Archives de la catégorie “A l’essai”

le développement durable, une question à la fois simple et complexe…

13juil

A travers cette vidéo j’ai souhaité présenter le dernier ouvrage de Michel Puech, philosophe, qui s’est penché sur la question du développement durable et nous livre une analyse personnelle, documentée et percutante.

Il s’attache à redéfinir ce qu’est véritablement le développement durable. Michel Puech pose un regard nouveau sur ce sujet, ce qui rend la lecture extrêmement intéressante.

A découvrir très rapidement !!

Michel Winock rencontre Mme de Staël

06juil

C’est en 1766 que naquit Germaine de Staël, fille de Necker, le principal ministre de Louis XVI. Sa mère, grande figure parisienne, organisait des salons très courus dans lesquels on pouvait assister aux joutes de Diderot ou Buffon. Dans cette ébullition intellectuelle, Germaine fit son éducation dès ses 5 ans, et c’est probablement ce qui lui permit d’aiguiser son esprit et son sens politique et fit d’elle une théoricienne politique en avance sur son temps.

Michel Winock oriente sa biographie sur ce point là, voulant rétablir la lumière sur son histoire politique reléguée au second rang avec le temps. Aujourd’hui on ne connaît Mme de Staël que pour sa correspondance enflammée et on la croit dans l’ombre de Benjamin Constant. Sans arrêt à la recherche de l’amour absolu, elle eût 2 maris, 5 enfants et surtout beaucoup d’amants ce qui lui valut une réputation désastreuse de frivole écervelée.

Pourtant sa vie ne fut pas que balayée de tempêtes sentimentales. Celle que son père appelait tendrement « madame Saint-Ecritoire » parcourut l’Europe pour y trouver un modèle politique et partager ses idées avant-gardistes sur le sujet. Elle tissa un vaste réseau d’amitiés intellectuelles et tînt de brillants salons. Malheureusement au XVIIIe et au XIXe siècle, il n’est pas facile d’être une femme et il est inenvisageable d’émettre des idées sur la politique. Traitée d’intrigante et de comploteuse, épargnée de peu lors de la Terreur, elle fut exilée par Napoléon dont elle dit en 1802  » il me craint, c’est là ma jouissance, mon orgueil, et c’est là ma terreur ».

Contrainte de quitter le France, elle se retire à Coppet en Suisse où elle y réunit les intellectuels européens les plus brillants. Pourtant elle ne rêvera que de Paris et soignera sa mélancolie à l’opium.

Michel Winock  nous guide dans cette période tourmentée en suivant les pas d’une des femmes les plus brillantes de son temps et réhabilite ainsi celle que ses amants redoutaient pour ses épouvantables scènes de jalousie, autant qu’ils l’admiraient pour son incroyable esprit. Le voici pour nous et en images pour l’évocation de c ebeau projet qui e rencontré les faveurs du public.

 

Une vie à soi

08juin

Si s’interroger sur le sens à donner à votre vie vous paraît dérisoire ou au contraire une énigme illisible et sans réponse, sachez que les romans sont des formidables miroirs de cette richesse à la fois commune et individuelle.

Dominique Rabaté, professeur à l’université Bordeaux III, est venu débattre devant nos micros (vous pouvez ici le réécouter dans nos podcasts) de cette vaste question sur laquelle achoppe la tradition romanesque depuis Flaubert et jusqu’au milieu du XXème siècle. C’est en qualité de spécialiste et passionné de cette littérature moderne  que son cinquième essai qui vient de paraître chez Corti, Le roman et le sens de la vie, montre le basculement de ce genre florissant au XIXème siècle vers le récit d’une expérience intérieure proprement opaque, paradoxalement incommunicable mais riche de toutes les possibilités de la langue devenue le centre des préoccupations du romancier (1) S’appuyant pour cela non seulement sur deux romans représentatifs de cette période qui placent « le sens de la vie » au centre de leur oeuvre (La mort d’Ivan Illitch de Tolstoï : 1886- et Voyage au phare de Virginia Woolf : 1927, à laquelle il emprunte la formule qui donne son titre au présent ouvrage) et sur divers illustres critiques (Walter Benjamin, Bernard Pingaud, Thomas Pavel, Paul Ricoeur, Lukacs), il nous convainc face caméra que le roman porte remarquablement en lui-même cette vieille rengaine existentielle qui fait la formidable matière de nos vies et de nos lectures.


(1) Souvenez-vous du célèbre voeu de Flaubert qui en appelait à écrire  » un livre sur rien, un livre sans attache extérieure, qui se tiendrait de lui-même par la force interne de son style, comme la terre sans être soutenue se tient en l’air, un livre qui n’aurait presque pas de sujet ou du moins où le sujet serait presque invisible, si cela se peut. les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière. » (extrait d’une lettre à Louise Colet datée du 16 janvier 1852)

Ignatio Garate Martinez et la psychanalyse…

04juin

Ignacio Garate Martinez est écrivain et psychanalyste, membre d’Espace Analytique (dont la prochaine rencontre le 12 juin se déroulera entre les murs des salons Albert Mollat) il exerce à Paris et Bordeaux.

Dans son dernier ouvrage paru aux éditions Encre marine, Psychanalystes en devenir, il aborde la question du transfert entre le psychanalyste et son patient mais également le soucis de transmission qui passe par l’écoute et un apprentissage perpétuel auprès du patient.

Quatre autres psychanalystes se sont joints à monsieur Garaté pour la réalisation de cet ouvrage, mais c’est lui en personne qui par cette vidéo vous présentera leur projet et vous transmettra son amour de la psychanalyse !

 

Quand Anne-Marie Cocula raconte Bordeaux

03juin

« A Bordeaux plus qu’ailleurs rien ne fut simple » disait Jacques Chaban-Delmas de la ville dont il fut le maire charismatique. Effectivement Bordeaux est une Belle qui ne se laisse pas facilement conquérir. Mais sous la plume enjouée d’Anne-Marie Cocula , on prend plaisir à voir Burdigala se transformer peu à peu en Bordeaux malgré les crises, les tensions et les aléas de l’Histoire. On se prend à flâner avec Aliénor, Montesquieu ou bien Mauriac… Une passionnante histoire de Bordeaux  vue à travers celles et ceux qui l’ont façonnée, modelée, bouleversée pour faire de « la Belle endormie »  un écrin des bords de Garonne. C’est cette longue histoire devenue un livre passionnant que le professeur Cocula conférencière en images pour quelques minutes dans notre studio évoque. Laissons-lui la parole.

An English in Cuba

23avr

Ces nuits chaudes à La Havane en compagnie de quelques truands dans de somptueux Palaces sont un régal pour le lecteur: gangsters, sexe, argent, casinos, politiciens corrompus, célébrités… La mafia américaine veut faire de Cuba un empire du jeu où l’argent coulerait à flot…Mais la révolution gronde et Fidel Castro n’aime pas vraiment danser ni jouer….Ave ce livre basé sur une enquête minutieuse et excellement traduit par l’auteur David Fauquenberg, on comprend mieux pourquoi l’imaginaire des gangsters qui aboutira à des chefs-d’oeuvre comme la trilogie du Parrain de Coppola a connu un tel destin. Le pays de la réussite était aussi devenu celui de la loi du plus fort, l’impérialisme économique s’exportait jusque dans les côtés sombres, faisant de Cuba le lieu de tous les rêves d’enrichissement les plus éhontés. Nocturne à La Havane de T.J. English est la dernière découverte de l’éditrice de La Table Ronde, Alice Déon, qui a accepté, sans filet et au beau milieu du Salon du livre de Paris de nous expliquer pourquoi elle croit à cet inclassable et passionnant ouvrage. Laissons-lui la parole après l’avoir remercié pour sa disponibilité.

Philippe Dessertine et la guerre…

16avr

Philippe Dessertine, agrégé en Science de Gestion et professeur à l’université de Bordeaux IV, est également spécialiste de l’économie et de la finance. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Ceci n’est pas une crise (juste la fin d’un monde) paru aux éditions Anne Carrière.

Au regard de ce parcours on peut alors s’étonner du choix du sujet de son dernier livre : la guerre. Mais dès les premières pages on comprend que cette guerre serait la continuité des événements récents tels que la crise que nous traversons. Si nous n’agissons pas immédiatement, si nous ne réfléchissons pas à de nouvelles perspectives économiques, politiques nous courrons à la catastrophe. A travers son livre Le monde s’en va-t-en guerre (ne sait quand reviendra) Philippe Dessertine aborde des questions économique, géopolitique mais également climatique, la guerre aurait donc plusieurs visages.  Il nous interroge sur le devenir de monde et sur la voie que nous empruntons. Il dédramatise les notions de capitalisme, de finance ou de mondialisation en démontrant quelles sont des outils nécessaires pour la suite.

Mais je laisse maintenant l’auteur s’exprimer lui-même sur cet ouvrage qui laisse place à la réflexion et au débat…

La vie comme un roman

29mar

lexique-auteur-bandeau.jpgroland-barthes-par-roland-barthes.jpg

Après la sortie en 2007 de textes inédits entourant le séminaire Le discours amoureux qu’a tenu Roland Barthes entre 1974 et 1976 (et qui a donné lieu au mythique Fragments d’un discours amoureux en 1977), l’essayiste est toujours à l’honneur des éditions du Seuil (une biographie de Tiphaine Samoyault serait en préparation) vingt ans tout juste après sa disparition le 26 mars 1980.

Si la sortie l’an passé de deux ensembles de fiches concernant plutôt l’intime de l’auteur – donc non destinées à être publiées - à savoir son Journal de deuil (Seuil) et ses Carnets d’un voyage en Chine (Bourgois) avait déclenché de vives protestations (notamment pour le premier dans lequel Barthes met à nu sa douleur de fils venant de perdre sa mère) , Eric Marty  – qui dirige l’édition complète des oeuvres de Barthes disponibles en cinq tomes au Seuil – continue de faire découvrir les inédits du directeur d’étude à l’Ecole pratique des hautes études. Il révèle cette année son séminaire des années 1973-1974  intitulé Le lexique de l’auteur assorti d’une centaine de fragments jusqu’alors conservés dans les archives de l’IMEC et préparatoires au fameux Roland Barthes par Roland Barthes désormais paru simultanément dans la collection Points.

Il est important de rappeler que ce séminaire (du 8 novembre 1973 au 30 mai 1974) et, parallèlement, l’écriture de ce glossaire (en fait un texte de commande) d’inspiration autobiographique (datant de 1975 pour sa première édition dans la collection « Ecrivains de toujours ») marquent un tournant décisif dans l’oeuvre de Roland Barthes. En 1973, la parution du fondamental Plaisir du texte déporte de plus en plus les travaux et la réflexion de Barthes du règne de l’image/imaginaire et de la forme de l’essai critique (sous le signe de la déprise de la doxa, de l’Idéologie, de la bourgeoisie) vers l’invention d’un « objet littéraire inédit » (Eric Marty) hybride car à mi-chemin de la théorie et de la forme romanesque idéale, soit la réalisation d’ un  »imaginaire d’écriture« , un désir du texte. Les contours ici pressentis de sa Vita nova esquissent son projet d’écriture romanesque brutalement interrompu par sa disparition et finalement recueillis dans les cours de sa Préparation au roman (1978-1980).

Avertissant son diligent lecteur dans un des fragments intitulé « Le livre du Moi » que son Roland Barthes par Roland Barthes  « est un roman, pas une biographie [...] Je me suis mis en scène comme un personnage de roman« , il éclaircit le choix d’une triple signature qui oscille sans cesse entre « je », « il » et « vous » comme afin de détourner ironiquement, voire ruiner toute possibilité objective (vérité scientifique) de l’exercice autobiographique : nouvelle version ou mise en abyme de sa fameuse « mort de l’auteur » ?

