Archives de la catégorie “bonheur du jour…”

Voir Zatopek courir

15sept

Tant d’images figées pour un athlète aussi  mobile, voilà  qui pouvait être  frustrant.  Un petit reportage viendra donc compenser cela et nous montrer plusieurs visages du grand Zatopek, au zénith de sa carrière et au terme de sa vie. Encore un procédé dilatoire, en attendant Courir, le 9 octobre, c’est-à-dire dans un mois tout jus

80’s sucks (cherchez le garçon)

12sept

La meilleure part des hommesTristan Garcia est né en 1981. D’ailleurs, son premier roman les évoque, ces années 80. Et ce roman est agaçant, essentiellement pour deux raisons. D’abord, il en parle très bien alors qu’il ne les a pas vécues, ces années 80, là réside le premier tour de force : jamais de passage autobiographique, de personnages égratignés à cause d’une vengeance mesquine, ici, tout est roman. Aussi, parce que ce livre est remarquablement écrit et construit : Tristan Garcia mène sa barque tel un vieux briscard, et sa narration est portée par une écriture serrée, faussement neutre, dont on sort marqué par l’indéniable rythmique, une petite musique obsédante, entêtante, répétitive, égrenée comme  viaune boite à rythme discrète soutenue par quelques notes éparses au synthétiseur (échapper à l’image robotique des “tubes” des années 80 ? Hors de question), bref, une sacrée mélodie.

Ah, l’histoire : pêle-mêle, nous retrouverons un penseur visionnaire rattrapé par le goût du pouvoir (Jean-Michel Leibowitz), un militant actif (Dominique Rossi) pour le droit des communautés homosexuelles, Act-Up en filigrane, William Milner, amant du précédent, agitateur et provocateur, le tout raconté par Elizabeth Levallois, journaliste à Libération, pages “Culture”… Et tout ce petit monde se brise, se déchire, se hait, tente (maladroitement) de s’aimer…

La Meilleure part des hommes ? En négatif, nous dit l’auteur…

Tristan Garcia
envoyé par Mediapart

De Ravel en Zatopek

09sept

zatopek-3.jpgLes prochains lecteurs de Courir, le magnifique roman de Jean Echenoz, à paraître le 9 octobre, encore dans le souvenir de la mélodie qu’il composa pour son Ravel, découvriront avec cette biographie rêvée de l’immense coureur tchécoslovaque, un autre tempo. Pour l’heure, le livre est à l’échauffement. Patientons un peu, en faisant quelques flexions, tiens, par exemple.

PS : et vous pouvez dès maintenant le réserver sur notre site en cliquant sur le titre du livre dans ce billet…

En vue sur le tartan

04sept

Emile zatopekA ceux qui auront remarqué que le nom d’Echenoz contient autant de lettres et de Z que celui de Zatopek, nous dirons qu’ils ont raison. Néanmoins, ils attendront encore un mois pour comprendre que leur lien est autrement plus fort.

PS : Ne tardez pas, le livre est réservable sur notre site (cliquez sur Echenoz)

Prochainement sur la piste

02sept

Emile ZatopekLa piste qui mène à Zatopek est longue mais elle est sûre : dans un mois vous pourrez toujours courir.

Et bientôt, sur votre route

01sept

Emile zatopekLa course sera longue mais patience, dans un mois, plus besoin de courir derrière Zatopek : il sera là…

L’été FUT chaud

15août

 

 

thermo.jpgLa chaleur s’était abattue sur nous, immobilisant la ville et réveillant chez certains libraires des instincts que seul l’été excuse. Et puis la pluie est revenue, calmant les uns, faisant soupirer les autres. Voici le témoignage de ces chaleurs qui ne sont déjà plus qu’un souvenir… Plongeons-nous donc dans notre Enfer à nous, si possible à l’ombre et à l’abri ! Accompagnons nos moites siestes (éventuellement crapuleuses, tout n’est pas que littérature, bref…) par un livre érotique, et… Dilemme : que choisir ? Relire un classique pour plonger avec Apollinaire ou Sade dans les turpitudes de leur époque ? Reprendre Martial et ses grivois épigrammes ? S’adonner une après-midi entière à la délicieuse O. et à ses histoires ? Ou faire le choix moderne d’Esparbec, pornographe déclaré, encensé par Wolinski, auteur d’une pléiade de titres dans des collections de gare, entré en littérature par la petite porte… Mais quelle porte : du (faussement ?) autobiographique Le pornographe et ses modèles jusqu’à La Jument, en passant par La Pharmacienne - déjà un classique du XXIe siècle ? - ou du très bien nommé Le Goût du Péché, qui nous détaille les fantasmes hôteliers dans les grandes largeurs… Qu’on ne se trompe pas, le talent d’Esparbec est gaulois, et sa grande qualité reste qu’il se refuse à inclure les métaphores habituelles du roman érotique, ce qui donne un résultat certes cru, mais néanmoins troublant… Pour vous donner une idée du ton, on lit Esparbec comme on regarde un film de John Waters (A Dirty shame, dernier long métrage en date, semble particulièrement adapté à cette thématique) ; oscillant entre humour potache, auto dérision et voyeurisme, le tout souligné par un style outrancier en diable, Esparbec se déguste savoureusement et (un peu) en cachette…

P.S. : tous ces titres d’Esparbec sont publiés aux éditions de la Musardine.

