Posts Tagged ‘Prix Goncourt

Trois flammes savantes

10déc

Marie NDiaye interrogée par Dominique RabatéMarie NDiaye est une coureuse de fond. On le soupçonne tout au moins à la lecture du programme de sa semaine qui va la voir traverser la France de part en part pour rencontrer son public, auréolée de ce Goncourt qui astreint ses lauréats à la rude épreuve des conférences-signatures. Elle nous a fait la joie de revenir nous voir pour s’entretenir avec Dominique Rabaté qui connaît particulièrement bien son oeuvre (qu’on se souvienne de son livre chez Textuel) avant de signer pour les aficionados de toujours et ceux qui le découvrent depuis quelques mois stupéfaits. Vous pourrez écouter le podcast de cette rencontre et moins regretter d’avoir loupé le tram, vous être trompé de jour ou avoir renoncé devant l’affluence. Et puis il vous reste la chance de lire ou relire ce magnifique Trois femmes puissantes qui confirme sa place éminente dans notre littérature.

Jean-Yves Cendrey sans réserve

16nov

Jean-Yves Cendrey chez MollatLa venue de Jean-Yves Cendrey qui avait parcouru dans sa confortable quoique imprévisible avantime près de 2000 km pour  rejoindre les rives de la Garonne et nos salons, a coïncidé avec le pic de la polémique auquel il est associé de près puisque un petit ministre en mal de publicité s’est mis en tête d’exiger de sa femme, Marie NDiaye, tout nouveau prix Goncourt que nous avons largement salué ici et dans notre librairie – Marie NDiaye qui sera d’ailleurs notre invitée le 7 décembre prochain -, un « devoir de réserve », ce monsieur un peu lent ayant découvert, providentiellement, quatre mois après sa publication, une interview de l’auteur où celle-ci expliquait l’un des motifs de son départ vers Berlin dont le climat lui semblait moins dangereux pour sa santé, sa famille et son oeuvre que de notre côté de la frontière. Récupération politique évidente, réglement de compte entre ministres puisque c’est Frédéric Mitterrand, qu’on a connu bien plus volubile (son long silence a été suivi par un large pas de côté où il refuse de prendre position), qui paraît viser par cette question écrite d’un député peu connu pour son intérêt pour la culture, littéraire ou pas, cette attaque au coeur d’un houleux débat sur l’identité nationale ne pouvait laisser silencieux Jean-Yves Cendrey, et pas seulement parce qu’on s’en prenait à sa compagne, pas seulement parce que le combat est une attitude qui lui plaît et dans laquelle il peut déployer son style, sa capacité d’analyse et sa vigueur. La rencontre qui a eu lieu dans les Salons Mollat lui a donc permis de mettre quelques poings et points sur les « i » et de nous annoncer qu’on ne va pas en rester là et que les écrivains, qui sont tous concernés par cette attaque impensable à leur liberté de création, vont à leur tour bouger et faire savoir que le vilain ragoût du député ventripotent mérite de quitter la table sous les huées. A la suite de son explication attentivement écoutée, Jean-Yves Cendrey a pu embrayer sur ce nouvel espace littéraire qui est devenu son terrain de jeu créatif, cette Allemagne et notamment Berlin dans lesquelles il a situé l’action de ses deux derniers textes, Honecker 21 dont nous avons déjà parlé ici et Le Japon comme ma poche, petit récit d’anti-voyage entre Berlin et Tokyo. C’est de tout cela mais plus encore de cette nouvelle vie berlinoise qu’il évoque dans cette heure de rencontre passionnante que nous vous invitons à revivre sur nos podcasts.

Les nominés étaient….

15oct

alfred_nobel_rgb_72dpi.jpgDepuis jeudi, on ne compte plus les lecteurs avides de découvrir -ou de redécouvrir- l’oeuvre du tout dernier prix Nobel de littérature, Jean-Marie Gustave Le Clézio. Eh oui, la surexposition médiatique a parfois du bon!

Inutile donc de vous rebattre les oreilles de l’immense talent de l’auteur de La Ronde et L’Extase matérielle. Nous aimerions plutôt vous parler de ceux qui, jusqu’à jeudi dernier, avaient encore une chance de remporter ce fameux prix, ces auteurs aujourd’hui « recalés » du Prix Nobel et dont le génie n’est évidemment pas à démentir.

Citons pêle-mêle…

Joyce Carol Oates, auteure américaine pour le moins prolifique qui signe avec son dernier opus, La Fille du fossoyeur, un véritable chef-d’oeuvre, son souci est qu’elle est américaine et que le président du Jury Nobel s’en est pris avec dureté à cette littérature jugée insulaire et repliée…

Haruki Murakami, que certains d’entre vous connaissent pour son Kafka sur le rivage. Un écrivain japonais au style limpide et terriblement poétique, et dont les histoires oscillent sans cesse entre réel et imaginaire : le dernier prix Nobel Japonais était Kenzaburo Oe, un auteur difficile concerné par l’idée de destruction des civilisations.

Philip Roth, américain lui aussi donc « recalable », dont les textes souvent intimistes et sans pitié ont tous à leur manière une dimension universelle -pensons à son dernier ouvrage, Un Homme, ou encore à La Tache.

L’Israëlien Amos Oz, auteur entre autres d’Une histoire d’amour et de ténèbres, un roman autobiographique où l’intime se conjugue avec l’Histoire : la puissance de son écriture en fait un candidat très sérieux pour l’avenir. Le dernier Prix Nobel Israëlien fut Samuel Joseph Agnon, l’un des lauréats malheureusement les moins connus.

Le Français Simon Leys : auteur inclassable, écrivain hors norme et aussi sinologue, pratiquant peu le genre romanesque, un des esprit les plus lucides de son temps, qui n’a de cesse de se méfier des idéologies, ce qui n’est pas pour déplaire aux scandinaves, grands pourfendeurs de totalitarisme. Chez les Français circule aussi depuis des lustres le nom d’Yves Bonnefoy, grand poète qui peut donc dire adieu à ses derniers espoirs.

Claudio Magris, écrivain italien originaire de Trieste, dont l’oeuvre dense et ambitieuse aborde une réflexion sur l’espace, le territoire, la frontière et la liberté – à lire sans retard pour se façon d’interroger l’Histoire : Microcosmes, Danube, Trois Orients

En espérant que ces quelques phrases vous donneront envie de lire, et de découvrir encore et encore…

 

Et pour tous ceux qui aiment lire « à contre courant », sachez que l’équipe poche a installé une vitrine consacrée aux « Goncourt oubliés »; l’occasion de découvrir, à l’heure des prix littéraires et du battage médiatique, des auteurs dont on ne parle presque plus et qui sont pourtant non moins talentueux.

 

 

 

 

 

 

 

Chercher sur mollat

parmi plus de 300 000 titres.

Actualité
Podcasts
Rendez-vous
Coup de cœur