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	<title>Ces mots-là, c&#039;est Mollat</title>
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	<description>Le blog des littératures</description>
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		<title>L&#8217;interprétation du mal</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Feb 2012 14:11:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[En noir]]></category>
		<category><![CDATA[adultère]]></category>
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		<category><![CDATA[Thomas H. Cook]]></category>

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		<description><![CDATA[&#160; Paru aux Etats-Unis en 1996 et récompensé par un Edgar Poe Award (équivalent américain de notre Grand prix de littérature policière), Au lieu-dit Noir-Etang est un de ces parfaits romans noirs à côté duquel il eût été dommage qu&#8217;un de ses éditeurs français (Gallimard et ici, Le Seuil) ne le traduise pour ses lecteurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/au-lieu-dit-noir-étang.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4662" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/au-lieu-dit-noir-étang-184x300.jpg" alt="" width="184" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify">Paru aux Etats-Unis en 1996 et récompensé par un Edgar Poe Award (équivalent américain de notre Grand prix de littérature policière), <strong><em>Au lieu-dit Noir-Etang</em></strong> est un de ces parfaits romans noirs à côté duquel il eût été dommage qu&#8217;un de ses éditeurs français (Gallimard et ici, Le Seuil) ne le traduise pour ses lecteurs de plus en plus nombreux.  Pourtant, Thomas H. Cook n&#8217;est pas un néophyte dans la vaste sphère du polar en majorité américaine : né en 1947, ses romans sont traduits depuis 1981 dans la Série noire (son troisième, <a href="http://www.mollat.com/livres/thomas-cook-haute-couture-basses-besognes-9782070492107.html">Haute couture et basses besognes</a> est encore disponible dans la mythique collection, courez vite avant épuisement !) puis, après un détour aux éditions L&#8217;Archipel (4 romans dont <a href="http://www.mollat.com/recherche/resultat.aspx">deux </a>disponibles dans la collection Livre de poche), <a href="http://www.mollat.com/recherche/resultat.aspx">Gallimard </a>et Le Seuil se partagent la notoriété grandissante et méritée de ce grand romancier. Pour le connaître, nulle crainte d&#8217;un livre à lire avant l&#8217;autre puisque contrairement à la majorité des auteurs policiers ses 17 romans sont parfaitement indépendants, nul personnage récurrent mais une grande maîtrise de l&#8217;art de la narration, une écriture d&#8217;une rare élégance, des motifs obsédants mais qu&#8217;il sait à chaque fois renouveler en profondeur, preuve que la signature d&#8217;un écrivain de cette trempe est peut-être de réécrire à chaque fois le même livre sans que jamais le lecteur ne ressente l&#8217;impression d&#8217;un déjà dit ou vu (à propos de l&#8217;histoire) ou d&#8217;un déjà lu (à propos du style). Et les auteurs qui lassent leurs lecteurs finalement déçus des mêmes personnages et des mêmes &laquo;&nbsp;recettes&nbsp;&raquo; trop prévisibles  sont légion dans l&#8217;univers du polar qui demande à surprendre pour tenir en haleine&#8230;</p>
<p style="text-align: justify">Au contraire, Thomas H. Cook apporte du &laquo;&nbsp;sang frais&nbsp;&raquo; à chaque publication que nous attendons et dévorons avec le même plaisir. Rappelez-vous les éloges que nous lui avions déjà tressés lors de la sortie de quelques-uns de ses précédents titres comme <a href="http://www.mollat.mobi/livres/thomas-cook-les-feuilles-mortes-9782070779789.html#fragment-avis">Les feuilles mortes</a>. Parallèlement à la publication de ce nouvel opus, vous pouvez lire <a href="http://www.mollat.com/livres/thomas-cook-les-lecons-mal-9782757827031.html">Les leçons du mal</a> qui vient de paraître en format de poche chez <a href="http://www.mollat.com/dossier/forfait_polar_illimite-35366497.html">Points </a>et que nous avions déjà défendu l&#8217;an dernier sur ce <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2011/04/04/la-vie-est-son-contraire/">blog</a>.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em>Au lieu-dit Noir-Etang</em></strong>, à l&#8217;instar de plusieurs romans de Thomas H. Cook, navigue entre le passé et présent,  la narration du drame qui s&#8217;y est déroulé étant assurée par Henry, adolescent (voix qu&#8217;affectionne particulièrement l&#8217;écrivain) et témoin privilégié d&#8217;une &laquo;&nbsp;<em>folle passion amoureuse</em>&nbsp;&raquo; forcément destructrice au moment des faits entre 1926 et 1927. Devenu une cinquantaine d&#8217;années après un vieil homme solitaire, il confesse être à jamais marqué par l&#8217;horreur et incapable de partir de sa ville natale Chatham en Nouvelle-Angleterre (sud-est de Boston). Tel était pourtant son plus ardent désir lorsqu&#8217;il fut un élève de Chatham School, institution dirigée de main de maître par son père si guindé et austère qu&#8217;il semble se (con)fondre parfaitement dans le tableau de cette province étriquée et puritaine et en cela méprisé secrètement par ce fils aux aspirations plus hautes. La brèche va s&#8217;ouvrir avec l&#8217;arrivée de deux nouveaux professeurs lors de cette rentrée scolaire de 1926:  Mlle Elizabeth Channing qui enseigne les arts plastiques capte de suite l&#8217;attention de Henry en lui insufflant un vent d&#8217;indépendance propice aux rêveries d&#8217;un ailleurs incarné par la mémoire de son père , écrivain voyageur qu&#8217;elle accompagna et dont elle fera lire à cet élève assidu le passionnant journal de ses pérégrinations dans le monde. Elle ne sera pas la seule à partager Milford Cottage bordé par le fameux étang : Leland Reed, professeur de lettres être lui-même épris de liberté, emménage un peu plus loin avec sa femme et leur petite fille Mary. Dès le début réside la savante maîtrise du romancier qui sait jouer avec les sauts dans le temps, doser notre attente et nos pressentiments, toujours entretenus et savamment dissipés au fur et à mesure de la narration. Le lecteur se trouve dès le départ mis en position de savoir qu&#8217;un drame de l&#8217;adultère s&#8217;est joué un an plus tard, grâce à la position de témoin privilégié de l&#8217;adolescent et aux dépositions d&#8217;un procès inculpant Mlle