Etienne Bimbenet nous parle de la Nature et de l’humanité dans l’oeuvre de Merleau-Ponty

Posté dans la catégorie En vidéo MollaTV par mribereau

08fév

Etienne Bimbenet est maître de conférence en philosophie à l’Université Jean Moulin-Lyon III. Cet ancien étudiant de l’Ecole Normale Supérieure s’est fait connaître comme spécialiste du philosophe Merleau-Ponty. A travers son dernier ouvrage Nature et humanité , le problème anthropologique dans l’oeuvre de Merleau-Ponty paru aux éditions Vrin, il revient sur le regard que portait le philosophe sur l’homme en tant qu’être de nature. A travers les grands textes tels que L’Oeil et l’esprit, Phénoménologie de la perception, Le Sens des choses, Etienne Bimbenet nous explique que Merleau-Ponty embrassait l’ensemble des sciences sociales (psychanalyse, sociologie, anthropologie…) afin de mieux servir sa réflexion philosophique.

Voici un livre destiné à tous ceux qui s’intéressent au philosophe mais au-delà à tous ceux qui s’intéressent à la question du devenir de l’homme et de la nature. Avant d’aller rencontrer un public attentif au 91 de la rue Porte-Dijeaux, il a accepté de se livrer devant notre impitoyable caméra à un impressionnant exercice de synthèse.

Michel Serres analyse la crise

Posté dans la catégorie En vidéo MollaTV par mribereau

05fév

Le philosophe Michel Serres, auteur de nombreux ouvrages dont Le Mal propre, La Guerre mondiale ou des Petites chroniques du dimanche soir, se penche aujourd’hui sur cette crise sans précédent que nous traversons. Il constate que depuis ces vingt dernières années de nombreux changements sont intervenus dans notre société et ce sur tous les plans (social, économique, politique, environnemental…) mais par ailleurs il souligne que “malgré ces transformations majeures, nos institutions :  politiques, religieuses, militaires, universitaires, hospitalière, financière, entrepreneuriale… continuent à peu près comme si rien ne se passait”.

Michel Serres tente de nous démontrer que nous sommes acteurs et maîtres de notre avenir, et qu’à défaut de pouvoir revenir en arrière il faut prendre le train en marche et s’en accommoder afin d’avoir encore quelques influences sur notre monde. Venant à la rencontre de ses nombreux lecteurs, il a bien voulu se prêter au jeu de la caméra pour nous parler librement, en quelques minutes, de son projet pour Le temps des crises. Voici donc, sur fond noir, un philosophe face aux crises.

Messac colloquisé

Posté dans la catégorie Hors les murs par David

04fév

Badge Régis MessacRégis Messac à l’Université ? Drôle de revanche pour cet ennemi des institutions et du “système”. Grâce à l’acharnement magnifique d’une poignée d’inconditionnels qui, après des décennies d’oubli, ressuscitent cet auteur fulgurant, ce sera chose faite demain au coeur de Bordeaux III pour une journée de débats plus spécifiquement centrés sur un aspect très méconnu de son travail : le journalisme. En association avec la Société des Amis de Régis Messac (qui anime une revue trimestrielle : Quinzinzinzili) qui sera représentée par son Président Pierre Lebedel et Olivier Messac, le petit-fils de l’écrivain, sous la direction de Natacha Vas-Deyres qui en est le maître-d’oeuvre au sein du Centre François Mauriac, ce colloque très fourni abordera entre autres son séjour aux Etats-Unis, son travail au sein des Primaires avec Georges Hyvernaud, son rapport à la littérature, qu’il s’agisse du roman populaire dont il fut un des premiers analystes ou des grands auteurs. Cet intérêt de la Faculté pour l’oeuvre d’un grand méconnu vient donc prolonger une ambitieuse campagne de rééditions et d’éditions d’inédits menée en grande partie par la maison ex nihilo : huit volumes sont déjà parus, Lettres de prison, Les Romans de l’homme-singe, Le Miroir flexible, Micromégas, Les premières Utopies, Valcrétin, Roman policier  fragment d’histoire et tout récemment Brève histoire des hommes. On parle aussi d’une réédition prochaine de sa fameuse thèse sur Le “Detective Novel” aux Belles Lettres. Bref, pour un auteur dont ne se souvenaient plus il y a moins de cinq ans que les spécialistes, c’est qu’on peut appeler une renaissance. Vous pourrez prendre connaissance du programme détaillé en vous rendant sur cette page : colloque Messac.

