Archives de la catégorie “Hors les murs”

Incision dans le réel

30nov

BigMinis au CAPCCorinne AtlanNous avions beaucoup aimé Le monastère de l’aube de Corinne Atlan qui nous apprenait ainsi qu’elle était non seulement une des plus importantes traductrices du japonais mais aussi une conteuse de talent. Murakami (Haruki et Ryu), Hitonari Tsuji lui doivent beaucoup en France mais il ne faudrait pas négliger son intérêt pour la poésie puisqu’elle a participé aux deux anthologies de haiku édités en Poésie Gallimard. C’est à ce titre qu’elle viendra demain au CAPC, dans le cadre de l’exposition BigMinis, pour une conférence intitulée « D’une minuscule incision dans le réel » où elle évoquera cette forme poétique connue pour être la plus brève au monde. Lisons ce qu’en dit l’annonce de la conférence :

« Le haïku opère dans la trame du réel une incision légère et précise qui ouvre sur de vastes profondeurs. La poétesse contemporaine Mayuzumi Madoka le définit comme « une poésie de la marge », Barthes le situait « au bord antérieur du langage » : réduit à l’essentiel, elliptique dans ses mots comme dans son écriture en idéogrammes, le haïku célèbre dans un presque silence l’empathie avec le vivant. Le ressenti de chacun se superpose à celui du poète, et une infinité d’échos peut s’épanouir, dans une marge que l’on appelle aussi le « ma ». Cet infime intervalle, à la fois temporel et spatial, entre deux choses, joue un rôle primordial dans les arts japonais, de la musique à la peinture et au théâtre nô. L’attention à l’espace vide, à l’infime, au détail, est aux sources mêmes du Japon, où le sens de l’esthétique s’est toujours développé en lien avec le « petit ».

Ce genre poétique passionne véritablement les français depuis quelques années si on en juge par le grand nombre de titres visibles dans les rayons, certaines collections s’y emploient même exclusivement. Mais trop de lecteurs manquent parfois des bases de ce qui n’est pas seulement un art du bref. On peut imaginer que Corinne Atlan saura faire partager sa connaissance intime de ce qui, pour nous, tiendrait plutôt et aussi d’un art de vivre. Rendez-vous donc demain mercredi 1 décembre à 19h au CAPC.

Jean Echenoz en temps réel

07oct

La fortune sourit aux audacieux, dit-on. Notre audacieuse Fleur n’ayant peur de rien s’est ainsi demandé si, après tout, il ne serait pas possible d’aller rendre visite à Jean Echenoz pour lui poser quelques questions plutôt que d’attendre une visite peu probable entre nos murs. C’est donc munie d’une caméra, dont elle venait d’apprendre le maniement, que notre libraire-reporter a frappé à la porte de l’auteur de Nous trois pour interroger celui de Ravel et Courir. Au final et grâce à la sympathique bonne volonté d’un auteur jugé discret, elle nous revient avec de précieuses images où il sera question de son tout dernier roman Des éclairs dont nous avons eu l’occasion, déjà, de vanter les grandes qualités. Mais trêve de bavardages introductifs, laissons la parole à Jean Echenoz que nous remercions d’avoir ouvert sa porte à une libraire enthousiaste et fortunée.