P.P.S. : afin de satisfaire les amateurs de littérature moins directe, nous nous pencherons bientôt sur la collection érotique de Babel, où l’on trouve le vénérable Voltaire et autres Mirabeau ou Boyer d’Argens.”


Les éditions Gallmeister fêtent leurs trois ans d’existence

25juil

Pour le bonheur des libraires, les éditions Gallmeister, dont la ligne éditoriale est de faire découvrir des écrivains de renom inspirés par le “nature writing”, un courant littéraire Américain consacré à la défense de l’environnement, existent déjà depuis trois ans. Citons, par ordre chronologique les écrivains déjà publiés :

Durrell - Ma famille et autres animauxGerald Durrell, écrivain anglais naturaliste avec l’inénarrable Ma famille et autres animaux ;

J. Haines - Vingt-cinq ans de solitudeJohn Haines avec Vingt-cinq ans de solitude, un classique de la littérature du grand Nord ;

Fromm - Indian CreekPete Fromm qui nous immerge avec Indian creek - au coeur d’un hiver dans les Rocheuses, une expérience inoubliable et passionnante ;

Hunter - Les combattants de l’arc en cielRobert Hunter : Les Combattants de l’arc-en-ciel, témoignage sur Greenpeace (la plus célèbre organisation d’activistes écologistes au monde) ;

Abbey - Le gang de la clef à moletteEdward Abbey, dont les romans noirs Le gang de la clef à molette ou Le feu sur la montagne sont devenus des romans cultes ;

Doug PeacockDoug Peacock, ancien vétéran du Vietnam qui consacre désormais sa vie à la défense de la faune et de la flore, ayant trouvé dans cette activité un exutoire aux horreurs de la guerre ;

Bass - Livre de YaakRick Bass et son Livre de Yaak : la vallée dans laquelle il a choisi de vivre avec sa famille mais où il redoute à plus ou moins long terme la destruction par la déforestation ;

Tennant - En volEnfin dernier en date, Alan Tennant et le très bel En vol sur la migration du faucon pèlerin à travers l’Amérique vue par deux jeunes naturalistes un peu marginaux.

Face plus sombre du “nature writing”, l’originale collection Noire nous révèle les turpitudes des hommes dans ces grands espaces calmes, bien que parfois menaçants, grâce à Jim Tenuto, dont l’intrigue de La Rivière de Sang se situe dans le mythique Montana, alors que les deux romans de William Tapply et de son attachant héros Stoney Calhoun, Dérive Sanglante et Casco bay, se déroulent dans le faussement paisible Maine.

derivesanglante1.jpg

Tenuto - La Rivière de sang

Tapply - Casco Bay

 

 

 

 

 

 

 

 

Paraîtra le 25 août prochain de Howard McCord L’Homme qui marchait sur la lune ou l’histoire d’un homme qui arpente inlassablement une montagne au coeur du Nevada. Que cherche-il à fuir ? Les libraires, en pleine préparation de leur rentrée littéraire, en ont une petite idée…

 

Martine et Olivier

Chant d’un cygne

28juin

Dinu Lipatti (cliché EMI)Quiconque a eu la chance d’écouter l’enregistrement du dernier récital du pianiste Dinu Lipatti, mort à trente-trois en 1950, ne pourra qu’être ému voire bouleversé par le brillant roman que vient de consacrer à ce génie du piano André Tubeuf, incontournable spécialiste de musique et élégant romancier (on se souvient des Enfants dissipés paru chez Gallimard dans les années 80). La Quatorzième Valse n’est pas un essai, ni même un “tombeau”, ce genre littéraire tombé en désuétude qui permettait à des écrivains de se livrer à l’hommage, c’est un véritable roman qui prend la pari de faire parler celui dont on ne connaît désormais plus que les notes, cet émigré venu de Roumanie et réfugié en France où l’amitié de quelques uns lui permit d’entamer une fulgurante carrière de concertiste. Pénétrant dans son intimité, dans les méandres de sa réflexion sur son art, dans ses rencontres (très beau passage sur son échange avec Joë Bousquet, ce médisant par bonté cloué sur un lit de souffrance), il donne chair à un être lumineux et inquiet, cerné par une maladie qui le rend vulnérable à tout sans lui interdire la fusion avec sa musique. Sous la protection de l’ange, de Bach, de Mozart, de Chopin, Lipatti fait l’expérience qu’”on ne sait rien de la vie tant qu’on ne sait pas quelque chose de la mort” et lui qui s’amincit, qui en deviendrait presque transparent, au lieu de disparaître prend une force éclatante. On conseillera donc ce court roman à tous ceux qui s’interrogent sur ce mystère de l’élection des génies qu’André Tubeuf approche sans grandiloquence, trouvant à son tour une musique, un rythme pour dire l’indicible. Et écouter ensuite Chopin, interprété par Lipatti, pourra offrir au lecteur l’occasion d’une belle épiphanie.