Channing, sans pour autant émousser le suspense (de quoi est-elle accusée ? qui sont les morts évoqués?) qui s&#8217;est joué dans les profondeurs des souvenirs qui remontent progressivement à la surface de la mémoire d&#8217;un vieil homme qui n&#8217;a jamais pu connaître l&#8217;amour à cause des retentissements personnels cette &laquo;&nbsp;affaire de Chatham School&nbsp;&raquo;. Happé par une vérité complexe qui gît au fond des eaux verdâtres de cet étang fatal, le lecteur endosse passionnément la peau d&#8217;un détective qui rouvrirait avec Henry les archives laissées en héritage par ce père qu&#8217;il avait si mal compris à l&#8217;époque. Le jugement moral sur les apparences, les préjugés sur les êtres et les évènements, les relations complexes père/fils (déjà présentes dans <strong><em>Les feuilles mortes</em></strong>), les illusions romantiques de l&#8217;enfance balayées par l&#8217;adulte devenu (on pense là à <strong><em><a href="http://www.mollat.com/livres/r-ellory-seul-silence-9782355840135.html">Seul le silence</a></em></strong> de R.J Ellory), les ambiguïtés de la vérité sont quelques unes des réussites majeures de ce roman noir et des thèmes chers de l&#8217;auteur hanté par la question du soupçon et par la réflexion autour de l&#8217;interprétation du mal. Qu&#8217;a donc vraiment vu Henry au Noir-Etang ce jour-là ?</p>
<p style="text-align: justify">Remarquablement construit comme une tragédie (5 actes d&#8217; une tension en crescendo jusqu&#8217;à la révélation vraiment finale) , ce roman fait notamment penser à <strong><em><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Lettre_%C3%A9carlate">La lettre écarlate</a></em></strong> de Hawthorne (&laquo;&nbsp;<em>l&#8217;écharpe rouge de Mlle Channing flottant derrière elle comme un tissu couvert de sang</em>&nbsp;&raquo; &#8211; page 347) tant l&#8217;atmosphère viciée de cette petite ville qui condamne à cette époque l&#8217;adultère jugé comme un crime aussi grave que le meurtre s&#8217;acharne contre les amants. Leur désir de fuite à bord d&#8217;un voilier que construit M. Reed avec l&#8217;aide de Henry rendrait ce roman terriblement et exclusivement romantique puisque l&#8217;amour fou se finit dans un &laquo;&nbsp;<em>tourbillon de morts</em>&nbsp;&raquo; : meurtres, suicides, folie. Le talent de Thomas H. Cook est alors d&#8217;insuffler à cette trame ultra classique et littéraire (Elizabeth est comparée à Mme Bovary et, avec Leland, au couple Catherine/Heathcliff des <a href="http://www.mollat.com/livres/emily-bronte-hurlevent-wuthering-heights-9782070307692.html">Hauts de Hurlevent</a> de Emily Brontë) une ambiguïté propre au genre noir et qui ne sera levée qu&#8217;à condition que le lecteur soit très attentif aux dernières pages du roman. Là affleure très subtilement &laquo;&nbsp;une&nbsp;&raquo; vérité à peine dicible du &laquo;&nbsp;<em>noir secret</em>&nbsp;&raquo; qui engloutit tous les personnages, et avec eux le lecteur qui refermera le roman, fasciné.</p>
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		<title>L&#8217;homme aux mille ventilateurs</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Feb 2012 14:48:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fleur Aldebert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonheur du jour...]]></category>
		<category><![CDATA[Cambourakis]]></category>
		<category><![CDATA[Fan Man]]></category>
		<category><![CDATA[Horse Badorties]]></category>
		<category><![CDATA[humour]]></category>
		<category><![CDATA[ventilateur]]></category>
		<category><![CDATA[William Kotzwinkle]]></category>

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		<description><![CDATA[Vous êtes un adepte du Big Lebowski ou encore de la série culte Taxi, vous associez déjà le nom de William Kotzwinkle à deux ou trois livres qui vous ont plu, comme par exemple le polar Fata Morgana (Ed. Rivages) ? Vous êtes un amateur de bizarreries littéraires et d&#8217;humour décalé ? Alors ce message [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/William-Kotzwinkle.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4718" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/William-Kotzwinkle.jpg" alt="" width="200" height="253" /></a>Vous êtes un adepte du <em>Big Lebowski</em> ou encore de la série culte <em>Taxi</em>, vous associez déjà le nom de <strong>William Kotzwinkle</strong> à deux ou trois livres qui vous ont plu, comme par exemple le polar <a title="Fata morgana - Mollat" href="http://www.mollat.com/livres/william-kotzwinkle-fata-morgana-9782869300965.aspx"><em><strong>Fata Morgana</strong></em></a> (<a title="Editions Rivages" href="http://www.payot-rivages.net/">Ed. Rivages</a>) ? Vous êtes un amateur de bizarreries littéraires et d&#8217;humour décalé ? Alors ce message vous est destiné : l&#8217;un des romans qui ont contribué au succès de cet écrivain et scénariste américain à qui l&#8217;on doit l&#8217;adaptation littéraire de <em>E.T.</em> est aujourd&#8217;hui disponible en format de poche chez <a title="site Cambourakis" href="http://www.cambourakis.com/"><strong>Cambourakis</strong></a>.</p>
<p align="justify">Publié aux Etats-Unis en <strong>1974</strong>,<strong><em> <a href="http://www.mollat.com/livres/william-kotzwinkle-fan-man-9782916589824.html">Fan Man</a></em></strong> raconte les tribulations d&#8217;un hippie baptisé <strong>Horse Badorties</strong>. Cet énergumène dont le nom n&#8217;est pas la seule caractéristique excentrique a aux moins deux obsessions dans la vie : collectionner les ventilateurs (d&#8217;où le titre, qui a d&#8217;ailleurs été conservé pour l&#8217;édition française) et autres objets insolites, et organiser le concert de la Chorale de l&#8217;Amour, une chorale composée essentiellement d&#8217;adolescentes fugueuses d&#8217;une quinzaine d&#8217;années. Vous l&#8217;avez compris, Horse Badorties est un original, un marginal, même pour son époque &#8211; <em>&laquo;&nbsp;le mec le plus bizarre que j&#8217;aie jamais vu, on dirait qu&#8217;il vient juste de sortir de son bocal à poissons&nbsp;&raquo;</em>, tel est le commentaire qu&#8217;il inspire à l&#8217;un des personnages qui croisent son chemin. Cette histoire complètement déjantée dont il se fait le narrateur se déroule à New York, l&#8217;espace de quelques jours seulement, mais cela vous laisse le temps d&#8217;apprendre qu&#8217;il collectionne de manière compulsive ce que les Américains appellent <em>junk</em>, qu&#8217;il ne peut d&#8217;ailleurs pas sortir dans la rue sans en emmener un échantillon, aussi lourd et encombrant soit-il, qu&#8217;il cohabite avec des cafards, qu&#8217;il croit en la réincarnation et en les bienfaits des drogues bio, qu&#8217;il a une propension à la dispersion (faudrait-il y voir un lien de cause à effet ?&#8230;), mais que derrière la coolitude qu&#8217;il affiche 24h/24, il y a aussi deux choses qu&#8217;il ne supporte pas, à savoir le violon et la musique porto-ricaine. Cela n&#8217;empêche que dans l&#8217;ensemble, il est toujours d&#8217;humeur joyeuse, même lorsqu&#8217;il vient de se faire expulser par son propriétaire ou encore de couler en plein milieu du lac de Central Park&#8230;</p>
