Jacques Chessex, fin.

— Ecrit le Lundi 12 octobre 2009 dans la rubriqueChoses vues”.

Jacques ChessexIl ne faudrait pas que ce blog se transforme en nécrologie permanente alors que nous nous acharnons à montrer que la littérature est bien vivante. Il ne nous est cependant pas possible de passer sous silence la disparition d’un auteur très aimé sinon très lu, Jacques Chessex, qui vient de disparaître et que le public français redécouvrait à nouveau depuis quelques années grâce à trois très beaux livres : Le vampire de Ropraz, Pardon mère et en 2009 Un juif pour l’exemple. Chessex était suisse, du Valais et c’est là qu’il reposera bientôt, au coeur de Ropraz qui fut le théâtre de son terrible Vampire, un fait divers transformé par lui en saisissante réflexion sur le mal. Sa disparition même n’est pas sans beauté puisqu’il est mort juste après la représentation de l’un de ses textes, La confession du pasteur Burg, au moment où le public lui posait des questions : mort en scène, comme Molière dit-on déjà, et le spectacle continue au gymnase d’Yverdon-les-Bains, meilleur hommage à un écrivain qui ne méritera pas un purgatoire trop rapide. Nous aurons d’ailleurs, sans doute l’an prochain, de ses nouvelles posthumes puisqu’il mettait la dernière main ces derniers jours à la correction des épreuves de son roman sur le crâne du Marquis de Sade. Né à Payerne en 1934, il avait derrière lui une sacrée bibliographie au milieu de laquelle émerge L’Ogre, son prix Goncourt de 1973, qui lui valut la renommée mais contribua peut-être à le sous-estimer. Ces dernières années, le public français avait enfin renoncé à le bouder, faisant un succès à son livre autobiographique Pardon mère. Les paysages de Chessex, son univers vertical mais souvent étouffant, ses obsessions puisaient à son environnement, cette Suisse de la campagne. Et d’ailleurs il avait aussi une importante œuvre de peintre derrière lui.

On retrouvera sur le site de Télérama un très beau reportage signé Nathalie Crom qui raconte son territoire et ses influences sur son imaginaire. Mais si cet événement ne devait avoir qu’une vertu, ce serait celle de nous inciter à relire ou même simplement découvrir celui qui restera comme l’un des plus grands écrivains suisses francophones du XX° siècle.

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Commentaires récents

Posté par Satan-la-Toile
Le 12 octobre 2009

Homère est mort.

Posté par lit-et-Mixomatose
Le 12 octobre 2009

Pour Chessex, ça paraît certain maintenant, à moins qu’il ne se relève pendant la cérémonie. Mais pour Homère, on a encore des doutes. Alors aller affirmer comme ça et sans ambage, c’est un peu fort!

Posté par Duc de Gonzac
Le 17 octobre 2009

Cher Monsieur, ou Madame peut-être,

Merci pour cet hommage à Monsieur Chessex. En tant que ressortissant suisse et résidant sur les même terres que Chessex, sachez qu’il était Vaudois, et non Valaisan! Ropraz est dans le canton de Vaud! Un détail pour vous, mais je voulais juste vous le signaler..

Posté par Gustave
Le 11 novembre 2009

Jacques Chessex (prix Goncourt 1973) et sa captivante « confession » :

http://lesseptembriseurs.blogspot.com/2009/11/une-trame-puissante.html

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