Archives de la catégorie “Choses vues”

Triste actualité

15nov

francois-caradec.jpgUn bref billet ce jour pour signaler une triste actualité, la disparition de François Caradec, éminent pataphysicien, , membre de l’OULIPO, biographe inoubliable de Raymond Roussel, d’Alphone Allais, de Lautréamont, de Willy, d’un étonnant Dictionnaire des Gestes, du magnifique Compagnie des zincs, spécialiste d’auteurs absolument négligés, généreux, et dont nous venions de recevoir le dernier rompol à l’enseigne de Fayard, Le doigt coupé de la rue du Bison, fantaisie policière particulièrement bien menée écrite dans une langue très épurée et qui s’achève par ces mots : “Ils se dépêchent pour arriver à temps”. Caradec a entamé son dernier voyage, à charge pour nous de ne pas le laisser tomber dans le purgatoire.

Le jour où J.M.G. m’a parlé….

15oct

Ma rencontre avec J.M.G LE CLEZIO remonte au début de l’année 1996 lors de la sortie de son ouvrage La quarantaine. A cette époque, ses apparitions publiques étaient rares ce qui faisait de sa conférence chez Mollat un véritable événement! La légende le décrivait comme un homme timide, fuyant la foule, les photographes… L’homme que j’ai rencontré était charmant, chaleureux, loquace pour peu qu’on s’approche d’un peu plus près. Il était intarissable dès qu’on prononçait les mots théâtre, Michaux ou désert… L’académie suédoise n’a pas seulement récompensé un grand écrivain de langue française mais aussi et surtout un humaniste, qui tout au long de sa vie et de son oeuvre, a défendu l’homme contre la machine, contre la vie moderne et son cortège d’absurdités…

Thi-hanh

Les nominés étaient….

15oct

alfred_nobel_rgb_72dpi.jpgDepuis jeudi, on ne compte plus les lecteurs avides de découvrir -ou de redécouvrir- l’oeuvre du tout dernier prix Nobel de littérature, Jean-Marie Gustave Le Clézio. Eh oui, la surexposition médiatique a parfois du bon!

Inutile donc de vous rebattre les oreilles de l’immense talent de l’auteur de La Ronde et L’Extase matérielle. Nous aimerions plutôt vous parler de ceux qui, jusqu’à jeudi dernier, avaient encore une chance de remporter ce fameux prix, ces auteurs aujourd’hui “recalés” du Prix Nobel et dont le génie n’est évidemment pas à démentir.

Citons pêle-mêle…

Joyce Carol Oates, auteure américaine pour le moins prolifique qui signe avec son dernier opus, La Fille du fossoyeur, un véritable chef-d’oeuvre, son souci est qu’elle est américaine et que le président du Jury Nobel s’en est pris avec dureté à cette littérature jugée insulaire et repliée…

Haruki Murakami, que certains d’entre vous connaissent pour son Kafka sur le rivage. Un écrivain japonais au style limpide et terriblement poétique, et dont les histoires oscillent sans cesse entre réel et imaginaire : le dernier prix Nobel Japonais était Kenzaburo Oe, un auteur difficile concerné par l’idée de destruction des civilisations.

Philip Roth, américain lui aussi donc “recalable”, dont les textes souvent intimistes et sans pitié ont tous à leur manière une dimension universelle -pensons à son dernier ouvrage, Un Homme, ou encore à La Tache.

L’Israëlien Amos Oz, auteur entre autres d’Une histoire d’amour et de ténèbres, un roman autobiographique où l’intime se conjugue avec l’Histoire : la puissance de son écriture en fait un candidat très sérieux pour l’avenir. Le dernier Prix Nobel Israëlien fut Samuel Joseph Agnon, l’un des lauréats malheureusement les moins connus.

Le Français Simon Leys : auteur inclassable, écrivain hors norme et aussi sinologue, pratiquant peu le genre romanesque, un des esprit les plus lucides de son temps, qui n’a de cesse de se méfier des idéologies, ce qui n’est pas pour déplaire aux scandinaves, grands pourfendeurs de totalitarisme. Chez les Français circule aussi depuis des lustres le nom d’Yves Bonnefoy, grand poète qui peut donc dire adieu à ses derniers espoirs.

