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Allez aux nouvelles !

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Une actualité de Administrateur
Publié le 06/06/2012
Notamment composé des écrivains Didier Pourquié et Hervé Le Corre, le jury de l'édition 2012 du concours de nouvelles organisé chaque année par le lycée Montaigne a désigné son lauréat en la personne de Justinien Lastécouères. Elève discret, Justinien Lastécouères lit énormément, aime Italo Calvino, Romain Gary et Borges après avoir lu Balzac, Dostoïevski et Alexandre Dumas. Son ambition est d’être écrivain en parallèle du métier de psychiatre qu’il souhaite exercer… Voici le texte qui a séduit les jurés :     LES ARCHÉOLOGUES (CRONOS NE MANGERA PLUS PERSONNE) « Du ciel l’être suprême envoie les douces fleurs qui chassent notre amertume. » Citation de la sagesse aztèque. Tête en avant, je m’enfonce centimètre après centimètre dans le boyau obscur. Mes épaules frottent contre les parois. Impossible de faire demi-tour. Pour ne pas céder à la claustrophobie, je pense à ma dernière bière glacée sur les rives du Texcoco. Surtout, j’essaie d’oublier que douze types énervés m’attendent à l’entrée du tunnel. Les quinze autres sont morts noyés dans un torrent, brisés au fond d’un ravin, mordus par des serpents. Comme je suis à l’origine de l’expédition, ceux qui restent ne m’aiment pas beaucoup. Mes mains arrachent des morceaux de calcaire. En une seconde, mille tonnes de roches peuvent me tomber dessus. Je crois qu’aucun de ces types n’irait pleurer sur mon sort. Seul le fric les a conduits ici. Il y a longtemps que mes discours sur la grandeur des Aztèques leur fait autant d’impression que le bras d’honneur d’une grand-mère attaquée par un grand requin blanc. Ces discours ont pourtant permis autrefois de me faire passer pour un ethnologue renommé à l’université de Chicago, de lever la somme d’un million de dollars pour monter l’opération qui devait remonter aux sources de l’Amérique précolombienne, et de vivre pendant trois ans dans le confort d’un hôtel quatre étoiles sur la baie de San Francisco. Coincé dans l’étroit boyau où l’air commence à manquer, j’ai la nostalgie du vaste lit face à la mer que doit occuper aujourd’hui un obèse péquenot enrichi par quelques fonds de pension. Encore une heure à ramper dans les ténèbres, à mâcher de la poussière, à m’arracher les ongles. Si je ne tombe pas sur un nid de mygales, je pourrai souffler un peu. J’arrive enfin dans la salle mortuaire. Ma lampe éclaire les peintures murales, rien que des dessins d’enfants sur lesquels des spécialistes rédigeront bientôt quelques thèses de huit cent pages. Mais ce ne sont pas des chercheurs ni des philanthropes qui ont financé ma mission. Ce sont des collectionneurs. Des types qui ouvriraient le ventre de leur propre enfant s’ils avaient une chance d’y trouver une statuette en os du 6ème siècle avant J.-C. Et je sais que parmi les douze salopards qui m’attendent à la sortie du tunnel, il y en a au moins douze qui joueront du coupe-coupe si je ne leur apporte pas un bibelot primitif sur lequel ils bâtiront une fortune. Avec mon pied-de-biche, j’arrache le couvercle de la sépulture. Je ne vous mentirai pas, mon cœur bas à cent à l’heure. Dans la boîte, il n’y a rien qu’une momie desséchée. Son sourire lui remonte jusqu’aux oreilles. La tombe a été manifestement pillée. Rien dans la boîte, cela signifie la fin de ma vie et – cela devrait me paraître très important – de l’expédition. Cela veut dire qu’avant que le soleil de ce jour-ci n’ait décliné, j’aurai le même sort que la momie. Je bouche absurdement l’entrée du tunnel avec quelques pierres et je m’étends à terre, à ses côtés, au milieu des glyphes étranges… Je ferme les yeux. Malgré tous les obstacles que j’ai contournés, tous les coups durs dont je me suis sorti, malgré la varicelle, les oreillons, et toutes les maladies de la petite enfance, faut-il que je meure maintenant, moi aussi ? J’entrouvre les yeux, et aperçois sur le plafond recouvert de stuc une pierre sculptée très compliquée sur laquelle on voit un roi – la momie ? – manœuvrer une machinerie incroyable de bidules. Un de mes estimés collègues aurait probablement dit qu’il s’agit en réalité d’une représentation de la descente du corps vers les dieux souterrains et de sa