Archives de la catégorie “En vidéo MollaTV”

Rencontre avec Guadalupe Nettel

21déc

Elle maîtrise à merveille le genre de la nouvelle, s’intéresse à la littérature de type oulipienne, parle couramment espagnol et français, a beaucoup voyagé et fait partie de la génération montante des écrivains mexicains. Voici enfin Guadalupe Nettel, que nous avons eu le plaisir d’interviewer à l’occasion du Festival America. Auteur de plusieurs livres dont les traductions françaises ont été publiées aux éditions Actes Sud, Guadalupe Nettel a accepté de revenir sur la genèse de Pétales, son dernier recueil de nouvelles paru l’année dernière dans l’hexagone. Or il ne s’agit pas de n’importe quel recueil de nouvelles, tout comme il ne s’agit pas de n’importe quel écrivain. Parmi les thèmes récurrents qui traversent ses écrits, on retrouve en particulier celui de l’anormalité. En effet, les personnages qui peuplent ses histoires ont tous une obession, un TOC, un fétiche. Ils appartiendraient sans conteste à la catégorie aux contours flous et fluctuants des gens que l’on qualifie volontiers de « bizarres » ou « étranges » – des freaks, comme le disent les Anglo-saxons. Parfois, la limite qui les sépare du reste du monde est des plus nettes. A d’autres moments, en revanche, il s’agit de peu de choses, de sorte que le lecteur en viendrait presque à s’identifier à ces êtres misérables. Pour la plupart victimes de leur condition, ils n’en sont cependant pas moins humains. Tour à tour fantastiques, cruelles, dérangeantes et amères, ces six histoires embarrassantes sont en tous les cas profondément marquantes !

Cataplum, un autoportrait…

17déc

Pas évident de créer sa propre maison d’édition, surtout par les temps qui courent ! Et pourtant, fraîchement émoulue de l’IUT des métiers du livre de Bordeaux 3, Nadia Moureau-Beugnet vient de relever le défi. Faut-il y voir un lien le poids plume de ces petits recueils de micro-fictions, fragments ou nouvelles qui constituent son catalogue, elle a choisi de baptiser sa petite maison Cataplum, un nom qui devrait commencer à dire quelque chose aux lecteurs assidus de notre blog (cf. nos billets sur Andrès Neuman et sur Jérôme Nadar). Intrigués, puis rapidement séduits par son travail, nous lui avons proposé de dire quelques mots à l’attention des lecteurs.

Rencontre avec Jayne Anne Phillips

15déc

Pour continuer la série des interviews réalisées au cours du Festival America, voici celle de la très élégante Jayne Anne Phillips, qui nous parle de son dernier roman traduit en français. Paru aux éditions Bourgois dans le cadre de la rentrée littéraire 2009, Lark et Termite nous avait immédiatement conquis. Il faut dire que ce récit polyphonique à la construction impeccable est absolument bouleversant ! Avec la guerre de Corée comme toile de fond, il évoque avant tout la trajectoire d’une poignée de personnages qui se cherchent, dont l’émouvant Termite qui est atteint de déficience mentale…

Jean Daive : entre danse, musique et mots

13déc

   C’est à l’invitation du festival de littérature et d’arts contemporains Ritournelles proposant pour sa onzième édition des variations autour du « corps écrit » que le poète Jean Daive a opéré un détour devant notre caméra avant de rejoindre le duo formé par la danseuse de butô Naomi Mutoh et le guitariste Laurent Paris. Cette soirée de création le 24 novembre sur la scène du théâtre Molière faisait alors écho à la première collaboration de ces artistes lors du festival « Littérature en jardin » qui s’est tenu cet été près de Bordeaux : Jean Daive y lisait le dernier volet de son triptyque Trilogie du tempsLes Axes de la Terre, publié en 2001 chez POL, accompagné d’une performance musicale et chorégraphique en pleine nature. Il nous révèle ici combien les figures féminines, langage poétique et géographie intime se croisent dans son oeuvre pour tenter d’approcher l’énigme du corps ancré dans sa « partie de l’infini » qui a pour noms : Auteuil, Palerme, Vienne, New York ou encore Venise…

Rencontre avec Enrique Serna

10déc

Venu à Bordeaux pour donner une conférence à l’Institut Cervantès, Enrique Serna avait été averti qu’il ferait l’objet d’un kidnapping courtois et de courte durée dans les studios de la librairie. Aussi n’a-t-il pas été réellement surpris de se voir asseoir sur une chaise avec comme unique interlocuteur le voyant rouge d’une caméra en mode enregistrement ! Il faut d’ailleurs reconnaître que notre Mexicain a saisi cette occasion à bras le corps pour présenter en français les trois ouvrages dont il est l’auteur – deux romans, Quand je serai roi et La peur des bêtes, ainsi qu’un recueil de nouvelles intitulé Amours d’occasion. Chapeau bas, Enrique !

