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Rêve de liberté et de mort.

21sept

Septembre sera le mois Murakami ou ne sera pas ! Alors que paraissent chez Belfond les deux premiers tomes de 1Q84 ; Sommeil,  une petite nouvelle de l’auteur japonais, vient de sortir en poche chez 10/18. Déjà parue dans le recueil L’éléphant s’évapore, le texte est ici accompagné des illustrations bleues et argentées de Kat Menschik.

Dans le Japon moderne, une jeune femme, mère de famille et épouse modèle mène une vie réglée comme du papier à musique. Mariée à un dentiste qu’elle qualifie volontiers de « laid », elle partage son temps entre ses courses, son fils et les tâches ménagères. Chaque matin elle part faire ses courses, chaque midi elle prépare le déjeuner de son mari et l’écoute discourir sur les problèmes du cabinet, chaque après-midi elle va chercher son fils à l’école puis prépare le diner. Cette vie pourtant paisible ne lui laisse que peu de temps pour elle-même.

L’existence de la jeune femme est étrangement bouleversée lorsque, pendant dix-sept nuits elle ne trouve pas le sommeil. Cette insomnie se manifeste de façon inhabituelle car, à aucun moment durant ces dix-sept jours, la jeune femme n’éprouve le besoin de dormir et ne ressent jamais le moindre élan de fatigue. Toutes les nuits s’étend devant elle un temps libre de tout. Elle décide alors de se plonger à nouveau dans Anna Karénine, lecture de jeunesse dont elle n’a gardé que quelques bribes de souvenirs.  Dès les premiers mots, la femme est happée par le texte et ne lâche le livre qu’aux premières lueurs du jour, au moment de préparer le petit déjeuner familial. De ces insomnies et de cette nouvelle passion pour Anna Karénine, elle ne souffle mot à son mari, inconscient que la vie de sa femme vient de changer.

Secrètement et joyeusement la jeune femme va attendre ses nuits pour  savourer lecture, cognac, chocolat et pensées intimes. Au travers de  ces nuits et de leurs plaisirs délicieux et non coupables les failles existentielles de la jeune femme, si imperceptibles qu’on les croit inexistantes, vont se révéler, doucement, cruellement.

Comme toujours la subtilité de l’écriture de Murakami est trompeuse; en dressant le portrait d’une femme qui trouve dans ses insomnies le bonheur de sa solitude, il mène à la peur irrépressible du vide et de la mort…

Sommeil, en quelques pages, sème le doute sur le rêve et la réalité et la symbolique de la mort prend tour à tour des aspects oniriques ou effrayants. Mais Murakami y parle aussi, entre les lignes, de la passion dévorante de la lecture, de ce besoin presque physique qui accapare le lecteur, ne se souciant plus que de son livre qui devient son seul univers.

On sort de ce Sommeil comme d’un rêve, envouté et troublé.

Incendier le ciel

30août

Quel est le secret de la couleur du ciel ? Telle est la question qui hante la jeune Amy, littéralement obsédée par le mauve du ciel du Michigan, au-dessus de cette maison de tôle où elle vit avec sa famille (oncle, tante, mère et cousin). Quelle est la cause de cette couleur qui par instant vire au « bleu saignant », à l’hémorragie ? Serait-ce à cause des fumées toxiques des usines automobiles de Flint, celles de la modernité américaine ou bien « les couleurs d’une peine » ? Reste à Amy à « plonger dans le mauve du ciel et en en percer le secret triste », celui qu’elle pressent d’autant plus qu’elle vit dans le tabou, celui d’une histoire familiale dont les racines sont en Europe.

Mal aimée, née en manque d’oxygène, ce qui la fait considérer par sa propre mère comme déficiente, Amy vit avec le fantôme de sa soeur aînée, enfant mort-né mais qui a eu le temps de prendre toute la place dans le coeur maternel. Elle perçoit plus qu’elle ne la découvre sa judéité soigneusement gommée de l’histoire familiale jusqu’à ce que sa tante, plus loquace, lui révèle la disparition de quarante huit personnes de leur famille à Auschwitz ou encore Treblinka. « Les morts continuent leur existence. Et c’est bien là toute la tragédie des vivants », celle d’Amy qui perçoit dans le ciel les fumées sinistres venues d’Europe, des camps, les cendres de sa propre famille décimée. L’obsession la gagne, les fantômes de ses grands-parents lui apparaissent, les cauchemars l’épuisent. Une seule solution s’offre à elle : incendier le ciel, essayer de faire disparaître les cendres qui voltigent encore, venues du ciel polonais, par un nouveau feu destiné à laver les scories des souvenirs…

