Archives de la catégorie “En vidéo MollaTV”

Mauriac un homme en deux tomes

17nov

Bordeaux a longtemps tenu éloigné son grand écrivain du siècle avant de le couvrir d’honneurs sur la fin de sa vie. C’est dire si l’histoire entre cette ville et François Mauriac n’a pas été de tout repos. Les amateurs de l’auteur s’étonnent souvent d’apprendre que la rue qui porte son nom longe son vieux collège Grand Lebrun loin de tout passage quand, à Paris, la Bibliothèque Nationale de France se situe Quai François Mauriac…  La postérité a cependant fait son travail, et plutôt bien, les bordelais revendiquant haut désormais les trois « M ». Mais connaissent-ils vraiment cet homme, auteur d’une oeuvre puissante qu’on fait lire à des écoliers ? Jean-Luc Barré a entrepris un magnifique travail biographique en s’attaquant à cette figure qui a su laisser dans l’ombre des aspects de lui-même qui éclairent pourtant intensément son oeuvre : le deuxième tome de son impressionnante biographie vient de paraître chez Fayard, et si elle n’a pas le retentissement que le premier avait provoqué, elle vient néanmoins parfaire un portrait tout en nuances de l’hôte de Malagar. De passage dans nos murs pour évoquer devant une salle attentive cette entreprise, il accepté, à la volée, de nous parler de ce projet mûri depuis longtemps. Voici ces précieuses cinq minutes dont nous le remercions.

 

Meet Dan Fante !

16nov

Pas évident d’être le fils de quelqu’un de connu ! Certains passent même leur vie à essayer de surmonter ce handicap originel, à l’instar de Dan Fante. Récemment publié aux éditions de la 13e Note, De l’alcool du et du génie se présente comme un recueil de poèmes en prose dans lequel sa relation perturbée avec son père et la difficulté de croire en son propre talent à l’ombre de ce personnage imposant occupent une place centrale, de même que les femmes qu’il a côtoyées, les heures grises passées sous l’emprise de l’alcool, les voitures d’occasion, le tout dans une prose sèche, tonitruante et abrasive…
Le cri d’énergie obscure qui émane de ce livre très personnel promet de résonner bien longtemps dans la tête de ses lecteurs. En attendant, vous pouvez voir et écouter ce personnage haut en couleur présenter son recueil à l’occasion du Festival America.

Les failles de ce siècle

15nov

« Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement, Port-au-Prince a été chevauchée moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu’ils se repaissent de chair et de sang.  Chevauchée sauvagement avant de s’écrouler cheveux hirsutes, yeux révulsés, jambes disloquées, sexe béant, exhibant ses entrailles de ferraille et de poussière, ses viscères et son sang. Livrée, habillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté. »

Ecrit en un souffle à la suite du tremblement de terre du 12 janvier dernier, Failles se présente comme un récit très personnel qui flirte sans conteste avec la confession. L’auteur de La couleur de l’aube – ce superbe roman dont vous pouvez lire la critique en cliquant ici – revient sur cette catastrophe qui ne pouvait que soulever de formidables questionnements. Ainsi, elle nous fait part de ses nombreuses interrogations : celles de la femme, celles de l’écrivain, et celles de l’habitante d’Haïti, trois étiquettes évidemment indissociables qui constituent l’identité de Yanick Lahens. Comment reprendre goût à la vie lorsqu’on a l’impression que le sort s’acharne sur son peuple (ce que sont venus confirmer l’ouragan Thomas et l’épidémie de choléra) ? Comment continuer à écrire et sous quelle forme ? Comment utiliser ce désastre pour chercher un moyen de surmonter l’impasse dans laquelle se trouve le pays depuis si longtemps et aborder de front les problématiques liées à l’ordre social existant – en un mot, comment faire changer les choses ?

S’il est bien évident que Failles séduira les lecteurs de La couleur de l’aube, qui y retrouveront avec bonheur sa puissance d’évocation ainsi que sa prose ciselée, ce livre édifiant intéressera le lectorat français par sa dimension de témoignage et les réflexions qu’il suscite, sans doute plus approfondies et durables que la celles générées par la lecture d’un gros titre ou le visionnage d’un reportage télévisé de 5 secondes.