Echangismes

03déc

C’est toujours avec soupçon et une franche dérision qu’il faut aborder l’univers de Pierre Bayard, auteur en 2007 du désormais incontournable Comment parler des livres qu’on n’a pas lus ? , promesse qui a tenté une bonne part d’un public d’amateurs et, pour tout vous dire, de professionnels du livre, habitués en premier lieu à tenir quotidiennement un discours sur des ouvrages que la masse d’imprimés ne laisse l’occasion de tout embrasser…

Cette année, ce sérieux professeur de littérature française à l’Université Paris 8 et psychanalyste récidive avec une proposition non moins indécente d’échangismes littéraires avec Et si les oeuvres changeaient d’auteurs ? (toujours aux éditions de Minuit) : face à notre caméra, Pierre Bayard vous décomplexera d’attribuer Dom Juan à Pierre Corneille, L’Etranger à Franz Kafka ou Autant en emporte le vent à Tolstoï. Et que dire de  ceux qui confondent définitivement l’auteur des Sept Piliers de la sagesse avec celui de L’Amant de Lady Chatterley : D.H Lawrence ou T.E Lawrence ? Et bien rien de moins qu’ils ont raison,  explique lors de la conférence  (que vous pouvez  réécouter en cliquant sur ce lien) le retors Pierre Bayard en familier des erreurs et des manifestations de l’inconscient ! C’est ouvert aux vastes possibilités de ce nouveau champ d’investigation subjective que se porte une fois encore le redoutable regard de cet écrivain qui, en une dizaine d’ouvrages remarqués de « critique policière » (dans lesquels il contestait la solution du meurtre : Enquête sur Hamlet, Qui a tué Roger Ackroyd ? ,  L’affaire du chien des Baskerville ? – ces deux derniers parus en collection « Double » chez Minuit) et de « critique d’amélioration » (entre autres dans Comment améliorer les oeuvres ratées ? ou Le Hors-sujet – qui offrait, ô sacrilège, d’éliminer les digressions chez Proust) bouscule la théorie traditionnelle en lui injectant un souffle fictionnel revigorant. Pierre Bayard tient lui-même à intituler « fictions théoriques » ses tentatives d’écrire à mi-chemin de l’essai rigoureux, efficace dans sa démonstration et le plaisir de nous raconter avec imagination et ironie les aventures d’un narrateur en plein délire d’interprétation et de réattributions fantaisistes qui en disent toujours long sur notre talent de lecteurs.


N.B : un collectif de romanciers (François Bon, Jean-Philippe Toussaint), théoriciens (Umberto Eco, Gérard Genette), critiques et enseignants sont réunis pour saluer la « révolution » initiée depuis 20 ans par Pierre Bayard dans Pour une critique décalée, autour des travaux de Pierre Bayard (avec un texte de ce dernier) aux éditions Cécile Defaut.

Rencontre avec Gil Adamson

01déc

Paru en avril 2009 aux éditions Bourgois, son roman nous avait littéralement conquis. Ce fut donc un réel plaisir de rencontrer Gil Adamson, venue représenter en force la ville de la CN Tower, des Maple Leafs, du multiculturalisme, aussi connue comme la capitale économique du Canada, j’ai nommé Toronto ou encore TDot pour les intimes ! Avec une telle présentation, ceux d’entre vous qui n’ont pas encore lu La veuve (Shame on you by the way!) vont se ruer dessus en pensant qu’il s’agit d’un roman urbain en hommage à la cinquième plus grande ville nord-américaine… Et ce serait une belle méprise, car ce roman – le premier de cette jeune auteur qui écrit également de la poésie – est avant tout une sorte de western moderne qui nous transporte d’un bout à l’autre du Canada pour suivre la cavale de la jeune Mary Bolton, veuve de son propre fait. Un roman absolument magnifique que nous ne saurions trop vous recommander !

Un instant avec Leonardo Padura

29nov

On aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie, répondre à des questions posées par une sombre inconnue devant une caméra. Et pour cause, sa carrière de journaliste y était sans doute pour quelque chose ! Voici donc le grand Leonardo Padura Fuentes interviewé presque au réveil, le premier jour du Festival America. Encore sous le coup du décalage horaire et d’une nuit mouvementée à cause du déclenchement intempestif de l’alarme de son hôtel, ce géant des lettres cubaines à qui l’on doit le personnage si original de l’Inspecteur Mario Conde donnait parfaitement le change et comme vous allez pouvoir le constater de ce pas, son charisme n’en était pas diminué le moins du monde !

Tania James à America

23nov

C’est avec tout son charme, son énergie et sa confiance en elle que Tania James nous a rejoints sur le site du Festival America, où nous l’attendions en vue d’une petite interview filmée. Et pour cause ! Fraîchement diplômée de deux des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis (Harvard et Columbia), l’avenir lui sourit déjà. En effet, elle est l’heureuse auteur d’un premier roman largement plébiscité aux Etats-Unis, et accueilli très favorablement en France. Publié chez Stock, L’atlas des inconnu raconte avec beaucoup d’émotions et d’humour les dilemmes et les états d’âme de deux soeurs originaires de l’Etat de Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde, où l’une va demeurer tandis que l’autre part vivre le rêve américain à New York.

Nancy Horan à America

18nov

Très remarqué lors de sa sortie en septembre de l’année dernière, le premier roman de Nancy Horan s’inspirait de la vie de l’architecte Frank Lloyd Wright. Mais contrairement au roman de T.C. Boyle (Des femmes, éditions Grasset) dont la sortie quasi concomitante était assez amusante), Loving Frank se plaçait du point de vue de l’une des femmes (or il semblerait qu’il y en ait eu plus d’une !) qui ont peuplé la vie de ce grand architecte, Mamah Borthwick Cheney en l’occurrence, dont le mari a eu la mauvaise idée de solliciter Frank Lloyd Wright peu après leur mariage.

Rencontrée à Vincennes lors du Festival America, l’auteur de ce passionnant roman publié aux éditions Buchet-Chastel nous a accordé quelques mots.

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