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Etre (ou ne pas être)...écrivain

1928_etre-ou-ne-pas-etre-ecrivain
Une actualité de Véronique D.
Publié le 19/08/2012

 Une fois n'est pas coutume, après le superbe Sans la télé de Guillaume Guéraud, un autre texte largement autobiographique paraît dans la non moins superbe collection Doado aux éditions du Rouergue. Vincent Cuvellier, plus connu des plus jeunes lecteurs, se frotte à l'exercice délicat de l'autofiction avec une vitalité désarmante et concentre son propos sur l'écriture, vécue très tôt pour lui comme une nécessité. Une liberté aussi. Lui, écolier relégué aux fillières techniques faute de réussite scolaire, lui qui sera chômeur à 16 ans, lui qui n'a jamais rien réussi va se trouver un lieu, un but, un motif, "un pouvoir magique".

Lorsqu'un copain lui parle d'un concours d'écriture, le jeune Vincent se précipite : écrire, c'est déjà son truc. C'est une nuit que tout se met en place dans sa tête et que l'idée de la nouvelle avec laquelle il va concourir prend forme. Au petit matin, les première phrases sont sous ses yeux : "Un cri. Non. Deux cris. Même si j'ai tué ma mère, je sais que j'ai bien fait.Il n'y avait pas de place pour nous deux. C'était la loi du plus fort, j'ai gagné." Le texte se poursuit, s'étoffe et Vincent Cuvellier en livre la genèse avec générosité et humour. Le premier prix sera pour lui et semble lui ouvrir les portes d'un autre monde : celui où son nom et sa photo orneront les pages des journaux, celui où des écrivains reconnus échangeront avec lui, celui où les filles peut-être le regarderont autrement. Mais les portes se referment aussi vite qu'elles s'étaient entrouvertes et c'est dès lors le long apprentissage de la désillusion qui semble l'attendre.

La fois où je suis devenu écrivain est bien sûr l'histoire d'une vocation mais aussi une bien belle confidence, de celles que l'on ne fait qu'à ses amis. Sans se donner le beau rôle, avec sincérité et juste ce qu'il faut d'amertume, Vincent Cuvelier dit avec pudeur et force son parcours sans jamais se poser en donneur de leçon. L'écriture est un choix autant qu'un besoin, une nécessité vitale certainement bien plus qu'un métier. Voilà un écrivain qui semple bien loin de se plier un jour à sacrifier aux modes et autres tendances du marketing littéraire (mais est-ce que ces deux mots doivent vraiment être rapprochés ?). Sans langue de bois et loin de tout artifice, Vincent Cuvellier dit merveilleusement le pouvoir des mots, des phrases et rend un bien bel hommage à l'écriture. A lire et à faire lire...

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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