Archives du mois de février 2012

Quand l’enfant disparaît

27fév

Dans une petite ville tranquille de Belgique, un enfant a disparu. Alors qu’elle faisait une petite course dans une boutique située dans une rue peu passante, Denise Desantis a laissé son plus jeune fils, âgé de 13 mois dans sa poussette, la capote rabattue, et est entrée chez la commerçante avec son fils aîné. Alors qu’ils sortent du magasin, la stupeur puis l’angoisse jettent la mère affolée dans les rues avoisinantes, ameutant les riverains. Aucun indice, aucune trace de l’enfant, elle fait appeler la police et très vite, l’enquête commence…

Voilà un roman qui vous tient en haleine !

Tu ne jugeras point est certes un roman policier avec pour personnages principaux les incontournables policiers, l’indispensable juge d’instruction sans oublier victimes, témoins et suspects. Tout est en place donc pour mener à terme une enquête qui ne tarde pas à désigner aux yeux du lecteur la mère du petit garçon (mère modèle qui élève ses quatre enfants avec amour) comme une suspecte potentielle.  Mais tout n’est pas si simple et les apparences pourraient bien s’avérer trompeuses…

Avec une écriture élégante qui s’applique à peindre avec finesse le décor de cette petite ville et de ses habitants d’une part et d’autre part l’univers des enquêteurs rendus prudents par des affaires antérieures (nous sommes après l’affaire Dutroux, clairement citée à plusieurs reprises), Armel Job pose habilement la question de la présomption d’innocence  et place son lecteur face aux difficultés qu’ont les juges à se forger une intime conviction qui implique une énorme responsabilité. Chacun des personnages est dépeint avec ses failles, ses secrets et il apparaît bien vite que les fils vont être difficiles à démêler dans une affaire passionnante pour le lecteur, jusqu’aux rebondissements des dernières pages.

En refermant le roman d’Armel Job reste le sentiment d’avoir vécu quelques heures avec des personnages habités d’une véritable existence. Poignants, donnant leur meilleur d’eux-même, ils se débattent dans leur vies ordinaires, avec maladresse et sincérité et ce sont eux qui donnent tout son charme au récit, peut-être davantage que l’intrigue elle-même. Un très beau roman noir qui n’est pas sans évoquer l’univers du grand Simenon.

Cheval de guerre

23fév

Etre adapté par Steven Spielberg au cinéma : le rêve de bon nombre de romanciers j’imagine… Pour Michael Morpurgo, auteur du magnifique Cheval de guerre, le rêve vient de prendre forme sur les écrans (et de bien belle manière). Nous avons pu déléguer à l’avant-première parisienne notre petit reporter qui a tourné pour vous, en exclusivité, une interview avec l’un des plus grands noms de la littérature jeunesse de Grande-Bretagne. Et, cerise sur le gâteau, Monsieur Morpurgo nous fait l’honneur de s’exprimer dans un très beau français !

Fasse que la magie du cinéma amène le plus grand nombre à découvrir les oeuvres de cet auteur qui sait si merveilleusement placer l’humain au centre de ces romans qui sont loins de n’être destinés qu’à la jeunesse. Seul sur la mer immense,   le royaume de Kensucké ou encore l’inoubliable Soldat peaceful (autour d’un aspect peu abordé de la guerre de 14 dans les romans dits pour la jeunesse à savoir les fusillés pour l’exemple), sont quelques pistes (parmi une centaine de titres publiés) qui vous permettront d’entrer avec bonheur dans son univers. Et pour découvrir l’homme derrière l’écrivain, voici quelques minutes partagées avec lui où transparaissent d’entrée ce qui le caractérise : l’humanité, la gentillesse et la générosité. Pour tout le bonheur donné à travers vos histoires, Monsieur Morpurgo, un immense MERCI !


Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°25)

17fév

Billet sur No et moide Delphine de Vigan

 

 

No et Moi est un roman écrit par Delphine de Vigan. Au sein de son livre, la romancière évoque un thème qui touche notre société et dont on ne parle pas assez, à savoir la vie des S.D.F. Elle retrace la rencontre inattendue entre deux jeunes adolescentes que tout oppose. L’une d’elles se nomme Lou et mène une vie relativement aisée (relativement car elle n’est pas épargnée par les drames de la vie) et l’autre No, abréviation de son véritable prénom Nolween, est une jeune sans abri à la suite de l’abandon de son père et de sa mère. Tout au long du livre ces deux jeunes filles vont nouer des liens amicaux très fort et cela malgré leur différence sociale.
Une différence sociale qui ne cesse d’augmenter dans notre pays puisque de plus en plus de gens se retrouvent au chômage, sans moyen pour vivre et finissent donc dans la rue. Et cela peut toucher n’importe quelle personne c’est pourquoi ce livre m’a touchée. Dans la vie de tous les jours nous passons à côté de sans abri sans même faire attention à eux.
Ce livre nous rappelle donc que ces gens sont des personnes, qui peuvent avoir les mêmes valeurs que nous, mieux qui, à leur façon, peuvent beaucoup nous apprendre sur nous-mêmes. C’est le cas dans ce récit, No va véritablement devenir une lumière pour la famille de Lou, elle va permettre à la mère de cette dernière de quitter l’état de léthargie où l’avait plongée la terrible dépression qui avait suivi la perte de son nouveau-né. Elle va aussi provoquer le rapprochement de Lou, la surdouée, du cancre de la classe dont elle semble bien amoureuse.
Ceci dit, l’histoire demeure réaliste, elle nous montre que l’on ne sort pas indemne d’ne vie sans toit ni repère, les S.D.F. restent marqués par leur passage dans la rue. Fragilisés, ils peuvent aussi sombrer plus rapidement dans la toxicomanie ou l’alcoolisme dès que de nouveaux problèmes surgissent. No va aussi connaître cette descente aux enfers malgré le soutien inconditionnel de sa nouvelle amie qui fera tout pour la sauver d’elle-même et de ses démons intérieurs.
Ce livre, décidément très riche, nous interroge aussi sur le rôle et la place des parents (père évanescent ou peu solide, mère dévorée par ses propres problèmes ou carrément « rejetante ») mais aussi sur l’adolescence, période des incertitudes et des rêves, de la prise d’autonomie et du maintien de l’enfant dépendant de la tendresse parentale, de la naissance aussi des sentiments amoureux….
Un roman qui est donc très émouvant, qui peut nous amener à une réflexion constructive sur nous-mêmes et sur nos préjugés concernant les S.D.F. en nous montrant leurs difficultés et l’injustice dont ils sont victimes.

 

Billet d’Anais Mondin, étudiante en B.T.S. Assurance

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°24)

17fév

Billet sur Dark de Claude Merle
Si vous n’avez pas encore lu Dark de Claude Merle vous n’avez donc pas encore connu le suspense que nous fait vivre l’auteur grâce à une écriture rythmée et plaisante à lire. Dark est un roman policier au suspense haletant. Dans cet ouvrage splendide, on a l’honneur d’assister à une histoire saisissante. Les enfants des sept plus grandes fortunes du monde y compris le fils du Président des États-Unis, sont enlevés par des terroristes qui réclament la réouverture du procès de l’assassinat de l’ancien président iranien qui dérangeait les intérêts des grandes puissances dans le Proche Orient. Suite à ces enlèvements une enquête est ouverte impliquant les plus hautes personnes des Etats Unis, y compris le Président. Allen un jeune génie de l’informatique, ami des otages, et sous les ordres du Président doit résoudre cette enquête. Durant son investigation Allen fait face à des ennemis puissants, riches et invisibles. Notre enquêteur subit des tentatives de meurtres. Pour finir, on est stupéfait par le dénouement qui est tout simplement sensationnel en particulier le volte-face d’Allen.
Ce polar somptueux et poignant comme nous le prouve cet extrait: « La crispation des mâchoires révèle l’anxiété et accentue son air ascétique. Grand, maigre, sec, il présente un contraste étonnant avec la corpulence de son interlocuteur. Ses adversaires le surnomment « l’inquisiteur ». Au lieu de renier cette image, il la cultive. A l’inverse des ses prédécesseurs, aimables démagogues, il se veut incorruptible, juste, sévère, exigeant et souvent intraitable. Rien, dans cette attitude glaçante, n’aurait pu lui permettre de se hisser jusqu’à la présidence, dans une démocratie qui juge souvent les candidats sur leur apparence, sans sa voix grave et pénétrante, capable de toucher le cœur de cent millions d’Américains. Dans l’immédiat, cet homme impassible est violemment ému. Une seule chose a plus de valeur pour lui que le pouvoir et son idéal de justice : son fils Jack. »
De plus l’auteur nous fait vivre des événements et des retournements de situations à couper le souffle.