« Tout ceci doit être considéré comme dit par un personnage de roman – ou plutôt par plusieurs. [...] La substance de ce livre, finalement, est totalement romanesque. L’intrusion, dans le discours de l’essai, d’une troisième personne qui ne renvoie cependant à aucune créature fictive, marque la nécessité de remodeler les genres : que l’essai s’avoue presque un roman : un roman sans noms propres. »

 L’année 1974 du tome IV (1972-1976) de ses Oeuvres Complètes se termine symboliquement par une brève note tracée de sa main qui, reprenant cette énonciation plurielle si caractéristique chez Barthes prend grâce à ce nouvel éclairage des coulisses tout leur sens et force émotionnelle :

« Et après ?

- Quoi écrire, maintenant ? Pouvez-vous encore écrire quelque chose ?

- On écrit avec son désir, et je n’en finis pas de désirer. »

 

 

Soin, Ethique, Santé, Mondialisation…et colloque

11mar

Si ce blog fait la part très belle à la littérature, il est néanmoins ravi d’accueillir ici, parfois, nos amis des Sciences Humaines, surtout quand ceux-ci ont réussi à capter des images. Un colloque récent leur a permis de confronter deux points de vue différents et complémentaires sous l’œil de notre caméra. Et toujours sur fond noir…

Les 16, 17 et 18 février derniers la librairie recevait le colloque « Soin Ethique Santé et Mondialisation ». Celui-ci était organisé par des universitaires des sciences humaines et sociales de Bordeaux III avec la collaboration des professionnels du soin et de la santé.

Le but de ce colloque était de réfléchir ensemble sur des questions de bioéthique qui concernent également les champs de la politique, de l’économie et du social et ce à une échelle planétaire.

Sans pour autant diaboliser la mondialisation, les chercheurs ont tenté de démontrer entre autre qu’une coopération des pays riches envers les pays pauvres est aujourd’hui nécessaire voire urgente. Les différents intervenants de ce colloque souhaitaient ouvrir le débat à toute personne intéressée par le sujet afin d’élargir le champ de la réflexion et des solutions possibles. Ce colloque s’inscrivait dans la continuité du master professionnel « Philosophie pratique vie humaine et médecine » qui existe depuis cinq ans à Bordeaux III.

L’atout majeur de cette formation est la rétroaction entre les chercheurs et l’expérience professionnelle des étudiants qui permet de ne pas avoir une recherche statique mais en perpétuel questionnement.

Ce colloque s’adressait à tous ceux et celles qui s’intéressent aux enjeux de notre société, accès principalement ici sur la question du soin et de la santé.

M. Denis Roux, obstétricien à l’hôpital Pellegrin et Mme Barbara Stiegler, professeur agrégée en philosophie à Bordeaux III et écrivain présentent dans la vidéo suivante les objectifs du colloque et son déroulement.

 

Babel pour « attendrir les étoiles »

03sept

langue_babel2.jpgA première vue, l’essai paru en février dernier aux éditions CNRS, A l’insu de Babel, nourrit quelque ressemblance avec l’ovni télévisuel « Karambolage » qui passe depuis plusieurs années sur la chaîne Arte, en ce qu’ils comparent tous deux la langue ainsi que la culture franco-allemande, certes avec un sens du décalage plus évident pour le second.