renaissance à travers la végétation. À mes yeux il ne s’agit que de sortes de misérables petits labyrinthes qui s’enroulent et se déroulent indéfiniment… Je me mets à penser au présent, mon présent, ce que les psychologues de mon beau pays appellent le specious present, qui a une durée qui varie de quelques secondes à quelques millisecondes. C’est ce que dure l’histoire de l’univers. Partout des hommes, à diverses époques : des Olmèques, des Zapotèques, et même des Bantous, dont un honoré collègue s’occupe peut-être à l’instant où je parle, le seul instant véritable. Où plutôt, non, tous les instants vécus par les hommes existent, et c’est le temps qui n’existe pas, cet assemblage chimérique d’instants insécables. Mais si le temps est un processus fondamentalement mental, comment peut-il appartenir à tants d’hommes – où même à deux en même temps ? Mes sensations sont les mêmes que celles de ma momie. Suis-je la momie ? Cette douloureuse pensée me sort de ces divagations que je ne me serais jamais imaginé énoncer (tout le monde sait au bar que le vieux Bertie n’a pas inventé l’eau chaude ; l’effet de trop de nourriture intellectuelle ingérée sans doute… à moins que ce soit le climat… la bouffe…), bref, revenu au souvenir insupportable de mon vieux corps malingre dans une crypte maya, je bave de terreur et de haine et bondis sur mes deux jambes, tel une de ces figures mayas (ou olmèques ? ou zapotèques ?) mi hommes, mi jaguars que j’aurais déjà dû rapporter à mes honorables mécènes. C’est alors que j’aperçois une dalle en basalte encore plus mal mise que les autres : le signe d’une sortie imminente !* *Un article de Patrick Jean, ethnologue reconnu, nous renseigne sur ce passage obscur, où l’auteur semble avoir surestimé les compétences du lectorat en matière d’archéologie. Les pilleurs de tombes de la région procèdent ainsi : ils s’assurent de l’aide d’autochtones qui connaissent parfaitement les pratiques religieuses de leurs ancêtres. Ceux-ci, à l’aide de longues perches, délimitent alors un espace très précis (en fonction de l’orientation nord-sud rigoureuse des tombes), où s’empressent de creuser les pillards, qui ne tardent pas à trouver un des murs de la tombe. (« La revue ethnologique »,n°329) (Note de l’éditeur) Je m’empresse de pousser la dalle, qui cède assez facilement (sans doute la tombe n’a-t-elle pas été ouverte depuis trop longtemps), et débouche aussitôt à l’air libre, sous le ciel bleu intense de la forêt tropicale. Le complexe de tombes émergeait de cette forêt, dominé par d’épaisses montagnes de végétation : d’énormes ficus aux troncs multiples comme des racines, des maculis aux feuillages couleur lilas, des aguacates, chaque arbre enveloppé dans un manteau de lianes, de plantes grimpantes. Ce fut en descendant le talus sur lequel les sépultures étaient érigées que je fus pris de vertiges. Il n’était pas question que je retourne à notre bivouac, et j’avais préféré m’enfoncer dans la foule bruyante des arbres – sons et couleurs – que semblent déverser et ingurgiter sans cesse les sépultures. Je tombe au sol et m’endors sur un bas-relief du soleil jaguar. Aveugle pour les fautes, le destin peut être implacable pour les moindres distractions. Impatient d’arriver à la crypte, je n’avais pas pris le temps de vérifier où je mettais les pieds. Quelque chose dans l’obscurité m’effleura la jambe. Une chauve-souris ? Un oiseau ? Il semblerait que ce fut un couple de petits scorpions, qui sommeillaient entre les pierres. Je réussis à dormir. Mais à l’aube, je fus pris de fortes fièvres, et la saveur jusque là agréable de la forêt devint pour moi un enfer, et les figures olmèques d’humains à la tête aplatie d’enfants potelés de figures au crâne déformé et à la dentition mutilée servirent d’illustration à mes délires. Un jour passa, aussi long que mille ans. Un soir, étendu sur le dos, j’entrouvre les yeux, et vois un plafond oblique de roseau. De l’autre pièce me parvient une mélodie lancinante de gitarrón, qui joue de ces vieux airs mexicains qui me rappellent des soirées rassurantes vécues dans la capitale, vécues et oubliées. Mais ce souvenir, au lieu de me rasséréner, ne me fait que plus sentir ce sentiment de distance que j’éprouve, depuis le début de l’expédition, de façon continue. Le joueur était un indien lacandon, de ceux qui se