Le ciel de Bay City est un roman hypnotique, incantatoire dans la force de ses répétitions, de cette obsession du ciel qui  trouvera son apaisement – tout relatif - dans la naissance d’Heaven, porteuse d’espoir. Catherine Mavrikakis (dont c’est le premier roman publié en France) fustige une Amérique qui s’aveugle dans la consommation et l’abrutissement pour ne pas voir « les débris accumulés de l’histoire », faisant fi des génocides et des horreurs du XXème siècle. Elle ose dans son écriture le contraste entre violence et douceur, pudeur et outrance, régurgite la douleur jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que son personnage, voyant poindre la fin de sa vie, s’allège du poids de ses souvenirs comme du poids de son corps. Le propre chaos intérieur d’Amy se voit éclairé par une chronologie malmenée au gré de laquelle elle apparaît tantôt à l’orée de ses 18 ans ans, tantôt adulte, aux commandes de son Boeing qui lui permet d’être au plus près du ciel, d’y plonger. Un roman puissant et poétique, français par la langue mais qui résonne avec certaines des plus grandes voix de la littérature américaine, Laura Kasischke et Joyce Carol Oates en tête.

Viens voir les comédiens…

22août

Dans les rues de Whitechapel résonne le bruit de bottes en cuir sur le pavé humide… Mais non, ce ne sont pas celles de Jack l’éventreur. Les entrailles de ce quartier ont donné vie à un autre meurtrier tout aussi habile et sanglant.

Le « Constellation » est un petit cabaret miteux de Whitechapel où la jeunesse dorée de Londres vient s’encanailler. Corney Sage, tête d’affiche, est un comique assez en vue à la rhétorique toute particulière. Sur scène, il est accompagné de plusieurs jeunes filles chargées de charmer le public, presque entièrement constitué de jeunes hommes fortunés.

Corney est un comédien apprécié du public et sa carrière au « Constellation » lui convient parfaitement. Jusqu’au jour où, après une représentation, Lucy accourt vers lui : un meurtre est en train d’être commis dans la petite cour ! Betty Spooner, une actrice du cabaret gît sur le sol, battue à mort par un jeune aristocrate qui rôde encore. Pris de peur, Lucy et Corney s’enfuient rapidement de la ville, chacun de leur côté. Mais le meurtrier est bien plus insaisissable qu’ils ne le croient ; entre les rues de Londres et la campagne alentour il les traque sans répit et avec perversité. Se rapprochant au plus près de Lucy et Corney, se jouant d’eux, l’assassin est toujours plus intrigant…

Premier roman inédit d’Ann Featherstone, Que le spectacle commence est une intrigue polyphonique où les apparences sont dangereuses ! Sous ses multiples déguisements, le meurtrier s’engage dans une danse macabre avec les deux témoins de son crime, sur le fil du rasoir et de la folie ! Une plongée étonnante dans les bas fonds du Londres victorien.

Les hommes morts

02août

Les Dead Boys de Richard Lange, ce sont les rejetons désabusés de l’Amérique, des hommes qui n’ont plus foi qu’en la bière à leur main, ou en l’automatique dont ils usent de temps à autre. Mais généralement même le « six coups » est vide, et le frigo aussi, de sorte que les mots qu’ils délivrent semblent seuls être là, apaisant la faim et la rage qui brûlent en eux. Et certes, quel flamboiement alors dans le style de ces douze nouvelles où l’on perçoit si bien la détresse des personnages dont l’auteur a fait ses héros. Quelle pertinence aussi de choisir comme terrain de leur survie, cette ville, Los Angeles, et la colline d’Hollywood à l’horizon, toujours. Car les stars des écrans deviennent, en contraste avec ces hommes, de bien pâles figures. Pas de théâtre ici, d’imitation ou de jeu d’acteur, mais la réalité toute nue qu’est la recherche quotidienne de l’argent, du travail, l’inquiétude de garder sa femme, de nourrir ses enfants, la possibilité de sourire quelquefois, l’objectif de partir ou de pouvoir seulement rester, mais celui de vivre, finalement juste celui-là.

