Salinger R.I.P.

— Ecrit le Jeudi 28 janvier 2010 dans la rubriqueChoses vues”.

J.D. Salinger vient de disparaître et nous n’illustrerons pas notre très court article d’une photo : il n’en existe pour ainsi dire pas. Nonagénaire retiré depuis plus de trois décennies de toute vie publique, décidé à se conformer au plus rude des principes, mettre sa vie en conformité avec l’idée qu’on se fait de soi-même, n’écrivant plus, il a réussi, et sans doute malgré lui, à se transformer en mythe littéraire, puissant mirage d’un Bartleby qui avait décidé qu’il valait mieux plus (que mal). En France on ne cesse de lire son grand livre The catcher in the rye traduit chez nous par Jean-Baptiste Rossi (connu aussi sous le nom de Sébastien Japrisot) sous le titre L’Attrape-cœurs. On rappellera à ce propos la querelle à laquelle on fit peu d’échos sur cette fameuse traduction reconnue par beaucoup comme plutôt infidèle et qui fut un temps remplacée par celle d’Annie Saumont, toujours chez le même éditeur, Robert Laffont, avant qu’un repentir (ou plutôt une bonne colère de Rossi) n’oblige à faire machine arrière. Désormais, cependant, la raison semble l’avoir emporté et c’est dans la deuxième traduction que vous pourrez découvrir ce beau voyage adolescent. Les amateurs de nouvelles pourront quant à eux se tourner vers les cinq recueils de nouvelles de Salinger qui fit très honneur à ce genre malheureusement (c’est litanique cette plainte sur ce blog…) boudé chez nous. C’est le seul mérite des périodes nécrologiques : elles incitent à relire un auteur que l’ombre de la mort rend tout à coup bien séduisant.

R.I.P.

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