Archives de la catégorie “Au jour le jour”

Envie de tout plaquer

08fév

Marius est un jeune ado qui a tout pour plaire: une bande de copains fidèles, des parents qui s’aiment, et la plus belle fille du collège comme petite amie. Simplement voila, Marius voit tout en noir depuis le jour où son frère est parti suivre des études de finance à Bordeaux. Un frère dont il a toujours été jusqu’alors très proche – son complice de divers petits coups en douce et surtout  son plus fidèle auditeur de compositions à la guitare- et qui s’est transformé du jour en lendemain en petit fils modèle et futur trader aux dents longues…

Pourquoi une telle métamorphose? Marius n’as plus envie de comprendre et ne rêve aujourd’hui que de quitter ce monde qui l’étouffe. Une destination comme un rêve: le pôle Sud et la mer de Weddell pour recommencer à vivre. Simplement quand un a quinze ans et une vieille tirelire en guise d’économie,  entamer un voyage n’est pas si simple…

Un héros franchement touchant, une jolie écriture -qui rappelle celle d’Olivier Adam-, et une histoire qui va très certainement vous serrer le coeur!

Lisez Moi et la mer de Weddell, et puis venez rencontrer l’auteur qui viendra tout spécialement à la librairie le samedi 11 février (à partir de 16 heures) pour signer son roman et s’entretenir avec ses lecteurs!

Marcastel à Bordeaux et en vidéo

19jan

Jean-Luc Marcastel nous fait l’honneur de venir de son Cantal natal pour rencontrer ses lecteurs et leur parler de vive voix des paysages et des légendes qui savent si bien l’inspirer. L’auteur de Louis le Galoup, de La geste d’Alban (deux séries de fantasy déjà ancrées dans le pays Cantaloup) viendra rencontrer ses lecteurs autour du Dernier hiver,  un roman d’anticipation à vous glacer d’effroi ! Pour savoir combien nous avons a-do-ré Le dernier hiver, lisez le coup de coeur  ici

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Romancière en maillot de bain

05jan

Il nous a fallu attendre presque trois longues années pour avoir des nouvelles d’Anne-Laure Bondoux,  l’un de ces auteurs dont on attend fébrilement, impatiemment, le nouvel opus. Trois longues années hantées par la question de savoir ce que cette romancière aussi inclassable que talentueuse  allait nous offrir. Le cadeau est à la hauteur de l’attente, généreux, bouleversant et totalement imprévisible…

L’autre moitié de moi-même est certainement le texte le plus personnel et le plus douleureux qu’Anne-Laure Bondoux nous ait livré, autobiographique presque malgré elle. Confrontée à ce qui peut arriver de pire à un écrivain à savoir l’impossibilité d’écrire, d’inventer, de se plonger dans une fiction et d’en développer situations et  personnages, la romancière perd pied, au point de croire (à tord) avoir écrasé un enfant en tricycle avec sa voiture. Dès lors, il va lui falloir affronter ses propres démons, aller au fond du gouffre, exhumer des secrets, libérer la parole de ses proches et tenter de dire l’indicible, ce qu’elle s’était soigneusement caché à elle-même ou ce qu’on lui avait sciemment dissimulé. C’est un texte intense et intime, délicat et puissant qu’ Anne-Laure Bondoux offre à ses lecteurs, s’étonnant elle-même de céder à ce genre de l’autofiction si éloigné d’elle jusque là. Si elle s’expose  » en maillot de bain », avec pour seule protection celle qu’offrent la mise en mots et le travail d’écriture, l’auteure du sublime Temps des miracles affronte sans détours sa part d’ombre et offre à ses lecteurs une réponse toute personnelle à l’incontournable question : « Pourquoi écrivez-vous ? »

Sur la cheminée

31déc

Point de cadeaux de noël sur la cheminée mais une drôle de petite soeur, ou du moins une partie. Il fallait oser un tel début de roman, une telle scène d’exposition où l’on comprend que les parents du narrateur se sont disputé les restes de sa petite soeur ne pouvant s’entendre sur le type de funérailles : inhumation ou crémation. Passée cette introduction assez dérangeante il faut bien l’avouer, Ma  soeur vit sur la cheminée s’avère être un roman au charme fou, très souvent drôle, émouvant parfois, tendre souvent, au ton naïf extrêmement réussi.