Non, le rêve américain ne fait pas l’objet de ce livre, ou alors il le taille en morceaux. Reste la fascination constante du lecteur devant le rythme, le cynisme, la crudité du langage de ces hommes, son rattachement immédiat à leur route (vers où donc ?), ce même espoir infime fiévreusement partagé, ou cet accompagnement total dans l’assurance de la défaite.

Avec ce livre qui est assurément une grande réussite, Richard Lange prouve décidément qu’il a sa place aux côtés de Raymond Carver et de Jack Kerouac. Qu’on se le dise et qu’on le lise dès à présent !

Camille

1, 2, 3… Sauter ! (ou pas ?)

29juil

Le suicide… a priori pas le sujet idéal pour un roman d’été. Pourtant avec Vous descendez ? de Nick Hornby, on reconsidère la question.

C’est la nuit du Nouvel An que Martin, JJ, Jess et Maureen décident de faire le grand saut depuis le spot de suicide le plus couru de Londres. Toutefois comme on peut s’y attendre de La Tour du Saut, impossible de sauter en paix surtout la nuit de l’année la plus propice au suicide. Ces quatre personnages à la vie en friche sont par une désagréable coïncidence condamnés à devenir « un groupe ». Mais comment concilier au sein de la même équipe de suicidaires Jess l’adolescente exubérante qui pense à voix (très) haute, JJ l’ex-musicien déprimé adorateur de suicidaires (Nick Drake ou Virginia Woolf entre autres), Martin ex-présentateur de talk-show, ex-père de famille et ex-citoyen respectable, et Maureen femme entre deux-âges qui a sacrifié toute sa vie (principalement sociale) pour s’occuper de son fils trop lourdement handicapé ?

« Le suicide n’a pas été inventé pour des gens comme ça. Il avait été inventé pour Van Gogh, Woolf et Nick Drake. Et moi. Le suicide c’était un truc cool à la base. » (JJ)

La réponse à cette question Nick Hornby, nous la livre avec Vous descendez ?. Comme à son habitude il délivre un récit spontané et fluide qui, aux considérations les plus banales des vies  de Martin, JJ, Jess ou Maureen, ajoute une satire sociale drôle et acerbe. En donnant la parole à chacun des personnages, il nous permet également de les comprendre, de comprendre les raisons de leur geste et le geste en lui-même. Mais surtout, on s’attache à ces existences à la dérive pas suffisamment désespérées pour devenir elles-mêmes déprimantes ou pire… grotesque.

On a donc, comme d’habitude avec Nick Hornby, un roman léger mais pas idiot, emprunt de culture moderne, et rédigé grâce à un humour grinçant et merveilleusement british. Et comme d’habitude, un roman qui parle sérieusement sur le ton de la plaisanterie d’un problème de nos sociétés.

Thomas

Des squelettes sous le sapin

09déc

Un Noël en familleCommençons par un sujet qui fâche en ces fêtes de fin d’année : non, Noël n’est pas forcément un jour de liesse pour tout le monde. Il se peut que les tensions familiales, les problèmes de santé, d’argent aigrissent l’odeur sylvestre du sapin. Le sacro-saint devoir de bonheur parait alors bien difficile à respecter. L’excellent film d’Arnaud Desplechin, Un conte de Noël, en est une parfaite illustration. Parfois, et plus paradoxalement, la magie de Noël opère à partir d’un drame, comme ces fleurs qui ne peuvent s’épanouir qu’à partir du fumier. C’est ce que pourront constater les personnages orchestrés par la magistrale Jennifer Johnston. Dans Un Noël en famille, qui vient de paraître en 10/18, la plus sous-estimée des romancières irlandaises posent un regard sans concession sur les liens familiaux, ces sortes de filets invisibles dont il est malheureusement trop aisé d’expérimenter la fragilité.

