Archives du mois de novembre 2009

Jean-Yves Cendrey sans réserve

16nov

Jean-Yves Cendrey chez MollatLa venue de Jean-Yves Cendrey qui avait parcouru dans sa confortable quoique imprévisible avantime près de 2000 km pour  rejoindre les rives de la Garonne et nos salons, a coïncidé avec le pic de la polémique auquel il est associé de près puisque un petit ministre en mal de publicité s’est mis en tête d’exiger de sa femme, Marie NDiaye, tout nouveau prix Goncourt que nous avons largement salué ici et dans notre librairie – Marie NDiaye qui sera d’ailleurs notre invitée le 7 décembre prochain -, un « devoir de réserve », ce monsieur un peu lent ayant découvert, providentiellement, quatre mois après sa publication, une interview de l’auteur où celle-ci expliquait l’un des motifs de son départ vers Berlin dont le climat lui semblait moins dangereux pour sa santé, sa famille et son oeuvre que de notre côté de la frontière. Récupération politique évidente, réglement de compte entre ministres puisque c’est Frédéric Mitterrand, qu’on a connu bien plus volubile (son long silence a été suivi par un large pas de côté où il refuse de prendre position), qui paraît viser par cette question écrite d’un député peu connu pour son intérêt pour la culture, littéraire ou pas, cette attaque au coeur d’un houleux débat sur l’identité nationale ne pouvait laisser silencieux Jean-Yves Cendrey, et pas seulement parce qu’on s’en prenait à sa compagne, pas seulement parce que le combat est une attitude qui lui plaît et dans laquelle il peut déployer son style, sa capacité d’analyse et sa vigueur. La rencontre qui a eu lieu dans les Salons Mollat lui a donc permis de mettre quelques poings et points sur les « i » et de nous annoncer qu’on ne va pas en rester là et que les écrivains, qui sont tous concernés par cette attaque impensable à leur liberté de création, vont à leur tour bouger et faire savoir que le vilain ragoût du député ventripotent mérite de quitter la table sous les huées. A la suite de son explication attentivement écoutée, Jean-Yves Cendrey a pu embrayer sur ce nouvel espace littéraire qui est devenu son terrain de jeu créatif, cette Allemagne et notamment Berlin dans lesquelles il a situé l’action de ses deux derniers textes, Honecker 21 dont nous avons déjà parlé ici et Le Japon comme ma poche, petit récit d’anti-voyage entre Berlin et Tokyo. C’est de tout cela mais plus encore de cette nouvelle vie berlinoise qu’il évoque dans cette heure de rencontre passionnante que nous vous invitons à revivre sur nos podcasts.

Une bonne grosse montagne en papier

12nov

Les gros romans, c’est comme les montagnes : ils intimident ou font peur de prime abord mais, une fois dessus, ils peuvent vous emmener haut et loin. Chacun a sa petite astuce pour se rassurer devant le chemin à accomplir. La mienne tient dans le troisième droit imprescriptible du lecteur énoncé par Pennac dans Comme un roman, à savoir que le lecteur a toujours « le droit de ne pas finir un livre ». Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai appliqué cette règle, le pavé n’étant pas forcément synonyme de qualité. Serein, je me suis donc plongé dans les mille pages de La bonne grosse montagne en sucre de Wallace Stegner, paru en Points Seuil (le roman a été rebaptisé La montagne en sucre, curieusement amputé de ses qualificatifs pourtant fortement évocateurs). L’histoire de Bo Mason, un grand personnage de roman complexe et charismatique, se suit avec un plaisir rare. Si bien que La bonne grosse montagne en sucre vous laisse la douce impression que l’effort accompli pour atteindre son sommet n’est rien au regard de ce bonheur de lecture qui reste délicieux de bout en bout. Un délice sucré, bien évidemment…

Doublé gagnant

10nov

                                                                            