déplacent par petits groupes communautaires dans la forêt du Chiapas. Ce peuple vit essentiellement de la chasse et de la culture sur brûlis. Mais mon sauveteur, à ce que j’ai cru comprendre, était une sorte de marginal, qui était arrivé dans la région voici quelques années. Les autochtones s’étaient habitués à voir ce petit vieux au visage travaillé par le temps. Sans doute avaient-ils éprouvé la même fascination que leurs ancêtres pour les gens dérangés, car ils lui attribuaient je ne sais quels pouvoirs chamaniques et autre stupidités. « ¿ Cómo esta tu brazo ?, are you all right? » me demande-t-il. Oui, mon bras va bien. « ¿ Y tu lengua ?» Ma langue? Bof, ça va. « Por que despues està terminado », parce qu’après c’est fini. Je vais pleurer tellement je suis ému… Un enfant indien entrouvre la porte. Le vieux lui demande des yeux ce qu’il se passe. L’enfant, manifestement aussi taciturne que l’autre, lui fait signe de regarder par la fenêtre. Nous nous tournons tous les deux vers elle. On ne voit que la plaine abstraite aux derniers instants du soleil, comme sortie d’un rêve. « Les temps sont peut-être arrivés à leur fin, le soleil est las de se lever, Cronos n’a plus de victimes à dévorer, le soleil est ralenti dans sa course, les âges et les saisons sont bouleversés… et les salopards s’en tirent toujours ! » La voix qui arrangeait manifestement à sa sauce la poésie aztèque, je l’aurais reconnue entre mille : c’était celle d’Edmund Fuchs (ou Fuchs-le-Putois), le pire de la bande des collectionneurs, qui – je crois – ne m’aimait pas beaucoup. Il me dit aussi que tous les autres avaient fini par crever de faim et que j’allais le payer. Il avait déjà le poncho sur le bras, mais moi, plus rapide, je sors mon vieux coutelas et le lui lance dans la carotide. Il s‘effondre instantanément. Le vieux me regarda bizarrement. Il n’avait pas beaucoup aimé le coup de la carotide, mais, habitué comme un animal à vivre dans le présent, il se calma vite et ronchonna, marmonnant que le précédent explorateur était moins violent que moi. — Comment ? Il y a eu d’autres explorateurs avant moi et ce type ? m’écriai-je. Oui, il y en avait eu. Un Français qui, comme moi, s’était fait piquer par une de ces saloperies mais qui en était mort. Un type qui leur avait laissé de vieux bibelots… Le vieux me les montre, réunis dans une hutte voisine, au milieu de carcasses d’animaux salées et de céréales. Je prends une statuette partiellement recouverte de cinabre et l’examine : déformation crânienne, strabisme volontaire. Je reste là, un moment, incrédule. Mais il n’y a pas de doute possible. J’ai devant moi une authentique statuette olmèque. J’ai tout acheté à ces imbéciles : je leur ai donné cent dollars, plus les trois cent qu’avait Edmund. Pour un trésor qui se négocie vingt millions à New-York ! ***** Le soleil de Chicago dispense une clarté bienveillante, mais l’entrée de l’immeuble est dans l’ombre, bien que ce soit un des plus hauts immeubles de la ville. J’entre. Un groom me demande : Vous êtes celui qu’attend le docteur Verzocchi ? Et, comme j’opine de la tête : C’est au dixième, au fond du couloir. Je lui jette une pièce (ma dernière). J’ai en effet fait expertiser mes découvertes afin de les vendre, et le docteur Verzocchi possède toute la confiance de sa profession. Si vous voulez mon avis, c’est plus un maniaque. Il paraît qu’il est obsédé par les figures mayas depuis qu’il a eu une fille handicapée. Les couloirs de l’immeuble zigzaguent comme les labyrinthes de Palenque. Cette réflexion me fait penser à ce site magnifique où j’avais fait mes premières armes (qui ne furent pas bien glorieuses) dans le métier ; un vrai labyrinthe de ruines perdu dans la forêt des territoires mayas. J’arrive devant la porte de Verzocchi, et sonne. Celui-ci ouvre, et me dit lentement : — Bonjour, cher monsieur. Car vous êtes bien B. Wallace ? Entrez. Nous arrivons dans une sorte de petit musée de figurines orientales et précolombiennes. Je reconnais, dispersés sur les meubles rares, une poterie portant un décor olmèque et un phénix en bronze que mon inconscient identifie comme perse. J’aperçois aussi un grand vase chinois bleu d’une teinte raffinée… Verzocchi m’observe d’un air amusé. Il est très grand, et, avec l’élégance discrète de ses cheveux blancs et de ses traits