Jamie, narrateur de 9 ans passés, n’a que peu de souvenirs de Rose. Celle-ci est morte depuis déjà 5 ans lorsque le roman commence et pour le jeune garçon, il s’agit bien souvent de mimer une tristesse de commande lorsqu’il est question d’elle que de ressentir une quelconque émotion. Pour Jasmine, la soeur jumelle de Rose, c’est évidemment autre chose qui se joue : elle doit faire sa place, éviter la comparaison avec sa soeur, cesser de lui ressembler autant que faire se peut. Leur père, avec qui ils vivent désormais tous les deux, a bien du mal à faire face, sombre dans l’alcool et voue une haine farouche aux musulmans qu’il juge responsables de la mort de sa fille. Aussi Jamie se sent-il très mal à l’aise lorsque la maîtresse le place d’office en classe à côté d’une petite fille voilée, imaginant aussitôt la colère de son père s’il venait à l’apprendre. Entre ces deux là pourtant, une amitié lumineuse ne va pas tarder à naître, faite de confiance, de questions et de confidences…

Ma  soeur vit sur la cheminée a beau être un roman à l’humour ravageur il vous laissera des larmes plein les yeux. Cette famille rendue bancale et fragile par un malheureux hasard de l’existence (une petite fille au mauvais endroit au mauvais moment victime d’un acte terroriste perpétré par des extrémistes) est d’une farouche vitalité. Au delà de la douleur, loin de tout pathos, la voix de Jamie est d’un bout à l’autre du roman la voix de l’enfance, celle qui dit l’importance du moment présent et du lien. Ce petit garçon qui cherche les réponses que les adultes sont incapables de lui donner, trop absorbés qu’ils sont par leur douleur est un concentré d’émotions qui fait passer son lecteur du rire aux larmes avec un naturel confondant.

Si l’un des messages de ce roman est bien de dépasser ses a priori pour aller à la découverte de l’autre, n’hésitez pas à dépasser les vôtres : ce roman est tout sauf morbide et tout simplement l’un des grands moments de lecture de l’année !

Bonnie and Clyde

27déc

Desolation road, c’est une route pavée de mauvaises intentions et de rêves brisés, Desolation road , c’est deux vies pleines de misères et de sang; Desolation road, c’est la plus belle des histoires d’amour.

A San Quentin, Californie en 1930, Gayle Hudson doit interviewer une jeune fille condamnée à mort. Il doit publier un article « feuilleton » pour un magasine à sensation relatant le  périple meurtrier de June Madero et de son fiancé David O’reilly. En compagnie de son grand amour, June a semé mort et destruction sur son chemin. Les deux gamins ont dévalisé des stations services et assassiné les malheureux propriétaires. Dans l’espoir d’une vie meilleure, June et David tentent d’amasser un maximum d’argent mais de magouille en magouille, ils vont trop loin…

Très intrigué par la jeune fille Gayle, ne sait que penser d’elle et de ses actes. Il se décide donc  à l’écouter et à ne rien changer à son récit, il retranscrira mot pour mot les paroles de June sans se soucier de son rédacteur en chef ni même du public. June va alors raconter sa famille, son enfance et bien sûr sa rencontre avec David puis leur fuite en avant, vers le chaos.

D’une force à couper le souffle et d’une beauté tragique, Desolation road exprime toute la fureur de vivre de deux êtres coupés du reste du monde tant leur lien est profond ; deux êtres pour qui la vie n’est synonyme que de fatalité. Dans une écriture poétique et parfois cruelle Jérôme Noirez nous offre un très beau roman. Que l’on n’oublie pas.

 

Quelles femmes !

15déc

Quelles femmes ! Tel aurait pu être en effet le titre du nouveau roman de Flo Jallier, Les déchaînés. Tout commence à la Martinique. Alors que l’esclavage est aboli depuis une trentaine d’années, sur la propriété de la famille de La Bauterie, rien ne semble avoir changé dans le quotidien d’une main d’oeuvre exploitée, humiliée, brutalisée. La jeune Amélia, pourtant, est celle par qui le changement arrive : elle est vive, curieuse et pétillante, frondeuse parfois, et surtout amoureuse du fils du béké qui le lui rend bien. Après la complicité de l’enfance vient le trouble des émois sensuels de l’adolescence et la passion s’empare d’eux. Un secret révélé par la mère d’Amélia va mettre un terme à leur innocence…

Il serait dommage de trop dévoiler de cette genèse qui sert de prélude au portrait de quatre générations de femmes liées par les liens du sang et ballotées par l’Histoire. Violentées par les hommes et les événements comme par l’héritage reçues de leurs mères, Amélia, Camille (sa fille adoptive), Louisiane, fille de Camille et de l’officier nazi qui l’a violée, sont des battantes, par nécessité, par choix. Elles font le choix de la vie, de l’amour, quel qu’en soit le prix, éclairées par une vitalité que l’écriture de Flo Jallier communique avec bonheur. Marie-Jo, la dernière de la lignée fera aussi le choix des mots, parce qu’il faut dire, retracer l’histoire de ses ancêtre pour savoir qui l’on est et d’où on vient et surtout ne pas taire mais témoigner, chercher à comprendre pour mieux faire bouger le monde.

