Archives de la catégorie “En vidéo MollaTV”

Les pierres de Kaddour

12mar

Nous n’aurons aucun scrupule à provoquer des regrets chez ceux qui, retenus par le froid épouvantable du jour, auront manqué la conférence de Hédi Kaddour mardi soir. L’écrivain de talent, très admiré par nous, est un conférencier de génie (et inversement), captivant l’attention par ses analyses, ses anecdotes, ses lectures, son regard sur son travail d’écrivain. Il a été notre coup de coeur de début d’année avec sa double actualité : son roman Savoir-vivre et son recueil de notes Les pierres qui montent, tous deux parus chez Gallimard, le premier qui met en scène plusieurs personnages (dont certains déjà présents dans le grand Waltenberg) au tout début des années 30 pour une intrigue incroyable née d’un fait divers découvert par l’auteur dans la presse de l’époque (voir notre article sur le blog) ; le second qui nous invite à le suivre tout au long de l’année 2008 à travers ses notes et croquis, carrousel très excitant de mots pris au vol, d’images happées, de réflexions sur la littérature souvent lumineuses (on a tendance à beaucoup corner les pages de ce livre pour y retourner), de souvenirs , d’épiphanies, un livre de chevet par excellence qui touche juste, qui ne tombe jamais dans l’excès, une vraie leçon de savoir-vivre littéraire…

Avant sa conférence que vous pourrez retrouver dans les podcasts, nous avons invité cet éminent professeur, qui enseigna longtemps à de futurs journalistes, à se placer devant notre mur noir pour évoquer librement son livre. Le voilà dans ce délicat exercice…:

Soin, Ethique, Santé, Mondialisation…et colloque

11mar

Si ce blog fait la part très belle à la littérature, il est néanmoins ravi d’accueillir ici, parfois, nos amis des Sciences Humaines, surtout quand ceux-ci ont réussi à capter des images. Un colloque récent leur a permis de confronter deux points de vue différents et complémentaires sous l’œil de notre caméra. Et toujours sur fond noir…

Les 16, 17 et 18 février derniers la librairie recevait le colloque “Soin Ethique Santé et Mondialisation”. Celui-ci était organisé par des universitaires des sciences humaines et sociales de Bordeaux III avec la collaboration des professionnels du soin et de la santé.

Le but de ce colloque était de réfléchir ensemble sur des questions de bioéthique qui concernent également les champs de la politique, de l’économie et du social et ce à une échelle planétaire.

Sans pour autant diaboliser la mondialisation, les chercheurs ont tenté de démontrer entre autre qu’une coopération des pays riches envers les pays pauvres est aujourd’hui nécessaire voire urgente. Les différents intervenants de ce colloque souhaitaient ouvrir le débat à toute personne intéressée par le sujet afin d’élargir le champ de la réflexion et des solutions possibles. Ce colloque s’inscrivait dans la continuité du master professionnel “Philosophie pratique vie humaine et médecine” qui existe depuis cinq ans à Bordeaux III.

L’atout majeur de cette formation est la rétroaction entre les chercheurs et l’expérience professionnelle des étudiants qui permet de ne pas avoir une recherche statique mais en perpétuel questionnement.

Ce colloque s’adressait à tous ceux et celles qui s’intéressent aux enjeux de notre société, accès principalement ici sur la question du soin et de la santé.

M. Denis Roux, obstétricien à l’hôpital Pellegrin et Mme Barbara Stiegler, professeur agrégée en philosophie à Bordeaux III et écrivain présentent dans la vidéo suivante les objectifs du colloque et son déroulement.

 

La face sombre de Marcel Proust

09mar

Pour Diane de Margerie, Proust est un vieil ami qu’elle pratique depuis de nombreuses années et dont l’intimité lui permet un regard aigu et dénué de cet excès de passion que peuvent déployer les proustiens idolâtres. Connaître c’est apprécier les ombres et les lumières d’un écrivain qui a fait de sa vie une oeuvre ou de son oeuvre sa vie. Avec les yeux et le coeur de quelqu’un qui ose regarder en face ces ombres, elle a choisi de revenir, après avoir déjà consacré des livres à cet auteur, sur les eaux sombres du créateur de La Recherche du Temps perdu. Son livre plein de finesse, vif et fécond, est de ceux qui vous donnent particulièrement envie d’aller, toutes affaires cessantes, vous replonger dans cette oeuvre énorme qu’on n’a jamais fini d’explorer. C’est ce qui nous a donné envie de convier Diane de Margerie à venir nous en parler devant notre caméra tout d’abord puis devant une assemblée attentive. Voici donc, sur fond de bibliothèque, l’auteur de Proust et l’obscur (Albin Michel) dans une présentation de son dernier livre.