<p align="justify">A l&#8217;instar de <strong>Kurt Vonnegut Jr.</strong>, qui prend le soin de mettre le lecteur en garde dans une préface concise mais sibylline, on peut alléguer qu&#8217;il en va de ce livre comme de la musique que souhaite obtenir Horse : il est <em>&laquo;&nbsp;inaccessible au commun des mortels&nbsp;&raquo;</em>&#8230; Car si <em>Fan Man</em> est bel est bien une promesse de fou rire, il vous faut au préalable accepter l&#8217;idée que vous pénétrez dans un univers décalé dont <em>&laquo;&nbsp;le seul juge&nbsp;&raquo;</em> est ce personnage haut en couleur qui vous fait l&#8217;honneur de vous livrer ses expériences dans une prose pour le moins authentique.</p>
<p align="justify">F.A.</p>
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		<title>Kéthévane Davrichewy le 8 février</title>
		<link>http://blogs.mollat.com/litterature/2012/02/03/kethevane-davrichewy-le-8-fevrier/</link>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 11:47:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Avant première]]></category>
		<category><![CDATA[Bonheur du jour...]]></category>
		<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[amitié]]></category>
		<category><![CDATA[amour]]></category>
		<category><![CDATA[fusion]]></category>
		<category><![CDATA[Kéthévane Davrichewy]]></category>
		<category><![CDATA[Les Séparées]]></category>
		<category><![CDATA[Sabine Wespieser]]></category>

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		<description><![CDATA[Si son nom ne vous est pas totalement inconnu, c&#8217;est peut-être parce que Kéthévane Davrichewy n&#8217;en est pas à son coup d&#8217;essai en littérature, auteur déjà prolifique d&#8217;une vingtaine de récits pour enfants et adolescents. Vous l&#8217;avez également croisée longtemps en bonne place sur notre table &#171;&#160;coups de cœur&#160;&#187; au rayon littérature grâce à son précédent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/kéthévane-davrichewy.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4698" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/kéthévane-davrichewy.jpg" alt="" width="150" height="189" /></a>Si son nom ne vous est pas totalement inconnu, c&#8217;est peut-être parce que Kéthévane Davrichewy n&#8217;en est pas à son coup d&#8217;essai en littérature, auteur déjà prolifique d&#8217;une <a href="http://www.mollat.com/recherche/resultat.aspx">vingtaine de récits pour enfants et adolescents</a>. Vous l&#8217;avez également croisée longtemps en bonne place sur notre table &laquo;&nbsp;coups de cœur&nbsp;&raquo; au rayon littérature grâce à son précédent roman d&#8217;amour et d&#8217;exil qui avait fait chavirer bien des cœurs de libraires (lire <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2010/02/19/tout-simplement-magnifique/">ici le blog</a> enthousiaste de sa première supportrice de l&#8217;équipe) et de lecteurs,<strong><em> <a href="http://www.mollat.com/recherche/resultat.aspx">La mer Noire</a></em></strong>. En 2010, ce roman fit légitimement partie de la sélection pour notre prix Lavinal (voir la <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2010/04/08/la-mer-noire-en-video/">vidéo</a> de présentation), puis Kéthévane Davrichewy se prêta elle-même au jeu de notre caméra pour un enregistrement dans notre studio, <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2010/05/06/kethevane-davrichewy-en-video/">visible en cliquant ici</a>. Premier texte de l&#8217;auteur choisi par l&#8217;éditrice<a href="http://www.swediteur.com/"> Sabine Wespieser</a>, cette dernière lui réitère en 2012 sa confiance en publiant <strong><em>Les Séparées</em></strong> qui figure parmi la liste des 5 romans en compétition du prix RTL-Lire.</p>
<p style="text-align: justify"><strong><em><a href="http://www.mollat.com/livres/kethevane-davrichewy-mer-noire-9782264052599.html">La mer Noire</a></em></strong> revenait sur les origines géorgiennes de la famille de l&#8217;auteur à travers le regard d&#8217;une vieille dame le jour de ses 90 ans, Tamouna, qui attend le retour de son ancien amant Tamaz. Elle remontait le fil d&#8217;une mémoire collective et intime à partir de la rencontre à Batoumi le dernier été de ses 15 ans de ce jeune garçon qui habitera à jamais son cœur. S&#8217;ensuivent le déracinement de sa terre natale à cause des Bolcheviques, la traversée de la mer Noire vers l&#8217;Europe puis l&#8217;arrivée à Paris, la difficile intégration, le mariage, les deuils et les amitiés qui jalonnent une existence, l&#8217;arrivée des enfants puis des petits-enfants sans que jamais le souvenir de Tamaz entrevu à de trop rares retrouvailles n&#8217;arrivent à rompre, soixante-quinze ans plus tard, leur serment d&#8217;amour : répondra-t-il présent au soir de sa vie ?</p>
