Archives de la catégorie “Festival America”

Rencontre avec Guadalupe Nettel

21déc

Elle maîtrise à merveille le genre de la nouvelle, s’intéresse à la littérature de type oulipienne, parle couramment espagnol et français, a beaucoup voyagé et fait partie de la génération montante des écrivains mexicains. Voici enfin Guadalupe Nettel, que nous avons eu le plaisir d’interviewer à l’occasion du Festival America. Auteur de plusieurs livres dont les traductions françaises ont été publiées aux éditions Actes Sud, Guadalupe Nettel a accepté de revenir sur la genèse de Pétales, son dernier recueil de nouvelles paru l’année dernière dans l’hexagone. Or il ne s’agit pas de n’importe quel recueil de nouvelles, tout comme il ne s’agit pas de n’importe quel écrivain. Parmi les thèmes récurrents qui traversent ses écrits, on retrouve en particulier celui de l’anormalité. En effet, les personnages qui peuplent ses histoires ont tous une obession, un TOC, un fétiche. Ils appartiendraient sans conteste à la catégorie aux contours flous et fluctuants des gens que l’on qualifie volontiers de « bizarres » ou « étranges » – des freaks, comme le disent les Anglo-saxons. Parfois, la limite qui les sépare du reste du monde est des plus nettes. A d’autres moments, en revanche, il s’agit de peu de choses, de sorte que le lecteur en viendrait presque à s’identifier à ces êtres misérables. Pour la plupart victimes de leur condition, ils n’en sont cependant pas moins humains. Tour à tour fantastiques, cruelles, dérangeantes et amères, ces six histoires embarrassantes sont en tous les cas profondément marquantes !

Rencontre avec Jayne Anne Phillips

15déc

Pour continuer la série des interviews réalisées au cours du Festival America, voici celle de la très élégante Jayne Anne Phillips, qui nous parle de son dernier roman traduit en français. Paru aux éditions Bourgois dans le cadre de la rentrée littéraire 2009, Lark et Termite nous avait immédiatement conquis. Il faut dire que ce récit polyphonique à la construction impeccable est absolument bouleversant ! Avec la guerre de Corée comme toile de fond, il évoque avant tout la trajectoire d’une poignée de personnages qui se cherchent, dont l’émouvant Termite qui est atteint de déficience mentale…

Rencontre avec Gil Adamson

01déc

Paru en avril 2009 aux éditions Bourgois, son roman nous avait littéralement conquis. Ce fut donc un réel plaisir de rencontrer Gil Adamson, venue représenter en force la ville de la CN Tower, des Maple Leafs, du multiculturalisme, aussi connue comme la capitale économique du Canada, j’ai nommé Toronto ou encore TDot pour les intimes ! Avec une telle présentation, ceux d’entre vous qui n’ont pas encore lu La veuve (Shame on you by the way!) vont se ruer dessus en pensant qu’il s’agit d’un roman urbain en hommage à la cinquième plus grande ville nord-américaine… Et ce serait une belle méprise, car ce roman – le premier de cette jeune auteur qui écrit également de la poésie – est avant tout une sorte de western moderne qui nous transporte d’un bout à l’autre du Canada pour suivre la cavale de la jeune Mary Bolton, veuve de son propre fait. Un roman absolument magnifique que nous ne saurions trop vous recommander !

Un instant avec Leonardo Padura

29nov

On aurait dit qu’il avait fait ça toute sa vie, répondre à des questions posées par une sombre inconnue devant une caméra. Et pour cause, sa carrière de journaliste y était sans doute pour quelque chose ! Voici donc le grand Leonardo Padura Fuentes interviewé presque au réveil, le premier jour du Festival America. Encore sous le coup du décalage horaire et d’une nuit mouvementée à cause du déclenchement intempestif de l’alarme de son hôtel, ce géant des lettres cubaines à qui l’on doit le personnage si original de l’Inspecteur Mario Conde donnait parfaitement le change et comme vous allez pouvoir le constater de ce pas, son charisme n’en était pas diminué le moins du monde !

Tania James à America

23nov

C’est avec tout son charme, son énergie et sa confiance en elle que Tania James nous a rejoints sur le site du Festival America, où nous l’attendions en vue d’une petite interview filmée. Et pour cause ! Fraîchement diplômée de deux des universités les plus prestigieuses des Etats-Unis (Harvard et Columbia), l’avenir lui sourit déjà. En effet, elle est l’heureuse auteur d’un premier roman largement plébiscité aux Etats-Unis, et accueilli très favorablement en France. Publié chez Stock, L’atlas des inconnu raconte avec beaucoup d’émotions et d’humour les dilemmes et les états d’âme de deux soeurs originaires de l’Etat de Kerala, dans le sud-ouest de l’Inde, où l’une va demeurer tandis que l’autre part vivre le rêve américain à New York.

Nancy Horan à America

18nov

Très remarqué lors de sa sortie en septembre de l’année dernière, le premier roman de Nancy Horan s’inspirait de la vie de l’architecte Frank Lloyd Wright. Mais contrairement au roman de T.C. Boyle (Des femmes, éditions Grasset) dont la sortie quasi concomitante était assez amusante), Loving Frank se plaçait du point de vue de l’une des femmes (or il semblerait qu’il y en ait eu plus d’une !) qui ont peuplé la vie de ce grand architecte, Mamah Borthwick Cheney en l’occurrence, dont le mari a eu la mauvaise idée de solliciter Frank Lloyd Wright peu après leur mariage.