En attendant, voici quelques mots de l’auteur, rencontrée avec beaucoup d’émotion lors du Festival America.

Sur un air de milonga

12nov

 Jean-Pierre Bernés n’aura pas eu seulement à affronter depuis son fief arcachonnais les grèves qui ont ralenti la circulation pour venir enchanter un public attentif au récit de son amitié avec le génie des lettres argentines Jorge Luis Borges, dans J.L Borges : La vie commence (Le Cherche midi). Il lui aura fallu aussi passer avec succès l’épreuve de notre caméra à laquelle il confia, encore émerveillé, ces fantastiques « bifurcations du destin » qui amenèrent un jour de 1975 ce jeune agrégé d’espagnol alors nommé attaché culturel à l’ambassade de France de Buenos Aires, à gagner la reconnaissance éternelle de l’écrivain. Ses souvenirs émus furent ponctués par de savoureux intermèdes de tangos et milongas (ancêtre du tango) exécutés par ce témoin et confident, par ailleurs musicien et chanteur. Peu avant sa disparition en 1986, le Maître lui confiera non sans malice la mission suivante : « Vous m’avez aidé à mourir en littérature. Je n’ai rien à vous léguer, mais je vous condamne à être la mémoire de Borges« … L’heureuse malédiction s’est bien accomplie puisqu’à côté de la réédition récente de ses Oeuvres Complètes dans la Bibliothèque de La Pléiade (en partie préparée du vivant de Borges ravi de cette immortalisation), son traducteur et fidèle Jean-Pierre Bernés restitue l’atmosphère des mémorables soirées littéraires et musicales passées à Buenos Aires en compagnie du « trio infernal » (Borges, Adolfo Bioy Casares et sa femme Silvina Ocampo) pour nous livrer un portrait inédit encore empreint de sa tendresse pour le vieux Sphinx argentin.

 

Guillermo Fadanelli en vidéo

10nov

Ce fut l’une de mes rencontres les plus plaisantes et les plus édifiantes dans le cadre du Festival America. Au premier abord, Guillermo Fadanelli fait l’effet d’un grand enfant. Sa gentillesse et sa timidité sont aussi remarquables l’une que l’autre. Et pourtant, derrière cet homme qui aime à se cacher derrière des vêtements amples et sombres, sans compter l’usage quotidien de casquettes, chapeaux et autres couvre-chefs, se dissimule un brillant écrivain. Il nous avait séduits avec son roman intitulé Boue, paru l’année dernière aux éditions Christian Bourgois, une fable remarquable sur le désir et le vieillissement qui met en scène un professeur d’université de 49 ans et une jeune femme de 21 ans issue d’un milieu social et culturel plutôt défavorisé. Le voici sans plus attendre, qui revient sur l’origine de ce roman et sur son rapport à l’écriture d’une façon générale.

Le Syndrome Franck Thilliez

09nov

Le 23 octobre 2010, vous avez pu rencontrer Franck Thilliez lors d’une rencontre-dédicace dans l’espace polar de la librairie. L’affable auteur venait présenter son dernier titre, Le Syndrome E, paru au Fleuve noir, sa nouvelle maison d’édition. La présence d’un public fidèle, nombreux et enthousiaste lors de ce moment confirme la sensation des libraires : Franck Thilliez, est, tranquillement, en train de devenir une valeur sûre du paysage du thriller français, saga commencée huit romans plus tôt. Déjà remarqué par les aficionados du genre pour ses premiers romans, La Chambre des morts (Le Passage puis Pocket) lui vaut la consécration publique. Cette vidéo réalisée lors de son passage dans nos murs confirme tout le bien que l’on pensait de lui : le propos est clair et l’auteur, définitivement, d’une amabilité rare.