<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/les-séparées.jpg"><img class="size-medium wp-image-4699 alignleft" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/les-séparées-229x300.jpg" alt="" width="96" height="126" /></a>Dans <strong><em><a href="http://www.mollat.com/livres/kethevane-davrichewy-les-separees-9782848051062.html">Les Séparées</a></em></strong>, l&#8217;ellipse de trente années entre les deux premiers chapitres permet de mesurer le basculement entre l&#8217;amitié fusionnelle partagée par deux amies d&#8217;enfance, Alice et Cécile, et leur rupture brutale. Là encore, l&#8217;Histoire tient une place toute particulière puisque l&#8217;auteur a décidé de placer le parcours de ses personnages entre deux dates clés symboliques d&#8217;une génération (partagée en partie par Kéthévane Davrichewy née en 1965) : 21 mai 1981 &#8211; 21 mai 2011. Si l&#8217;acmé de leur  relation correspond à l&#8217;euphorie accompagnant l&#8217;élection de François Mitterrand, la commémoration de ce trentième anniversaire se confond avec le deuil des idéaux et de leur adolescence. Leurs voix en alternance retracent le chemin de leur vie, permettent de franchir le mur de l&#8217;incommunicabilité pour renouer le lien et redonner sens à leur histoire : d&#8217;un côté Alice se remémore (à la manière de Tamouna) trois décennies d&#8217;une vie au gré de sa lecture d&#8217;un magazine qui revient sur les années Mitterrand, de l&#8217;autre Cécile dans le coma à la suite d&#8217;un &laquo;&nbsp;accident&nbsp;&raquo; adresse des lettres imaginaires à Alice qu&#8217;elle espère voir à son chevet. L&#8217;attente est là encore un des ressorts dramatiques de cette valse à deux temps, entre passé et présent, entre un âge d&#8217;or et l&#8217;amère désillusion qui paraît inéluctable. &laquo;&nbsp;<em>Les gens sont-ils  plus présents une fois partis ? [...] elle songe aux absents, elle mesure leur présence dans son existence</em>&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;<em>Les disparus surgissent quand on ne les attend pas et ne répondent pas quand on les espère</em>&laquo;&nbsp;, semblent nous suggérer en commun les voix qui peuplent ces romans.</p>
<p style="text-align: justify">Kéthévane Davrichewy réussit à l&#8217;aide d&#8217;une écriture épurée (sans grandiloquence ni pathos, deux écueils majeurs quand on parle de &laquo;&nbsp;grands sentiments&nbsp;&raquo;) à faire ressentir avec une grande émotion le temps qui passe, qui plus est en cultivant l&#8217;art de la brièveté (ses romans ne dépassent pas les 200 pages et ses phrases sont souvent minimales). Peut-on encore espérer que se rejoignent de nouveau ces destins qui ont été un jour si unis, puis brisées ? Gageons que Kéthévane Davrichewy réponde <strong>mercredi prochain (à 18h au 91, rue Porte-Dijeaux)</strong> aux multiples échos qu&#8217;elle tisse entre ces histoires d&#8217;amour et d&#8217;amitié qui soulèvent avec une même force bouleversante.</p>
<p>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Le roi n&#8217;a pas sommeil</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Feb 2012 10:41:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fleur Aldebert</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonheur du jour...]]></category>
		<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Cécile Coulon]]></category>
		<category><![CDATA[Le roi n'a pas sommeil]]></category>
		<category><![CDATA[viviane hamy]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Ce que personne n&#8217;a jamais su (&#8230;), c&#8217;est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras était venu lui passer les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise.&#160;&#187; Voilà comment s&#8217;ouvre le dernier roman de Cécile Coulon, publié aux éditions Viviane [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><em><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/cecile_coulonN_B-4f71d.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4684" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/cecile_coulonN_B-4f71d-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a>&laquo;&nbsp;Ce que personne n&#8217;a jamais su (&#8230;), c&#8217;est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras était venu lui passer les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise.&nbsp;&raquo;</em> Voilà comment s&#8217;ouvre le dernier roman de <strong>Cécile Coulon</strong>, publié aux éditions <a href="http://www.viviane-hamy.fr/"><strong>Viviane Hamy</strong></a>. Situé dans une petite ville de province imaginaire, <a href="http://www.mollat.com/livres/cecile-coulon-roi-pas-sommeil-9782878585094.html"><strong><em>Le roi n&#8217;a pas sommeil</em></strong></a> met en scène la famille Hogan, composée du couple formé par William et Mary, et de leur fils unique Thomas. Ce dernier grandit à l&#8217;ombre d&#8217;un père rustre, alcoolique et violent qui répartit toute son énergie entre la scierie et la caserne, avec pour seuls rayons de soleil la tendresse et l&#8217;amour que lui prodigue sa mère. Enfant, puis adolescent, Thomas fait l&#8217;effet d&#8217;une touffe d&#8217;herbes hautes sans cesse balayée par des vents contraires. Mais finalement, alors qu&#8217;il est rattrapé par son destin, on se rend compte qu&#8217;une épée de Damoclès le suivait depuis le berceau et même un peu avant : son patrimoine génétique avait tout d&#8217;une bombe à retardement prête à exploser à n&#8217;importe quel moment. <em>&laquo;&nbsp;Les vieilles du quartier disaient </em>[d'ailleurs] <em>que l&#8217;âme de son père flottait au-dessus de lui&nbsp;&raquo;. Le roi n&#8217;a pas sommeil </em>est donc avant tout un roman sur l&#8217;atavisme et sur l&#8217;impuissance des hommes face à certaines formes de déterminisme. Entre l&#8217;exergue emprunté à Steinbeck et le choix d&#8217;une onomastique à consonance exclusivement anglo-saxonne, l&#8217;auteur ne dissimule pas ses influences (1). Il n&#8217;y a donc rien d&#8217;étonnant à ce que son héros nous évoque le McTeague de Frank Norris si superbement campé dans <em>Les rapaces</em> ! Forte d&#8217;un tel héritage, Cécile Coulon s&#8217;impose sans conteste comme une voix profondément originale au sein de la littérature française contemporaine (2). Du point de vue stylistique, elle n&#8217;hésite pas à jouer sur les registres de langue et à donner un véritable coup de pinceau au vernis parfois écaillé de métaphores et expressions françaises rebattues, le tout avec un humour toujours très fin. Par ailleurs, la tension narrative qu&#8217;elle parvient à installer par le biais d&#8217;une construction sans faille, à commencer par une scène inaugurale étonnante qui, sous couvert de donner les clés de l&#8217;histoire, ne fait qu&#8217;attiser la curiosité du lecteur, contribue à faire de ce roman réaliste une véritable réussite !</p>
<p style="text-align: justify">(1) S&#8217;il ne fait aucun doute que Méfiez-vous des enfants sages avait pour cadre les États-Unis des années 1970, <em>Le roi n&#8217;a pas sommeil</em> se déroule dans une petite ville baptisée Haven, qui est finalement tout sauf un havre de paix.</p>
