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Oser devenir

Les belles vies
« Les belles vies », aux éditions Sarbacane
Une actualité de Véronique D.
Publié le 25/11/2016
L'amitié, vous le savez, c'est à la vie à la mort ! Pour qu'elle grandisse et s'éternise, il en faut des souvenirs, des bêtises, des défis. Il en faut des épreuves au milieu des moments doux, il en faut des regards, des mots et des gestes qu'on se rappellera, plus tard...
Grandis en banlieue parisienne, Vasco et Djib ont une amitié construite comme une évidence. À l'aube de l’âge adulte, ils pourraient faire la liste de ces moments qui les ont soudés pour un goûter volé ou le regard d'une fille. Car il faut bien le reconnaître, en grandissant, les regards des filles, ça a de plus en plus compté. Et les regard des autres gars sur les filles aussi. Et là, pour un regard de trop, bien de travers, bien lourd, les deux garçons attendent que leurs parents viennent les chercher au commissariat où ils mijotent pour coups et blessures.
 
"Il faut que ces garçons comprennent cette fois !" Le verdict tombe : pour les deux compères, direction la Nièvre, à la ferme, chez un vieil ami du père de Vasco...

Quelle bonne idée que d'avoir immergé des habitués du béton dans le plus rural des décors ! Le choc des cultures est réel d'autant qu'il faut trouver sa place dans cette ferme qui accueille déjà toute une tribu d'enfants placés par la DDASS. Il y a là des petits et des plus grands, des ados comme Vasco et Djib et parmi eux, des filles. Et donc, probablement des problèmes à venir !

Ça roule des mécaniques, ça se jauge, se mesure, s'enflamme et peu à peu, la mayonnaise espérée prend. Le soleil tape et échauffe parfois les nerfs, chaque personnage se révèle dans sa fragilité. Confrontés au racisme ordinaire, aux petites frappes sur mobylette, Vasco (d'origine portugaise) et Djib (d'origine africaine) vont surtout apprendre autrement les valeurs que leurs parents se sont toujours efforcés de leur transmettre.
Dans cette ferme où Tonton et Tata, vieux couple chaleureux et tolérant apprend à chacun à s'épanouir quelque soit la carence d'amour qu'il trimballe avec lui et quelque soit son passé, les deux garçons vont se construire pour la vie les souvenirs d'un été pas comme les autres, celui qui les aura fait définitivement grandir et donner les clefs pour "oser devenir".

Avec Les belles vies, Benoît Minville propose un roman tendre, doux et fort qui est en parfaite continuité avec ses deux premiers romans chez Exprim'. Les liens familiaux sont une fois encore au cœur du roman qu'ils soient abîmés ou au contraire un socle qui permet de grandir et l'adolescence y est dépeinte avec une belle justesse de ton, servie par une écriture gouailleuse et inventive. Entre humour et émotions, peps et larmes, Les belles vies va vous donner la pêche !

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Véronique D. (282)

Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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