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Alors que la saison des grands prix littéraires débute cette semaine, deux bonnes surprises viennent discrètement récompenser pour cette année 2009  des polars que nous avons remarqué et défendu depuis leur parution. Après 2008 qui a couronné l’excellent et terrible Zulu de Caryl Ferey (catégorie  »roman français ») ainsi que la première réussite  de la Suédoise Camilla Lackberg pour La princesse des glaces (Actes Sud), les honneurs reviennent au Bordelais Hervé Le Corre qui avait déjà fait notre unanimité pour Les coeurs déchiquetés (Rivages/Thriller – voir notre coup de coeur ) et au génial Irlandais Ken Bruen (voir ici un de nos blog  qui lui est consacré) avec sa cinquième enquête de Jack Taylor, La main droite du diable (Gallimard, collection « série noire »).

La bonne surprise de ce double Grand Prix de littérature 2009 salue donc des talents déjà fort reconnus dans le vaste monde du  polar pour leurs romans bien noirs qui se distinguent par une belle densité d’ univers ancrés dans le milieu géographique natal de leurs auteurs (Bordeaux et l’estuaire girondin pour Le Corre, Galway pour Bruen) alliée à la richesse littéraire de leurs compositions.

Quelques éléments pour vous rafraîchir la mémoire et pour ceux qui ne les connaissent pas encore…

Les coeurs déchiquetés (qui figure également dans la sélection du prochain Prix SNCF du polar) met en parallèle deux destins frappés par la « douleur des morts » (pour reprendre le titre éloquent du premier roman policier de Hervé Le Corre, réédité chez Pleine Page) : Pierre Vilar, flic bordelais désabusé et mélancolique depuis la disparition inexpliquée de son fils Pablo à la sortie de l’école il y a quelques années, va aider le jeune Victor à doucement se reconstruire à la suite de la perte de sa mère qu’il retrouve sauvagement assassinée à la sortie de l’école. Construit en subtils contrepoints et effets de miroir, ces histoires funestes se rencontrent au-delà de la question centrale du deuil quand Pierre et Victor sont harcelés par un fou qui détiendrait des informations clés à même de les délivrer de leurs démons. La présence crépusculaire mais nullement pittoresque de Bordeaux n’a d’égale que le regard pudique et puissant que jette l’auteur sur la misère de l’homme et l’injustice sociale et affective qui l’écrase.. telle la fameuse canicule qui s’abat sans discontinuer. Ce roman interroge le devoir de mémoire envers les êtres perdus comme seule capacité de renouer un lien avec le possible avenir qui s’offre, ce malgré la noirceur des âmes notamment capable de briser le « coeur » des plus fragiles.

Le thème de l’enfance martyre est également abordé dans La main droite du diable, mais ici avec le cynisme souvent libérateur  auquel  Ken Bruen nous a habitué. L’arme de l’ironie s’exerce autant à l’encontre de prêtres violeurs  que dans le combat de Jack pour se libérer du démon de l’alcool et de la  culpabilité qui le rongent. On goûte toujours avec plaisir les références à la littérature dans son ensemble (de Rilke à David Goodis), à la philosophie (forcément « pessimiste » : Pascal, Kieerkegaard) , à la musique (rock, jazz et blues, of course) . L’(en)quête identitaire (métaphysique) devient alors le miroir d’une société décadente, sans morale, ni foi sauf en un noyau d’humanité irréductible à l’individu, promesse d’un hypothétique salut. Notons la parution toute récente du sixième volet intitulé Chemins de croix, ce qui augure peut-être enfin du chemin vers la rédemption d’un de nos antihéros préféré !

Aubry en Femina

09nov

Gwenaelle Aubry (copyright AFP)Excellente nouvelle pour les amateurs de littérature que cette récompense à l’un des plus beaux livres de la rentrée littéraire, un roman autobiographique largement salué par la presse et les lecteurs qui en ont fait un des succès de l’automne : le Prix Femina qui avait déjà salué Marie NDiaye en son temps revient donc à ce Personne qui nous avait troublé. L’occasion pour nous de vous proposer de nouveau notre petit article du mois d’août, quelques jours avant la sortie du livre. Décidément, cette année, peut-être plus encore que les précédentes, nous aurons plaisir à conseiller les Prix et tout le monde sait que ce n’est pas toujours une mince affaire…