Un goût d’Amérique

29sept

Festival AmericaIls étaient une petite soixantaine à se croiser sur les différents lieux du Festival America qui s’est tenu en terres vincennoises la semaine dernière. Cinquante-huit, pour être tout-à-fait exact, en raison de la défection de deux d’entre eux (Louise Erdrich et Colum McCann). Venus des quatre coins de l’Amérique du Nord pour nous parler de la ville sous toutes ses coutures, thème retenu pour cette 5e édition du Festival, ils ont pu s’exprimer, parfois en français, mais le plus souvent en anglais ou en espagnol, dans le cadre de scènes, rencontres et autres débats, représentant des villes bien connues d’eux – de New York à Los Angeles et de La Havane ou Port-au-Prince à Toronto. S’il est à déplorer que la grève du 23 septembre ait eu raison de la journée d’ouverture – destinée aux professionnels, cette journée avait pour vocation d’aborder des problématiques brûlantes du monde de l’édition sous un angle comparatif -, la fréquentation de l’ensemble du salon à été plutôt soutenue. En effet, il faut croire que ce thème à su mobiliser les lecteurs, qui sont venus nombreux assister aux différents événements. Les plus patients et les plus motivés d’entre eux auront d’ailleurs eu la possibilité de faire dédicacer leurs livres par Nancy Horan, Dan Fante, Yanick Lahens, Richard Russo et, pourquoi pas, remporter leur petit « Best wishes » suivi de la signature de la star du salon, j’ai nommé Bret Easton Ellis, ou encore de discuter avec Wendy Guerra ou Gil Adamson autour d’un café-croissant dans l’une des brasseries environnantes. Intense, tel est bien le qualificatif qui ressort de ce salon, aussi bien pour les participants que pour les organisateurs, d’autant que les journées pouvaient se terminer à une heure somme toute assez avancée si l’on désirait assister à quelque concert ou nocturne, sans compter que pour leur part, les écrivains avaient parfois des obligations à l’extérieur – Bret Easton Ellis et Jay McInerney ont ainsi fait une apparition remarquée sur le plateau de La Grande Librairie…

L’un de vos libraires étant allé jouer au reporter sur le salon, vous pourrez bientôt voir et écouter quelques uns de vos auteurs préférés dire quelques mots sur leur dernier roman. Affaire à suivre…

F.A.

Mephisto dans le Blayais

27août

2010_chantiers_blaye_h160.jpgIl valait mieux être muni d’une carte ou d’un GPS et relativement motivé pour assister à l’une des représentations du Festival Les Chantiers de Blaye hier soir. En effet, c’est le chemin de Saint-Christoly-de-Blaye qu’il fallait trouver, afin de pouvoir grossir les rangs des spectateurs déjà nombreux réunis dans la salle Vox pour apprécier le Mephisto de Klaus Mann dans son adaptation réalisée par la grande Ariane Mnouchkine en 1979, et ici mis en scène par Jean-Marc Druet et Catherine Andrault.

Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas ce texte, il s’agit de l’examen des réactions du peuple allemand face à la montée en puissance du nazisme (pendant la décennie qui précède l’arrivée au pouvoir de Hitler en 1933) par le prisme d’un microcosme clairement identifié – une compagnie de théâtre baptisée L’Oiseau de rage. Tandis que les personnages se positionnent peu à peu sur l’éventail des attitudes possibles face à l’émergence d’un régime totalitaire, allant du suicide à la collaboration en passant par la fuite et l’attentisme, c’est le destin d’un homme en particulier qui retiendra notre attention. Hendrick Höfgen réalisera en effet grand écart idéologique surprenant, passant brutalement du communisme au national-socialisme, formidable retournement de veste que celui de ce caméléon politique dont le seul objectif dans la vie est le succès sur les planches. Pour la petite histoire, notons que Klaus Mann s’était inspiré d’un homme bel et bien réel pour dessiner les contours de cet arriviste criant – son beau-frère, qui répondait au nom de Gustaf Gründgens.

Si cette pièce soulève des questions éminemment universelles, telles que le rapport entre l’art et le pouvoir, la dictature, la propagande, la faiblesse humaine, elle aborde également des problématiques plus proprement liées au théâtre. Elle permet en effet de réfléchir à différentes conceptions de la création théâtrale (représentation de la réalité vs. distraction pure, engagement politique vs. neutralité, etc.), et ce par le biais d’une mise en abyme pour le moins manifeste.

