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Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde

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Publié le 20/03/2018
Billet d’humeur de Gabrielle Blanquie, étudiante en B.T.S. Assurance.
Le portrait de Dorian Gray où comment l'innocence, la jeunesse et la beauté incarnées deviennent laideur et monstruosité morales....

Ce récit, il faut le rappeler, est l'unique roman écrit par Oscar Wilde. Il est le fruit d'un simple pari entre ce dernier et un autre écrivain tout aussi célèbre, Sir Athur Conan Doyle.
L'intrigue, qui se déroule dans l'Angleterre victorienne de la fin du 19e siècle, débute par un échange entre deux des trois personnages principaux, Lord Henry Wotton et son ami artiste peintre nommé Basil Hallward, discutant dans l'atelier de ce dernier autour d'un portrait qu'il a réalisé et qui attise la curiosité de Lord Henry tant la beauté du jeune homme représenté irradie dans toute la pièce .Ce jeune homme, il s'agit bien sûr de Dorian Gray, vingt ans à ce moment précis de l'histoire , qui fait son entrée seulement quelques lignes plus loin, et par là même la connaissance de Lord Henry.

Ces deux-là éprouvent aussitôt une fascination réciproque : Lord Henri est immédiatement interpellé par la candeur et la splendeur du jeune homme tandis que Dorian Gray est instantanément sous le charme du verbe que n'a de cesse de manier si habilement son aîné, d'autant plus lorsqu'il s'agit de discourir sur la beauté et le péché… Non seulement une amitié indéfectible naît entre les deux hommes mais leurs destins seront liés à jamais pour le pire....
Ce n'est seulement que quelques minutes après cette rencontre que Basil Hallward exécute à nouveau un portrait de Dorian Gray dont il dira que c'est le chef d'œuvre de sa vie. Un nouveau discours pernicieux de Lord Henry sur la beauté et la vue de son portrait découvert à la lumière de ces paroles inspirent à Dorian Gray une sorte de prière : si seulement le portrait pouvait vieillir à sa place tandis que lui resterait éternellement jeune et beau !...
Nous savons bien sûr que son vœu va s'exaucer, mais le portrait ne se contentera pas de vieillir à sa place, il endossera aussi tous les crimes et les péchés de son modèle. Et du vice, sous l'influence cynique de Lord Henry, Dorian Gray en fera son credo jusqu'au point de non-retour...

La recherche de la jeunesse et de la beauté éternelles est le thème central du roman d'Oscar Wilde au travers de son personnage éponyme, Dorian Gray. La manière dont il tombe si rapidement sous la coupe et l'influence de Lord Henry, presque instantanément dès leurs premiers échanges, m’a tout de même interpellée. Seul un être au pouvoir extraordinaire pouvait captiver ainsi une personne au point de lui ôter tout sens critique. Dès lors, l’histoire m’a fait penser à un pacte implicite avec le diable incarné par Lord Henry. Ce dernier, durant toute la première moitié du roman, est le personnage qui prédomine. Lorsque la parole lui est adressée par les différents personnages, notamment par les gens de la bonne société dans les divers dîners qu'il court, s'ensuit systématiquement un discours de son cru, souvent le plus cynique et immoral qui soit. Cela permet à Oscar Wilde, au travers de sa bouche, d'aborder une multitude d'autres thèmes tels que le mariage, les femmes, la société de cette fin de ce siècle, le vice, et surtout le rapport entre le corps et l'âme. La lectrice que je suis a dû faire, je l’avoue, quelques efforts de concentration pour suivre ces débats d’autant plus que j’étais dans l’expectative du devenir de Dorian Gray dans le premier quart du livre jusqu'à ce que survienne enfin l'extraordinaire ...

Oui, enfin, Dorian Gray découvre l'impensable voire l'impossible quand, suite au premier de ses méfaits, il se rend compte que c'est son portrait qui supporte le poids de ses péchés... Qui pourra l'empêcher de vivre comme bon lui semble sans s’encombrer de remords et en plongeant toujours plus loin dans le vice et les plaisirs faciles ? Personne ! A partir de cet instant du livre, je ne lâche plus ce dernier, surtout après le crime inattendu de son héros dont je vous laisse découvrir la nature et j'engloutis avec voracité la suite du récit…Je crois déjà savoir comment cela va finir mais la curiosité est bien là !
La fin est abrupte, certes sans trop de surprise mais bien amenée... Le pacte va au bout de sa logique et moi de ma lecture en regrettant qu’elle ne se finisse déjà, je suis définitivement emportée dans cette atmosphère noire et inquiétante, glauque et sinistre qui interroge sur la noirceur de l’âme humaine en dépit des soubresauts de la conscience bien tardifs du personnage principal…
Quand on sait que ce roman a été écrit sur un pari, moi je dis bien joué !

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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