 

Le bleu du Mercure nous aurait-il plus attiré que celui, profond, de Stock ?  Nous n’avions pas eu la curiosité (tort reconnu) de nous pencher sur les livres de Gwenaëlle Aubry, L’isolée et L’isolement, consacrés à l’univers carcéral. Le titre énigmatique de son prochain livre, Personne, nous a donné l’envie d’y aller voir et bien nous en a pris car s’il ne s’agit pas d’un roman et encore moins d’un document et c’est pourtant une oeuvre littéraire de très belle tenue. Ordonné selon un ordre alphabétique qui peut dérouter, elle se présente comme une succession apparemment désordonnée de souvenirs, de retours en arrière, d’explications, d’épanchements, d’interrogations autour de la figure du père, mort quelques temps plus tôt, et auquel ce puzzle va essayer de rendre justice d’une part en creusant dans la mémoire de celle qui fut sa fille et se console mal de cette perte qui a commencé bien avant la disparition physique, d’autre part, en découvrant des morceaux épars d’un texte, laissé par le père avec pour mission aux survivants de le « romancer ». Epreuve douloureuse que celle d’affronter la maladie d’un homme qui aurait dû être un  secours pour ses enfants et qui est devenu un poids, un trou noir : maniaco-dépressif – on dit désormais bipolaire – François-Xavier Aubry était issu d’une famille de grands bourgeois médecins, lui-même devenu professeur de droit pour respecter les convenances qui dictent la vie de ces gens-là et les apparences qu’il faut à tout prix sauver sous peine d’être rayé de la galaxie familiale et se transformer en mouton noir (c’est le titre du texte posthume qu’il a laissé : « le mouton noir mélancolique »), et s’il a réussi à fonder une famille en épousant celle qu’il avait élue encore enfant c’était sans compter sur la tyrannie de ce mal qui s’acharne à vous laisser entrevoir des issues qui ne sont que des illusions. Personne et plusieurs, cet homme portait des masques qui lui dévoraient le visage avant de sombrer dans l’alcool qui anéantit ou la fuite qui éloigne des miroirs. Et c’est toute la difficulté et la réussite de l’entreprise de Gwenaëlle Aubry qui s’appuie sur son alphabet comme un alpiniste se tient à une corde qui lui évitera de décrocher : l’exploration qu’elle entreprend la touche de tellement près qu’en l’ »alphabétisant », elle s’interdit l’effusion longue, le romanesque. Elle peut ainsi ouvrir des pages de réflexion où sa qualité de philosophe familière de l’Antiquité trouve dans les textes des Anciens un secours, un appui, le rappel d’une permanence de ce haut mal et lui permet d’éclairer ce drame intime qui fit d’elle une orpheline chronique, perdant un père exilé dans sa folie et les murs d’un hôpital psychiatrique pour le retrouver aimant et si proche, si inquiet du sort de ses deux filles. Riche de beaucoup de questions sur l’identité, Personne est un livre des masques en même temps qu’un blason magnifique : on y vibre du récit de cette angoisse d’avoir été en deuil d’un vivant pour porter ensuite le deuil d’un disparu. A rebours de tous ces témoignages dont on nous assomme et qui font fi de la difficulté à dire l’indicible, ce récit vient opportunément nous rappeler le pouvoir de la littérature qui n’a pas de frontières.

Vargas Llosa honoris causa

07nov

De quoi Mario Vargas Llosa, honoré, causera après son honoris causa ? Nous le saurons samedi prochain puisqu’il est le prestigieux invité d’un colloque qui lui est consacré à Bordeaux. Si son emploi du temps ne lui permettra pas de faire un tour dans notre librairie, on peut espérer cependant qu’il passera devant la vitrine que nous lui avons consacré. Et puis n’ayant peur de rien et surtout pas de son espagnol (car il parle parfaitement français…) nous tenterons d’aller l’interviewer, caméra au poing (ou au pied) afin de faire profiter à tous les fidèles de notre blog de son déplacement dans notre ville. Mais n’anticipons pas trop. Il nous reste une semaine pour peaufiner nos questions et autant de jours pour gamberger…
Mario Vargas LLosa (source wikipédia)

