Sombre odyssée
15jan
La littérature grecque, pourtant riche et très appréciée, est un domaine malheureusement sous représenté dans nos rayons. Cette carence n’est nullement due à une quelconque acrimonie de notre part envers ce rayon, mais bien à un manque significatif de titres disponibles. Alors quand un grand roman grec est réédité après plusieurs années d’absence, on se réjouit et on lui fait une place significative sur nos tables, une place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Ce chef-d’oeuvre, c’est Le quart, l’unique roman du poète Nikos Kavvadias, qui parait aujourd’hui en Folio.
Ce texte, puissant et envoutant, porte haut le pavillon de la littérature maritime, et pose d’emblée son auteur comme une référence, à ranger à côté de Cendrars, Melville et Conrad. Nous sommes sur le pont du Pythéas, un cargo qui tient plus du cercueil flottant que du bateau de croisière et qui navigue péniblement vers la Chine. Pendant leurs quarts, les membres de l’équipage défilent sur la passerelle et se livrent, à travers leurs histoires, leurs anecdotes, leurs réflexions. Une profonde mélancolie émane de ces tristes vies disloquées. D’une noirceur absolue, ces confessions sont bien plus que de simples récits de marins, puisqu’elles nous renvoient irrémédiablement à nous-mêmes, à la condition de chacun d’entre nous. Le style, sec comme le coeur de ces sombres protagonistes, puissant comme un typhon en furie, offre un fabuleux moment de littérature, de ceux qui vous percutent et vous laisse abasourdi. Embarquez sur le Pythéas, vous n’en reviendrez pas !![]()

L’armée mexicaine va débarquer bientôt, il faut s’y préparer. Revanche attendue de l’expédition française qui voulut faire d’un autrichien un monarque (pauvre Maximilien), elle s’apprête à nous envahir, faisant déjà grincer le bois de nos tables hispaniques. Car chaque éditeur, comme tous les ans lorsqu’est annoncé le nouvel invité du Salon du Livre de paris, s’est empressé de rechercher son ou ses Mexicains et avec d’autant plus de facilité que le pays a fait preuve de largesse trébuchante pour qu’on s’intéresse de près à sa littérature qui, il est vrai, reste scandaleusement méconnue chez nous. Quelques injustices vont donc être réparées et quelques surprises nous être révélées. L’excellent François-Michel Durazzo, grand traducteur qui nous rend régulièrement visite, nous parlait depuis pas mal de mois déjà de l’une de ses découvertes que nous désespérions de découvrir enfin. Un excellent éditeur, Zulma pour le nommer, a eu l’intelligente idée de l’écouter et ce que nous en a dit son traducteur s’est trouvé confirmé avec éclat : 



