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avr 23

Pas un peu kafkaïen tout ça ?

kafka.jpgCe n’est un secret pour personne, les éditeurs attendent avec impatience les dates anniversaires pour faire revivre leur fonds en rééditant certains textes méconnus ou oubliés, parfois même inédits, ou encore en rassemblant tous les textes d’un auteur en un seul volume. Mais on aura beau chercher, aucune date de naissance, de décès ou d’anniversaire de quelqu’ ordre que ce soit ne parait justifier l’effervescence kafkaïenne qui semble s’être emparé des éditeurs en ce début d’année. D’un coté, nous avons Babel, la collection de poche d’Actes Sud, qui publie l’intégralité des récits de Kafka en 3 volumes. Le premier comprend, entre autres, La métamorphose, la sentence et le soutier ; le second A la colonie disciplinaire ; le troisième les Récits posthumes et les fragments. Du coté de chez Rivages, nous retrouvons les Lettres à Max Brod, lettres adressées à son meilleur ami entre 1904 et 1924, à travers lesquelles on retrouve un Kafka méconnu, bon vivant, qui sait se moquer aussi bien des autres que de lui-même. C’est à travers cette correspondance que Kafka, finalement, est le moins kafkaïen.

Jugez plutôt. Lors de son passage à l’Office d’assurance contre les accidents du travail pour le royaume de Bohème, il écrit à son ami de toujours : « Dans mes quatre districts, les gens tombent des échafaudages comme s’ils étaient tous ivres ou se précipitent dans les machines, toutes les poutres basculent, tous les fossés s’ouvrent, toutes les échelles laissent tomber ce qu’on y monte, tout ce qu’on veut descendre dégringole avant que l’on tombe soi-même par-dessus. »

Rivages publie également, dans sa collection de poche, son Journal intime. Il s’agit d’extraits de son Journal, paru initialement aux Editions Grasset en 1945. Celui-ci n’était pas destiné à la publication, ni même au regard de quiconque. Mais à la mort de l’écrivain tchèque, Max Brod trouve cette suite de notations, allant du simple aphorisme à la courte fiction et a la bonne idée de les faire publier. On apprend que l’écriture de ce Journal a exercé sur son auteur un véritable « effet tonifiant », le remplissant « de tressaillements légers et agréables ». Un viatique pour le moins bien venu, lui qu’on savait atteint d’une tuberculose qui l’emportera à l’âge de 41 ans. Ce Journal, au même titre que la Lettre au père parue il y a quelques années en Folio, est une véritable bénédiction pour qui veut comprendre les éléments déterminants de la pensée kafkaïenne. Et on ne sait par quel enchantement, on se surprend à s’attacher à cet homme qui, pourtant, a toujours éprouvé d’énormes difficultés à se rapprocher des autres.

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2 commentaires

  1. Crickett

    Bonjour,
    Félicitations pour cet article très intéressant.
    Surtout continuez ce blog, il est passionnant et très instructif!!!
    Merci et à bientôt

  2. gbertrand

    Mais on ne sait pas tout sur le journal de Franz Kafka, la preuve:

    http://www.gerard-bertrand.net/KAFKA__freud.html

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