Suite à un terrible accident de voiture, Henry, la cinquantaine,  se réveille sur son lit d’hôpital, amnésique. Très mal en point, il va voir défiler à son chevet des personnes qui ont traversé sa vie par le passé : Stéphanie, une femme autoritaire avec qui il est peut-être encore marié ; Ciara, sa fille avec qui il serait peut-être brouillé ; Donough, son fils qui lui cacherait peut-être quelque chose ; Sebastien, un bel homme qui le veille nuit et jour et qui serait peut-être… (mais chut !) Beaucoup de « peut-être »donc, qui seront peu à peu dissipés à mesure que les souvenirs reviennent, au rythme d’un calendrier de l’Avent où l’on sortirai les squelettes du placard à mesure que le jour de Noël approche. L’acmé sera dramatique, mais sous la plume pleine de tendresse de Jennifer Johnston, on en ressort rempli d’espoir. C’est la magie de Noël, mais c’est aussi et surtout le talent de notre romancière irlandaise préférée, qui sait mêler avec bonheur la tragédie, la poésie et  la légèreté. Quant aux lecteurs les plus attentifs, ils s’amuseront à repérer les nombreuses références shakespeariennes, un procédé que Jennifer Johnston emploie à bon escient dans ses différents romans. Un Noël en famille : le titre est simple, la lecture délicate, le propos profond. Trois bonnes raisons pour le placer sous tous les sapins !

La mort et la belle vie

25août

La mort et la belle vie….Un titre simplement énigmatique. A moins que cela ne soit le contraire.. Richard Hugo nous entraîne dans le Montana avec un flic au grand coeur, Al Barnes, dit Barnes la Tendresse. Il s’y est établi  dans le but de profiter de la nature, de la pêche et d’un rythme de vie plus sain. Mais rien ne va se dérouler comme prévu. Un matin, un homme est retrouvé près d’un lac, le visage réduit en chair à pâté par de trop nombreux coups de hache. Pour le calme et la détente, c’est mal parti pour Barnes. Il est donc chargé de l’enquête. Un deuxième meurtre à la hache a lieu peu de temps après. C’est un peu louche. En fouillant bien, il découvre que les deux meurtres n’ont aucun point commun. Le pire reste à venir…  Deux parties, deux enquêtes au coeur du mal-être des hommes (et des femmes). Magnifique polar paru chez 10/18, La Mort et la belle vie parle de secrets, de frustrations, de névroses pouvant entraîner la mort. Richard Hugo, chef de file de l’école littéraire de Missoula dans le Montana,  Il frôla le prix Pulitzer avec ce grand et unique roman, savant mélange de noirceur (hommage évident à Chandler et Hammett), d’onirisme et de prose poétique. Car Richard Hugo est avant tout poète et la puissance de ses mots ne peut que remporter l’adhésion.

Quelque chose à te dire

14juin

londres

Jamal Khan est un psychiatre cinquantenaire d’origine pakistanaise, confortablement installé dans la banlieue londonienne. Entouré de sa soeur excentrique et de son meilleur ami metteur en scène, il tente de retrouver un équilibre dans son quotidien après avoir quitté la mère de son fils Rafi. Entre travail, sorties entre amis, déboires familiales et difficultés à éduquer son fils, son quotidien n’a rien d’extraordinaire (beaucoup s’y reconnaîtront sans doute). Pourtant il cache un lourd secret, qui le hante depuis des années.

« J’avais perdu mon aptitude au bonheur. La vérité, c’est que j’avais tué un homme. Pas dans un fantasme, comme c’est le cas pour beaucoup, mais dans la réalité, et il n’y a pas si longtemps que ça. »

Brutalement, son passé va le rattraper lorsque son premier grand amour Ajita et son vieil ami Wolf refont surface à Londres après trente années d’absence. Submergé à la fois par le désir de reconquérir la belle Ajita, celui d’être aimé à nouveau, et par la terreur de voir son terrible secret découvert, Jamal va perdre le contrôle des événements, et de lui-même.

Hanif Kureishi, qui nous avait entre autres séduit avec son Bouddha de banlieue,  nous propose une fois de plus un roman savoureux qui traite avec justesse de la culpabilité, de la difficulté d’aimer et d’être aimé, du désir, des conflits générationnels, et qui trace un portrait inédit de la société cosmopolite londonienne de ces trente dernières années, sans se priver pour autant d’une bonne dose d’humour et d’autodérision. Quelque chose à te dire est de ces romans qui nous parlent de nous-mêmes autant qu’ils nous séduisent, bref, qui ne laissent pas indifférent.

