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Les lycéens écrivent aussi (2ème édition - billets n°6 et 7)

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Une actualité de Administrateur
Publié le 05/11/2012
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Aujourd'hui, nous publions deux billets - nous ferons ainsi tout au long de cette deuxième semaine des "Lycéens écrivent aussi".

Un billet sur un ouvrage-coup de coeur d'une part, et le récit de la rencontre d'une oeuvre et d'un homme d'autre part (en l'occurrence avec Boris Cyrulnik).

 

24h de la vie d’une femme, deux heures de la vie d’un lecteur…

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Stephan Zweig ou l’art de manier et de décrire les sentiments. 24 heures de la vie d’une femme est une nouvelle assez longue qui allie la force de l’émotion à l’intérêt pour une intrigue haletante. Dans cette histoire, Zweig nous dépeint avec ingéniosité et finesse une fresque de la société française du début du XX° siècle. Plusieurs thèmes sont abordés tels que l’amour, l’addiction aux jeux et surtout la condition de la femme face aux mœurs de l’époque. Pendant ces deux heures de lecture nous sommes plongés au cœur de la vie passée d’une dame anglaise via le procédé littéraire du récit enchâssé. Au sein d’une pension de famille, éclate un scandale causé par une femme qui a abandonné son mari pour suivre un homme plus jeune qu’elle, tous les pensionnaires sont en émoi et dénonce violemment l’attitude inacceptable de cette femme légère, tous sauf une vielle dame qui ne dit mot et le narrateur qui ose prendre la défense de la fugitive. Son attitude lui vaut de s’attirer la bienveillance de la dame qui décide de lui confier la passion dévorante qu’elle a éprouvé autrefois pour un jeune homme rendu suicidaire suite à son addiction aux jeux de casino. Pour lui, elle a renoncé à toute morale, à tout bon sens, à tout orgueil, voulant vivre dans son intensité la plus absolue la folle attirance qui la poussait vers lui. Zweig arrive, par son écriture, à nous fasciner, nous immerger dans un torrent de sentiments mélangés et confus. C’est alors que nous sommes comme happés par la complexité des sentiments qu’une femme peut éprouver et ce dans un temps si court qu’il devient presque éprouvant pour le lecteur de s’imaginer comment il est possible de vivre autant d’émotions en même temps alors qu’elles peuvent être contradictoires. La magie s’opère, on « entre » dans le cœur de cette femme meurtrie, on vibre et on souffre avec elle et on espère jusqu’au dernier moment…

Il s’agit là d’une des nouvelles les plus abouties de Zweig, avec une fin mélancolique comme il les aime. Dans cette nouvelle, n’importe quelle femme pourrait se reconnaître. Deux heures de lecture intenses et beaucoup d’autres à repenser à la folle modernité de cette héroïne qui nous parle de nous et dont l’aventure pourrait nous arriver aujourd’hui encore plus qu’hier…

Margaux Belval, étudiante en B.T.S. C.I.1

 

 

 

Boris Cyrulnik, neurologue, psychiatre, éthologue, psychanalyste, mais surtout, sacré petit rebelle !

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Dans Je me souviens, il raconte son incroyable enfance à travers laquelle il va mettre en évidence le processus de résilience, ce grâce à quoi il réussira tout de même à aller de l'avant malgré la dureté des faits dont il fut le témoin et la victime. Cyrulnik nous fait suivre le parcours de l'enfant qu'il était sous forme d' « enquête archéologique ». Il évoque sa situation, au beau milieu de la guerre : menacé en permanence, sujet d'une importante carence affective, il dût surinvestir la poésie du monde vivant, "s'émerveiller" des animaux et des insectes pour faire barrage à ce danger provenant des hommes. Au fur et à mesure, on va se rendre compte de l'indépendance de l'enfant Cyrulnik, on va constater son insoumission à la pensée des adultes. Boris nous racontera comment il suivra ses intuitions, se démarquera des autres, et quels procédés il mettra en œuvre pour se défendre. Entre-temps, il nous transporte au cœur de son "enquête" énigmatique et explique avec génie le fonctionnement du souvenir. Au beau milieu de ces sérieux sujets, il ne se privera pas de quelques traits d'humour... Comment traverser toutes ces épreuves tant physiques que morales sans trébucher ? Pourquoi se souvenir de faits d'une extrême précision sans ressentir l'émotion qui va de paire ? Vous le saurez au moment où vous ouvrirez ce livre...

Tommy Ruiz, élève de 1ère L

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