Eric Vieljeux nous livre la 13e Note

08nov

La 13e Note, c’est une équipe d’une poignée d’éditeurs, un catalogue d’une vingtaine de titres et une ligne éditoriale que l’on pourrait définir à l’aide des mots clés suivants : littérature urbaine (souvent américaine), très sombre et très rythmée. Si les livres ressemblent par leur format à ceux des éditions Corti, Wespieser ou encore Minuit, il ne faudrait cependant pas s’y tromper ! Descentes aux enfers, destins alcoolisés et cocaïnés et génies hallucinés s’y côtoient plus souvent qu’à leur tour.

Venu au Festival America pour accompagner deux de ses auteurs – Barry Gifford et Dan Fante (interview à venir) – Eric Vieljeux s’est prêté au jeu et a accepté de présenter en quelques mots sa toute jeune maison d’édition (les premières publications remontent au printemps dernier). S’il est parfois aussi facile de parler devant une caméra que de courir une étape de 10 kilomètres sans avoir suivi le moindre entraînement, l’effervescence ambiante du salon rajoutait incontestablement aux difficultés de concentration. Merci néanmoins d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

Amanda Boyden à America

06nov

De l’écriture comme catharsis… Tandis que les ouragans, séismes et autres catastrophes naturelles semblent bel et bien se multiplier, plus besoin d’aller chercher du côté des films catastrophes pour se faire une idée de ce que ça peut donner. Marqués par ces événements pour des raisons parfois très personnelles, certains écrivains ont se font l’écho de ces désastres, tout comme le terrorisme continue à trouver une place privilégiée au sein de la production romanesque de nos contemporains (à l’instar du dernier livre de Jean Guerreschi ou d’Yves Ravey, sans compter des parutions plus anciennes sous la plume de Don DeLillo, Claire Messud, John Updike ou encore Colum McCann). Ainsi, on se souvient du roman d’Emmanuel Carrère intitulé D’autres vies que la mienne, qui avait fait grand bruit à sa sortie l’année dernière. Mais la rentrée 2010 n’a pas été en reste. Du côté des francophones, on pense ainsi au dernier livre de Laurent Gaudé, ou encore au récit très personnel de Yanick Lahens. Mais c’est évidemment du côté des livres traduits que nos yeux de lecteurs sont susceptibles de rencontrer le plus grand nombre de romans. Il en va ainsi des derniers livres de Yoshimura, d’Estevez, et surtout d’Amanda Boyden. Rencontrée au Festival America, cette dernière revient avec beaucoup d’émotions sur l’expérience traumatisante qui a inspiré En attendant Babylone, son dernier roman paru aux éditions Albin Michel.

Le lauréat des dames

05nov

Patrick Lapeyre aura sans doute moins fêté son Prix Femina qu’il n’aurait dû sachant qu’il devrait traverser la France le lendemain pour gagner Bordeaux où, fébriles, nous l’avions invité. Il ignorait pourtant qu’en plus d’une conférence nous le solliciterions sans préparation pour une petite interview vidéo, épreuve dont il se sortit haut la main comme vous allez pouvoir en juger en découvrant ces quatre minutes inspirées que précèdent quelques mesures de Jules Massenet.

Richard Russo à America

01nov

A la question de savoir ce que lui inspire le thème retenu pour l’édition 2010 ( c’est-à-dire la ville, comme chacun sait…), Richard Russo a esquissé un sourire avant de reconnaître qu’il était tout simplement heureux d’avoir été invité, lui, le « small town boy ». Situé dans un coin très prisé par les estivants américains, loin des grandes métropoles américaines, Les sortilèges du Cap Cod se présente comme la radiographie d’une famille, et surtout d’un couple de quinquagénaires. Pris entre les feux de deux générations (celle de ses parents et celle de sa fille adorée), Jack assiste au basculement de sa vie en l’espace de quelques mois. Parfait représentant d’une petite bourgeoisie américaine évoluant essentiellement dans le milieu universitaire, ce personnage permet à l’auteur d’aborder un certain nombre de problématiques inhérentes à cette période charnière de la vie, entre héritage et transmission. Subtil mélange d’analyses pertinentes et d’humour, ce roman régalera sans aucun doute les lecteurs de Richard Russo !

 

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