Un roman lumineux, plein de fougue et de tendresse, qui confirme après Les filles ne mentent jamais le talent singulier de Flo Jallier, loin de tout stéréotype, comme la qualité du travail des éditions Sarbacane à travers la collection Exprim’ qui tranche résolument sur une production parfois un peut formatée.

Pearls of the death

02déc

Jusqu’où est-on prêt à aller pour survivre ? Qu’est-ce qui fait que l’on est encore un être humain (ou pas) ? POD, fascinant roman d’anticipation, va vous précipiter dans des abîmes de réflexion et de tension…

Tout a commencé par un bruit strident, de ceux qui vous laissent penser que votre cerveau va exploser en milliers de petites particules. Josh et son père cherchent en vain à comprendre quel élément mécanique dans la maison a pu provoquer un tel vacarme. Et soudain, derrière la vitre, un spectacle à couper le souffle : « aussi silencieuse qu’un araignée sur sa toile, une immense sphère noire descend lentement entre les nuages ». Elle sera suivie en quelques secondes de milliers de ses semblables, menaçantes, angoissantes, qui ne tardent pas à désintégrer tout être humain passant à portée de leurs mystérieux rayons bleutés.

Dans le même temps, la jeune Megs se retrouve seule dans le parking d’un hôtel. Dehors, le triste et terrifiant scénario est le même : la menace extraterrestre est devenue un vérité, une évidence. Très vite, les questions essentielles doivent trouver des réponses efficaces. Boire, manger deviennent des priorités absolues, au fil des jours la moindre parcelle de nourriture qui dans d’autres circonstances serait juste digne de la poubelle devient un festin providentiel, l’eau est bonne à prendre, partout, même dans le réservoir d’une shampouineuse pour moquettes…

Pour Josh et son père, à l’abri dans leur maison avec leur chien, la vie s’organise, faite de rations, de stockage d’eau dans tous les récipients disponibles. Le jour où les extraterrestres brouillent les ondes électromagnétiques, le compte à rebours de leur survie s’accélère : le père de Josh porte un pace -maker…

Jusqu’où est-on prêt à aller pour sauver sa vie ? Comment réagir lorsqu’on est pris au piège, sans eau , ni électricité et que les rations diminuent tant que vous comptez les jours qui vous restent à vivre sur les doigts d’une main ? Que deviennent alors vos priorités, vers quoi se dirigent vos pensées ?

Voilà un roman d’anticipation comme on les aime : intelligent, émouvant, tendu comme un thriller. Une forte empathie envers les personnages se dégage, la narration alternée provoque une certaine frustration qui ne fait qu’augmenter l’addiction à la lecture. POD se dévore, enflamme l’imagination  et vous place au final devant  la nécessité de répondre à cette périlleuse question :  que feriez-vous dans la même situation ? Seriez-vous résigné, combattif ou fonceriez-vous tête baissée dans le tas ?

Bon, je vous laisse réfléchir, je vais faire des réserves, on ne sait jamais …

 

Evénement : à vos starting blocks

22sept

Attention, prêts ,? Samedi 24 septembre soyez tous prêts à bondir ! Le rayon ados et la libraire Mollat dans son ensemble accueillent Maggie Stiefvater et Cate Tiernan, deux auteures phares de la collection Blackmoon chez Hachette, pour une rencontre dédicace exceptionelle à 16h30,  au 91, rue Porte-dijeaux

La nouvelle se répand chez les fans depuis quelques semaines : si vous êtes parmi les 20 premiers à vous faire dédicacer un ouvrage de l’une des deux romancières américaines, vous repartirez avec, cerise sur le gâteau, un sac VIP Blackmoon.