 

Billet d’Anas Guemmar, élève de seconde 4

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°23)

17fév

Billet sur Le dernier jour d’un condamné de Victor Hugo

Le dernier jour d’un condamné est un roman de Victor Hugo, publié en 1829. Il fut tout d’abord publié sans nom d’auteur mais Hugo y ajoutera en 1832, une longue préface concernant le thème principal de ce roman : La peine de mort. Ce livre, partagé en quarante neuf chapitres, relate les dernières heures d’un homme condamné à mort et dont l’exécution est imminente. C’est à la prison de Bicêtre que nous retrouvons ce condamné à mort. Durant ses vingt quatre heures à vivre, il nous décrit ses émotions, nous raconte les circonstances de sa condamnation et plus important encore ce qui le pousse à écrire. Au début du roman, le protagoniste apprend qu’il est condamné à mort et attend pendant de terribles heures que l’on vienne l’exécuter. Nous assistons tout d’abord au « déshonneur » que subit le protagoniste, puis nous assistons ensuite aux critiques de la condamnation à mort et qui prend alors une tournure politique.

Dès le début du roman, le narrateur nous donne du personnage principal une image d’un homme « seul ». Pour le protagoniste, le fait d’écrire lui permet de s’échapper de cet enfer mais par-dessus tout de laisser une trace de sa condamnation, afin que ceux qui exécutent les condamnés, aient la main beaucoup moins « légère » à l’avenir. La mort revient à plusieurs reprises durant tout le roman. Ce qui est assez intriguant dans ce roman, c’est que l’on ne connait absolument rien de la vie du protagoniste et plus particulièrement du motif de sa condamnation. C’est justement l’absence de motif qui rend sa condamnation encore plus tragique. Victor Hugo y dénonce justement dans ce roman, la condamnation à mort qui est beaucoup trop souvent facile et injuste.
Ce roman m’a permis de me rendre compte du réel supplice qu’est la peine de mort et à quel point certains avaient la main légère. Ce court récit m’a tenu en haleine du début à la fin et m’a fait ressentir de la pitié, de la compassion mais aussi de la colère. Mais alors, qu’adviendra-t-il du protagoniste, sera-t-il exécuté ou grâcié ?

Avec un sujet aussi critiqué à cette époque que la peine de mort, la lecture de ce roman époustouflant n’est que vivement conseillé !

Billet de Mehdi BOUCHACHI, seconde 4

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°22)

16fév

Billet sur Michel Strogoff de Jules Verne

Aimez-vous les livres d’aventures ? Alors vous aller adorer le livre de Jules Vernes ou l’on vit les péripéties d’un Héros au « Corps de fer » nommé Michel Strogoff qui traverse la Russie et la Sibérie pour sauver le souverain d’une attaque imminente.
L’auteur grâce à son écriture simple et pleine d’actions, nous donne envie de continuer et de rentrer dans la peau du Héros en vivant ses émotions, ses peurs, ses actes de bravoure.
Le Héros va prendre plus de temps que prévu et va s’attarder en faisant de mauvaises rencontres et faire un détour au fin fond de l’Enfer, qui va lui couter très cher. Va-t-il réussir à sauver le souverain ?
A vous de le découvrir en vous plongeant dans ce livre mélangeant suspens, émotions, amours et compassions.