<p style="text-align: justify">(2) Dans la même veine, on peut penser à <strong>Julie Mazzieri</strong> et son superbe <strong><em><a href="http://www.mollat.com/livres/julie-mazzieri-discours-sur-tombe-idiot-9782714309877.html">Discours sur la tombe de l&#8217;idiot</a> </em></strong>(<a href="http://www.jose-corti.fr/"><strong>Corti</strong></a>, 2009 &#8211; cf. notre <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2009/03/06/it-is-a-tale-told-about-an-idiot-full-of-sound-and-fury-signifying-nothing/">blog</a>).</p>
<p style="text-align: justify">F.A.</p>
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		<title>Cyrano de Boudou de Damien Luce</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Feb 2012 14:49:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marilyn</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>

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		<description><![CDATA[A l&#8217;heure où tout le monde rentre chez soi, la pluie s&#8217;abat sur Paris et Boudou n&#8217;a pas de parapluie, l&#8217;occasion pour lui de tester un tout nouveau moyen de transport. Une petite minute, nécessaire pour s&#8217;assurer que son nez est bien en place, et hop ! il s&#8217;élance et s&#8217;abrite en se serrant près [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/boudou.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4666" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/boudou-203x300.jpg" alt="" width="127" height="190" /></a>A l&#8217;heure où tout le monde rentre chez soi, la pluie s&#8217;abat sur Paris et Boudou n&#8217;a pas de parapluie, l&#8217;occasion pour lui de tester un tout nouveau moyen de transport. Une petite minute, nécessaire pour s&#8217;assurer que son nez est bien en place, et hop ! il s&#8217;élance et s&#8217;abrite en se serrant près du premier passant venu, disposant de ce merveilleux instrument qui lui permettra de rester sec. Nul besoin de ticket, mais il paie agréablement les gens en discutant, allant jusqu&#8217;à aider <strong>Apollinaire</strong> qui marmonne son <strong><em><a title="Alcools" href="http://www.mollat.com/livres/guillaume-apollinaire-alcools-poemes-1898-1913-9782070202010.html" target="_blank">Alcools</a> </em></strong>pour trouver la bonne rime.<br />
Ceci n&#8217;est qu&#8217;un aperçu de la vie du jeune artiste car le livre débute tout à faire différemment, avec <strong>Edmond Rostand</strong> en personnage principal. Nous découvrons celui-ci sur les bancs de l&#8217;école, où la littérature a déjà une grande place dans sa vie, jusqu&#8217;au moment où son <strong><a title="Cyrano de Bergerac" href="http://www.mollat.com/livres/edmond-rostand-cyrano-bergerac-9782266152174.html" target="_blank"><em>Cyrano de Bergerac</em></a></strong> devient un vrai succès au théâtre. A travers son histoire, nous rencontrerons beaucoup d&#8217;illustres personnages tels que <strong>Sarah Bernhardt</strong>, <strong>Jean Cocteau</strong>, <strong>Sigmund Freud</strong>, <strong>Charlie Chaplin</strong> et bien d&#8217;autres.<br />
Ne vous laissez cependant pas éblouir pour toutes ces personnalités car le vrai héros de l&#8217;histoire est Boudou, ce clown des temps modernes qui ne vous accueillera jamais d&#8217;un &laquo;&nbsp;<em>Bonjour les petits enfants</em> !&nbsp;&raquo; avant de souffler dans sa trompette. Bien au contraire, l&#8217;humour de Boudou fait réfléchir sur les absurdités du quotidien et  son côté burlesque donne envie de l&#8217;imiter, de se laisser aller afin de trouver le clown qui est en nous.<br />
A n&#8217;en pas douter, Boudou est amusant, mais aussi touchant. Son talent d&#8217;acteur le mènera sur les planches (lui qui a passé sa vie dessous pour souffler leur texte au comédien&#8230; quand il parvenait à rester éveillé du moins) pour interpréter son Cyrano, le <a title="Cyrano de Boudou" href="http://www.mollat.com/livres/damien-luce-cyrano-boudou-9782350871820.html" target="_blank"><em><strong>Cyrano de Boudou</strong></em></a>, injustement méconnu et applaudi par <strong>Edmond Rostand</strong> lui-même.<br />
C&#8217;est un très beau livre que nous offre les éditions <a title="Héloïse d'Ormesson" href="http://www.editions-heloisedormesson.com/" target="_blank"><strong>Héloïse d&#8217;Ormesson</strong></a> en ce début d&#8217;année. <a title="Damien Luce" href="http://www.damienluce.com/wordpress/?page_id=4602" target="_blank"><strong>Damien Luce</strong></a> parvient à nous réchauffer de ce temps glacé en nous faisant rire et pleurer. Il y a aurait tant à dire sur cet ouvrage et sur les personnages inoubliables (comme Simon le flemmard, Le Bargy le prétentieux ou Pif-Luisant) qui le compose, mais il est préférable de se taire maintenant, un doigt tendu sur la bouche, pour que la magie puisse opérer au moment où vous le lirez&#8230;</p>
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		<title>Rêves oubliés</title>
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		<pubDate>Wed, 25 Jan 2012 15:41:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Fleur Aldebert</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[exil]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre d'Espagne]]></category>
		<category><![CDATA[Léonor de Recondo]]></category>
		<category><![CDATA[Rêves oubliés]]></category>
		<category><![CDATA[Sabine Wespieser]]></category>

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		<description><![CDATA[Ils ont traversé la frontière à Béhobie. Toute une famille marchant tranquillement sur un pont reliant Irun et Hendaye, comme si de rien n&#8217;était, comme s&#8217;ils allaient tout simplement pique-niquer sur les berges du fleuve. Sauf que ceux-là laissent derrière eux le souvenir d&#8217;une vie qu&#8217;ils ne sont pas sûrs de retrouver. Fuyant les avancées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Leonor-de-Recondo1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4627" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Leonor-de-Recondo1-300x278.jpg" alt="" width="300" height="278" /></a>Ils ont traversé la frontière à Béhobie. Toute une famille marchant tranquillement sur un pont reliant Irun et Hendaye, comme si de rien n&#8217;était, comme s&#8217;ils allaient tout simplement pique-niquer sur les berges du fleuve. Sauf que ceux-là laissent derrière eux le souvenir d&#8217;une vie qu&#8217;ils ne sont pas sûrs de retrouver. Fuyant les avancées du franquisme en ce début d&#8217;année 1936, ils sont partis précipitamment. D&#8217;abord Ama, les trois garçons, les grands-parents et les oncles, puis Aïta parviendra à les rejoindre en France sans trop de difficultés. Il leur faudra alors s&#8217;adapter, ne pas être trop regardant sur les conditions de logement, accepter le premier travail qui vient même, et surtout, se faire oublier. Mais ce serait sans compter sur les autorités locales qui, après avoir accueilli sans trop broncher les premiers réfugiés, vont finalement changer leur fusil d&#8217;épaule quand ils mesureront l&#8217;ampleur du phénomène. Il s&#8217;agira alors de parquer tous ces réfugiés, d&#8217;aller les chercher partout où ils se cachent pour les interner dans des camps, celui de Gurs notamment.</p>
