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Frère et soeur

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 23/08/2012

S'il y a des livres auxquels on s'attache au fil de la lecture sans qu'ils se soient singularisés pour autant dès la première page - et s'il y en a d'autres qui vous font souffrir du début à la fin à moins que, de guerre lasse et désespéré que la vie ne soit pas assez longue pour perdre du temps,  vous ne les ayez depuis longtemps remisés au placard - il y en a d'autres qui, dès l'entame, vous prenne par la main, le coeur ou l'esprit, allez savoir, et dont vous vous dites (égoïste que vous êtes) qu'ils ont été écrits pour vous.

Si vous me sentez différer le moment de parler de ce livre qui m'a tant émue, vous n'avez pas tord : l'admiration parfois paralyse, rend bien plus maladroit et plus pataud, sans parler de la peur de ne pas trouver des mots aussi beaux...

Bref, ce livre qui est resté là sur ma table plusieurs semaines avec son ciseau menaçant et ces deux petites silhouettes étranges s'est enfin ouvert à la première page : par un jeu de miroir, un garçon retrouve le souvenir de sa soeur jumelle avec laquelle il avait tenté de fuguer quelques années plus tôt. En quelques phrases tout est dit de l'amour qui les lie, de ce lien singulier de la gémellité, de se désir commun de s'échapper (sans que l'on sache encore rien de leur motivation), de la beauté d'un matin de printemps qui voit s'essouffler deux enfants. Et si tout n'est pas dit de l'issue on sait déjà qu'elle est trop douloureuse pour avoir le droit de s'immiscer dans le souvenir.

Dans une chronologie faite de rebonds, de miroirs et d'échos, l'histoire de ces deux-là va nous apparaître entre douleur, frissons, solitude et larmes. Le secret va peu à peu se faire connaître comme une bien troublante révélation. Il serait dommage de trop dire de cette histoire délicate : Emma et Igor ont perdus leurs parents dans un accident de la route et sont séparés, chacun étant adopté par une famille différente. La voix d'Igor mène tout le récit fait de différents fils qui se croisent ou se nouent et entre lesquels il faudra chercher la vérité...

C'est un livre rare que L'attache : exigeant, troublant, subtil. De ces livres dont on a envie de faire tourner les phrases en bouche pour mieux les savourer et en connaître le rythme secret. Entre douceur et violence, entre innocence et cruauté, Françoise Robert joue de l'ombre et de la lumière et l'on ne peut que la remercier pour le plaisir donné ! Un dernier mot : adultes, volez ce livre à vos ados !

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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