Un froid chaleureux

02mar

Nous prendrons bien garde de ne pas tenter d’expliquer le très beau titre du premier roman de Denis Decourchelle paru chez Quidam en janvier car ce serait tenter par là même de résoudre l’énigme de ce livre qui ne se laisse pas apprivoiser facilement et réclame à ses lecteurs une attention soutenue. Le style, travaillé, poli comme une partition, illumine une série d’histoires en une sorte de carrousel littéraire et musical qui nous fait traverser un siècle vertigineux. Les différentes lignes mélodiques s’entrecroisent en se succédant, éclairant des destins singuliers, hommes, femmes, qu’il nous est donné d’observer avec cet étonnement du lecteur de roman qui se demande où se cache la vérité. Car Denis Decourchelle ne manque ni d’habileté ni de malice en nous faisant les témoins d’existences bouleversées qu’on ne peut s’empêcher, parce que nous faisons sans cesse fonctionner nos références, de vouloir rapprocher de destins connus et déjà racontés. A qui renvoie cet astronaute russe qui a découvert dans l’espace une extase que le retour sur terre ne lui rendra jamais ? Qui peut être cette actrice devenue vedette toute jeune après avoir connu le drame de l’exil ? A quelle ombre de jazzman ressemble ce musicien qui se perd ? Ce n’est pas le moindre des plaisirs que nous offre La persistance du froid, ce recueil ouvragé de vies imaginaires comme Marcel Schwob a pu en son temps en imaginer. L’auteur avoue posséder une faible imagination, il nous prouve avec son premier roman que ce qui pourrait passer pour un défaut devient, par la grâce d’un vrai style, une chance réelle.

Mis au défi de se raconter devant notre caméra et de nous expliquer son projet, le jeune auteur, en une seule prise, nous a épatés. Le voici donc sur fond noir, précédé par nos sincères remerciements.

L’hospitalité d’Espitalier

25fév

Un nouvel auteur, généreux, bon vivant, avec du style et de l’entrain, avec une plume qui sait se faire légère pour masquer une belle gravité, un nouvel auteur découvert dans notre ville, peut-être à deux pas de nos rayons, c’est toujours une bonne nouvelle et nous l’accueillons comme telle. Aussi avons-nous été ravis lorsque Nicolas Espitalier, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ne le taisons pas plus longtemps, a accepté de se livrer au très délicat exercice du monologue devant caméra. Un seul défi et le plus difficile : racontez-nous votre livre, donnez-nous envie de le lire… Avec modestie et humour le jeune auteur auquel nous espérons un riche avenir s’il maintient ses qualités, évidentes à la lecture du délicieux Salamanque, a donc affronté les fortes lumières de notre studio. Voici pour vous, ce qu’il nous dit de son expérience romanesque en terre hispanique…

Rame, rameur, ramé

17fév

Au tour de Gwénaël du rayon Poches de ramer avec ferveur pour nous confier son nouveau coup de coeur, un bref roman paru en collection folio et qui nous emmène Sur l’eau dans le sillage des personnages de H.M. van den Brink. A notre connaissance, il ne s’intéresse pas à l’aviron, et n’a jamais mis les pieds en Aveyron, mais ce très beau roman saura à coup sûr vous émouvoir autant qu’il l’a touché.