<p style="text-align: justify">Premier roman d&#8217;une jeune violoniste virtuose, ces <a href="http://www.mollat.com/livres/leonor-recondo-reves-oublies-9782848051079.html"><strong><em>Rêves oubliés</em></strong></a> qui viennent enrichir l&#8217;excellent catalogue de <a href="http://www.swediteur.com/"><strong>Sabine Wespieser</strong></a> sont ceux d&#8217;une famille pour qui <em>&laquo;&nbsp;être ensemble, c&#8217;est tout ce qui compte&nbsp;&raquo;</em>. <strong>Léonor de Récondo</strong> a choisi d&#8217;alterner entre un narrateur omniscient et le cahier que tient Ama, pour qui l&#8217;écriture devient un rempart indispensable contre la perte de soi. <em>&laquo;&nbsp;Iduri, mon tout petit, c&#8217;est cela aussi l&#8217;exil. Ne pas savoir dire, ne pas être là où nous devrions. Et, à chaque instant, avaler cette honte indigeste qui nous brûle le ventre&nbsp;&raquo;</em>, écrit-elle en pensant à son petit dernier. L&#8217;auteur ne dissimule pas que derrière l&#8217;histoire de cette remontée inexorable vers le Nord sans jamais regarder en arrière, jusqu&#8217;à trouver un coin de terre où on les laissera enfin en paix, se cache celle de sa propre famille. Et c&#8217;est avec une grande finesse qu&#8217;elle nous la livre, nous berçant avec son écriture ciselée et très visuelle qui donne vie à un assemblage quelque peu impressionniste de scènes inoubliables.</p>
<p style="text-align: justify">F.A.</p>
<p style="text-align: justify">
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		<title>Une incursion dans le clan Brontë</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Jan 2012 18:13:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Martine</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Brontë]]></category>
		<category><![CDATA[Jane Eyre]]></category>
		<category><![CDATA[Quai Voltaire]]></category>
		<category><![CDATA[Sheila Kohler]]></category>

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		<description><![CDATA[Manchester, 1846. Assise au chevet de son père mourant, Charlotte est la dernière survivante du clan Brontë. Elle se remémore les belles années, les espoirs et les désillusions qui ont animé leur vie à chacun : Emiliy, Anne et Branwell, le frère adoré ravagé par l&#8217;alcool et la drogue, tous disparus trop tôt. Et surtout, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Quand-j%C3%A9tais-Jane-Eyre.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4617" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Quand-j%C3%A9tais-Jane-Eyre-178x300.jpg" alt="" width="178" height="300" /></a>Manchester, 1846. Assise au chevet de son père mourant, Charlotte est la dernière survivante du clan Brontë. Elle se remémore les belles années, les espoirs et les désillusions qui ont animé leur vie à chacun : Emiliy, Anne et Branwell, le frère adoré ravagé par l&#8217;alcool et la drogue, tous disparus trop tôt. Et surtout, elle se souvient de leurs difficultés pour faire éditer leurs manuscrits respectifs, qu&#8217;il s&#8217;agisse de <a href="http://www.mollat.com/livres/charlotte-bronte-jane-eyre-9782266073639.html"><strong><em>Jane Eyre</em></strong></a>, des <a href="http://www.mollat.com/livres/emily-bronte-hurlevent-wuthering-heights-9782070307692.html"><strong><em>Hauts de Hurlevent</em></strong></a>, ou encore d&#8217;<a href="http://www.mollat.com/livres/anne-bronte-agnes-grey-9782070762231.html"><strong><em>Agnes Grey</em></strong></a>, trois romans que l&#8217;on considère aujourd&#8217;hui comme des joyaux incontournables de la littérature anglaise du dix-neuvième siècle.<br />
Revenant sur le ratage de leur vie personnelle, Charlotte évoque de leur éducation, ce père brisé par la mort de sa femme (elle est décédée en mettant au monde son sixième enfant), l&#8217;arrivée de leur tante, la mort des trois sœurs ainées, son départ à Bruxelles avec Emily, sa rencontre amoureuse avec le professeur, son expérience aussi désastreuse qu&#8217;éphémère comme gouvernante et enfin son  retour parmi les siens. Seule lui reste désormais l&#8217;écriture.</p>
<p style="text-align: justify">Paru au <a href="http://www.editionslatableronde.fr/l_ouvrage_collection.php?id_coll=883"><strong>Quai Voltaire</strong></a>, <a href="http://www.mollat.com/livres/sheila-kohler-quand-etais-jane-eyre-9782710367543.html"><strong><em>Quand j&#8217;étais Jane Eyre</em></strong></a> fera sans conteste le bonheur des amateurs de littérature classique anglaise. On en apprend évidemment beaucoup sur le clan Brontë, mais aussi sur l&#8217;époque et sur les difficultés auxquelles les femmes devaient faire face et surtout sur les stratagèmes qu&#8217;elles devaient employer si elles voulaient avoir une chance d&#8217;être publiées. Servi par une très belle traduction, ce roman est seulement le troisième livre de Sheila Kohler disponible en français. Mais quand on sait qu&#8217;elle est activement soutenue par Joyce Carol Oates, avec qui elle enseigne à Princeton, on aurait tort de s&#8217;en priver&#8230;</p>
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		<title>Les Quatre Diables de Herman Bang</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 11:58:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marilyn</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bonheur du jour...]]></category>
		<category><![CDATA[9782752906441]]></category>
		<category><![CDATA[Herman Bang]]></category>
		<category><![CDATA[Quatre Diables]]></category>

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		<description><![CDATA[Plongé dans le noir, le spectateur attend avec une certaine angoisse et beaucoup d&#8217;impatience tandis qu&#8217;un roulement de tambour se fait entendre et s&#8217;amplifie. Tout à coup, un spot lumineux se braque sur un artiste, le silence devient total et il s&#8217;élance. Alors toute la salle s&#8217;illumine et le spectacle commence. Les clowns font leurs [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/quatre-diables.gif"><img class="alignleft size-medium wp-image-4606" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/quatre-diables-197x300.gif" alt="" width="197" height="300" /></a>Plongé dans le noir, le spectateur attend avec une certaine angoisse et beaucoup d&#8217;impatience tandis qu&#8217;un roulement de tambour se fait entendre et s&#8217;amplifie. Tout à coup, un spot lumineux se braque sur un artiste, le silence devient total et il s&#8217;élance. Alors toute la salle s&#8217;illumine et le spectacle commence. Les clowns font leurs âneries, les magiciens sortent les lapins des chapeaux, les jongleurs font voltiger leurs anneaux et les acrobates dansent dans les airs. Ce sont eux, <a title="Les Quatres Diables" href="http://www.mollat.com/livres/herman-bang-les-quatre-diables-9782752906441.html" target="_blank"><strong><em>Les Quatre Diables</em></strong></a>, que tout le monde adule grâce au talent qu&#8217;ils ont acquis à force d&#8217;un entraînement acharné.<br />
Pratiquement nés dans le cirque, les deux sœurs et les deux frères entretiennent une relation basée sur la confiance et sur l&#8217;amour. Leur univers ne va pas plus loin que le chapiteau, aussi quand celui-ci est menacé, ils font tout pour rétablir la situation en travaillant d&#8217;arrache-pied, en s&#8217;entraidant, en s&#8217;encourageant. Cependant, leur attachement s&#8217;est dénoué au fil des années. Une femme, et surtout un coup de foudre, va tout changer et l&#8217;équilibre qui règne entre nos quatre amis va s&#8217;effondrer. Comment se jeter dans le vide alors que la personne en face de vous peut ne pas vous rattraper ?<br />
<a title="Herman Bang" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Herman_Bang" target="_blank"><strong>Herman Bang</strong></a> est l&#8217;un des auteurs danois les plus fascinants du XIXème siècle et est même proposé pour recevoir le prix Nobel de Littérature en 1911, mais il le refuse, pensant être indigne d&#8217;une telle récompense. Lorsqu&#8217;il écrit <strong><em>Les Quatre Diables</em></strong> &#8211; qui n&#8217;est pas un roman mais plutôt une longue nouvelle &#8211; il se remet d&#8217;une tentative de suicide. En effet, l&#8217;auteur a toujours eu ce côté dépressif et son procès pour atteinte aux bonnes mœurs dont il a été accusé après avoir publié <strong><em>Familles sans espoir</em></strong>, n&#8217;a rien arrangé. Avec ce roman, disponible dans la <a title="collection Libretto" href="http://www.libella.fr/phebus/index.php?tag/Libretto" target="_blank"><strong>collection Libretto</strong></a>, <strong>Herman Bang</strong> prouve qu&#8217;il a révolutionné la technique et l&#8217;esthétique dans le roman scandinave. Un petit bijou de lecture !</p>
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		<title>Narcissisme australien</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Jan 2012 14:58:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>David</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>

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		<description><![CDATA[Il y a toujours quelque risque à s&#8217;aventurer dans la vie d&#8217;un personnage qui a existé en lui redonnant vie sous forme romanesque. C&#8217;est d&#8217;autant plus vrai quand il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une célébrité et que les documents sont rares. Mais s&#8217;il y a risque, il y a aussi liberté et François Garde qui débute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify"><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Narcisse-Pelletier.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-4595" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/Narcisse-Pelletier-203x300.jpg" alt="" width="203" height="300" /></a><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/François-Garde.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4598" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/François-Garde.jpg" alt="" width="111" height="123" /></a>Il y a toujours quelque risque à s&#8217;aventurer dans la vie d&#8217;un personnage qui a existé en lui redonnant vie sous forme romanesque. C&#8217;est d&#8217;autant plus vrai quand il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une célébrité et que les documents sont rares. Mais s&#8217;il y a risque, il y a aussi liberté et <a href="http://www.gallimard.fr/Vient_de_paraitre/accueil.go"><strong>François Garde</strong> </a>qui débute avec <a href="http://www.mollat.com/livres/francois-garde-advint-sauvage-blanc-9782070136629.html"><em><strong>Ce qu&#8217;il advint du sauvage blanc</strong></em> </a>ne s&#8217;est pas privé de celle que lui offrait son personnage, Narcisse Pelletier, mousse vendéen qui vécut une expérience impressionnante au milieu du XIX° siècle, passant près de dix-sept ans dans une tribu aborigène après que son bateau l&#8217;eut abandonné sur une plage. Un document existe, réédité il y a une dizaine d&#8217;années chez Cosmopole, le récit véridique, comme on dit, intitulé <em><strong>Chez les sauvages</strong></em> (épuisé, mais on annonce une réédition bienvenue). C&#8217;est à partir de celui-ci que François Garde a bâti son roman, libre de ses mouvements avec un personnage qui semble plus âgé que dans les faits et donc plus à même de raisonner qu&#8217;un adolescent. Oxymore vivant, son marin silencieux vit l&#8217;écartelement insoutenable de n&#8217;être plus chez lui nulle part, au bord du gouffre de sa mémoire qui le menace car penser au passé, c&#8217;est le tuer. L&#8217;habileté du livre consiste en un va-et-vient entre récit de l&#8217;aventure du marin apprivoisé par les aborigènes et dont nous allons suivre les premiers pas, et compte-rendu à une société savante de ce qu&#8217;il lui advint quand on l&#8217;eut récupéré de la main d&#8217;un noble passionné d&#8217;ethnologie, le Vicomte de Vallombrun (personnage inventé par l&#8217;auteu) qui prend fait et coeur pour le destin poignant de cet homme retiré à la civilisation avant de lui être rendu. On avance donc à tâtons dans la vie du malheureux, Narcisse devenu Amglo à son corps défendant, le premier qui quitte sa dépouille de blanc pour s&#8217;ensauvager, le second qui ne sait plus parler, qui reste prostré comme s&#8217;il n&#8217;attendait plus rien et à qui il va falloir tout réapprendre, y compris les pires côtés de l&#8217;homme blanc, ses &laquo;&nbsp;mauvais penchants&nbsp;&raquo;. Sa mémoire paraît se refuser à parler de ce qu&#8217;il a subi, comme si la langage signifiait une deuxième mort, c&#8217;est donc dans un mouvement alterné que le lecteur découvre sa stupeur, son incrédulité, son inutile colère dans un milieu hostile où son savoir ne sert à rien, et sa redécouverte du monde occidental qui se fait avec une lenteur irréelle.</p>