Auguste sur son derrière

Posté dans la catégorie Choses vues par David

02fév

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Ils ne nous ont pas montré le leur, ils ont su l’être au milieu des clients du samedi : Auguste Derrière nous a(ont) fait(s) la plaisir d’une visite pour finir le mois en beauté, installé(s) à l’accueil, entouré(s) de tampons et de livres. Car si le canular imaginé par le trio de graphistes bordelais qui compose Poaplume (Nadia Geyre, Philippe Poirier et Vincent Falgueyret) n’a pas fait long feu, le livre qu’ils ont imaginé a recueilli les suffrages du public, enchanté par la malice de leurs calembours et autres délires graphiques rassemblés sous le cartonnage orange d’un joli livre du Castor astral. Mais qui était Auguste Derrière se demandent encore les naïfs et les amateurs de belles histoires ? Au début du XXe siècle nous dit l’éditeur, “cet homme a sans aucun doute été le fleuron de l’absurde et du jeu de mot laid” (on notera l’étrange procédé littéraire à la Joseph Prudhomme et son fameux “ce sabre est le plus beau jour de ma vie”…). “Il révolutionna l’art naissant de la publicité par son approche peu commune du slogan, puis devint la coqueluche de l’élite culturelle de l’époque, avant de tomber dans les sombres profondeurs d’un oubli”. La révolution par le jeu de mots, c’est une idée qui aura fait son chemin tout au long du siècle et il est amusant de constater qu’on n’a pas fini d’épuiser ce genre. Avouons-le cependant, lorsqu’il s’est agi de placer derrière les caisses de grandes affiches pour donner envie aux passants de s’emparer sans retard du livre, il nous a fallu pratiquer une certaine forme de censure, le calembour flirtant souvent avec le grivois… c’est aussi une loi du genre. Vous pourrez suivre les aventures du terroriste publicitaire sur le blog que cet éternel jeune homme tient à l’adresse suivante : augustederriere.com, preuve qu’on peut avoir sombré dans l’oubli et manifester un penchant pour la modernité. Merci donc à l’auguste trio d’être allé au devant de ses lecteurs.

Ellroy, again and again

Posté dans la catégorie En noir, En vidéo MollaTV par David

01fév

Vous aviez loupé Ellroy en vrai, avec sa belle écharpe tricotée par Madame, vous aviez manqué la reprise filmée des plus beaux moments de cet rencontre impayable disponible sur dailymotion suivie par une foule nombreuse et un public qui osa poser des questions à la vedette américaine, vous pouvez maintenant retrouver ce morceau d’anthologie en deux épisodes sur Youtube où très prochainement votre librairie, très investie dans l’image, disposera de sa propre chaîne sur laquelle vous pourrez regarder, en plus des podcasts, des clips littéraires inédits tournés dans nos jeunes studios. Au programme, bientôt : Michel Serres, Gilles Leroy ou Hedi Kaddour pour lesquels nous allumerons nos projecteurs. En attendant revoici Mister Ellroy dans son numéro sur fond orange :

Repose en Peace

Posté dans la catégorie En noir, Hors les murs par Karine

29jan

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The Red Riding Trilogie - actuellement au cinéma !

What is that ? Une adaptation magistrale de l’oeuvre de David Peace, auteur  de 1974, 1977, 1980, 1983, une tétralogie suffocante se passant dans le Yorkshire…

 

Sur les quatre titres publiés par le terrible Anglais, exit 1977 (pour la petite histoire Channel 4 ne voulait financer qu’une trilogie), reste donc au final l’épisode 1974, réalisé par Julian Jarrold,  James Marsh s’est emparé de 1980, et Anand Tucker a signé l’adaptation du dernier volet 1983. Les spectateurs anglais ont pu apprécier le résultat en s’installant devant leur poste de télévision - en France, seuls quelques cinémas (dont Utopia Bordeaux, c’est là que s’est rendu votre libraire) ont eu le courage de programmer The Red Riding Trilogie. Ce n’était pas une mince affaire que d’adapter Peace à l’écran : comment rendre la noirceur de son univers, ses personnages broyés, sa désespérance ? Proche d’un Robin Cook pour l’ambiance, et d’un James Ellroy par le style, Peace n’est pas de tout repos (contrairement à ce qu’indique son patronyme)… Pari réussi car les trois films sont une réussite complète ! - c’est aussi l’avis de François Guérif, directeur de la collection Rivages/noir, qui publie en France les ouvrages de David Peace, à qui nous avons posé la question alors qu’il accompagnait dans nos murs James Ellroy le 18 janvier dernier. Les films sont fiévreux, l’image nerveuse et enlevée, le rythme vif et incisif, on revisite les années Thatcher sur fond de décor d’époque. Le constat révulse : du journaliste naïf qui va vite perdre ses illusions au flic corrompu prêt à tout pour se couvrir - ce monde est pourri. Tout comme on sort groggy des livres de Peace, on quitte la salle de cinéma en ayant l’impression d’avoir visité les bas fonds de l’âme humaine, question de conscience… - to be or not to be, that is the question.

Salinger R.I.P.

Posté dans la catégorie Choses vues par David

28jan

J.D. Salinger vient de disparaître et nous n’illustrerons pas notre très court article d’une photo : il n’en existe pour ainsi dire pas. Nonagénaire retiré depuis plus de trois décennies de toute vie publique, décidé à se conformer au plus rude des principes, mettre sa vie en conformité avec l’idée qu’on se fait de soi-même, n’écrivant plus, il a réussi, et sans doute malgré lui, à se transformer en mythe littéraire, puissant mirage d’un Bartleby qui avait décidé qu’il valait mieux plus (que mal). En France on ne cesse de lire son grand livre The catcher in the rye traduit chez nous par Jean-Baptiste Rossi (connu aussi sous le nom de Sébastien Japrisot) sous le titre L’Attrape-cœurs. On rappellera à ce propos la querelle à laquelle on fit peu d’échos sur cette fameuse traduction reconnue par beaucoup comme plutôt infidèle et qui fut un temps remplacée par celle d’Annie Saumont, toujours chez le même éditeur, Robert Laffont, avant qu’un repentir (ou plutôt une bonne colère de Rossi) n’oblige à faire machine arrière. Désormais, cependant, la raison semble l’avoir emporté et c’est dans la deuxième traduction que vous pourrez découvrir ce beau voyage adolescent. Les amateurs de nouvelles pourront quant à eux se tourner vers les cinq recueils de nouvelles de Salinger qui fit très honneur à ce genre malheureusement (c’est litanique cette plainte sur ce blog…) boudé chez nous. C’est le seul mérite des périodes nécrologiques : elles incitent à relire un auteur que l’ombre de la mort rend tout à coup bien séduisant.

R.I.P.

Lanzmann vs Haenel

Posté dans la catégorie Choses vues par David

27jan

Nous prendrons garde de ne pas nous embarquer sur le sentier de la polémique à laquelle nous assistons depuis quelques jours autour du livre de Yannick Haenel, Jan Karski, violemment attaqué par Claude Lanzmann, l’auteur de Mémoires, Le Lièvre de Patagonie, qui ont fait grand bruit cette année, le réalisateur de Shoah dont Haenel s’est servi pour la première partie de son roman-documentaire puisqu’il se remémore le personnage de Karski face à la caméra de Lanzmann,  ce serait faire fi de notre souci de défendre toutes les expressions, surtout lorsqu’elles émanent de deux personnalités aussi fortes et talentueuses, deux auteurs de la grande maison Gallimard chez qui la diplomatie doit aller bon train. Vous pourrez retrouver sur le site de Pierre Assouline, La République des Livres dont nous sommes des fidèles les tenants de cette dispute qui vient s’inscrire dans ce goût pour la castagne  qu’apprécie le monde littéraire français et l’avis du plus célèbre blogueur littéraire français vaut le détour. Pour amener notre pierre à cet édifice menaçant nous rappelons aux internautes qui veulent en savoir plus que nous avions eu l’honneur de recevoir les deux antagonistes, avant que nous puissions soupçonner qu’ils s’affronteraient par déclarations et journaux interposés. En amateurs de traces et en libraires soucieux de mémoire, nous conservons précieusement souvenirs de ces passages sous forme de podcast des conférences qui permettent à tête reposée d’écouter en situation un auteur, non plus dans le calme d’un studio mais face à des spectateurs parfois questionneurs et sans filet. Vous pourrez donc retrouver les deux podcasts en cliquant ici pour Claude Lanzmann et pour Yannick Haenel. A vous de rejuger et de tenter de vous faire un avis.

