Salade de Krudy
05juin
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05juin
04juin
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On sait gré à Joelle Losfeld de régulièrement tirer de l’ombre quelques auteurs méconnus ou oubliés. C’est à elle que l’on doit la résurrection de Mary Elizabeth Braddon (1835-1915), cette victorienne flamboyante, il y a une dizaine d’années avec Le secret de Lady Audley qui nous réjouit fort et nous incita dès lors à surveiller chaque nouvelle sortie. Sur les traces du serpent qui paraît aujourd’hui est le cinquième à sortir sous son enseigne, un signe de fidélité et la preuve qu’il y a désormais un public pour cette littérature remise en vogue depuis la renaissance de Wilkie Colllins. Il s’agit de son tout premier roman et à ce titre il contient de façon pour le moins excessive (et donc réjouissante…) tous les ingrédients, toutes les sauces les plus poivrées de ce qui deviendra sa spécialité et dont beaucoup de ses contemporains seront à la fois envieux et aussi un peu moqueurs. Sous ce titre très biblique se dissimule une intrigue plus que fournie avec rebondissements, chausse-trappe, histoires de vengeances dans la plus pure tradition du roman feuilleton. Mais n’y aurait-il que cela que nous lirions Braddon avec un plaisir un rien ironique, sinon un détachement amusé. La toute fin de son livre pourraît nous sembler bien lyrique et fleurie si elle n’était précédée d’intrusions moqueuses de l’auteur, de saillies gourmandes au coeur de l’intrigue, ce piment dont elle parsème tous ces romans et qui leur donne cet aspect particulier qui colle si bien à notre temps amateur de costumes mais point de niaiseries. Lire un roman de Mary Elizabeth Braddon a de belles vertus curatives, on s’y amuse, on se laisse prendre par l’histoire emberlificotée à souhait en avouant que cela vaut largement un de nos polars en vogue.
03juin
Dans la jungle des parutions qui nous assaillent chaque jour, le pauvre petit libraire a bien du mal à s’y retrouver, parfois. Il aimerait lire des choses légères, des romans qui font du bien,bref une bonne bouffée d’oxygène littéraire. Mais à bien y regarder, la production romanesque d’hier et d’aujourd’hui se tourne essentiellement vers des sujets graves et douloureux. Certains provoquent, bien sûr, un grand plaisir de lecture mais avouons-le après un coup d’oeil sur nos coups de coeur : très peu de titres nous font sourire. Alors, pourquoi ce manque de légèreté ? Faut-il en passer nécessairement par la « chick-lit » (littérature pour minettes) pour lire des choses légères ? NON ! Non! Et non !
Nous avons sélectionné pour vous (et pour nous) quelques titres « spécial ginseng effet tonique » qui remontent le moral et qui font du bien ! A prendre en infusion, décoction ou autre.
Wilt, de Tom Sharpe.
Un professeur de lettres en lycée technique est harcelé par ses élèves, son mariage bat de l’aile et pour couronner le tout, il est accusé d’un meurtre, alors qu’il avait juste jeté une poupée gonflable dans un puits. Cela devient complètement cocasse et pourtant ça tient la route !
César Capéran, de Louis Codet
Il était une fois un Gascon monté à Paris , on ne sait trop pourquoi. Il s’adonnait un art de vivre bien doux : ne rien faire, et le faire avec joie. Plongez dans le Paris du début de siècle. C’est délectable .
La joueuse d’échecs, de Bertina Henrichs
Ce n’est pas tant une histoire sur le jeu qu’un roman sur l’émancipation féminine. Dans une Grèce calme et ensoleillée, notre héroïne va tout quitter pour suivre ses plaisirs et se laisser vivre .
Tio du pacifique, de Ikezawa Natsuki
Ce roman japonais donne un avant-goût de vacances. Le jeune Tio vit sur une petit île dans le Pacifique. Chaque chapitre est une histoire, une anecdote ou un souvenir où se mêlent à la fois les embruns et les fleurs de montagne. Délicieux…
Montedidio, de Erri De Luca
Dans le quartier populaire de Naples, un jeune garçon grandit tant bien que mal en découvrant le travail, l’amitié et le désir d’amour. Des chapitres courts, poétiques et intenses.
Le Lézard lubrique de Melancholy Cove, de Christopher Moore
Si vous avez une envie de polar a priori absurde et sur un thème improbable, régalez-vous avec ce roman. Un lézard venu du fond des mers sème la zizanie dans une petite ville balnéaire où il ne se passe jamais rien. Un vent de lubricité s’empare de la ville tandis que les rebondissements s’enchaînent. C’est drôle et l’intrigue ne se relâche pas !
Alors si vous avez envie de décoller, essayez un de ces ouvrages. En attendant, je vais aller manger une île flottante…
02juin
Modeste contribution aux commentaires qui accompagneront la disparition d’Yves Saint Laurent, nous voudrions juste évoquer en écho et grâce à une autre figure en pleine actualité, Françoise Sagan, qui prendra bientôt au cinéma les traits de Sylvie Testud (d’une troublante ressemblance) ce petit texte retrouvé par L’Herne (qui s’est d’ailleurs lancé dans une édition effrénée d’inédits pour alimenter sa collection Carnets (pas moins de sept titres…)) et inclus dans le volume La petite robe noire. Ces deux « maigrichons » comme elle l’écrit ne s’était jamais vraiment croisé, malgré cette vision, que nous avons tous et qui s’imposait alors de la jeune Françoise vêtue de YSL, et il fallut attendre l’initiative d’un célèbre magazine pour qu’ils fassent enfin connaissance. C’est cette rencontre, un
dimanche après-midi pluvieux, que F.S. nous raconte, et l’analyse qu’elle en fait, sa façon de noter que tous deux depuis des décennies « travaillent comme des chiens » et « portent sur leurs épaules des charges et des responsabilités terrifiantes » nous les rend soudain plus proches et si semblables. Car tous deux ont vécu avec ce poids, cette menace d’être finis, usés, et pourtant cette capacité à renaître. C’est une Sagan admirative finalement qui sortira de cette rencontre face à un être qu’elle découvre « lucide, passionné, intransigeant et généreux ».
Au moment d’entendre force hommages et louanges, ce petit texte d’une disparue toujours aussi vive fera le bonheur de quelques uns.
02juin
parmi plus de 300 000 titres.