Cependant, pour avoir eu la chance d’écouter son auteur Georges-Arthur Goldschmidt lors d’une conférence donnée en octobre dernier à la bibliothèque Meriadeck à l’occasion de son expérience de traducteur (parmi les plus éminents, avec Bernard Lortholary aussi présent) de Kafka (voir notre blog paru à cette occasion), il nous avait plutôt laissé l’impression d’un sémillant octogénaire volontiers érudit mais nullement atteint d’une quelconque morgue intellectuelle. C’est également ce sens de l’humour plus grivois que spirituel allié avec une acuité sans pareille sur son travail et son parcours de juif allemand tôt « tombé dans la langue française » (refuge vital pour l’enfant d’alors qu’il relatait dans ses entretiens autobiographiques Un enfant aux cheveux gris - CNRS éditions, 2008) qui avait alors éveillé notre intérêt sur ce prochain opus depuis lors paru.

G.-A Goldschmidt nous rappelle combien est vain et inlassable le combat de l’homme pour faire coïncider chaque mot à la réalité qu’il est censé représenter. Si Kafka demeure selon lui le modèle qui a génialement mis en scène ce défaut originel inhérent à tout langage (dans son entretien le 13 août sur France culture, Goldschmidt nous invite à relire dans ce sens sa nouvelle allégorique « Odradek« ), c’est ce sublime échec ou « éblouissant paradoxe » sur lequel il convient de travailler car lui seul permet à la littérature d’exister et de se transmettre dans toute langue. Ainsi, toute traduction est une entreprise infinie (qui déborde toujours ce qu’elle a à dire) mais vaine en ce qu’il lui subsiste une part d’irréductibilité. Cette marge en fait pour chacun une matière inépuisable, pétrissable à volonté car, heureusement, « il n’y a que le langage pour en montrer le manque« .

   A mi-chemin entre la réflexion linguistique et philosophique (Wittgenstein, Husserl, von Humbolt, Descartes, Nietzche…), il nous révèle comment une langue conditionne, façonne notre rapport au monde et peut en modifier radicalement notre vision, voire faire basculer son Histoire. En tant qu’ héritier de cette tradition et fruit d’une époque trouble qui a vu l’endoctrinement d’un peuple à travers une uniformisation et instrumentalisation de la langue allemande par le pouvoir nazi,  Goldschmidt nous révèle notamment, preuves à l’appui, comment le choix des mots par Heidegger dans Etre et temps trahit une idéologie hélas sans ambiguïté.

On l’aura compris, cet essai à la fois philologique et politique est une oeuvre dense et ardue car animée d’ une passion exigeante qui, à l’instar de bien de ses confrères, comporte le désir de cerner cette énigme du langage. Mais aussi pour cela, la parole d’un écrivain qui écrit à partir de cet « insu » est irremplaçable : nous ne saurions trop vous conseiller de vous plonger dans les romans de Laurent Mauvignier ou de Marie-Hélène Lafon (qui font leur rentrée littéraire avec deux des coups de coeur déjà évoqués dans nos blogs, à savoir respectivement pour Des hommes et L’annonce ) dont les somptueux personnages de taiseux (souvent eux-mêmes « en marge ») ne cessent de crier leur (notre) impossible à être/dire.

 

 

babel.jpg« enfant.jpgEt c’est bien parce que les mots trahissent qu’ils sont indispensables, s’ils tombaient justes, il n’y aurait plus de langue et surtout plus de « parole », il n’y aurait plus rien à dire » (A l’insu de Babel, page 81)

 

 

 

 

 

 

 

des-hommes.jpglafon1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 


La citation du titre de ce blog est empruntée à une phrase de Flaubert dans Madame Bovary, que nous rappelle Georges-Arthur Goldschmidt (A l’insu de Babel, page 36) et que nous avons retrouvé en partie à partir de notre édition de poche : »[...] comme si la plénitude de l’âme ne débordait pas quelquefois par les métaphores les plus vides, puisque personne, jamais, ne peut donner l’exacte mesure de ses besoins, ni de ses conceptions, ni de ses douleurs, et que la parole humaine est comme un chaudron fêlé où nous battons des mélodies à faire danser les ours, quand on voudrait attendrir les étoiles » (Madame Bovary, folio/Gallimard, Deuxième partie, chapitre XII, page 265-266).

 

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