Claudio Magris, écrivain italien originaire de Trieste, dont l’oeuvre dense et ambitieuse aborde une réflexion sur l’espace, le territoire, la frontière et la liberté - à lire sans retard pour se façon d’interroger l’Histoire : Microcosmes, Danube, Trois Orients

En espérant que ces quelques phrases vous donneront envie de lire, et de découvrir encore et encore…

 

Et pour tous ceux qui aiment lire “à contre courant”, sachez que l’équipe poche a installé une vitrine consacrée aux “Goncourt oubliés”; l’occasion de découvrir, à l’heure des prix littéraires et du battage médiatique, des auteurs dont on ne parle presque plus et qui sont pourtant non moins talentueux.

 

 

 

 

 

 

 

Un peu d’actualité en théâtre…

20août

Peter BrookLe premier Prix Ibsen a été décerné lundi au célèbre metteur en scène, acteur et réalisateur anglais Peter Brook. Le jury de ce nouveau prix norvégien dont la récompense s’élève à 314 000 €, était présidé par l’actrice Liv Ullmann. Celle-ci a particulièrement insisté sur “l’illustration réussie du fait que toute oeuvre théatrale possède une capacité unique à rassembler les êtres humains, qu’il est donné à n’importe qui d’apprécier, et qu’aucune entité socio-politique ou nation n’a le droit de prétendre à la propriété d’une oeuvre littéraire, que celle-ci se présente sous forme textuelle ou qu’elle soit mise en scène.”1

Né à Londres en 1925, et ancien de l’Université d’Oxford, Peter Brook a mis en scène à la fois des grands classiques du théâtre et des pièces plus contemporaines. Ainsi, s’il a monté nombre de pièces de Shakespeare et de Marlowe (la mise en scène d’Un rêve d’une nuit d’été qu’il a effectuée en 1970 fait partie des productions shakespeariennes les plus importantes du 20e siècle), son nom est par ailleurs associé à des représentations de pièces de Sartre, Anouilh, Genet, Roussin, ou encore Weiss. Il favorise plutôt des mises en scène épurées, comptant essentiellement sur le jeu des acteurs, se souciant assez peu des décors. Il a cherché a étendre cette dimension novatrice au domaine cinématographique dans la mesure où d’après lui, théâtre et cinéma sont intimement liés. Après avoir été associé à la Royal Shakespeare Company et au Royal Opera House en de nombreuses occasions, sa carrière a pris un tournant dans le milieu des années soixante-dix, date à laquelle il s’est installé à Paris avec sa compagnie dans la salle du Théâtre des Bouffes du Nord.

 

Un certain nombre de ses ouvrages sont disponibles en français, aux éditions du Seuil (Points de suspension, Oublier le temps, L’espace vide : écrits sur le théâtre, et Conversations avec Peter Brook) ou chez Actes Sud (Entre deux silences, Le diable c’est l’ennui : rencontres avec Peter Brook, Avec Shakespeare, L’homme qui suivi de Je suis un phénomène).

 

La cérémonie de remise du Prix aura lieu le 31 août prochain dans la ville portuaire de Skien, où Henrik Ibsen avait vu le jour en 1828. Ce père fondateur du théâtre moderne, auteur notamment de Peer Gynt et d’Une maison de poupée s’était éteint à Christiana - l’actuelle Oslo - en 1906.

 

Notons cependant l’ironie de ce choix : de toutes les pièces qu’il a mises en scène au cours de sa longue carrière, Peter Brook n’en a monté qu’une seule signée par le dramaturge norvégien qui a donné son nom à ce Prix. Il s’agit de La dame de la mer, écrite par Henrik Ibsen en 1888 ; Peter Brook était alors âgé 19 ans.