Claude Lanzmann lors de sa venue chez Mollat

Yannick Haenel et son éditeur Philippe Sollers

Michel & Jean-Pierre

Posté dans la catégorie bonheur du jour... par David

27jan

Ainsi un jour, il y a longtemps de cela, Michel Ohl rencontra Jean-Pierre Martinet. Les témoins de cet événement peu commenté par les exégètes de ces deux auteurs difficiles auxquels un jour l’Aquitaine rendra l’hommage qui leur revient ne sont pas tous morts. L’un même des acteurs de cette scène de légende peut encore témoigner et nous dire que Jean-Pierre Martinet n’est pas une invention des éditions Finitude, un tour de passe-passe du Dilettante ou le vieux reste d’un rêve de Raphaël Sorin. Mais quel besoin de gloser quand la prose du barde d’Onesse est limpide et sa mémoire précise. Voici donc pour vous, fidèles lecteurs de ce blog, la carte inédite de celui qui à lui seul a fait la fortune de son bureau de Poste, le prince de la calligraphie timbrée, l’aède des bords de l’Adour, le plus russe des écrivains français, le petit neveu de Thrasybule, l’aîné de Jean-Pierre dit le jeune, un auteur généreux qui sait ne pas oublier ceux qui n’ont pas tenu le(s) coup(s) comme Martinet le Libournais, un éveillé de première qui réagit de haute façon et belle manière à la réédition de La somnolence (voir notre blog). Laissons la place à ce recto/verso et désolé pour le torticolis qu’il provoquera peut-être…

Michel Ohl nous écrit

Michel Ohl au verso

C’est bon aussi quand c’est gras

Posté dans la catégorie C'est nouveau par David

26jan

On vante souvent ici les délices acides de l’humour anglais, les délires avides de l’humour new-yorkais, il ne faudrait pas pour autant négliger les délires à l’arachide de certains américains qui ne cuisinent pas franchement dans le diététique mais vous font bouillir des marmites savoureuses et hypercaloriques . Grâce à Frédéric Brument qui dirige chez Rivages une épatante série humoristique où on a pu découvrir ou redécouvrir Robert Benchley, Stephen Leacock, W.E.Bowman, Spike Milligan, Damon Runyon ou James Thurber, nous pouvons aujourd’hui faire la connaissance de l’univers un rien poisseux mais souvent hilarant de Rich Hall, auteur de Caroline du Nord connu jusqu’à présent (surtout en Caroline du Nord d’ailleurs et à Edimbourg aussi, notons-le) pour ses one man shows où il met en scène un certain Otis Lee Crenshaw, plouc intégral (ou presque mais c’est dans ce presque que vient se nicher toute la folie du héros) qui écoute de cette country music qui est une véritable torture aux oreilles raffinées des européens (sauf à Mirande, une semaine par an, mais on peut éviter facilement le bourg à cette période) et n’hésite pas à pousser la chansonnette de sa voix éraillée de gros fumeur. C’est ce personnage qui a quitté la scène pour devenir le héros d’un roman réaliste et poilant, Otis Lee Crenshaw contre la société, où les intrigues amoureuses de cet abonné aux échecs retentissants se conjuguent aux séjours en prison et aux passages hauts en couleurs devant le juge. Car si Otis Lee connaît la chanson et peut vous en faire des couplets sur tous ces chanteurs qui font suinter leurs romances de dégoulinures romantiques, il n’en échappe pas moins à la fatale attraction pour des femmes, toutes prénommées Brenda (suivie d’un numéro), qui font son malheur et notre joie. Car c’est là toute la saveur de cette suite d’aventures lamentables où les petits trafics (il vole par exemple des mobil homes qu’il revend après les avoir repeints) finissent toujours dans le mur du pénitencier, Otis Lee Crenshaw réfléchit sur l’amour, sorte de Stendhal en salopette qui vous tartine quatre pages bien senties sur le coup de foudre et sur Cupidon, bonne paire de claques à la mythologie amoureuse (ce sont ses “pensées indicibles”…). On conseillera ardemment aux éconduits chroniques, aux roméos sans Juliette, aux buveurs de sirop doucereux, aux romantiques repentants, à tous les misérables qui comptent les années en échecs, de faire la connaissance de ce louche individu qui reluque les femmes des autres sans répit. Cela vous barbouillera un peu l’estomac, ce n’est pas très diététique mais qu’est-ce que c’est drôle. Et si vous riez, c’est que c’est gagné, non ?

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