Pour autant, plus que l’intérêt du texte de Klaus Mann, c’est avant tout l’efficacité de cette représentation que l’on aimerait souligner ici. Menée tambour battant par des acteurs prometteurs et surtout portée par la performance remarquable de Pierre Eyquem dans le rôle de Hendrick Höfgen et de Mathilde Maumont, qui incarnait Erika Brückner, cette représentation fut une véritable réussite. Qui plus est, grâce au rythme insufflé par la succession de tableaux plus ou moins courts et à la ponctuation que constituaient une savante sélection d’extraits musicaux, dont certains empruntés à Beethoven et à Chopin, tout juste s’est-on rendu compte à la sortie que trois heures venaient de s’écouler.

C’est au prix de dix-huit mois de répétition que cette troupe composée d’une vingtaine d’acteurs est parvenue à un tel succès, nous a-t-on confié à l’issue de la soirée. Et ce n’était pas en vain : la salle était comble ! Pour ceux d’entre vous qui n’ont pas pu se déplacer hier soir, sachez que deux autres représentations auront lieu d’ici la fin de l’année (la première à Marcillac le 16 octobre et la seconde à Saint André de Cubzac le 20 novembre), alors à vos tickets !

F.A.

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30 ans sous le Cheyne

19juil

couv_30ans.jpgNul doute qu’en qualité de poète Yves Bonnefoy a trouvé une des images les plus parlantes pour parler des éditions Cheyne qui fêtent cette année les 30 ans d’une solidité et d’une résistance peu communes en publiant exclusivement de la littérature de création (poésie et prose poétique), qui plus est contemporaine. Selon ce préfacier de renom à l’anthologie anniversaire Cheyne 30 ans, 30 voix qui vient de paraître à cette occasion, Bonnefoy compare les deux fondateurs de la maison toujours aux commandes, Jean-François Manier et Martine Mellinette, à d’opiniâtres chercheurs qui savent « reconnaître la mince paillette d’or dans les remous de l’eau qui passe par là« , signifiant par là que Cheyne défend avec une égale acuité ce métier d’artisans qui n’a que peu à voir (et à faire) avec les méandres d’une certaine industrie livresque.

Le choix d’un lieu volontairement à l’écart (Cheyne est le nom d’un lieu-dit situé en pleine campagne, entre la Haute-Loire et l’Ardèche) et d’une liberté totale (indépendance intellectuelle, économique, commerciale, technique) assurent une littérature de qualité que nous avons tenu à saluer en leur consacrant dans notre rayon une place de choix tout cet été sur une de nos tables (vous pourrez vous reporter également à notre dossier consacré à Cheyne). Car l’effet visuel des livres entièrement façonnés par les soins amoureux de l’éditeur-imprimeur-typographe se double d’un intérêt porté aux contenus tout aussi essentiel mais qui ne sacrifient pas là non plus aux modes : Cheyne refuse par exemple les textes purement formels pour s’attacher bien plus à une profondeur d’écritures proches de la palette d’émotions qu’elles suscitent.

lectures-sous-arbre.jpgVous pourrez admirer encore ce magnifique et rare travail, rencontrer les éditeurs, auteurs et artistes en poussant peut-être votre curiosité jusqu’à Paris puisque du 12 au 31 juillet se tient une exposition hommage à l’Orangerie du Sénat prolongée par des manifestations (lectures, concerts) au proche Jardin du Luxembourg. Et si votre âme de poète vous en dit, vous pourrez ensuite vous rendre à Chambon-sur-Lignon assister aux annuelles balades littéraires et  »Lectures sous l’arbre »(du 17 au 22 août 2010) qui prolongent le plaisir de l’aventure : voir le programme ici car les réservations sont nécessaires pour ces rendez-vous en pleine nature qui accueillent de plus en plus de monde.

