Posts Tagged ‘Borges

Chesterton, again and again

29sept

chesterton2.jpg“Aucun écrivain, peut-être, ne m’a procuré autant d’heures heureuses que Chesterton” : cette phrase, que nous ferions volontiers nôtre si elle n’était d’un grand écrivain, traduit simplement l’intense plaisir qu’il y a à devenir le lecteur de cet auteur inclassable et l’évidente fidélité qu’on lui voue dès lors qu’on le découvre. Nous avions déjà parlé ici (à vrai dire dès que l’occasion se présente, nous en profitons) de l’actualité de Chesterton qui, depuis qu’il est dans le domaine public, n’a plus à souffrir (ou moins…) de l’indifférence de ses éditeurs, assis sur un trésor qu’il n’exploitait guère : un Omnibus sur le Père Brown, un recueil aux éditions Ombres, un autre à L’Age d’homme et à L’Arbre vengeur. Enfin, de quoi se mettre sous la dent. Eh bien , la moisson continue ! Panama ayant entrepris de rééditer la mythique collection animée par Borges chez Franco Maria Ricci, La Bibliothèque de Babel, le volume qu’avait consacré le génial argentin à l’un de ses auteurs favoris était sur la fameuse liste et il revoit le jour : L’Oeil d’Apollon est un recueil de six nouvelles où l’on retrouve l’inénarrable Père Brown aux prises avec des mystères que sa logique poétique et catholique va résoudre en un rien de temps. Certes ceux qui auraient fait l’acquisition de l’Omnibus printanier n’y gagneront rien puisque tout Brown est désormais accessible. On pensera donc aux collectionneurs, aux nostalgiques de ce temps où un grand auteur se faisait plaisir en établissant la liste de ses incontournables. On regrettera néanmoins qu’une aussi belle idée soit gâchée irrémédiablement par une accumulation de coquilles qui nous fait penser qu’une excellente maison comme Panama a oublié de s’adjoindre les services d’un relecteur. Peu importe le flacon ? Pas si sûr…

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Le livre des éloges

23juil

Alberto ManguelCe livre des éloges, tout simplement, est merveilleux. Alberto Manguel, amoureusement et passionnément lié à la lecture et aux livres, utilise l’éloge afin de transmettre et de partager son enthousiasme, sa curiosité sur divers aspects du monde. De l’Histoire de la lecture, au Journal d’un lecteur ou Dans la forêt du miroir (Essais sur les mots et le monde), toute son oeuvre offre une place essentielle à la littérature, en l’envisageant dans sa totalité. Il nous engage dans un acte généreux de lecture, de transmission d’une mémoire littéraire, se situant toujours dans l’échange avec l’autre. Ces 14 textes, d’un genre entre essai et fiction, ne nous obligent en rien à posséder des connaissances grandement littéraires. Ce sont de vraies pochettes surprises à l’intérieur desquelles on découvre des auteurs, des anecdotes, des souvenirs, des formats de livres, des lieux mais aussi une porte ouverte sur sa bibliothèque qui, comme il l’avoue, est une sorte d’autobiographie, chaque exemplaire dessinant une strate dans les âges de sa vie. C’est alors un vrai bonheur que de partager avec lui ses tentations littéraires ; sa défense des librairies et des libraires (sujets malmenés à l’avenir incertain) ; des livres de poches plus maniables (à l’heure du téléchargement) ; et de frayer avec son maître et ami : Borges. Goûter aux éloges de Manguel, c’est découvrir la richesse d’un auteur à la double culture (franco-argentine) dont “l’oeuvre-vie” est la littérature au-delà des frontières. Son texte sur la France est un vrai plaisir. A la manière d’un inventaire, Manguel l’argentin, énumère tout ce qui le relie à son image symbolique française : Mme Du Deffand y côtoie le ventre de Depardieu ; au dimanche matin à Dijon succède l’insupportable voix de Nicole Croisille. On y retrouve aussi le mot ” marjolaine”, les marchandes des quatre saisons, “la noisette”, et encore et toujours la passion de la langue.

 

Alberto Manguel, Le livre des éloges, L’Escampette

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