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Les lycéens écrivent aussi (2ème édition - billets n°10 et 11)

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Une actualité de Administrateur
Publié le 05/11/2012

logocondorcet.jpgBillet sur Le Grand Cahier d'Agota Kristof

Dans un pays à une époque, la guerre. Celle-ci gagne du terrain. Dans une ville, une mère, voulant protéger ses jumeaux, les envoie à la campagne et les confie à leur grand-mère, une femme rustre, laide et méchante, qui leur apprend la vie à sa manière. Livrés à eux-mêmes dans le chaos d’un monde qui a agota.jpgperdu toute morale, ils découvrent la vie en s’auto-éduquant et en faisant face à la barbarie ambiante. Ils se confrontent à la réalité et se conforment aux actions de la population qui les entoure : les deux garçons saisissent le sens même de la cruauté, du vol, de la sexualité et ses vices, mais apprennent aussi le travail, la lecture, l’écriture et le mensonge. Ils se rendent comptent tant bien que mal qu’une seule chose pourra les soutenir dans leur quête d’identité et de sécurité : le fait de ne compter que sur eux. Ils vont multiplier les exercices d’endurcissement, à tel point, que lorsque leur mère viendra les chercher, elle se heurtera à leur refus catégorique de la suivre. Et ne parlons pas du père qui paiera de sa vie sa volonté de se faire aider d’eux…

Agota Kristof signe ici un roman polémique et dérangeant qui nous permet d’apprécier la dure réalité de la guerre vécue par deux garçons qui ne comptent que sur eux mêmes. Se multiplient des scènes dures et cruelles, sans langue de bois, comme pour donner à lire la crudité d’un monde déréglé, au sens premier du terme. Ce roman, relayé médiatiquement par l’affaire d’Abbeville, vaut d’être lu, spécialement pour la liberté d’imagination que nous laisse la romancière du fait qu’elle n’évoque aucun prénom, ni âge, permettant au lecteur de se fondre dans l’histoire et d’interpréter à sa façon l’action et le contexte. Une lecture dont on ne sort pas indemne et qui marque pour longtemps, un récit choc d’ un monde choquant.

 

Julien Servero, étudiant en B.T.S.A.M.1

 

 

 

 

Billet de critique littéraire sur Je me souviens... de Boris Cyrulnik

Veux-tu comprendre comment les traumatismes les plus destructeurs de ton enfance peuvent éveiller en toi des stratégies de survie ? Dans le livre Je me souviens, Boris nous révèle l’histoire de son enfance, de la « résilience », des stratagèmes qui permettent de dépasser des cyrulnik200.jpgtraumatismes à l’aide de mains tendues. « Je pense que le remaniement du passé est un facteur de résilience et que ceux qui n’adoptent pas un tel point de vue restent prisonniers de leur histoire. Ils ne se voient et ne vient que l’horreur du réel, la blessure intérieure, l’inquiétude, l’angoisse. Ils sont à jamais prisonniers de leur passé alors que ces faux souvenirs, mêlés à des traces souvent plus précises que les archives, témoignent d’un remaniement des représentations qui permet au sujet de retrouver espoir ». Ce livre est écrit de façon orale, il nous parle de sa vie d’enfance, des événements dramatiques qu’il a subis étant jeune. Comment va-t-il s’en sortir ? Faut-t-il se souvenir ? Et pourquoi ? C’est un livre pudique et émouvant qui nous donne une magnifique leçon de vie avec une lucidité déconcertante. Pendant longtemps il ne va rien dire à personne. « Ça fait soixante-quatre ans que je n’ai rien pu dire, c’est la première fois que je le fais. » Boris Cyrulnik nous révèle ses souvenirs personnels : il est né à Bordeaux, ses parents étaient des juifs allemands qu’il n’a pratiquement pas connus, puis il a été élevé par des familles d’accueil tout en restant caché puis arrêté et sauvé d’une mort certaine. Quelques années plus tard, il revient à Bordeaux et ses souvenirs reviennent progressivement. Il évoque également son arrestation. Il nous montre que l’écriture autobiographique est une reconstruction de soi, une quête d’identité. Lis ce bouquin qui est un livre de vie exceptionnel, une preuve que l’on peut être sauvé d’un traumatisme.

 

Raniéri Zoé, élève de 1ère L, lycée Condorcet.

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