Un de nos prochains blogs vous présentera trois ouvrages que nous aimons défendre et qui nous semblent représentatifs (parmi d’autres) de l’esprit qui souffle favorablement sous l’ombre de Cheyne…

La géographie voyageuse

25juin

Gilles Lapouge connaît bien le Festival Etonnants voyageurs qu’il a vu naître il y a trente ans et son amitié et sa fidélité pour ce rendez-vous ne se démentent pas, année après année. C’était donc pour nous, visisteurs débutants à Saint-Malo, un rendez-vous important que de le croiser dans le calme d’un début de dimanche et de faire connaissance avec un écrivain généreux qui depuis des années raconte l’ailleurs et le voyage comme peu d’écrivains français. Journaliste, producteur à France Culture de l’émission  » En étrange pays « , il a le goût des flaneries, un style qui n’est qu’à lui et qui en montrerait à bien des forcenés du départ qui franchissent des kilomètres sans y trouver de quoi acidifier leur plume. Il aime se perdre, il déteste pontifier ou généraliser mais se désole cependant en ces temps où voyager est devenu d’une banalité confondante que le monde perde peu à peu sa part de mystères. Ceux qui voudraient meiux le connaître gagnerait à parcourir La maison des lettres, un livre d’entretiens passionnants avec Christophe Mercier dans lequel son humour éclate. On retrouve évidemment son style et sa drôlerie dans son dernier livre, La légende de la géographie (Albin Michel), paru l’an dernier et dont il a bien voulu, au débotté, nous dire quelques mots. Nous nous souvenons de notre petit tracas à la librairie quand, à la parution de l’ouvrage, nous fûmes bien en peine de choisir définitivement sa place sur les tables : en littérature de voyage ? en géographie ? La raison l’emporta : nous fîmes deux piles, nous rappelant ainsi que certains auteurs échappent aux classements, ce qui n’est pas leur moindre qualité. Nous reste à réécouter la voix de l’écrivain que nous remercions ici.

Un verre de lait russe

18juin

Les libraires sont sans pitié, surtout lorsqu’ils se trimballent avec une caméra et un pied sur l’épaule (curieuse gymnastique) à la recherche d’une victime de laquelle ils tireront sans ménagement la réponse à la question qui tue : pourquoi avoir écrit ce livre ? Saint-Malo offre un impressionnant plateau d’écrivains amateurs de voyages qui viennent rencontrer au bord de l’océan leurs lecteurs et parmi eux quelques uns viennent de fort loin. Andreï Kourkov nous avait échappé lors de son passage à la libraire (ou plutôt nous n’avions pas osé l’interviewer dans notre studio…), c’est pourquoi nous n’avons pas laissé passer notre chance en le découvrant derrière le stand des éditions Liana Lévi sollicité par de nombreux fans et avons sans scrupule interrogé cet auteur déjà très populaire dans un pays dont il apprend la langue. L’épreuve de raconter son propre livre est délicate, le faire dans une autre langue est difficile, mais quand en plus il s’agit de s’embarquer dans les désopilantes tribulations de personnages peu commun, on frôle la gageure. C’est pourtant ce défi qu’a bien voulu relever Andreï Kourkov en s’attaquant à son propre Laitier de nuit, son dernier roman frénétique que nous aurions nous-même le plus grand mal à expliquer sauf à en vanter la drôlerie et l’invention. Voici donc dans ses oeuvres et sans filet un romancier polyglotte que nous remercions très chaleureusement pour sa modestie et son accent.

Hugo fait voler Boris

17juin

S’il y avait eu un fantôme à croiser dans les rues venteuses de Saint-Malo, c’est plutôt celui de François-René que de Victor que nous aurions attendu. La ville de Chateaubriand, en son temps voyageur étonné, chante de ses hautes murailles qui domine l’océan l’envie de partir et le besoin de conquête. C’est un autre Hugo, nommé Boris, qu’il nous a été donné de croiser sous la tente matinale du festival, un Hugo intrépide qui raconte lui aussi des envies d’ailleurs et qui s’est déjà taillé une belle réputation d’écrivain avec ses deux précédents romans (que nous avons évoqués sur ce même blog). Il confirme avec Je n’ai pas dansé depuis longtemps, de nouveau chez Belfond, tous les espoirs que formulait dès ses débuts son éditeur. Point de forêt sombre où se perdre cette fois-ci mais le silence des espaces infinis avec un voyage autour de la terre  et une très belle aventure où scintille un vieux rêve d’enfant. Hugo Boris a accepté de nous raconter son projet, sans filet et devant notre objectif, une belle rencontre dominicale pour nous et dont nous le remercions.