L’urbanité d’Yves Urbain

06nov

Love’s powerCertaines rencontres se font par des biais inattendus. Et ce modeste blog encore peu connu y contribue à sa façon. Ainsi avions-nous utilisé pour illustrer un petit billet sur le livre Firmin de Savage paru chez Actes Sud un étonnant et très amusant dessin dont nous avions mal localisé l’auteur. Il s’est manifesté et il n’est que justice aujourd’hui de rendre à César ce qui est à César. Et ce César a pour nom Yves Urbain que les amateurs de B.D. connaissent puisque membre de la célébrissime école Belge il a appartenu à l’équipe de Spirou puis de Tintin, a travaillé avec Tillieux (Ah! Gil Jourdan), Gos, Tome et Janry. Les amateurs de Chesterton (et les nombreux billets sur ce blog vous confirment que nous en faisons partie) se souviennent qu’il mit en image, sur un scénario de François Rivière, une aventure du Père Brown (un livre rare et introuvable) chez Lefrancq, et trois épisodes de la série Wilt de Sharpe adaptée par Duchâteau. Pour l’heure il est lancé dans la série du Hippie et appartient désormais à un gang, rien de dangereux pour nos concitoyens cannois qui héberge cette équipe : Le Gang donc est une association de dessinateurs qui édite ses propres livres et se débrouille (plutôt bien à ce qu’il paraît) pour les diffuser. Un jour prochain peut-être notre rayon B.D. pourra-t-il accueillir ces livres et leur donner sur Bordeaux une visibilité loin de leur Côte d’Azur natale. Le dernier en date des livres d’Yves Urbain se nomme Love’s power, il est cosigné avec Sticky Hell Gong et Vivien Baccalino. L’amour étant une grande affaire : à suivre donc…

Et un grand merci à Yves Urbain pour sa compréhension, son urbanité…et son talent.

Toutes les bonnes choses ont une fin

05nov

Jorn RielLes plus observateurs d’entre vous et les adeptes des parutions Gaïa l’auront sans doute déjà remarqué – la maison d’édition qui porte le nom de la déesse grecque de la Terre a relooké ses livres. Ainsi a-t-on pu lire ses dernières publications, comme Terre des affranchis, de Liliana Lazar, ou encore La fenêtre berlinoise, de Sasa Ilic, sur un papier… non pas rose, ni bleu, ni violet, mais tout simplement blanc… Tel est également le cas du dixième et ultime recueil de racontars de Jorn Riel (qui se trouve d’ailleurs en tournée en France jusqu’au mois de décembre). Ceux d’entre vous chez qui ce nom ne génère rien de plus qu’un haussement de sourcils doublé d’une petite interrogation quant à sa prononciation correcte sont bien à plaindre. Sincèrement. Si les romans de Riel valent le détour, ce n’est rien à côté de la série de ses racontars arctiques. Le naufrage de la Vesle Mari nous embarque pour les dernières aventures – pensez au gilet de sauvetage ! – de cette tribu de pieds nickelés que sont les derniers trappeurs survivant quelque part au nord-est du Groenland. Sauf que cette fois-ci, closure oblige, nos joyeux anti-héros sont rapatriés sur le vaisseau-mère : en rejoignant le Danemark, ils vont devoir se réadapter à la civilisation. Ca promet ! Vous l’aurez compris, Jorn Riel nous livre une fois de plus un ensemble de petits bijoux qui auront toutes les chances de vous faire vous tordre de rire. On en redemanderait volontiers, mais puisqu’il paraît que toutes les bonnes choses ont une fin…

F.A.

