J.J. l’amoroso
09avr
La ménagerie de Versailles de Frédéric Richaud nous avait fort réjoui l’an passé, nous tirant des petits concertos ou des lourdes symphonies habituellement joués dans la catégorie des romans historiques. Loin des descriptions foisonnantes, des couplets remâchés sur les grandeurs et vicissitudes de l’Histoire de France, avec une alacrité intelligente, il nous poussait dans les bras d’un courtisan de Louis XIV acharné à séduire son soleil en rêvant de lui offrir des animaux prodigieux. Emportés dans une farce aussi brève que tragique, nous échouions en Afrique où les bas des protagonistes se déchiraient allègrement.
Manifestement adepte de la forme courte, Richaud nous revient en ayant franchi un siècle et il déploie ses lumières fulgurantes sur la haute figure du grand Jean-Jacques et de deux de ses disciples qui ont érigé le rousseauisme en raison de vivre. Courtisans d’un autre genre puisqu’ils tentent de cultiver la philosophie comme d’autres leurs parcs, les frères Chapelet poursuivent la chimère de construire le royaume parfait où accueillir le Maître. Ils vont y engloutir fortune et illusions, offrant une nouvelle fois à Frédéric Richaud l’occasion de déployer son ironie. Le genre du conte, très méprisé dans nos contrées où le roman est roi, a trouvé avec cet auteur un orfèvre dont on guettera impatiemment les subtilités.
- Lien permanent
- Commentaires fermés
Quelques personnes qui s’agitent dans un coin de la librairie et des exclamations qui fusent ; un petit groupe d’Espagnols entourent notre bureau où un espace est consacré à notre coup de coeur du moment. Fin, le visage taillé à la pointe, vêtu d’une veste sombre, un homme se réjouit et il nous semble percevoir dans sa joie soudaine, dans son accent, comme les signes que c’est bien l’auteur du livre élu qui est à deux pas de nous. Quand il commence à nous parler, d’abord en espagnol puis en anglais, nous réalisons qu’il nous remercie avec effusion et que son éditeur lui a signalé notre attachement, dès ses débuts, à son oeuvre forte et singulière. Nous voici donc sans prévenir en train de discuter dans un joyeux mélange de trois langues avec José Carlos Llop, l’auteur du très réussi
Jean Teulé est bel et bien un auteur « multi-cartes » : on le connaît pour les biographies qu’il a pu rédiger sur Villon et Verlaine (
Le rayon « poches » se fait encore une fois porteur de bonnes nouvelles: