Archives du mois de avril 2010

Philippe Dessertine et la guerre…

16avr

Philippe Dessertine, agrégé en Science de Gestion et professeur à l’université de Bordeaux IV, est également spécialiste de l’économie et de la finance. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Ceci n’est pas une crise (juste la fin d’un monde) paru aux éditions Anne Carrière.

Au regard de ce parcours on peut alors s’étonner du choix du sujet de son dernier livre : la guerre. Mais dès les premières pages on comprend que cette guerre serait la continuité des événements récents tels que la crise que nous traversons. Si nous n’agissons pas immédiatement, si nous ne réfléchissons pas à de nouvelles perspectives économiques, politiques nous courrons à la catastrophe. A travers son livre Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra) Philippe Dessertine aborde des questions économique, géopolitique mais également climatique, la guerre aurait donc plusieurs visages.  Il nous interroge sur le devenir de monde et sur la voie que nous empruntons. Il dédramatise les notions de capitalisme, de finance ou de mondialisation en démontrant quelles sont des outils nécessaires pour la suite.

Mais je laisse maintenant l’auteur s’exprimer lui-même sur cet ouvrage qui laisse place à la réflexion et au débat…

Les talons de Kim Thuy

15avr

Nous aurions pu aussi intituler ce petit article « les chouquettes de Kim Thuy » mais l’importance de la chaussure dans notre rencontre avec l’auteur récemment couronné par le Grand Prix RTL – Lire méritait ce petit clin d’oeil d’autant plus énigmatique que si nous avons bien pu, avec les encouragements de l’auteur, faire un gros plan sur ses délicates chaussures à talons, nous ne les avons cependant pas gardées sur le petit sujet vidéo tourné pendant le dernier Salon du Livre de Paris que nous avons arpenté caméra à l’épaule et pied dans le dos (pied de la caméra bien entendu…), elles resteront dans nos archives en souvenir de cette agréable rencontre près d’un plateau de chouquettes justement, une viennoiserie découverte par l’auteur canadienne et manifestement très appréciée. Son livre Ru a beaucoup intéressé les libraires de notre rayon qui ont très vite senti que ce court récit trouverait vite le coeur des lecteurs, un livre sensible et sans manière, sur le fil d’une douleur maîtrisée, un texte de mémoire et de transmission sur l’exil forcé, sur ces boat people dont la terrible odyssée a marqué les années 70. Mais laissons plutôt la parole à Kim Thuy qui nous en dit un peu plus sur ses motivations et sur l’aventure de son devenu une belle rivière…

Dans la nuit d’Haller

14avr

Gwenael qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’exposer son image et qui a été un des fervents sélectionneurs des finalistes du Prix Lavinal nous parle aujourd’hui d’un livre pour lequel il a beaucoup milité, Deux dans la nuit de Gérard Haller, paru au sein de la très bonne maison d’édition Galilée, un roman bref et fort, qui peut impressionner au premier abord. En voici donc une vision, par un libraire qui tente de ne pas trop en dire afin de ne pas dévoiler l’issue de ce livre fatal

La romance de Dalida

13avr

Les vraies rencontres tiennent parfois du hasard et aussi, malgré tout, de la nécessité. Colette Fellous a dû en faire l’expérience quand l’idée lui est venue de consacrer à Dalida un livre et de s’attaquer ainsi à un mythe contemporain, un mythe un peu malmené, parfois caricaturé, un mythe en tout cas bien plus riche que ce que les médias ont voulu en retenir. Ainsi ce n’est pas dans la collection de J.B. Pontalis L’un & l’autre où nous l’aurions vue avec évidence tant sa façon de réinventer cette figure coïncide avec l’esprit de celle-ci mais chez Flammarion, à l’invitation de Teresa Cremisi, que l’auteur du Petit casino, a trouvé terre d’accueil pour son projet : inventer Dalida sous forme de romance. Pas dans le cadre d’un essai biographique, ni dans celui d’une enquête, non, oser la subjectivité, le détour, la question suspendue, oser « romancer » sans tomber dans le piège du romanesque, de la femme maudite, évoquer sa finesse de jugement, ses fidélités. C’est tout cela que le très beau livre de Colette Fellous qui rencontre un beau succès raconte. De passage dans notre librairie, l’auteur, dont on connaît bien la voix grâce à ses émissions radiophoniques, s’est prêtée au jeu de l’image. En quelques minutes elle nous raconte son projet. Nous lui laissons donc la parole…

Mon village à l’heure allemande

12avr

village heure allemandeMon village à l’heure allemande

Le titre, me direz-vous, n’est pas franchement séduisant… Quant à la couverture…

Et pourtant, il ne s’agit pas d’un énième roman du terroir mais bel et bien d’un vrai chef-d’oeuvre, une histoire tout en subtilité portée par un style hors du commun. Goncourt 1945, tout de même!

On est en 1944, le débarquement est tout proche, on le sait, mais pour les habitants du petit village de Jumainville, l’issue du  conflit est loin d’être envisagée. Chacun vit au jour le jour, englué dans un quotidien plutôt étouffant : le couvre-feu, les tickets de rationnement, Radio Londres écoutée en douce, mais aussi les querelles de clochers entre résistants et collabos.

Le roman se lit ainsi comme une véritable chronique des ces jours de guerre côté civil. Et on y croise toute une kyrielle de personnages hauts en couleurs : il y a Melle Vrin, vieille bigote et commère hors pair, il y a « la Germaine », tenancière du café du village au franc-parler légendaire bien décidée à ne pas se laisser impressionner par les occupants et par la gent masculine, et il y a une poignée d’hommes, qui évoluent cahin-caha dans ce marasme.

Tous vont parler chacun à leur tour, et c’est bien là le tour de force de Jean-Louis Bory : parvenir à se fondre dans la peau de tous ces personnages, sonder l’intimité de chacun et leur donner véritablement corps devant nous.

Nous voilà donc immergés dans cette époque si particulière et littéralement transportés par ce jeux de polyphonie qui mêle gouaille, humour et poésie. Un roman digne d’un film de Mankiewicz !

La grande sauvagerie en vidéo

09avr

C’est au tour de Véronique de nous dire quelques mots sur cet époustouflant roman intitulé La grande sauvagerie, que l’on doit à Christophe Pradeau découvert par les éditions Verdier avec La Souterraine. Un roman dense et magnétique, d’une grande exigence stylistique que notre courageuse libraire tente de circonscrire en quelques phrases, un concurrent sérieux pour le Prix Lavinal dont il est l’un des six finalistes.

La mer noire en vidéo

08avr

Quoi de mieux pour faire vivre un livre que d’interviewer l’un de ses fervents lecteurs et défenseurs ? En cliquant sur la vidéo ci-dessous, vous pourrez donc écouter et voir Sylvie Latour, libraire au rayon littérature, parler de l’un des six livres en lice pour le Prix Lavinal. Il s’agit de La mer noire, de Kéthévane Davrichewy, (éd. Wespieser), magnifique variation sur le thème de l’exil.

le book, coco

07avr

Un coco de génieCette façon de citer Borges à tout propos est parfois un rien amusante : le pauvre argentin francophile donne parfois l’impression d’avoir inventé la littérature du XX° siècle à lui tout seul et représente une sacrée caution pour les éditeurs en mal de références chic pour leur quatrième de couverture… Voilà qui est un peu méchant pour commencer à évoquer un charmant petit livre redécouvert par Tristram, un peu méchant mais si Un coco de génie, qui ressort aujourd’hui orné d’une magnifique couverture comme savent les faire ces brillants éditeurs, est réjouissant, on a du mal à y voir autre chose qu’un divertissement très réussi et pas « une vertigineuse réflexion sur le génie littéraire » anticipée avec vingt ans d’avance… Louis Dumur n’a pas écrit Le Quichotte, c’est certain, mais une comédie de province comme on savait en trousser au début du XX° siècle, moqueuse et capable de mener une idée amusante jusqu’à son extrémité. C’est François Caradec qui évoquait volontiers ce roman, regrettant qu’aucun lecteur avisé ne s’en empare (et on peut vous assurer qu’il est introuvable chez les bouquinistes pour l’avoir traqué pendant des années…). Un an après sa mort, son voeu est exaucé (mais quel dommage de ne pas l’avoir signalé sur la couverture où le nom de Jean-Jacques Lefrère qui a tendu l’oreille aux propos de Caradec est bien présent…). Alors quid de ce coco-là ? L’action se déroule dans la Nièvre, pays tranquille où notre héros, Loiseau un peu moqueur,  débarque pour goûter aux joies simples de la vie de province. Admis dans un petit cercle où l’on se pique de faire de la musique et d’écouter des vers, il entend avec stupéfaction le fils d’un commerçant local déclamer des phrases sublimes. Charles Loridaine n’est pas de ces érudits reculés sur lequels on tombe par hasard, et Frédéric Loiseau le comprend vite. Il brûle de découvrir comment ce petit homme falot récite, sans une once de malice et sans même se livrer à une vulgaire supercherie, devant un parterre conquis mais incapable de mesurer la beauté de ce qu’il entend :  du… Victor Hugo, du Lamartine, du Shakespeare qu’il croit sincèrement avoir inventé au réveil de nuits inspiratrices. La révélation de l’histoire, improbable et nocturne quoique franchement amusante, tordra le cou aux supputations du narrateur et emportera l’adhésion de ceux qui aiment rire. De là à parler de Borges, on aura compris qu’on n’est pas convaincu. Mais pourquoi se priver de deux heures délicieuses, sans références littéraires ?