Mains en l’air

04nov

J’aurais jamais dû accepter… Quand on m’a proposé de monter dans les studios pour afficher ma binette en train de raconter une histoire, j’ai cru à une plaisanterie et j’me suis dit : « vas y coco, montre-leur ce que tu vaux ». Une prise, une seule, et me voilà dans la machine, barbe au vent, à improviser sans filet pour parler de Denis Johnston et de son dernier projectile, Personne bouge. Alors oui, j’ai pas trop bougé mais maintenant me voilà dans le bocal à dire tout le bien que je pense de cet auteur réputé difficile qui s’est bien amusé avec cet hommage au roman noir version côte Ouest. Ceci dit, faudrait voir à pas en rester là et se dépêcher de cliquer pour le commander, tant qu’il en reste et avant que la mafia  latina brouille l’écoute…

Zuckerman, suite et fin ?

03nov

Philip Roth (photo de L’Express)Non, un libraire ne conseille pas systématiquement ce qu’il aime le plus. Et ce pour au moins deux raisons. La première serait qu’un livre donné l’a tellement marqué que cela se passe de mots. Il serait donc bien en peine de dire quoi que ce soit de plus à son sujet qu’un simple « Lisez-le, c’est superbe ! », redoutant surtout qu’on lui pose la moindre question. Quant à la deuxième, elle est intrinsèquement liée au contenu du livre, et non pas à l’expérience qu’en a eue ce lecteur averti. Une certaine forme de déontologie l’empêcherait ainsi de recommander chaudement la lecture de romans absolument déprimants qui pourraient donner des envies qu’on l’on qualifiera de morbides à quiconque plongerait le nez dans ses pages. Malheureusement, tel est le cas de bien des merveilles de littérature, comme Suicide, d’Edouard Levé (cf. notre blog du 25 avril 2008), La pluie jaune, de Julio Llamazares, ou encore Un homme, de Philip Roth. En parlant de ce dernier, qui est sans conteste l’un des plus grands romanciers américains contemporains, voilà qu’il récidive cette année avec la traduction en français de Exit Ghost, paru aux Etats-Unis à peu près au moment où les lecteurs français découvraient Un homme. Or c’est précisément parce qu’Exit le fantôme, le neuvième – et peut-être dernier – livre de la série mettant en scène Nathan Zuckerman, le double de l’auteur, fait partie de ces livres que j’aurais bien du mal à vous recommander en vous regardant droit dans les yeux tout en vous assurant que vous passerez un bon moment, qu’il est à mes yeux bien plus sage de vous en parler par écrit. Quoique… Dans la mesure où vous comprendrez bien assez tôt de quoi il retourne – la première page donne incontestablement le ton – je me contenterai de vous dire qu’il appartient sans conteste à la catégorie de ces livres qui prennent aux tripes, ces livres que l’on ne lâche pas avant de les avoir finis, ces livres qui continuent à nous hanter encore bien longtemps après qu’on en a achevé la lecture, ces livres, enfin, que l’on a aucun mal à qualifier de chefs d’oeuvre.

F.A.

Le guetteur invisible

02nov

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 C’est avec tristesse que nous avons appris samedi 31 octobre la disparition de Pierre Silvain, romancier depuis 1960  mais que  nous avions remarqué en 2007 grâce à une magnifique fiction historique sur l’inlassable amour des lectures intitulée Julien Letrouvé, colporteur (Verdier). Le lyrisme de sa prose nous faisait alors penser à celle d’ autres Pierre (Michon, Bergounioux), en majeure partie publiés par la même maison…

Pour cette rentrée littéraire 2009, Pierre Silvain a décrit de manière plus intime son enfance passée entre le Maroc et le Limousin à travers un hymne poignant rendu à sa mère Angèle, la première conteuse de son existence. Le 22 octobre dernier, sans nul présage de la suite, nous avions rédigé un blog afin de recommander Assise devant la mer, ce récit fragmentaire qui sonnera ainsi comme un discret testament composé des ultimes traces de souvenirs épars que l’écriture tente de sauver  pour les infatigables veilleurs que nous demeurons à sa suite.



 Le titre de ce blog est emprunté au titre d’ une oeuvre de Pierre Silvain publiée en 1990, depuis lors épuisée :  Le Guetteur invisible, récit, avec des photographies de P. Schwartz, Noésis, 1990

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