Sillage en rafale

24juin

Pierre Mac Orlan, Thomas Hardy, Ivan Tourgueniev, Camillo Boito

 

 

Joli tir groupé pour la petite maison parisienne Sillage, petite mais sans complexe face aux grands noms qu’elle aligne avec constance depuis sa création. Partisan d’une ligne graphique épurée qui fait seulement varier la couleur du “s” initial, l’éditeur sort sous sa blanche couverture quatre chefs-d’oeuvre, rien de moins, sauvés du relatif (quoique temporaire sans doute) oubli auquel leurs maisons d’origine les condamnaient.

 

 

Par ordre de taille (critère objectif qui nous évite le risque du podium), nous avons tout d’abord Senso de Camillo Boito, un livre sublimé par la caméra de Visconti en 54 qui nous plonge dans la Venise autrichienne du XIX° siècle avec une histoire de délicieuse et implacable vengeance de femme bafouée. Si les images viscontiennes s’imposent à nous, ce court roman offre sa grâce qui témoigne du renouveau de cette littérature italienne fin de siècle (le livre date de 1883).

 

 

Tout aussi célèbre, Dimitri Roudine, évadé pour quelques temps du catalogue de Stock où il a tellement rosi dans la petite cosmopolite qu’il a disparu des étagères, nous revient dans la traduction d’origine. Là encore il est question de passion et personnage beau parleur : le héros de Tourgueniev, ce Polonais dont on saisit mal les mobiles et que l’on soupçonne des pires intentions à l’égard des jeunes filles, cache peut-être un grand coeur. Ne lui manque-t-il pas cependant le lieu et l’heure pour éprouver sa bravoure autrement que dans la conquête de salon ? L’éditeur nous dit que ce livre “marqua durablement” le jeune Henry James, on le croit volontiers.

 

 

Plus épais, un grand roman de Thomas Hardy, à notre avis le plus grand des Victoriens (mais le débat est ouvert…) : Le Maire de Casterbridge , épuisé en folio et repris dans sa traduction d’époque (doit-on s’y fier ? de 1922 et signée Philippe Neel, elle prête à la suspicion des traductions de l’époque parfois un peu légère sur l’intégrité du texte mais sa finesse la sauve du doute) renaît pour le plus grand bonheur des défenseurs et inconditionnels de l’auteur de Tess d’Urberville dont nous sommes. S’il n’est sans doute pas le meilleur des romans de Hardy, il possède assurément un vibrato et une puissance peu commune. L’an passé Corti avait sauvé de l’oubli Le retour au pays natal qui s’ouvrait par une ahurissante scène d’exposition, travail d’orfèvre qui soufflait le lecteur conquis par un champ de vision multiplié. Avec cet autre roman, Hardy confirme sa puissance de feu en nous imposant un anti-héros dérangeant parce qu’échappant au manichéisme auquel nous aimerions le réduire. Le genre de livre à lire à la campagne, à l’abri d’un chêne centenaire.

 

 

Et pour finir un célèbre auteur français fort méconnu que tout le monde pense avoir lu à un moment ou un autre mais sans en être certain. Pierre Mac Orlan est désormais étudié par des collégiens (ah ! ce bon chien jaune…) ou des adultes traversés par la nostalgie des rêves d’adolescent, c’est fort bien mais c’est terriblement injuste. Pour preuve cet épais et courageux volume qui réunit pas moins de cinq romans (La maison du retour écoeurant, Le Rire jaune, La Clique du café Brebis, La Bête conquérante et Le Nègre Léonard et Maître Jean Mullin, le tout réuni sous le titre Le Rire jaune et autres textes) des débuts de l’écrivain (entre 1911 et 1920) où se fait encore sentir le poids des influences mais aussi tout le génie de cet auteur caméléon à l’aise dans tous les genres tant qu’il est question de liberté. Grâce à Sillage, inutile de courir les bouquinistes pour rassembler ces titres, compagnons idéaux d’un été aventureux. D’autant que c’est le précieux et hyper cultivé Sylvain Goudemare qui en a établi l’édition critique. Indispensable, vous dit-on…

 

Bref, avec ce quartett de chefs d’oeuvre, Sillage fait acte de salubrité littéraire et nous l’en remercions.

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