Haïti – Saint-Malo

03juin

On se souvient que le Festival Etonnants Voyageurs qui connaît un tel succès qu’il a lieu désormais en plusieurs points du globe devait se dérouler en Haïti cet hiver lorsque le tremblement de terre est venu anéantir cette belle idée. Michel Le Bris ne renonçant jamais, il a décidé que Saint-Malo se devait de célébrer cette littérature et ses écrivains : c’est donc un festival à la programmation encore plus riche que prévu initialement qui s’est déroulé, nous permettant de croiser et de faire connaissance avec de merveilleux auteurs. Parmi nos belles rencontres, Yanick Lahens qu’un dîner mémorable nous nous a fait connaître avant que nous osions lui demander de se livre devant notre caméra à l’exercice périlleux de parler de son oeuvre dans le brouhaha d’un salon très animé. Sur le stand de la chaleureuse  Sabine Wespieser les lecteurs ne manquaient pas pour venir saluer l’auteur de La couleur de l’aube dont les brillantes interventions lors des débats n’étaient pas passées inaperçues. C’est ce livre, une splendide allégorie  de la vie haïtienne, qu’elle a accepté d’évoquer. Nous lui laissons la parole avec l’espoir qu’il nous sera donné de la croiser à nouveau sous nos cieux.

Mischa Berlinski au bord de l’eau

01juin

Il faut les hasards de rencontres dans les salons du Livre pour découvrir des auteurs qui ont parfois fait un sacré bout de chemin pour venir faire connaissance avec leurs lecteurs français. Nous étions en mission en terres bretonnes pour arpenter ce fameux festival Etonnants Voyageurs dont on vante partout le dynamisme, la bonne humeur et le bon air marin : Saint-Malo nous fit bon accueil et nous offrit l’occasion de belles rencontres avec des éditeurs et des auteurs qui ne s’effarouchèrent pas quand nous leur proposâmes de les placer devant notre objectif. Première vidéo que nous vous proposons, celle d’une jeune auteur américain dont vient de paraître le premier roman en France aux éditions Albin Michel, Le crime de Martiya Van der Leun. Mischa Berlinski a 37 ans, il est originaire de New York mais semble particulièrement apprécier les voyages puisqu’il réside actuellement en Haïti après avoir pas mal baroudé, en Europe (à Paris entre autres) et en Asie. C’est sans aucun doute son long périple en Asie du Sud-Est qui lui a inspiré le magnifique et épais livre, salué outre-Atlantique, que nous venons de dévorer. Son projet est ambitieux, mêlant histoire criminelle et enquête anthropologique ; il croise les destins de plusieurs personnages sur lesquels enquête son double, fasciné par des parcours qui aiguisent inlassablement sa curiosité. A l’origine de l’histoire un récit, presque une anecdote, captée un soir de confidence : dans une prison thaïlandaise croupit une femme américaine condamnée pour le meurtre d’un missionnaire, un meurtre violent et inexplicable chez cette anthropologue passionnée par le peuple dyalo. Que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ? Et pourquoi le jeune Mischa ne parvient-il pas à se déprendre des fils entrecroisés des histoires incroyables qu’il découvre en interrogeant tous les protagonistes ? Roman foisonnant et pluri-référencé, où il est question de religion, d’amour, d’étrangeté (de riz aussi c’est vrai), il nous invite à nous interroger sur le regard que nous portons sur les autres civilisations et la curiosité qui nous pousse vers eux.  Roman d’aventure parfaitement construit et qu’on ne lâche plus, Le crime de Martiya Van der Leun signe l’arrivée tonitruante d’un auteur ambitieux. Notre plaisir n’en était que plus grand de le voir accepter de parler de son livre dans notre langue, ce qu’il fit au bord de l’eau et dont nous vous livrons les images. Qu’il soit remercié de sa patience et de sa gentillesse, pour ne pas parler de son talent.

 

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