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Tout avocat est présumé innocent

25mai

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 Un livre, un film

 

 

 

On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Hanneloyre Cayre, connue  des lecteurs de polars pour être l’auteur de trois aventures de l’avocat Christophe Leibowitz : Commis d’office, Toiles de maîtres, Ground Xo,  signe une adaptation cinématographique de son premier roman. Vient de paraître en collection  Points policier une édition intégrale avec en couverture l’affiche du film. Dans le rôle titre, Roschdy Zem, convaincant en avocat pénaliste tenté par l’illicite (et le fric). Sur fond d’argent sale et de corruption, le milieu de la justice est passé au scalpel de la satire. Décapant et jouissif ! Faire sortir un truand de prison en l’échangeant avec un avocat, consentant, au prétexte d’une ressemblance physique plus que vague, il fallait oser…  L’enjeu de la magouille : un magot, récompense qui pourrait bien être une carotte risquant de se transformer en bâton – quel vilain jeu de mots. Mention spéciale à Jean-Philippe Ecoffey, impressionnant en avocat véreux, puant, imbu de lui-même et totalement amoral.  Hanneloyre Cayre sait d’autant plus de quoi elle parle qu’elle-même exerce le métier d’avocat et qu’elle connaît donc très bien ce milieu professionnel qu’elle décrit de manière impitoyable. Le film est vif, incisif, à l’image du livre dont il est tiré : dialogues percutants, sens de l’humour, situations à rebondissements. En conclusion, c’est un beau doublé que l’écrivain et réalisatrice a réussi là – elle mérite bien ce petit article élogieux dans lequel nous lui rendons justice !

Boy A, jeux d’enfants

09avr

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   Un livre, un film

 

 

Avant de devenir un film – actuellement au cinéma, courez le voir ! – Boy A est un roman de  Jonathan Trigell intitulé Jeux d’enfants qui ressort dans la collection de poche Folio policier. Paru en 2004, il avait reçu le prix Waverton Good Read Award récompensant en Grande-Bretagne le meilleur premier roman de l’année. Ce n’est pas à proprement parler un roman policier mais plutôt un roman noir et social avec, en toile de fond, la prison et les inévitables difficultés de réinsertion. On suit ainsi le parcours de Jack, âgé de 24 ans, qui vient juste  d’être libéré. Jack n’est d’ailleurs pas son vrai prénom – ayant purgé sa peine, il a eu droit de choisir sa nouvelle identité – exit l’anonyme Boy A,  « le jeune A, ainsi baptisé par le tribunal  pour pouvoir le distinguer d’un autre gosse B », « … son vrai prénom, aujourd’hui, gît telle une mue de serpent à l’intérieur d’un dossier au fond d’un placard dans un bureau dallé de vinyle… »  Condamné pour un crime qu’il a commis quand il était enfant, il a passé toute son adolescence enfermé. Il est d’autant plus touchant et maladroit quand il sort, découvre l’extérieur, les rues, les gens, la ville, la vie, le mouvement – on voit avec ses yeux, sa perception : « Il se rend compte que « le vaste monde » n’est pas seulement une expression. Les rues sont larges, les maisons hautes, les horizons extraordinairement dégagés ; même les petites épiceries de quartier sont spacieuses. Il y a partout de profondes cavernes  pleines de disques et de vidéos, de clopes et de bière. De près, les arbres  semblent plus verts, les murs plus rouges,  les fenêtres plus transparentes ». A l’écran, Andrew Garfield, le jeune acteur qui incarne Jack est magnifique, tout en sensibilité et en retenue. C’est qu’il a tout à apprendre : du comportement le plus anodin aux émotions et aux sentiments, des premiers émois amoureux en passant par l’amitié, le travail etc, jusqu’au jour où… On n’en dira pas plus, juste qu’un grain de sable peut muer l’espoir en déception, et le passé vous rattraper inéluctablement. Ce qui, juste-là, semblait un roman ou un film de rédemption tourne alors à l’implacable – la fatalité explose cruellement, à vous arracher des  larmes à la dernière page du livre ou à la dernière image du film.

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