« D’un mal sort toujours un bien »

10avr

Joey GoebelQui ne s’est jamais affligé devant la futilité de la dernière série télé à la mode, dont les ressorts de l’intrigue, rouillés et archi-convenus, menacent à tout moment de blesser l’intelligence du téléspectateur ? Qui n’a jamais été frappé par la stupidité des tubes de l’été, dont on ne sait si c’est l’écoute ou la chorégraphie artificielle qui heurte le plus les victimes que nous sommes ? C’est en partant de ce constat que, dans Torturez l’artiste !, un magnat des médias décide de fonder « Nouvelle Renaissance », une école qui vise à relever le niveau culturel des Etats-Unis. Si l’idée est séduisante par son intention, la méthode pour y parvenir est des plus contestables. En effet, la doctrine de l’école est de torturer mentalement les génies en herbe, pour pouvoir les plonger dans une souffrance profonde afin qu’ils produisent des oeuvres de qualité. Mais dans quelle mesure peut on considérer que l’addition « génie » plus « souffrance » égale « qualité » est exacte ? Songeons un instant à toutes ces âmes damnées qui, trainant leur douleur, sont devenues les plus grands artistes de tous les temps : Van Gogh, Poe, Toulouse-Lautrec, Dostoïevski, Zola, Kafka, et beaucoup, beaucoup d’autres ! peuvent également être pris en exemple.

Vincent est de la graine des jeunes génies. A 9 ans, il est d’une précocité et d’une intelligence rares. « Nouvelle Renaissance » fait alors appel à lui pour exploiter au mieux ses talents d’écriture et sa créativité. Harlan Eiffler, un ancien critique rock blasé par la médiocrité de la création musicale, sera son manager (ou bourreau, cela dépend de la façon dont on voit les choses…). Tous les moyens sont bons pour aiguiser la fibre artistique de son protégé : tuer son chien, brûler sa maison, corrompre ses petites amies, créer le surmenage,…

Joey Goebel, jeune auteur de 29 ans,  pose un regard cynique et réaliste sur la débauche culturelle endémique à notre société. Les bonnes idées foisonnent et rendent le message plus percutant encore. Torturez l’artiste ! est son premier roman et on sent déjà une plume sans complexe qui s’amuse et nous contamine par son dynamisme.

A noter pour finir que ce roman fait l’objet d’une opération chez 10/18 qui consiste à rembourser les lecteurs qui ne seront pas conquis par ce titre. Force est d’avouer que l’éditeur ne prend pas beaucoup de risques étant donné que Torturez l’artiste ! se lit avec beaucoup de plaisir et qu’il conviendra à tout lecteur cherchant à se divertir intelligemment.Torturez l’artiste !

25 ans, une courte paille pour un grand détective !

22avr

izner.jpgPetit retour en arrière sur la rencontre, dans les salons Albert Mollat, pour fêter les 25 ans de la collection « Grands Détectives » , chez 10/18 (nous avons concocté un petit dossier sur mollat.com !). Votre libraire vêtu de noir, animateur pour cette occasion (ça ne se refuse pas !) et sans complexe, lance les invités…

bourland.jpgPour cet événement, trois auteurs et la directrice de collection nous rendent visite. Emmanuelle Heurtebize, éditrice, ouvre les débats, et Claude Izner, Vivianne Moore et Fabrice Bourland évoquent leurs œuvres respectives, leurs marottes, leur manière de travailler, de se documenter, et finalement d’être à la hauteur de cette prestigieuse collection. Leur goût commun du travail bien fait permet de passer allègrement des Normands de Viviane Moore, qui nous fait découvrir le royaume sicilien de Guillaume Ier puis de Robert II, au Paris gouailleur et mystérieux des sœurs Izner (Laurence et Liliane !), au crépuscule du XIXe siècle, juste après la naissance de la tour Eiffel, alors que les intrigues de Fabrice Bourland nous font voyager entre 1932 et 1934, grâce au détective Andrew Singleton, passionné de littérature du XIXe siècle.

moore.jpgLa rencontre se déroule simplement, chaleureusement, et tous les protagonistes jouent le jeu avec bonheur et malice, devant un public attentif et connaisseur ! Il n’est pas fréquent de tenir sous sa main une telle brochette et nous espérons en avoir recueilli le meilleur, à charge pour nous de prolonger sur nos tables les fébriles aventures de ces détectives si grands et en même temps si proches.

Pour vous immerger dans l’ambiance et retrouver les protagonistes de cette soirée, c’est magique… : cliquez ici.

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