Les silences de Gamoneda

15fév

Bel événement pour les amateurs de poésie et de littérature hispanique que la venue du grand poète Antonio Gamoneda à l’Institut Cervantes de Bordeaux. Octogénaire à la voix grave, il a accepté que nous plantions devant lui notre caméra pour le saisir en train de lire quatre de ses poèmes. Cette prise, exceptionnelle, est suivie de la lecture des mêmes poèmes dans leur traduction par Jacques Ancet (tirée d’un livre paru chez Lettres Vives : Froid des limites). Avec pour seule musique ses vers, voici donc un court moment de grâce. Et comme la librairie est partenaire des manifestations organisées par l’Institut Cervantes au sein de la Casa de Goya, à deux pas de nos rayons, l’un de nos libraires a proposé un choix de ses ouvrages disponibles en français. Emma nous fait le rapide récit de cette belle soirée poétique :

En cette fraîche soirée hivernale, aller écouter de la poésie espagnole à l’institut Cervantes ne réchauffe nullement. Lorsque l’on connait la puissance des poèmes d’Antonio Gamoneda, le frisson ne nous quitte pas, depuis le début où il prend la parole pour répondre à Claude Le Bigot afin de justifier les thèmes récurrents de sa poésie et la part qu’il y tient, jusqu’à la fin de la rencontre, où il nous  livre une lecture de ses plus beaux poèmes, devant une assemblée conquise par sa voix puissante et musicale.

La poésie qu’il décrit comme long chemin vers l’irrémédiable, la discontinuité et l’ambigüité existentielle, prend tout son sens à cette lecture. Une intimité se crée d’instinct entre lui et ses lecteurs, en dehors de toute analyse stylistique et universitaire. Le public se plonge dans une poésie du désespoir, de la limite, sublimée par cet accent espagnol mélodieux qui teinte les sensations d’un rouge vif.

Emma sur la plage de Chesil

11fév

Le froid perçant de ces derniers jours n’ a pas permis à notre jeune libraire Emma de trouver la tenue de plage adaptée pour évoquer Sur la plage de Chesil de Ian McEwan qui vient de sortir en poche. C’est donc bien couverte que devant les caméras de notre “studio” elle s’est lancée dans l’analyse de ce magnifique et poignant (quoique souvent cruel) roman de l’un des plus brillants romanciers britanniques de sa génération. Ecoutons-la et regardons-la dans ce délicat exercice d’équilibre sur fond noir, avant de nous précipiter vers ce livre qui ne se laisse pas facilement oublier…

Etienne Bimbenet nous parle de la Nature et de l’humanité dans l’oeuvre de Merleau-Ponty

08fév

Etienne Bimbenet est maître de conférence en philosophie à l’Université Jean Moulin-Lyon III. Cet ancien étudiant de l’Ecole Normale Supérieure s’est fait connaître comme spécialiste du philosophe Merleau-Ponty. A travers son dernier ouvrage Nature et humanité , le problème anthropologique dans l’oeuvre de Merleau-Ponty paru aux éditions Vrin, il revient sur le regard que portait le philosophe sur l’homme en tant qu’être de nature. A travers les grands textes tels que L’Oeil et l’esprit, Phénoménologie de la perception, Le Sens des choses, Etienne Bimbenet nous explique que Merleau-Ponty embrassait l’ensemble des sciences sociales (psychanalyse, sociologie, anthropologie…) afin de mieux servir sa réflexion philosophique.

Voici un livre destiné à tous ceux qui s’intéressent au philosophe mais au-delà à tous ceux qui s’intéressent à la question du devenir de l’homme et de la nature. Avant d’aller rencontrer un public attentif au 91 de la rue Porte-Dijeaux, il a accepté de se livrer devant notre impitoyable caméra à un impressionnant exercice de synthèse.

Michel Serres analyse la crise

05fév

Le philosophe Michel Serres, auteur de nombreux ouvrages dont Le Mal propre, La Guerre mondiale ou des Petites chroniques du dimanche soir, se penche aujourd’hui sur cette crise sans précédent que nous traversons. Il constate que depuis ces vingt dernières années de nombreux changements sont intervenus dans notre société et ce sur tous les plans (social, économique, politique, environnemental…) mais par ailleurs il souligne que “malgré ces transformations majeures, nos institutions :  politiques, religieuses, militaires, universitaires, hospitalière, financière, entrepreneuriale… continuent à peu près comme si rien ne se passait”.

Michel Serres tente de nous démontrer que nous sommes acteurs et maîtres de notre avenir, et qu’à défaut de pouvoir revenir en arrière il faut prendre le train en marche et s’en accommoder afin d’avoir encore quelques influences sur notre monde. Venant à la rencontre de ses nombreux lecteurs, il a bien voulu se prêter au jeu de la caméra pour nous parler librement, en quelques minutes, de son projet pour Le temps des crises. Voici donc, sur fond noir, un philosophe face aux crises.

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