Billet de Johan Postec, élève de seconde 4

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°21)

16fév

Billet sur Le Passage de Louis Sachar

Si vous êtes un accro de la lecture, ou si vous cherchez le livre qui va vous donnez le plus de sensations, je vous conseille ce livre. Si vous recherchez le suspense, ce livre et fait pour vous, si vous cherchez de l’humour, ou de l’émotion ce livre est fait pour vous. Après que vous aurez lu seulement le premier chapitre, vous ne le lâcherez plus, vous aurez tout de suite envie de le terminer. En résumé, c’est l’histoire d’un jeune homme, du nom de Stanley Yelnats qui est sous l’emprise d’une malédiction qui a commencé avec son arrière-arrière grand-père et qui est poursuivie à travers les générations Yelnats. Staley, est injustement envoyé à un centre de détention, au Camp Green Lake, où ils creusent des trous tous les jours. Les garçons creusent des trous pas pour seulement améliorer leurs caractères, ils creusent aussi sans doute pour trouver autre chose … Stanley essaye de trouver quoi … C’est un de mes livres favoris, et je ne regrette pas de l’avoir lu, pour son suspense, son humour, son émotion unique.

Billet de Mohamed Benamara élève de seconde 4

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°20)

16fév

Billet sur Le rêve de Si-Yan de Sally Grindley

 

Le rêve de Si-Yan est un livre exotique, si tu aimes ou pas les histoires d’Asie ou d’ailleurs. Comme moi par exemple, je n’aime que les romans policiers, d’aventure et les histoires d’amour. Mais quand j’ai pris ce livre et que je l’ai lu, j’ai compris qu’il n’y avait pas que ces trois types de romans que je peux apprécier.

Nous sommes en Chine, la famille de Si-Yan est une famille paysanne; la vie y est modeste et difficile surtout à la suite d’un évènement tragique que vous découvrirez en lisant ce livre (suspens). Si-Yan est emmenée au marché pour y être vendue! Par Qui? Qui oserait commettre une telle horreur? (à découvrir aussi). A Qui? Ensuite Si-Yan sera amenée à fuir ce nouvel environnement(cette nouvelle famille) pour aller travailler dans une usine. Que fuira-t-elle? Dans cette usine, l’ambiance n’est pas toujours bonne, mais son rêve est plus fort que tout!!!
Parviendra-t-elle à réaliser son rêve? Reverra-t-elle sa mère et son frère? Se sauvera-t-elle de cette situation?

Veux tu découvrir toutes les réponses à ces questions? Veux tu surtout comprendre les mots du titre de ce livre? Si oui, je t’incite fortement et de tout cœur à lire ce livre; C’est un très beau livre plein de tact, agréable et facile à lire. Il nous fait partager les sentiments de cette jeune fille âgée de 11 ans.
C’est aussi une fiction documentaire qui décrit bien la grande mutation de la Chine actuelle.

 

 Ruth Boco, élève de Seconde 4

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°19)

16fév

Billet sur Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part de Anna Gavalda

Je trouve que ce livre est facile et agréable à lire. Lorsqu’elle écrit, Anna Gavalda adopte une écriture de tous les jours, simple, tout comme ses personnages adoptent un langage courant qui facilite l’identification. On remarque en effet que ce sont des personnes semblables à celles que l’on côtoie tous les jours: une étudiante, un père de famille, un couple.
Ce livre se présente sous la forme d’un recueil de nouvelles, histoires courtes occupant quelques pages au plus qui relatent des aventures en apparence anodine du quotidien mais finalement révélatrice de la personnalité du protagoniste ou marquant un tournant dans la vie de celui-ci.

Au début, je dois avouer que le livre ne m’a pas tellement plu. En effet je trouvais les histoires plutôt banales et la chute de certaines me semblaient manquer de relief. Par exemple dans Petites pratiques germanopratines l’histoire se termine sur le fait que son rendez-vous ne lui a pas plu. Or, personnellement, ce qu’il me plait dans les nouvelles, c’est que la fin soit brutale. J’ai donc été plus attirée par celle intitulée  IIG  dans laquelle on apprend que la future mère perd son enfant.
Cependant, au fil de ma lecture, j’ai remarqué que le plus important dans ce livre ce n’était pas l’histoire ni les personnages mais la manière dont elle est écrite et qui reflète avec justesse les sentiments qu’éprouvent les personnages. A mon avis Pendant des années est la nouvelle qui illustre le mieux cette idée, en effet on y trouve au plus juste l’expression de différentes émotions, le doute, le regret, l’amour aussi, sentiments universels qui nous touchent donc au cœur.
« Une autre femme m’a rencontré. Une femme très différente est tombée amoureuse de moi, qui portait un autre prénom et qui avait décidé de faire de moi un homme entier [...] Une femme inespérée. Il faut dire que je n’y croyais plus et j’ai dû la blesser souvent. [...] Je soulevais mes cheveux et j’y cherchais une autre odeur. Elle ne m’a jamais rien dit. Elle savait que ma vie de fantôme ne ferait pas long feu…  » p103. C’est cette écriture qui décortique le cœur humain dans ses méandres, ses espoirs, ses lâchetés aussi et renoncements qui nous captive et nous amène à nous interroger sur nous-mêmes…

