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Les lycéens écrivent aussi (2ème édition - billets n°8 et 9)

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Une actualité de Administrateur
Publié le 05/11/2012

logocondorcet.jpgBillet sur Acide Sulfurique d’Amélie Nothomb,

Alors que Pannonique, Pietro Levi et d’autres futures victimes se promènent dans la rue, ils sont repérés par les organisateurs d’un jeu de télé réalité : « Concentration ». Le but : recréer les conditions de vie d’un camp de concentration, à une différence notable : chaque minute de cette nouvelle forme de déportation est filmée et projetée à la télévision devant des millions de téléspectateurs qui peuvent se délecter de la souffrance acid.jpgd’autrui. Destitués de leur identité mais pourtant choisis pour leurs traits significatifs de personnalité, les participants forcés vont subir les pires atrocités pour satisfaire l’hystérie collective des téléspectateurs qui se retrouvent à travers les personnages dans l’émission. Les kapos, qui tiennent le rôle de tortionnaires sont choisis pour leur méchanceté brute. Parmi ces recrues barbares se distingue, par son zèle, Zdena qui va se prendre d’une passion trouble pour l’héroïne Pannonique son double inversé…. Cette dernière qui porte le matricule CKZ 114 obsède la kapo à tel point que, pour connaitre son vrai nom, Zdéna va alterner horreur et gentillesse à son égard, essayant de briser la détermination de la jeune fille de rester digne et humaine malgré les multiples tentatives de déstabilisation, brutalité et vulgarité. L’atrocité est telle que la mort finit par être le seul espoir de certains prisonniers. Amélie Nothomb nous emmène dans un univers de déshumanisation, d’humiliation et de violence afin de montrer jusqu’où la télé-réalité peut déraper. Une aventure, où le mépris et la violence ne cessent de s’accroître. Jeunes, et vieillards se font « éliminer » par les kapos, pour seul motif de ne pas résister aux coups violents, ni aux insultes morales. Cette aventure haineuse n’en finit pas de repousser les limites de l’ignominie puisque devant la baisse d’audience, les organisateurs décident de relancer l’intérêt du téléspectateur en l’invitant lui-même à voter pour le droit de vie ou de mort d’un candidat en tapant son matricule via sa télécommande depuis son canapé. Et ça marche, le succès de l’émission ne se dément plus et atteint un pic lorsque l’héroïne, voulant défier Zdéna et l’obliger à intenter une action salvatrice, invite en direct le téléspectateur à voter sa propre mort… Acide sulfurique, un livre qui mélange amour, haine, amitié, pitié et dégoût, nous plonge dans l’horreur d’un camp de concentration afin de satisfaire aujourd’hui une société de spectacle qui, dans la terreur, trouve son bonheur. Un livre qui interroge sur notre société et ses dérives, sur notre propension au voyeurisme et au sadisme…

Manon Lopez, étudiante en B.T.S.A.M.1

 

 

 

Billet de critique littéraire : Je me souviens… de Boris Cyrulnik

cyrulnik200.jpg« Je me souviens »… Attendez, attendez ! Cette phrase n’est-elle pas le titre de l‘œuvre autobiographique de Georges Perec dont Cyrulnik se présente comme le disciple ? Cyrulnik comme son mentor, Perec, a souffert des traumatismes de la Guerre, comme son modèle, il a échappé à la traque de la Gestapo et de la milice française à Bordeaux en 1944 ! Dans cette œuvre « Je me souviens… », Cyrulnik, éthologue, neuropsychiatre, pose le problème de la remontée des souvenirs d’enfance. Vous lirez un livre énigmatique, captivant. Un livre aussi inquiétant à cause de l’atmosphère dense qui entoure le récit des souvenirs de l’enfant « Pitchoun, le Petit Cyrulnik ». Le livre se montrera parfois étrange. Mais il ya une raison et vous la découvrirez. Cela est dû à la fragmentation de la mémoire qui n’est ni linéaire ni continue. Une mémoire qui n’est pas une photographie, mais « un carnaval », comme a déjà prophétise l’écrivain du « mentir-vrai », Louis Aragon. Voila lecteur, un récit d’un homme de courage qui a survécu à une période douloureuse. Un homme résilient dont la capacité de force, de courage et d’intelligence lui a permis de dépasser le choc d’une arrestation et de la perte de ses parents. Vous serez immergé dans une lecture fluide, un ouvrage construit sur un langage simple, précis. Cyrulnik l’explique lui-même : « Il voulait être compris ». Il ne voulait pas rester caché, mais être découvert. « Pitchoun », Cyrulnik veut se montrer à partir de cet ouvrage. Donc, lecteur, je vous recommande ce livre afin de découvrir cet homme-là. Vous aurez de belles surprises, je vous assure.

Pedro Brito, élève de 1ère Littéraire

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