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nov 16

Jean-Yves Cendrey sans réserve

Jean-Yves Cendrey chez MollatLa venue de Jean-Yves Cendrey qui avait parcouru dans sa confortable quoique imprévisible avantime près de 2000 km pour  rejoindre les rives de la Garonne et nos salons, a coïncidé avec le pic de la polémique auquel il est associé de près puisque un petit ministre en mal de publicité s’est mis en tête d’exiger de sa femme, Marie NDiaye, tout nouveau prix Goncourt que nous avons largement salué ici et dans notre librairie – Marie NDiaye qui sera d’ailleurs notre invitée le 7 décembre prochain -, un « devoir de réserve », ce monsieur un peu lent ayant découvert, providentiellement, quatre mois après sa publication, une interview de l’auteur où celle-ci expliquait l’un des motifs de son départ vers Berlin dont le climat lui semblait moins dangereux pour sa santé, sa famille et son oeuvre que de notre côté de la frontière. Récupération politique évidente, réglement de compte entre ministres puisque c’est Frédéric Mitterrand, qu’on a connu bien plus volubile (son long silence a été suivi par un large pas de côté où il refuse de prendre position), qui paraît viser par cette question écrite d’un député peu connu pour son intérêt pour la culture, littéraire ou pas, cette attaque au coeur d’un houleux débat sur l’identité nationale ne pouvait laisser silencieux Jean-Yves Cendrey, et pas seulement parce qu’on s’en prenait à sa compagne, pas seulement parce que le combat est une attitude qui lui plaît et dans laquelle il peut déployer son style, sa capacité d’analyse et sa vigueur. La rencontre qui a eu lieu dans les Salons Mollat lui a donc permis de mettre quelques poings et points sur les « i » et de nous annoncer qu’on ne va pas en rester là et que les écrivains, qui sont tous concernés par cette attaque impensable à leur liberté de création, vont à leur tour bouger et faire savoir que le vilain ragoût du député ventripotent mérite de quitter la table sous les huées. A la suite de son explication attentivement écoutée, Jean-Yves Cendrey a pu embrayer sur ce nouvel espace littéraire qui est devenu son terrain de jeu créatif, cette Allemagne et notamment Berlin dans lesquelles il a situé l’action de ses deux derniers textes, Honecker 21 dont nous avons déjà parlé ici et Le Japon comme ma poche, petit récit d’anti-voyage entre Berlin et Tokyo. C’est de tout cela mais plus encore de cette nouvelle vie berlinoise qu’il évoque dans cette heure de rencontre passionnante que nous vous invitons à revivre sur nos podcasts.

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