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Les lycéens écrivent aussi (3ème édition – billet n°31)

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Une actualité de Administrateur
Publié le 05/11/2012
Billet sur W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec   Dans le registre des œuvres traitant de la seconde guerre mondiale, les écrits sont légion. Georges Perec, par W ou le souvenir d’enfance, nous offre un récit abouti qui diffère par sa forme de bien des ouvrages s’ancrant dans cette période de l’Histoire. De par son agencement tout d’abord. Le récit est en effet divisé entre l’histoire de son enfance et une fiction, qu’il a commencé à écrire alors qu’il n’avait que 13 ans. Ces histoires parallèles se révèlent au fur et à mesure du récit étrangement liées et Georges Perec nous livre sa vision du nazisme par son enfance marquée à jamais par la perte de ses parents du fait de leur confession juive, ainsi que par la description d’une société initialement présentée comme parfaite, isolée dans le lointaine île de Terre de Feu, W. La description de cette société, basée sur le sport, se dégrade très finement au cours du récit et on assiste à la métamorphose de W de paradis en enfer, du fait des privations, des punitions, des persécutions envers les perdants, du pouvoir total et arbitraire, de l’injustice. W illustre ainsi les dérives d’une société voulue supérieure, dont les similitudes avec l’Allemagne nazie et sa propre histoire personnelle sont de plus en plus présentes au cours du récit, sans jamais la nommer directement. Une approche intéressante concrétisée dans un ouvrage réussi.   Georges Perec parvient ainsi à faire résonner à chaque phrase un écho bien particulier chez ses lecteurs et on arrive à voir d’un œil neuf une idéologie pourtant maintes fois visitée par les œuvres culturelles.   Cette œuvre, malgré une apparence simple et enfantine, transmet ainsi un message fort qui va bien au delà d’une société idéale imaginée par un enfant de 13 ans ou d’une autobiographie marquée par la guerre. L’imbrication de ces deux récits, suivant la formule 1+1=3 de l’addition des compétences, livre un résultat bien plus étoffé et probant que les deux récits pris séparément, et là réside toute la richesse de cette œuvre. Quand la partie autobiographique de l’œuvre s’attarde sur des détails de la vie de l’auteur qui peuvent sembler insignifiants et se révèlent finalement constitutifs de la personnalité de l’auteur, celle de l’histoire de w se précise à chaque chapitre pour révéler toujours davantage sa monstruosité. On se plait, ainsi, à lire la description précise et la déchéance de l’idéal de la société de W, quand l’histoire de l’auteur y apporte un contrepoint et une explication essentielle : W n’est autre qu’un subterfuge de l’esprit pour pouvoir dire l’indicible, parler de l’innommable en recourant à une forme de parabole.   L’alternance des chapitres sur la vie de l’auteur et sur celle à W a aussi pour effet de maintenir le lecteur en haleine, sa curiosité de connaître la suite de chaque histoire étant constamment renouvelée par la rupture imposée du découpage du livre.   Ce livre est donc à recommander à tous ceux qui souhaitent comprendre cette période de notre histoire sous une forme et un angle nouveau, et ce grâce à un récit relativement court et surtout captivant.     Billet de Ronan Gombau, étudiant en B.T.S. Commerce International

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