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La dernière enquête de Henry Rios

10sept

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MICHAEL NAVA clôt sa série

        mettant en scène

son avocat gay Henry Rios

         à Los Angeles

 

 

Vient de paraître la septième enquête de la série : Les défroques du coeur - on s’en réjouit - mais qui sera la dernière - on s’en désole ! Car on regrette que son auteur ait décidé de mettre un point final aux aventures de son personnage, Henry Rios, personnage attachant et sensible, spécialisé dans les affaires judiciaires mettant en cause la communauté homosexuelle. Comme son auteur, Rios est d’origine hispano-américaine, précisément Chicano, dans un environnement dominé par les Anglo-Saxons et qui, plus est, homosexuel - et donc confronté à la fois au racisme et à l’homophobie. Les romans policiers de Michael Nava - il a lui-même longtemps été avocat au barreau de San Francisco et sait donc de quoi il parle - ont à coeur de dénoncer les mécanismes de l’appareil judiciaire américain, et notamment de l’Etat de Californie, que l’on imaginerait moins sectaire envers les gays - à tort. Rejet, oppression, homophobie, y sont aussi monnaie courante qu’ailleurs…

Dans ce dernier opus, Rios est victime d’un infarctus en pleine plaidoirie et hospitalisé d’urgence. Contraint au repos, il dresse un bilan de sa vie  -  notamment les années passées avec Josh, son compagnon que le sida a emporté - et, se rapprochant de sa soeur, va découvrir un secret familial qu’il était loin de soupçonner… On retrouve avec plaisir toutes les qualités habituelles de M. Nava :  une plume fluide et sensible, alliée à une finesse d’analyse,  des personnages subtils, et des intrigues qui font la part belle à la psychologie.

Laissons le dernier mot à l’auteur - petite considération en forme de bilan sur son oeuvre  : “Mon association avec Rios s’est révélée l’une de mes plus durables relations. Sans le vouloir, j’en suis arrivé à rédiger la chronique de l’existence d’un homme qui n’est pas loin de mes contemporains gays. Et, ce faisant, j’ai peut-être aussi également écrit une sorte d’autobiographie spirituelle”.

 

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Dans les townships

11juin

flag_of_south_africasvg.pngL’actualité de l’Afrique du Sud rime malheureusement trop souvent avec crimes, meurtres, et désordres en tous genres. La fiction s’est emparée de cette violence au quotidien, si bien que l’on ne s’étonnera pas de la noirceur des romans policiers qui se déroulent dans ce pays…

 

Deux excellents (et implacables) polars : Le Noir qui marche à pied de Louis-Ferdinand Despreez et Zulu de Caryl Férey, tombent à pic pour illustrer la situation explosive de la nation arc-en-ciel après l’apartheid. Le constat est terrifiant et fait froid dans le dos.

Perspective d’une lecture en “parallèle” entre ces deux titres qui ont bien des points communs :

- l’accroche : une visite dans un parloir de prison pour le premier, une scène de lynchage pour le second - dès le début, le ton est donné ! Noir, c’est noir…

- le flic : le protagoniste de Despreez, l’inspecteur Zondi, dont c’est ici la deuxième enquête (après La mémoire courte) est un Zoulou qui se voudrait rédempteur, prêt à être sur la brèche jour et nuit pour éradiquer le mal. Dans le roman de Férey, Ali Neuman, chef de la police criminel de Cape Town, est lui aussi Zoulou - son frère est mort tué sous ses yeux, cela explique sans doute sa vocation.

- l’intrigue : les deux sont aussi sombres l’une que l’autre, à savoir des enlèvements d’enfants à la sortie de l’école dans Le Noir qui marche à pied, des jeunes femmes retrouvées assassinées et défigurées dans Zulu.

- le style : à l’image de l’histoire qu’ils nous content, l’écriture de ces deux auteurs est au scalpel - impeccable et implacable !

- des scènes choc : à couper le souffle du lecteur - une scène de torture insoutenable dans Zulu, la macabre découverte de corps dans Le Noir qui marche à pied.

- les auteurs : ils écrivent tous deux en français, Louis-Ferdinand Despreez doit son prénom français à ses ancêtres huguenots émigrés en Afrique du Sud, où il vit, il écrit directement dans notre langue - quant à Caryl Férey, il est bien français, même si son nom ne l’indique pas !

- en résumé : deux polars impressionnants - pour amateurs de sensations fortes !

 

 

 

 

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