Le tueur qui lisait Shakespeare

06avr

Une forêt du MaineRetranché dans son chalet isolé au fin fond d’une forêt du Maine, Julius Winsome savoure sa vie au milieu des 3282 livres qui tapissent ses murs. Fidèlement accompagné de Hobbes, un pitbull terrier, cet original est de ces hommes qui se contentent de peu, pourvu que l’on ne vienne pas menacer la quiétude de leur univers. Ce n’est pas, à proprement parler, un misanthrope. C’est juste qu’il vit comme ça, seul, en harmonie avec la nature, et qu’il le fait bien. Autre particularité : il cite frénétiquement Shakespeare comme d’autres piochent dans leur paquet de cigarettes.

Jusqu’au jour où il retrouve Hobbes (souvenez-vous : « L’homme est un loup pour l’homme »…) mortellement  atteint d’une balle à bout portant. On pourrait s’attendre à ce que Julius soit pris d’une rage destructrice. Mais son comportement se révèlera autrement plus inquiétant. Il va rester le même, ne pas s’embraser et continuera à raisonner avec calme et bon sens, comme il l’a toujours fait. Seulement, il se doit, pour rétablir ce déséquilibre, de retrouver le responsable de cet acte pour l’abattre. Et si il faut tuer quelques innocents pour pouvoir le retrouver, point de remords, pourvu que justice soit faite…

Julius Winsome, qui vient  de paraître en Points Seuil dans la série Roman Noir, est le premier roman de Gerard Donovan traduit en français. Servi par une écriture âpre et poétique, ce court roman puise sa force dans l’empathie qu’il fait naître à l’égard de son personnage. Jamais tueur en série ne nous a paru plus émouvant, plus sensible, plus humain.

Julius Winsome

Short is beautiful!

02avr

miniatures-catalogne.jpgminiatures-senegal.jpgminiatures-corses.jpgminiatures-turquie.jpg

 

Fruit d’un partenariat entre les éditions Magellan et le magazine Courrier International, le catalogue de la collection « Miniatures » vient de s’enrichir de deux nouvelles parutions, les Nouvelles de Catalogne et les Nouvelles du Sénégal. C’est pour nous l’occasion de faire un petit éclairage sur cette collection discrète mais néanmoins très intéressante. A l’heure actuelle, elle est donc composée de quatorze recueils (1) qui permettent aux lecteurs de découvrir des écrivains plus ou moins connus (qu’il s’agisse véritablement de nouvellistes ou de romanciers qui se sont essayé dans ce genre littéraire exigent). C’est ainsi que vous pourrez retrouver des courts textes signés par Ananda Devi, Sergi Pamies, Boubacar Boris Diop ou encore David Toscana. Dans la mesure où ces quatorze titres sont disséminés dans le rayon littérature en fonction du domaine linguistique auquel ils appartiennent, ils passent bien souvent inaperçus. C’est d’autant plus regrettable qu’à ce jour, il n’existe qu’une seule autre entreprise éditoriale vaguement comparable, et elle est à chercher du côté de la maison Métailié (2), mais d’une part, cela ne fait pas l’objet d’une collection à part entière, et de l’autre, le rythme des publications est beaucoup plus aléatoire. Il faut dire que le rythme des parutions de Miniatures est réglé comme du papier à musique : il en sort quatre par an depuis 2007, deux au printemps et deux à l’automne. Que nous réservent-ils pour l’automne prochain ?


(1) Par ordre de parution : Haïti, Ile Maurice, Bengale, Liban, Israël, Mali, Corse, Turquie, Guadeloupe, Mexique, Soudan, Algérie, Catalogne, Sénégal. (2) Voici les recueils de nouvelles qui sont sortis dans la collection Suites : Brésil (indisponible), Portugal, Cuba, Algérie, Indiens d’Amérique et Mexique.

 

Chercher sur mollat

parmi plus de 300 000 titres.

Actualité
Podcasts
Rendez-vous
Coup de cœur