En conclusion, même si le fond, les histoires en elles-mêmes ne m’ont pas toutes convaincue, la forme (cette écriture simple qui reflète les sentiments) m’a touchée et je me suis retrouvée dans ces écrits. C’est donc un livre que je conseillerai à tous ceux qui s’intéressent au cœur des hommes tout simplement.

Billet de Sonia Mouloudi étudiante en B.T.S assurance première année

Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°18)

15fév

Billet sur L’attentat de Yasmina Khadra

L’attentat de Yasmina Khadra, publié en 2005, est un roman récompensé par le prix des Libraires en 2006. Dans ce roman, Yasmina Khadra veut dénoncer la barbarie et la stupidité du conflit israélo-palestinien, qui fait payer le prix fort à des innocents. Ancien militaire, Yasmina Khadra décide d’écrire et de se consacrer à la dénonciation de la guerre et de l’intolérance.
Dans ce livre, est retracée la vie de l’éminent Docteur Jaafari Amine, un palestinien très bien intégré à la société israélite qui n’a jamais voulu prendre parti dans le conflit entre son peuple « de naissance » et celui d’adoption. Il consacre sa vie à ses patients et à sa femme adorée Sihem jusqu’au jour dramatique où, appelé pour aider en urgence les secours suite à un attentat commis à Tel Aviv qui a tué plus de 10 personnes (principalement des enfants) en quelques minutes, l’un des policiers qui le connaît bien, lui annonce non seulement que sa femme a été tuée mais en plus que le kamikaze n’est autre que cette dernière. On assiste alors à l’implosion de sa vie. Après une période de dévastation totale, Amine n’aura de cesse d’essayer de comprendre ce qui a pu pousser Sihem, une femme douce et aimante à commettre cet acte barbare et sanguinaire, quitte à mettre sa propre vie en danger car les milieux extrémistes n’aiment pas du tout que l’on cherche des renseignements les concernant…
Dans ce livre fort et émouvant, l’auteur fait voler en éclat les stéréotypes, celui du terroriste notamment car on se rend compte que n’importe qui peut en devenir un si bien que, dans ce livre, tous les protagonistes sont des terroristes en puissance, les hommes, les femmes et les enfants peuvent porter atteinte à la vie des autres, tout comme chacun est aussi une victime potentielle puisque l’attentat, par définition, peut toucher n’importe quel innocent et lui ôter la vie. Dès lors, autre stéréotype mis à mal, il n’y a ni bon, ni méchant, les deux clans ennemis sont logés à la même enseigne et est dénoncée d’un côté comme de l’autre cette haine, cette volonté de détruire l’autre et de sacrifier de nombreuses vies au nom d’une « bonne cause » fallacieuse car destructrice. L’escalade de la violence est ici démontrée et démontée. Dans chaque camps on incite les enfants à s’enrôler, on leur donne un quartier à surveiller, au final, on les pousse à accomplir la « parole de Dieu ».
Ce livre est poignant, et nous délivre le message que la vie ne tient qu’à un fil, que l’homme en est le détonateur, et que cette vie, si chère et si longue, peut exploser en un claquement de doigt. Le bonheur semble irrémédiablement avoir déserté la vie de cet homme. Il est néanmoins un court moment où l’on entrevoit un peu de lumière dans cette triste vie, la rencontre avec Zeev l’Ermite qui apparait comme une solution possible suggérée par l’auteur même si cette éclaircie ne pourra remédier à l’obscurité de la haine ambiante. On ne sort pas indemne de la lecture de cet livre qui nous hante et nous amène à réfléchir aussi sur nous-mêmes et sur la valeur de la vie.

Billet de Sabrina Benserir, étudiante en B.T.S assurance première année

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