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Jusqu'à la mer

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 20/07/2013

"La lumière est belle sur les maïs". Qu'est-ce qu'elle en a à faire, Rosa, du bla-bla de ce type de l'Aide Sociale à l'Enfance qui l'emmène en voiture vers le nouvel endroit où elle va vivre désormais, loin de sa mère, de son père, de sa demi-soeur... Tout ce qu'elle veut Rosa, c'est qu'on la laisse en paix, tranquille sur son parking où elle a ses habitudes. Désormais, c'est au passé qu'elle devra y penser. Au Lieu de vie, le foyer où elle va trainer son mal de vivre désormais, elle va devoir faire avec les autres, des inconnus, éducateurs ou adolescents. Elle va devoir y faire sa place, contrainte et forcée.

On le sent dès les premières lignes, Rosa est en souffrance, étouffe, cherche l'air à moins que ce ne soit tout simplement l'amour... D'un père, remarié et papa d'une autre fille, plus parfaite, plus aimante, qui sait s'y prendre avec les sentiments, d'une mère, qui a baissé les bras depuis longtemps, ne sait plus parler, plus écouter, n'en peux plus...Alors Rosa cherche, tâtonne. Un début de relation, juste humaine, même pas amicale, avec Sister, une fille du Lieu de vie et puis surtout la Dordogne, le fleuve, apaisant, doux, qui l'accueille en ses eaux fraîches et purifiantes. L'ennui est lourd pour tous les ados de ce petit village paisible près de Sarlat. Quand Rosa rencontre Mona, une jeune fille du village, c'est une respiration qui s'offre à elle. Elles se ressemblent ces deux là, à se comprendre sans parler. Mais les portes entrouvertes par un début de complicité se ferment, la déception est vive, ne reste que la fuite. Une fuite en avant, vers la mer, sur la rivière...

Avec ce très beau Trop loin la mer, Frédérique Niobey nous offre un portrait d'ado perdue  brossé à petites touches légères mais fortes, entre révolte et quête de sens, entre colère et quête d'amour. Les dialogues nombreux à la tonalité naturelle résonnent de justesse et de vitalité. Une vitalité si propre aux adolescents et qui semble parfois si éteinte, couvant sous les braises, recouverte par un ennui asphyxiant, paralysant. Au delà d'une ado "à problèmes", Rosa est à l'image de bien des jeunes qui ne parviennent pas à exprimer leurs désirs et dont les rêves paraissent si inaccessibles qu'ils ne se donnent plus la peine de tenter de les approcher. Comme un baume apaisant mais loin d'être lénifiant, ce très joli roman apportera à beaucoup un miroir consolateur... La mer n'est peut-être pas si loin finalement...

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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