<p style="text-align: justify">Ce qui frappe dans ce roman qui est une réussite, ce n&#8217;est pas tant le style qui sent parfois un peu son artifice, mais sa vision d&#8217;un homme arraché, reconstruit puis de nouveau défait de son environnement et qui n&#8217;a rien pour l&#8217;aider, point de culture, point de référence, point de foi ni d&#8217;histoire, mais la présence miraculeuse et souvent maladroite d&#8217;un apprenti savant qui rêve de système mais se casse le nez sur ce cas qui défie son entendement. Ce qui étonne précisément c&#8217;est la démonstration de cette faiblesse de l&#8217;homme civilisé qui croit savoir mais se perd dans des conjectures, qui croit en sa supériorité matérielle, intellectuelle et théorique mais doit abdiquer devant le réel, devant le supposé primitif. Ce qui séduit enfin c&#8217;est le récit de ce magnifique échec d&#8217;un homme généreux dont la famille ne comprend pas l&#8217;acharnement à vouloir aider un inconnu à peine reconnaissant : Octave de Vallombrun est un héritier des Lumières mais il marche dans cette part ténébreuse de la Science, incapable de résoudre un mystère quasi-originel, et qui devine qu&#8217;il va tout y perdre. La fin du roman éclaire de sa lumière triste un double parcours sans nous livrer de morale, ce qui aurait été dommage pour un livre bâti sur les pouvoirs du silence.</p>
<p style="text-align: justify"> </p>
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		<title>L&#8217;encre de Jaccottet</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Jan 2012 14:42:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Véronique</dc:creator>
				<category><![CDATA[C'est nouveau]]></category>
		<category><![CDATA[Dans les poches]]></category>
		<category><![CDATA[En poésie]]></category>
		<category><![CDATA[anthologie]]></category>
		<category><![CDATA[gallimard]]></category>
		<category><![CDATA[La Dogana]]></category>
		<category><![CDATA[lumière]]></category>
		<category><![CDATA[ombre]]></category>
		<category><![CDATA[Philippe Jaccottet]]></category>

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		<description><![CDATA[&#171;&#160;Je me redresse avec effort et je regarde : il y a trois lumières, dirait-on. Celle du ciel, celle qui de là-haut s&#8217;écoule en moi, s&#8217;efface, et celle dont ma main trace l&#8217;ombre sur la page. &#160; L&#8217;encre serait de l&#8217;ombre. Ce ciel qui me traverse me surprend. &#160; On voudrait croire que nous sommes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://blogs.mollat.com/litterature/files/lencre-serait-de-lombre1.jpg"><img class="size-medium wp-image-4558 alignleft" src="http://blogs.mollat.com/litterature/files/lencre-serait-de-lombre1-180x300.jpg" alt="" width="180" height="300" /></a></p>
<p>&laquo;&nbsp;Je me redresse avec effort et je regarde :</p>
<p>il y a trois lumières, dirait-on.</p>
<p>Celle du ciel, celle qui de là-haut</p>
<p>s&#8217;écoule en moi, s&#8217;efface,</p>
<p>et celle dont ma main trace l&#8217;ombre sur la page.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;encre serait de l&#8217;ombre.</p>
<p>Ce ciel qui me traverse me surprend.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>On voudrait croire que nous sommes tourmentés</p>
<p>pour mieux montrer le ciel. Mais le tourment</p>
<p><span style="text-align: right">  l&#8217;emporte sur ces envolées, et la pitié</span></p>
<p>noie tout, brillant d&#8217;autant de larmes</p>
<p>que la nuit.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify">Après la magnifique anthologie en deux volumes de la poésie du XXème siècle (parue en 2002 puis 2005 chez <a href="http://www.ladogana.ch/html/presentation.htm">La Dogana</a>) que <strong>Philippe Jaccottet</strong> consacra aux poètes <a href="http://www.mollat.com/livres/une-constellation-tout-pres-poetes-expression-francaise-xxe-siecle-9782940055364.html">francophones </a>puis <a href="http://www.mollat.com/livres/autres-astres-plus-loin-epars-poetes-europeens-xxe-siecle-9782940055517.html">européens</a>, Gallimard a eu l&#8217;excellente idée de publier directement en format de poche un large choix  de textes dans l&#8217;oeuvre abondante de cet auteur publié depuis plus de cinquante ans chez l&#8217; éditeur centenaire, et récompensé l&#8217;an passé par le prestigieux prix Schiller (voir notre <a href="http://blogs.mollat.com/litterature/2010/05/31/lascension-de-…ippe-jaccottet/">blog</a>) ou encore, quoique plus anecdotique mais symbolique, par son inscription en 2011-2012 au programme du<a href="http://www.education.gouv.fr/cid55163/mene1101980n.html"> bac de français</a>. Et quoi de plus délicat et pertinent que de demander à l&#8217;intéressé lui-même de procéder à cette sélection qui embrasse tant ses poèmes que sa prose poétique, sans oublier la somme de notes consignées depuis 1954 dans les quatre carnets de <em><strong><a href="http://www.mollat.com/recherche/resultat.aspx">La Semaison</a></strong></em>. Les six sections structurant ce florilège figurent bien entendu des jalons dans le parcours d&#8217;une vie vouée à la création,  mais révèlent autant de trouées de lumières sur laquelle l&#8217;ombre et le froid gagnent peu à peu, inexorablement.  Cependant rien ne semble entamer à plus d&#8217;un demi-siècle de distance  la contemplation de la nature arpentée dans sa retraite de Grignan. Son fascinant mystère qui accompagne les longues marches et les rêveries de ce voyageur infatigable relance interminablement l&#8217;étonnement et le désir d&#8217;y apposer des mots, à l&#8217;image de la &laquo;&nbsp;<em>lumière incompréhensible</em>&nbsp;&raquo; de fleurs rencontrées qui partagent alors le même langage que la poésie dont elles traduisent l&#8217;exact écho, la juste métaphore :  <em>&laquo;&nbsp; Si elle était moins une énigme, elle éclairerait moins&nbsp;&raquo;</em>.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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