David Toscana en chair et en os
23mar

Quel plaisir que d’assister à la conférence qui s’est tenue vendredi dernier dans les salons Albert Mollat ! Profitant du fait que son traducteur, François-Michel Durazzo (à droite sur la photo), soit bordelais, et de ce que – au cas où vous auriez réussi à rester ignorant sur la question jusqu’à cette heure – le Salon du livre de cette année soit consacré au Mexique, nous avons tenu à faire venir David Toscana (à gauche), l’auteur de El ultimo lector (Ed. Zulma), un superbe roman dont nous avions souligné la qualité en rayon et sur notre blog.
Animée par M. Durazzo, cette rencontre a été l’occasion pour l’auteur mexicain – un homme passionnant mais très accessible – de revenir sur plusieurs questions majeures. Ont ainsi été abordés la dimension policière de ce roman, son style d’écriture, ou encore le thème de l’amour. Mais ce que l’on retiendra surtout, c’est l’analyse qu’il dresse de la littérature latino-américaine actuelle, et surtout de sa perception par le lectorat. Il déplore en effet que, « en pleno siglo XXI, tenemos que ser escritores urbanos » (en plein XXIe siècle, on n’a pas d’autre choix que d’être un écrivain urbain). A la dictature de cette littérature qu’il qualifie de urbaine, toute entière consacrée à la gloire de cette Amérique latine de la civilisation et du modernisme croissant, il oppose une littérature del pueblo (littéralement, du village) centrée sur le rapport entre l’homme et la nature, qui d’après lui, n’avait aucune raison de s’arrêter avec la disparition des écrivains de la génération de Juan Rulfo. CQFD.
N.B. : Pour aller plus loin, vous noterez que deux recueils parus récemment, l’un aux Editions Métailié (Des nouvelles du Mexique), l’autre aux Editions Belin (Nouvelles du Mexique), contiennent chacun une nouvelle de David Toscana.
L’armée mexicaine va débarquer bientôt, il faut s’y préparer. Revanche attendue de l’expédition française qui voulut faire d’un autrichien un monarque (pauvre Maximilien), elle s’apprête à nous envahir, faisant déjà grincer le bois de nos tables hispaniques. Car chaque éditeur, comme tous les ans lorsqu’est annoncé le nouvel invité du Salon du Livre de paris, s’est empressé de rechercher son ou ses Mexicains et avec d’autant plus de facilité que le pays a fait preuve de largesse trébuchante pour qu’on s’intéresse de près à sa littérature qui, il est vrai, reste scandaleusement méconnue chez nous. Quelques injustices vont donc être réparées et quelques surprises nous être révélées. L’excellent François-Michel Durazzo, grand traducteur qui nous rend régulièrement visite, nous parlait depuis pas mal de mois déjà de l’une de ses découvertes que nous désespérions de découvrir enfin. Un excellent éditeur, Zulma pour le nommer, a eu l’intelligente idée de l’écouter et ce que nous en a dit son traducteur s’est trouvé confirmé avec éclat :