marqués, luttant en vain contre son embonpoint méditerranéen, il y a en lui une sorte d’équilibre mystérieux qui impose immédiatement le respect. Nous nous asseyons ; moi, sur un petit fauteuil bas, lui, sur le rebord de sa fenêtre dont la vue embrasse le centre de Chicago. — Etonnantes œuvres que celles des olmèques, dit-il. Partis de riens, à la manière des Egyptiens, ils créent un pouvoir politique et religieux solidement institué. Leurs cités développent une iconographie complexe dont les arts lapidaire et céramique gardent l’empreinte. Les Mayas et les Aztèques s’inspireront toujours de leurs réalisations magnifique, dont une grande part a disparue dans les gigantesques autodafés dont furent responsables les religieux espagnols. — Maudits soient ces curetons, répliquai-je. Et, sentant que j’ai peut-être gaffé, j’ajoute : ils n’avaient rien compris à leurs histoires de calendriers… — Vous avez raison. Les calendriers des anciennes civilisations mexicaines traduisent une conception cyclique et tragique du temps : tous les cinquante-deux ans, le calendrier se finissait, des sacrifices étaient ordonnés, des enfants étaient brûlés afin de repousser l’échéance divine… ce sont des scènes admirablement représentées sur vos bas-reliefs : voyez… les villages conquis, les hiéroglyphes ; voici les prisonniers enchaînés et la tête des victimes empalées sur le tzompantli… Son visage, éclairé par une petite lampe, a quelque chose d’inébranlable. Il se met à lire avec une lente précision les glyphes mayas, qui racontent la marche au combat des armées, les victoires remportées. J’écoute avec une réelle vénération pour ces peuples, peut-être moins fasciné par la lecture que par le fait que ce soit moi qui aie rapporté tout ça : « C’est ainsi que le vingt-et-un avril cinq cent dix-neuf, les troupes de Calakmul envahirent Palenque et massacrèrent les habitants, la main ferme, résignée et tranquille… » Verzocchi s’arrête brusquement, comme s’il était temps de me dire quelque chose : — Malheureusement, toute votre collection est fausse. Je me redresse. — Pardon ? — J’ai vérifié le trait, le style, la matière première, la surface et l’état de conservation des pièces. Il y a des caractéristiques qui ne correspondent pas à la période préhispanique. Il y a beaucoup de faux en circulation, vous n’êtes pas le premier. Ça ne va pas ? — Ce n’est rien bafouillai-je. Il me demande de le suivre dans sa salle de bain, avec un bébé en terre cuite, le joyau de la collection. Et, comme pour achever de me convaincre, il plonge la statuette dans l’eau. Vous voyez ? Il me désigne un point de la statue resté clair. «C’est le seul fragment qui ait réellement trois mille ans. » Et, comme s’il pensait à haute voix : — Les autres, je leur en donne vingt. Je suis désolé. Je ne sais pas où je trouvai la force de rester debout. « et massacrèrent les habitants, la main ferme et tranquille. » Alors, les statuettes primitives de tous les coins perdus de la terre amassées autour de moi me semblaient vivantes. Les figurines de guerriers m’inspiraient une pullulation dans le corps, un malaise profond et intangible comme une musique. — Vous pouvez me remontrer l’endroit ? articulai-je faiblement. Verzocchi cherche sur la pièce. La suite fut irréelle et instinctive. Je tire mon couteau et lui plonge dans la gorge. Je maintiens la lame enfoncée quelques secondes, et la trempe dans la bassine d’eau. La réalité aime les symétries et les légers anachronismes. J’ai été pris de malaises en descendant de la tombe, je suis pris de malaise en descendant l’escalier de l’immeuble. Je sors, je remonte à la lumière du jour. Mais ce n’est plus le bon vieux soleil de Chicago, c’est le soleil jaguar. La ville tourbillonne, je tombe, la poitrine déchirée par le couteau d’obsidienne, je marche d’un pas douteux dans cette cité que brûle le soleil et qui à son tour absorbe les rayons à travers de denses réseaux de voitures de pare-brises et de végétation je tombe au milieu de la route comme un serpent qui dévore la ville et que la ville dévore dans ce processus interminable qui ronge tout collectionneur je n’ai pas de destin sur terre j’ai tué deux personnes mais c’est moi qui suis mort. Traduction Hernán Crémieux

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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