Rencontrée à Vincennes lors du Festival America, l’auteur de ce passionnant roman publié aux éditions Buchet-Chastel nous a accordé quelques mots.

Meet Dan Fante !

16nov

Pas évident d’être le fils de quelqu’un de connu ! Certains passent même leur vie à essayer de surmonter ce handicap originel, à l’instar de Dan Fante. Récemment publié aux éditions de la 13e Note, De l’alcool du et du génie se présente comme un recueil de poèmes en prose dans lequel sa relation perturbée avec son père et la difficulté de croire en son propre talent à l’ombre de ce personnage imposant occupent une place centrale, de même que les femmes qu’il a côtoyées, les heures grises passées sous l’emprise de l’alcool, les voitures d’occasion, le tout dans une prose sèche, tonitruante et abrasive…
Le cri d’énergie obscure qui émane de ce livre très personnel promet de résonner bien longtemps dans la tête de ses lecteurs. En attendant, vous pouvez voir et écouter ce personnage haut en couleur présenter son recueil à l’occasion du Festival America.

Les failles de ce siècle

15nov

« Le 12 janvier 2010 à 16 heures 53 minutes, dans un crépuscule qui cherchait déjà ses couleurs de fin et de commencement, Port-au-Prince a été chevauchée moins de quarante secondes par un de ces dieux dont on dit qu’ils se repaissent de chair et de sang.  Chevauchée sauvagement avant de s’écrouler cheveux hirsutes, yeux révulsés, jambes disloquées, sexe béant, exhibant ses entrailles de ferraille et de poussière, ses viscères et son sang. Livrée, habillée, nue, Port-au-Prince n’était pourtant point obscène. Ce qui le fut, c’est sa mise à nu forcée. Ce qui fut obscène et le demeure, c’est le scandale de sa pauvreté. »

Ecrit en un souffle à la suite du tremblement de terre du 12 janvier dernier, Failles se présente comme un récit très personnel qui flirte sans conteste avec la confession. L’auteur de La couleur de l’aube – ce superbe roman dont vous pouvez lire la critique en cliquant ici – revient sur cette catastrophe qui ne pouvait que soulever de formidables questionnements. Ainsi, elle nous fait part de ses nombreuses interrogations : celles de la femme, celles de l’écrivain, et celles de l’habitante d’Haïti, trois étiquettes évidemment indissociables qui constituent l’identité de Yanick Lahens. Comment reprendre goût à la vie lorsqu’on a l’impression que le sort s’acharne sur son peuple (ce que sont venus confirmer l’ouragan Thomas et l’épidémie de choléra) ? Comment continuer à écrire et sous quelle forme ? Comment utiliser ce désastre pour chercher un moyen de surmonter l’impasse dans laquelle se trouve le pays depuis si longtemps et aborder de front les problématiques liées à l’ordre social existant – en un mot, comment faire changer les choses ?

S’il est bien évident que Failles séduira les lecteurs de La couleur de l’aube, qui y retrouveront avec bonheur sa puissance d’évocation ainsi que sa prose ciselée, ce livre édifiant intéressera le lectorat français par sa dimension de témoignage et les réflexions qu’il suscite, sans doute plus approfondies et durables que la celles générées par la lecture d’un gros titre ou le visionnage d’un reportage télévisé de 5 secondes.

En attendant, voici quelques mots de l’auteur, rencontrée avec beaucoup d’émotion lors du Festival America.

Guillermo Fadanelli en vidéo

10nov

Ce fut l’une de mes rencontres les plus plaisantes et les plus édifiantes dans le cadre du Festival America. Au premier abord, Guillermo Fadanelli fait l’effet d’un grand enfant. Sa gentillesse et sa timidité sont aussi remarquables l’une que l’autre. Et pourtant, derrière cet homme qui aime à se cacher derrière des vêtements amples et sombres, sans compter l’usage quotidien de casquettes, chapeaux et autres couvre-chefs, se dissimule un brillant écrivain. Il nous avait séduits avec son roman intitulé Boue, paru l’année dernière aux éditions Christian Bourgois, une fable remarquable sur le désir et le vieillissement qui met en scène un professeur d’université de 49 ans et une jeune femme de 21 ans issue d’un milieu social et culturel plutôt défavorisé. Le voici sans plus attendre, qui revient sur l’origine de ce roman et sur son rapport à l’écriture d’une façon générale.

Eric Vieljeux nous livre la 13e Note

08nov

La 13e Note, c’est une équipe d’une poignée d’éditeurs, un catalogue d’une vingtaine de titres et une ligne éditoriale que l’on pourrait définir à l’aide des mots clés suivants : littérature urbaine (souvent américaine), très sombre et très rythmée. Si les livres ressemblent par leur format à ceux des éditions Corti, Wespieser ou encore Minuit, il ne faudrait cependant pas s’y tromper ! Descentes aux enfers, destins alcoolisés et cocaïnés et génies hallucinés s’y côtoient plus souvent qu’à leur tour.

Venu au Festival America pour accompagner deux de ses auteurs – Barry Gifford et Dan Fante (interview à venir) – Eric Vieljeux s’est prêté au jeu et a accepté de présenter en quelques mots sa toute jeune maison d’édition (les premières publications remontent au printemps dernier). S’il est parfois aussi facile de parler devant une caméra que de courir une étape de 10 kilomètres sans avoir suivi le moindre entraînement, l’effervescence ambiante du salon rajoutait incontestablement aux difficultés de concentration. Merci néanmoins d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

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