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Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma

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Publié le 20/03/2018
Billet d’humeur d’ Elise Maret, étudiante en B.T.S. Commerce international.
Ahmadou Kourouma, écrivain ivoirien, a reçu pour Allah n’est pas obligé le prix Goncourt des lycéens en 2000, année de sortie du roman. Il est reconnu comme l’un des écrivains les plus importants du continent africain. D’une manière assez engagée, il nous emmène, à travers cette histoire, à la découverte des terribles épreuves d’un enfant soldat nommé Birahima.
Laissez-vous guider dans ces aventures hors du commun !

Nous sommes à la fin du XXème siècle, dans les années 1990. Birahima, âgé de 10 ou 12 ans, est né dans un village à la frontière entre la Guinée et la Côte d’Ivoire. Suite à la mort de sa mère, il se voit dans l’obligation de quitter son village afin de partir vivre avec sa tante maternelle qui habite au Libéria. Il va alors entreprendre un périlleux périple accompagné d’un féticheur débrouillard originaire de son village natal. Ensemble, ils vont vivre et survivre à de nombreuses attaques en tant qu’enfant soldat et féticheur particulier dans chacune des factions traversées. Le fil conducteur de cette œuvre reste bien évidemment la recherche de la tante Mahan, qu’ils finiront, ou pas, par retrouver. Ils traversent ainsi la Sierra Léone et le Libéria, qui sont les pays d’Afrique de l’Ouest les plus meurtris par les guerres tribales. Avant de prendre une telle décision, ils ne mesuraient certainement pas l’ampleur de l’horreur dans laquelle ils allaient être plongés. Je n’en dirai pas plus pour ce qui est du résumé, je vous laisse découvrir les différentes péripéties de ce voyage cauchemardesque. Âme sensible s’abstenir car le degré de violence présente très élevé fait froid dans le dos.

Toutes ses aventures sont rythmées par des coutumes, des croyances, des superstitions mais aussi beaucoup trop par la drogue, la violence et la guerre. En effet, les enfants sont des êtres facilement manipulables et les envoyer au front en tant que martyrs après les avoir drogués est terriblement malsain et criminel. La soif de pouvoir est bien présente durant toute l’œuvre, et c’est elle qui explique la terreur subie par les pauvres citoyens, qui ne sont, hélas, que de simples pions. Selon moi, ce sont des actes injustifiables qui n’ont pas lieu d’être, mais dans un climat comme celui-ci, on va au plus urgent et la priorité des peuples est de fuir au plus vite, sauver sa peau et non tenter de renverser ceux qui sont à l’origine de ses massacres.

Le nombre de morts provoquées dans cette histoire est incalculable et le fait qu’il s’agisse en grande partie d’enfants renforce ce sentiment d’injustice que j’ai éprouvé et que chacun ne peut manquer de ressentir. De plus, ils ont tous un point commun : ce sont des enfants perdus, sans repères solides qui se laissent donc emporter par cette éventuelle meilleure vie qu’ils trouveraient ailleurs, dans les camps militaires.

D’un point de vue historique, cette œuvre d’Ahmadou Kourouma est très instructive. Elle reflète bien le désordre qui fût installé par les guerres tribales en Afrique de l’Ouest. Ces atrocités ont bien existé même si l’histoire est inventée et cela m’a interrogée : comment de telles monstruosités peuvent-elles encore se produire à notre époque ? Ces enfants sont déshumanisés et leur existence est en grande partie détruite à tout jamais. C’est un sujet fort qui est trop présent en Afrique et contre lequel nous devrions nous battre. A ce titre, ce livre doit être lu même si certaines scènes peuvent choquer mais après tout, être choqué peut aussi nous amener à réagir.

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