Alors, si vous êtes amateurs de suspense, de métamorphoses, de magie et (ou) d’amour, placez-vous sur la ligne de départ et venez découvrir Frisson, Fièvre et Fusion où il sera question d’amour et de loups. A moins que vous ne choisissiez de vous interroger sur le destin d’une immortelle de 459 ans en quête (enfin !) de sagesse et de paix ou sur les pouvoirs d’une jeune fille adepte malgré elle de la Wicca

Et si vous ne pouviez pas choisir ? Venez vous faire ensorceler par Maggie et Cate …

La mauvaise réputation

17sept

Tarja, 16 ans, jeune fille de la très bonne société genevoise, est « une salope ». C’est écrit sur les murs du lycée, c’est dans toutes les bouches, de notoriété publique, jusque dans les commentaires de sa page facebook, sur le mur virtuel de son ordinateur. Tarja fait le compte de ses petits copains éphémères, de tous ceux avec qui elle « l’a fait » et  18 noms  s’alignent dans sa mémoire. Pas de regrets sauf celui de ne pas être comprise, ne pas pas avoir été aimée. C’est ce qu’elle cherche Tarja, ce qu’elle ne connait pas chez elle, ce qu’elle ne voit ni entre son père et sa mère ni entre ses parents et elle : amour, tendresse sont inexistants dans sa vie. Heureusement, il y a Léon, son meilleur ami, généreux et présent, fou de spiritualité, en quête de l’essence même du zen, et surtout Jessica, l’alter égo, l’amie, la soeur, la seule. Jessica qui a voulu rêvé trop vite, trop loin, trop fort et qui en est morte. Enfin, il y a Albert Einstein, l’idole, le modèle, celui qui a osé aller contre la raison pour changer le monde.

Sur sa page facebook, un soir, le message de Bastien s’affiche : veux-tu être mon amie ? Bastien veut se frotter à cet univers qui lui est étranger, il a besoin d’être guidé et il veut que ce soit par Tarja. La relation se fait vite plus intime, beaucoup trop : Bastien C. est le professeur de français de Tarja…

Ne vous fiez pas aux apparences : rien de glauque ne sort de ce roman qui sonne juste de la première à la dernière page. Ce très beau roman de Jean-Noël Sciarini est extrêmement délicat, poétique, touchant, doux et brutal à la fois et sait montrer derrière la façade de son personnage tout le vide à combler, l’immense solitude et la douleur cachée par le déni. Tarja est une quête d’amour, une quête de soi, de paix et de sérénité, une tentative de se construire au mieux dans un monde habité par des adultes qui ne font pas de cadeaux.

A ne pas rater, que ce soit à partir de 15 ans ou pour beaucoup plus grand.

Trop de blanc

15sept

Pour ses 16 ans, les parents de Pierre ont accepté de redécorer sa chambre d’enfant. Finis les meubles en bois hérités des générations précédentes, Pierre veut du neuf, du fonctionnel, du peut-être pas solide mais des meubles à lui. Et voilà tout la famille Blanc (c’est leur nom) en route pour Ikéa. Toute la famille ou presque puisque Alix, la sœur de Pierre, a déjà quitté la maison 4 ans auparavant. Après des heures d’ennui, de fatigue et d’exaspération, voilà que les colis dûment empaquetés par le géant suédois ne rentrent pas dans la voiture. Il tombe une petite pluie dense et tandis que le père et le fils règlent au mieux la question, la mère de Pierre s’éloigne sur le parking, à pied, sans rien dire. Elle disparaît sans la moindre explication, le moindre signe. Elle disparaît, s’efface et ne donne pour toute nouvelle qu’un SMS sibyllin 48 heures plus tard :  » Je n’en peux plus, c’est tout. »                                              « 

Dans cette famille si polie que l’on ne se dit pas grand-chose, le choix de Marie-des-Neiges Blanc va faire office de révélateur. Les petits secrets des uns et des autres vont commencer à se dévoiler, les propos de façade vont se faire plus sincères et la parole va se libérer. Pierre fait nombre de découvertes grâce à sa grand-mère paternelle, son père ose enfin bouleverser les convenances pour tenir tête à ses beaux-parents et envisage de changer de vie et Alix met son frère au défi de tenter sa chance auprès d’une jeune fille dont il est amoureux.

Mikaël Ollivier est un sacré raconteur d’histoires : à partir du moment où vous commencerez à vous dire que voilà, tout est bien qui finit bien, il vous fait une petit pirouette avec un ressort dramatique que l’on n’avait pas vu venir alors qu’il était sous nos yeux depuis le début.

Le monde dans la main est un roman plein de charmes, de surprises, de tendresse, de secrets, d’amour et d’humour qui s’avère être une leçon de vie fraîche et revigorante. Tenir Le monde dans sa main, c’est quand même une belle ambition, non ?

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