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Larry Brown, dernier hommage

13août

brown-usine.jpgVient de paraître dans la collection Folio policier l’ultime roman de Larry Brown L’usine à lapins - il n’y en aura pas d’autre puisque l’auteur est mort en novembre 2004. Larry Brown, nous, libraires, nous l’avons aimé. Alors, dans le rayon polar, sur un présentoir, nous avons mis en avant ses titres : ses cinq romans et ses deux recueils de nouvelles. Une petite place en forme d’hommage. Car chacun de ses livres nous rappelle de mémorables souvenirs de lecture.

brown-sale-boulot.jpg

Son premier s’intitulait Sale boulot : un choc ! Le roman mettait en scène deux rescapés du Viêtnam, mutilés de guerre. Le livre est composé de leur dialogue l’espace d’une nuit, alors qu’ils partagent la même chambre d’hôpital. Terrible et poignant. C’est le prélude à une oeuvre placée sous le signe de la désespérance, de l’alcool, de la misère, de la prison - thèmes de prédilection de l’auteur. Ses personnages sont à la dérive, leurs destinées empreintes du sceau de la fatalité.

 

 

brown-joe.jpgJoe raconte l’histoire d’une famille en errance : la mère devenue folle, le père alcoolique, les enfants livrés à eux-mêmes, la faim… Tout l’univers de Larry Brown est là, qui met en scène des paumés, laissés pour compte de la société. En toile de fond : le Sud profond des Etats-Unis, avec ses “petits blancs”, l’ennui, le chômage. Le fils Gary, qui veut s’en sortir, va trouver un modèle : Joe, qui donne son titre au livre, Joe, qui l’embauche et qui va s’ériger en protecteur -peut-être une lueur d’espoir ?

 

 

brown-fay.jpgOn peut lire Fay comme un dyptique où Brown revient sur la famille Jones en prenant pour personnage principal l’une des deux soeurs de Gary - une adolescente obstinée dont on va suivre la destinée. Roman d’initiation, passage de l’adolescence à l’âge adulte, perte de l’innocence… Il y a quelque chose de Faulkner chez Brown - non seulement ce territoire géographique qu’ils ont en commun : celui du Mississippi - mais aussi ces frontières humaines floues où le bien et le mal se mêlent inextricablement.

 

brown-pere.jpgPère et fils est construit comme une tragédie sur fond de haine et d’alcool. Le début donne le ton car, à peine sorti de prison, Glen va commettre deux meurtres… Comme dans ses deux recueils de nouvelles Dur comme l’amour et Faire front, l’alcool est un motif récurrent dans l’oeuvre de Brown. Encore une histoire magnifique de paumés, empreinte d’humanité, par ce grand écrivain du Sud - faites passer le mot : il faut absolument lire Larry Brown !

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