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Les lycéens écrivent aussi (4e édition - billet n°1)

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 05/11/2012

Billet sur Robert des noms propres d’Amélie Nothomb

Le roman Robert des noms propres d’Amélie Nothomb nous raconte l’histoire d’une jeune fille nommée Plectrude, orpheline de père et de mère. Sa naissance fut rocambolesque : sa mère, Lucette, a assassiné son père en vidant le chargeur du revolver sur sa tête puis s’est dénoncée à la police et a été incarcérée. Quelques mois plus tard, elle accouche d’une jeune fille dans sa cellule elle décide de lui donner le nom de Plectrude avant de se suicider en se pendant. A naissance extraordinaire, destin spécial, semble nous dire l’auteur. De fait, cette Plectrude, vraiment très belle avec de grands yeux magnifiques, est recueillie par sa tante Clémence, la sœur de Lucette, qui lui fait croire qu’elle et son mari Denis sont ses parents. Elle envisage pour elle un destin extraordinaire, celui de danseuse étoile, autrement dit, projette sur elle son rêve de jeunesse demeuré inaccessible. Et la petite de suivre le chemin tracé par sa mère d’adoption jusqu’à se perdre elle-même puisqu’elle sombre dans l’anorexie. Et c’est la descente aux enfers : suite à une blessure, le rêve s’évanouit, Clémence lui retire tout son intérêt, Plectrude est renvoyée à son néant et au chaos de sa naissance car c’est précisément au moment où sa carrière de danseuse appartient aux rêves du passé que Clémence lui révèle sa véritable identité. Plectrude, perdue et hantée par cette histoire, décide d’embrasser le même destin que sa mère. Mais c’est sans compter sur l’amour et sur une forme d’inversion de la logique suicidaire puisque elle retourne sa pulsion meurtrière contre la véritable auteur de ses jours…

   C’est un récit attachant, mêlant différentes émotions du rire aux larmes, faisant aussi la part belle aux espiègleries et à une certaine folie narrative puisque l’auteur n’hésite pas à confondre les différents niveaux de l’histoire. Le début très intense nous emporte dans la lecture que l’on interrompt qu’à la fin déroutante qui nous amène à nous interroger moins sur cette histoire elle-même que sur le processus même de l’écriture d’un roman, le rôle, la liberté mais aussi la responsabilité d’un auteur croyant tirer toutes les ficelles d’une histoire qui lui échappe quand même, voire pourrait se retourner contre lui.

Billet de Khadidiatou Ndoye, étudiante en B.T.S. Assistant de Management, 1ère année

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