 


1 Source : le site du Prix Ibsen ; notre traduction.

 

 

Mieux vaut prévenir…

27mai

SecourismeParce que nous adhérons complètement au célèbre adage “Mieux vaut prévenir que guérir”, une partie du personnel de la librairie Mollat vient de recevoir une formation SST et EPI. Sous ces dénominations aux allures cabalistiques se cachent en fait les sigles de Sauveteur Secouriste du Travail et d’Equipier de Première Intervention. Pendant trois jours, nous avons été formé aux différentes méthodes pour prévenir le risque et savoir secourir une victime en adoptant les bons réflexes en cas d’accident. Bien sûr, les surveillants de la librairie connaissent depuis longtemps les gestes de premiers secours, mais le fait que les libraires sachent intervenir sur des accidents allant de la simple bobologie à la plus terrible attaque cardiaque nous permet d’agir beaucoup plus rapidement et éviter ainsi les aggravations. Nous espérons tout de même que nous n’aurons pas à mettre en pratique trop souvent nos connaissances sur la PLS et autre défibrillateur, mais c’est tout de même rassurant pour tout le monde de savoir qu’on est entre de bonnes mains, non ?

Une fois n’est pas coutume, nous vous proposons une sélection d’ouvrages qui ne sont pas des romans, mais une invitation à apprendre à votre tour les gestes qui sauvent :

Le Code Vagnon PSC-1 :Prévention et secours civiques, aux éditions Vagnon fait figure de référence puisqu’il est conforme au Référentiel national. Grâce à son petit format et ses nombreuses illustrations, c’est un précieux aide-mémoire qu’on peut garder à portée de main.

Le Petit guide des urgences médicales, aux éditions Ellipses, propose une approche de l’enseignement des premiers secours permettant d’avoir des réactions simples et efficaces face à toute situation d’urgence.

C’est bientôt l’été, saison qui va de pair avec les longues baignades réparatrices. Alors peut-être aurez-vous besoin d’avoir lu au préalable Sécurité et sauvetage aquatique, aux éditions Vagnon, qui vous permettra de tout connaître de l’examen du BNSSA.

Le Mémo-fiches de secourisme, aux éditions Masson, propose un entraînement au secourisme particulièrement adapté aux élèves en CAP d’hygiène prévention et sécurité et aux élèves aides-soignant.

Enfin, le très complet et agréable à consulter Guide pratique des premiers secours, dans la Sélection du Reader’s Digest, dont on saluera l’initiative de verser 1 euro à la Croix-Rouge à chaque exemplaire vendu.

La saison de mon contentement

13mai

Merci à Nicolas de Auteurs.tv qui nous envoie cet entretien filmé de Pierrette Fleutiaux, à l’occasion de la parution de son dernier livre, un essai sur la récente campagne présidentielle intitulé La saison de mon contentement (?).

Llop le séduisant

08avr

Quelques personnes qui s’agitent dans un coin de la librairie et des exclamations qui fusent ; un petit groupe d’Espagnols entourent notre bureau où un espace est consacré à notre coup de coeur du moment. Fin, le visage taillé à la pointe, vêtu d’une veste sombre, un homme se réjouit et il nous semble percevoir dans sa joie soudaine, dans son accent, comme les signes que c’est bien l’auteur du livre élu qui est à deux pas de nous. Quand il commence à nous parler, d’abord en espagnol puis en anglais, nous réalisons qu’il nous remercie avec effusion et que son éditeur lui a signalé notre attachement, dès ses débuts, à son oeuvre forte et singulière. Nous voici donc sans prévenir en train de discuter dans un joyeux mélange de trois langues avec José Carlos Llop, l’auteur du très réussi Rapport Stein qui nous avait enthousiasmé avec Parle-moi du troisième homme et Le Messager d’Alger. Le monsieur est volubile et distingué, nous parle de Proust au Majestic, recherche des livres d’un excellent écrivain bordelais récemment disparu, Bernard Delvaille, dont il piste l’oeuvre poétique et séduit tout le monde par sa drôlerie que l’on dirait vite méridionale si l’on ne craignait pas de tomber trop vite dans le cliché. A notre tour de lui dire notre émerveillement devant ses qualités d’enchanteur, de souligner le charme perfide de ses romans, de nous inquiéter du sort de ses nouvelles pas encore traduites. Brève rencontre qui nous fait plaisir car il n’est pas donné tous les jours de croiser dans ses murs un auteur de Palma de Majorque.

Epilogue : nous aurions dû nous y attendre…M.Llop est revenu lundi, cette fois en quête du Dictionnaire François Mauriac juste paru d’E.des Garets, de la revue 303 consacrée à Julien Gracq, etc… en clair, un vrai fondu de littérature, un curieux tous azimuts.

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