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Danger : lecture !

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 04/12/2010

black outBlack-out est l'exemple même de ces romans d'anticipation propres à éclairer notre présent dans ce qu'il a de plus inquiétant. Imaginez l'Angleterre, dans quelques années, choquée par un attentat terriblement meurtrier fomenté par des adolescents après la lecture d'un livre qui les a inspirés, guidant quasiment leurs gestes jusque dans la réalisation de la bombe. Pour mieux protéger les citoyens, le gouvernement ne cesse dès lors de les contrôler, maillant les villes de milliers de caméras détectrices de visages, chacun étant suivi, partout, en toute circonstances. Dans le même temps, la littérature jugée subversive est passée au crible par les censeurs, les listes de livres interdits s'allongent et les Récrivains se mettent au travail, éliminant des livres dangereux ce qui pourrait troubler la sérénité des jeunes générations comme celle de leurs parents.

 C'est dans ce contexte que Stefan, fils de libraire, seize ans, passe son temps au milieu d'étagères qui se vident après les passages répétés des hommes en noir. Il n'a lu que les livres récris imposés au collège et ne comprends pas l'attachement que son père peut avoir pour certains exemplaires rares. Que cache son père, quelles sont ses sympathies pour cette organisation terroriste, "les Mots". Si son père était proche d'eux, ne faudrait-il pas le dénoncer comme on le lui a appris au lycée. A qui faire confiance ?... La lecture - tardive - d'un vrai livre, non réécrit, (1984 en l'occurrence) va à jamais changer son regard sur la vie,  introduisant pour la première fois dans son esprit un questionnement salvateur sur les ambiguïtés du monde.

Le roman de Sam Mills se lit comme le plus fascinant des thrillers. Ses personnages complexes, aux certitudes vacillantes, le contexte de tension extrême que donne le décor social et politique, les révélations successives qui mettent en péril ce que l'on croyait acquis,  tout concourt à attacher le lecteur à une histoire qui le questionne sans cesse sur la légitimité du terrorisme, sur la sécurité, sur la violence, sur l'amour aussi ou sur la fidélité.

Black-out est de ces livres qui font lire d'autres livres, qui répandent le virus : celui de la curiosité, de l'intelligence, de la résistance même, de celle qui fait que les hommes se tiennent droits par leur capacité à penser par eux-mêmes, à développer leur libre arbitre, à gagner ainsi le droit de faire des choix en connaissance de cause, à être libres.

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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