pourtant dès qu’elle entame la découverte de la ville. Une immersion dans un monde vraiment unique où les paysages, la culture, la nourriture sont toujours propices à l’étonnement voire à l’émerveillement. Margaux se retrouve bientôt tiraillée entre la France et le Japon, d’autant plus qu’elle va à nouveau tomber amoureuse… Alors que la communication à distance avec Matthias devient de plus en plus difficile elle fait la rencontre d’Eric,  un jeune photographe un peu plus âgé qu’elle qui va faire chavirer son coeur…

Paris sous bulle

27juil

la ballade de trashXXIIème siècle. Paris est désormais sous une bulle qui protège la ville d’une atmosphère rendue irrespirable par la pollution. Tout autour, à ciel ouvert, les faubourgs sont devenus une sorte de no-man’s land où la vie ne vaut plus grand chose tant elle est dangereuse et difficile : seuls les rebuts de la cité-lumière permettent aux exclus de vivre ou plutôt de survivre. C’est au milieu des décombres que l’héroïne,Trash,  a hérité de son surnom. Cette jeune fille au passé mystérieux a créé là un refuge pour tous les jeunes en errance, leur redonnant un semblant d’espoir en les accueillant dans sa bande, les « Tramps »,  un gang aux allures de famille chaleureuse. Chacun y a sa place, son rôle, son nouveau nom aussi.

Trash monte une expédition dans Paris pour discuter d’une trêve avec un chef de gang adverse. Et s’il y avait un piège derrière cette proposition de paix ?

La ballade de Trash est de ces romans qui vous bousculent, vous questionnent, vous émeuvent, vous efffrayent aussi. A regarder dans la boule de cristal de l’avenir, par le biais de ces romans que l’on dit à juste titre « d’anticipation », on peut y voir de drôles de choses, peut-être même le reflet à peine déformé par le voyage dans le temps des douleurs et des dérives de notre monde. Lecteurs assoiffés d’humour, passez votre chemin pour cette fois mais lorsque vous voudrez plonger dans l’univers étrange et fascinant de Trash, vous saurez quoi faire …

comme un poison

24juil

la beaute du malConnaissez-vous votre meilleur(e) ami(e) ? Jusqu’à quel point pouvez-vous lui accorder toute confiance, lui révéler votre secret le plus cher ?

Lorsqu’elle est abordée par la très populaire Alice qui l’invite chaleureusement à la fête qu’elle organise, Katherine, jeune fille discrète voire secrète n’en croit ni ses yeux ni ses oreilles ! Toute à son bonheur d’avoir une nouvelle amie (et même il faut bien le dire, une amie tout court) comment pourrait-elle imaginer ce que cache cet intérêt aussi surprenant que soudain ? Et comment pourrait-elle résister à la tentation de dévoiler ce lourd, trop lourd secret qui l’emêche de vivre pleinement en se confiant enfin à quelqu’un qui semble digne de l’écouter avec la plus grande empathie ?

Ne comptez pas sur moi pour vous révéler le moindre indice sur le secret en question ! Il vous suffit de savoir qu’en acceptant l’invitation d’Alice, Katherine va être prise dans un piège maléfique dans lequel Alice va agir comme un véritable poison, inoculé à petites doses.

La beauté du mal (qui n’est pas sans faire penser à  Antéchrista d’Amélie Nothomb, au moins dans la première partie du roman) est un thriller psychologique que vous ne lâcherez pas : vénéneux, intrigant, il distille un sourd malaise, celui que ressent son héroïne. Mais chut…Il serait trop cruel d’en révéler davantage et je vous conseille même de ne pas regarder la quatrième de couverture qui en dit déjà bien trop : qu’on nous laisse des surprises que diable !

A lire à partir de 15 ans et plus.

Le pacte de minuit

20juil

Une belle découverte que Le Pacte de minuit chez Gallimard jeunesse. Le jeune David Whitley signe ici son premier roman. Nous voici donc plongés au coeur d’Agora, une ville gigantesque au fonctionnement un peu particulier. L’argent n’existe plus, mais les moindres faits et gestes font l’objet d’un contrat. Rien n’est gratuit, rien ne se transmet : la générosité et le sens du partage ont disparu. Imaginez-vous en train de demander votre chemin à un inconnu. Vous devrez lui offrir quelque chose en contrepartie. L’autorité, le pouvoir et l’ambition sont donc au coeur de ce roman car il n’y a de place que pour les grands. C’est dans ce décor assez sombre que vont se rencontrer deux jeunes adolescents de douze ans, Mark et Lily. Mark a été abandonné par son père en échange d’un traitement pour la peste. Lily est orpheline. Ils sont tous deux au service de grands pontes d’Agora. Révoltée, en opposition avec un système de pensée qui ne lui convient pas, Lily décide de monter un dispensaire pour aider les débiteurs (autrement dit les pauvres), tandis que Mark va bien malgré lui gravir les échelons et organise de somptueuses fêtes avec les huiles de la ville.  Idéalistes et  naïfs, Chacun à leur manière, ils essayent de faire leur bonhomme de chemin dans cette société ingrate et dangereuse. Mais ce qu’ils ignorent encore, c’est qu’ils sont les mystérieux élus du pacte de minuit. Je n’en dirai pas plus. Plongez-vous dans cet univers sombre et envoutant, son dédale de ruelles obscures, son labyrinthe de conspirations et d’intrigues dans la lignée de la trilogie de Pullman. Le pacte de minuit relève à la fois du roman d’aventure et de la fable philosophique. A découvrir absolument.

