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Une merveilleuse anthologie

28août

Le 35ème volume de la collection Merveilleux que publient les éditions Corti consiste en une anthologie poétique, atypique, insolite, féérique - un formidable voyage au coeur de la mémoire des peuples.

techniciens.jpgBrassant contes, légendes, textes fondateurs, Les Techniciens du sacré invitent le lecteur à une remontée dans le temps et dans les cultures : “Chants maoris ou altaïques, cérémonies indiennes, épopées et louanges d’Afrique, hymnes d’Egypte ou du Pérou, cosmogonies d’Asie centrale, du pays Dogon, d’Australie, légendes d’Irlande et de Chines, inscriptions sumériennes, rites de possessions, définitions aztèques, poèmes en prose esquimaux… Tout un corpus exemplaire de textes “traditionnels”, de toutes provenances géographiques et temporelles”. Il est bien difficile de choisir quelques lignes parmi cette somme de plus de six cent pages qui, étonnamment, n’a rien à envier à la poésie moderne ou contemporaine - en voici quelques extraits, pour donner à rêver…

 

CHANT DU CHEVAL DU DIEU DE LA GUERRE (Indiens Navajos)

Je suis le fils de la femme à la Conque Blanche

De leurs voix ils m’appellent

Je suis le fils du Soleil

De leurs voix ils m’appellent

Je suis l’Enfant Turquoise

De leurs voix ils m’appellent !

 

LES ETOILES (Indiens Passamaquoddy)

Puisque nous sommes les étoiles. Puisque nous chantons.

Puisque c’est par notre lumière que nous chantons.

Puisque nous sommes des oiseaux de feu.

Puisque nous déployons nos ailes dans le ciel.

Notre lumière est une voix.

 

SE TENIR IMMOBILE/LA MONTAGNE (Chine)

Montagnes serrées les unes contre les autres :

Image de l’IMMOBILITE.

 

Extrait du VELADA DE MINUIT (Indiens Mazatèques)

Je suis la femme de la grande expansion des eaux

je suis la femme de la mer divine

je suis une femme de la rivière

la femme de l’eau qui coule

une femme qui examine et qui cherche

une femme de mesure et de mains

une femme de grande mesure

 

CHANT FUNEBRE (Indiens Papago)

Dans la grande nuit mon coeur s’éteint

Sur moi les ténèbres marchent à grand bruit

Dans la grande nuit mon coeur s’éteint

 

OMBRE (Indiens Mayas)

Où un cheval trouve-t-il de l’ombre ?

A l’ombre d’un arbre.

Ombre.

Où le bétail trouve-t-il de l’ombre ?

A l’ombre d’un arbre.

Ombre.

Où les oiseaux trouvent-ils de l’ombre ?

A l’ombre d’un arbre.

Ombre.

Telle est la raison de l’ombre.

Pour tous les animaux, et même pour les hommes.

Ombre.

navajo.jpgazteque.jpgmaya.jpg

 

 

 

 

 

 

 

Nuala O’Faolain s’en est allée loin de ses “chimères”

21juil

Nuala O’Faolain

Un ultime roman paraîtra le 25 août prochain sous le titre Best love Rosie faisant suite à l’inoubliable Chimères (tous deux publiés par Sabine Wespieser) inspirée de la propre histoire de cette grande dame de lettres irlandaise qui vient de nous quitter. Lorsque Rosie retrouve, à Dublin, la tante qui l’a élevée à la mort de sa mère, une vieille dame indigne appelée Min, cette dernière pourtant âgée de 70 ans, alcoolique à ses heures et lasse d’une vie terne, décide de partir à son tour pour New-York afin de démarrer une autre vie. S’ensuivra un chassé-croisé téléphonique des plus cocasses entre elles deux. Restée seule à Dublin, Rosie entreprend de restaurer une vieille bicoque au bord de la mer, héritage de ses parents, pour vivre en pleine nature, entourée de ses animaux. C’est prétexte à une méditation sur des questions d’ordre existentiel qui lui sont chers : comment intégrer dans une vie qui semble avoir de moins en moins d’épaisseur passée la cinquantaine, l’idée de vieillir, d’être seule, en manque d’amour, comment accepter de n’être plus dans la facilité des rencontres, de n’être plus courtisée, sollicitée, sinon de manière ponctuelle ? Des pages magnifiques qui nous bouleversent d’autant plus qu’elles n’auront plus d’écho. Le meilleur hommage à rendre à Nuala O’Faolain, c’est de la lire, de la relire, ou de la découvrir, car elle demeurera une écrivaine de référence, une féministe de valeur.

Et pour finir, citons-la, ce sera la meilleure façon d’illustrer son dernier livre:

“Ne pouvais-je envisager mon propre automne comme une saison riche de couleurs”?

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