Abus de confiance

17juil

pour toi j’ai voléLes romans policiers les plus noirs ne sont pas forcément les plus sanglants. L’exemple parfait en est Pour toi j’ai volé où les frères Guérif (Benjamin et Julien) font la démonstration de ce qu’est un roman noir. Noir de noir…

La Normandie : son bocage, ses vieilles pierres, son calme, ses collèges sans histoires. Jonathan, 16 ans 3 mois 10 jours, fils d’un pharmacien et d’une libraire, bon élève, amoureux de la douce Angélique, heureux propriétaire d’un scooter flambant neuf, traîne des jours tranquilles avec sa petite bande de copains. L’arrivée au collège d’un nouveau venu fait rapidement sensation : il vient de Paris, est frondeur avec les profs, sûr de lui, provoquant.  Tout l’ennuie et il n’a de cesse de mépriser et de juger à l’emporte-pièce le confort petit-bourgeois et la vie de Province. Jonathan est rapidement séduit par la forte personnalité de Laurent qui exerce sur lui une trouble fascination. C’est alors que Laurent lui propose un plan …

Si le personnage de Laurent est bel et bien le méchant de l’histoire, il y a là bien plus d’ambiguïté que dans Oui-Oui chauffeur de taxi ! Nous ne sommes pas dans un roman moralisateur et bien pensant mais plutôt dans un roman noir, reflet d’une époque où les fils de la petite bourgeoisie méprisent leur milieu, s’ennuient en fumant des pétards et en buvant de l’alcool de mauvaise qualité, juste pour s’envoyer en l’air et oublier la médiocrité de la vie de leurs parents ou ce qu’ils en perçoivent.  Pour toi j’ai volé est le reflet d’une société où les rapports humains semblent se cantonner à un grand jeu de dupes où le cours de la confiance ne vaudrait pas tripette. Les sentiments les plus nobles (amour, amitié) sont foulés au pieds par le mépris et la loi du plus fort. Ne reste qu’un goût amer, celui d’un ratage. A moins que ce ne soit celui de la solitude. Un bien beau et subtil roman noir qui laisse peu de place à la lumière. A lire à partir de 13 ans.

le chaos en marche

13juil

la voix du couteauExcellente nouvelle : les éditions Gallimard proposent désormais une nouvelle collection de poche -Pôle fiction- destinée aux adolescents (et plus si affinités…). Quatre filles et un jean (les deux premiers tomes), 13 petites enveloppes bleues (voir le précédent billet), Felicidad (glaçant roman d’anticipation), Code cool (qui décrypte la folle machinerie de notre société de consommation) et …La voix du couteau, premier volume de la trilogie Le chaos en marche  qui à mon avis se glisse parmi les très grands romans de ces dix dernières années.

 

Imaginez : un Nouveau monde, conquis après une guerre sans merci. Au cours de ce conflit, des virus ont été répandus. L’un a donné la parole aux animaux, et les deux autres ont eu des conséquences bien plus terrifiantes : les femmes ont été anéanties et le Bruit est apparu. Le Bruit, toujours, partout. Toutes les pensées de tous les hommes de Nouveau monde sont audibles par chacun et ce, à tout moment du jour et de la nuit. Et les pensées sont de plus en plus triviales, prosaïques, concrètes, vulgaires : comment construire une pensée un tant soit peu élaborée dans le Bruit ?

Todd, le dernier garçon du village, le seul à ne pas être un adulte, entend au cours d’une promenade une bulle de silence. Sa vie est désormais en danger, il doit fuir, avec pour seul trésor, dans son sac le journal intime de sa mère disparue. Alors que les hommes en arme se lancent à ses trousses, une rencontre stupéfiante va changer sa vie et le cours de l’Histoire…

Le mot « chef d’oeuvre » est toujours a employer avec la plus grande parcimonie. La trilogie de Patrick Ness est à mon avis à ranger dans la prestigieuse catégorie des indispensables et n’est pas sans évoquer par les thèmes abordés le magnifique Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat. Ce roman ample et fascinant est habité par toutes les grandes questions qui font de nous des êtres pensants mais aussi faillibles : le Bien, le Mal, la violence, la mort, la justice, la vérité, l’amour…autant de thèmes philosophiques abordés par le biais d’un roman d’aventure hors norme, qui laisse son lecteur pantelant et ébloui. A lire absolument à partir de 14 ans.

Du foot, du vrai

10juil

jeu sans ballonAlors qu’une Coupe du monde à la saveur bien particulière,  s’achève, me vient l’envie de vous parler d’un roman qui rend toutes ses marques de noblesse au ballon rond et à son univers, un roman qui   clame haut et fort les vraies valeurs du sport.

Jeu sans ballon reste à ce jour dans ma tête comme « le » roman qui pourrait même faire aimer le foot à quelqu’un comme moi, qui ne regarde les matches que d’un œil vaguement las.  Une demi-finale de Coupe d’Europe, France-Italie, racontée depuis le banc de touche par un très jeune joueur qui va faire vivre au lecteur, par le menu, toutes les phases de match, entrecoupées par des flash back évoquant tout son trajet personnel et surtout, surtout, tout ce que le sport lui a apporté. Une famille, des valeurs (solidarité, honnêteté, droiture, humilité), des repères pour toute une vie en somme.

Jean-Noël Blanc possède son sujet sur le bout des doigts : la passion nous gagne par le rythme d’une écriture fougueuse et élégante comme un beau tir tendu qui trouverait la lucarne contre toute attente. Loin de toute idée de faire la morale, de donner des leçons de civisme ou de faire de la pédagogie, Jeu sans ballon est un roman de passion, beau, sincère, à la tension homérique, chargé d’électricité et d’émotions. Alors bien sûr il enchantera les amateurs de foot mais aussi tous les amateurs de littérature, tout simplement. Du très grand art et un très grand livre, dont la lecture, des années plus tard, me ravit encore.

voyage, voyage…

07juil

13 petites enveloppes bleuesTreize petites enveloppes bleues est de ces romans légers comme une bulle mais tendres, drôles et émouvants à souhait parfaits pour bien commencer l’été.

Ginny, jeune américaine assez réservée et timide, reçoit d’Angleterre un mystérieux paquet contenant 13 enveloppes à ouvrir dans l’ordre et dans des conditions bien particulières. Selon les dernières volontés de sa jeune tante adorée, prématurément décédée d’un cancer foudroyant, elle doit parcourir l’Europe du Royaume Uni au Danemark en passant par la France, l’Italie (entre autres…) et y accomplir différentes épreuves comme autant d’initiations.

Maureen Johnson, auteure du pétulant et enlevé Suite Scarlett, signe là un roman plein de charme qui séduira peut-être davantage des lectrices que des lecteurs. Les pérégrinations de l’adolescente sont autant de cartes postales des pays européens, autant de découvertes aussi de ce dont elle est capable. Une façon originale de se rapprocher encore de sa tante adorée, de faire le deuil et de découvrir le doux frémissement de l’amour. Ah ! Le charme des rencontres à l’étranger… Faites vos bagages, l’aventure est au bout du chemin, et finalement, il n’est peut-être pas nécessaire d’aller bien loin !

le mystère est dans le lac

03juil

le mystere du lacAttention : roman culte ! Le mystère du lac est de ces romans que l’on offre inlassablement à son entourage, sûr de notre affaire, éternellement émus par le souvenir d’une lecture enchanteresse.

Soyons clairs, le titre français est une tromperie absolue !  Presque une trahison même…Le titre anglais  (Boy’s life*) est un reflet bien plus juste de cette oeuvre sensible, à la lisière du merveilleux et du fantastique. Certes, le roman s’ouvre sur une scène fondatrice pour le jeune Cory, personnage central de ce roman d’initiation aux multiples facettes, une pure scène d’horreur : alors qu’il roule avec son père sur une petite route d’Alabama, une voiture jaillie de nulle part sombre dans les profondeurs du lac, sous leurs yeux. Alors que le père de Cory plonge pour tenter de sauver le ou les passagers  de l’automobile, le jeune garçon voit sur la route un homme au long manteau noir s’enfuir, laissant derrière lui une petite plume verte.

Malgré le choc et les images cauchemardesques qui hanteront pour toujours le jeune garçon de 12 ans, c’est bientôt le récit d’un été qui marque la fin de l’innocence qui va prendre le pas sur le côté thriller. Le monde de l’enfance est bien présent avec ses rites, ses rêves, ses moments où la magie est réelle, palpable. Le mystère du lac est le récit de moments de grâce teintés d’inquiétude et de tensions dans ce Sud profond des Etats-Unis, au coeur des années 60.

Robert McCammon est un « inventeur d’histoires » ainsi qu’il se qualifie lui-même, et ce depuis son plus jeune âge. Quelle est la part de vérité de ce roman qu’il présente dans le prologue commme un souvenir d’enfance ? Peu importe…Seuls auront comptés le voyage dans ce monde qui s’éloigne de chacun d’entre nous au gré du temps et le plaisir de tourner des pages ensorcelantes. Un immense coup de coeur !!!!

*Une vie de garçon

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