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Parce que tant que notre cœur ne s'est pas arrêté de battre, il y a de l'espoir.

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Une actualité de Anaïs H.
Publié le 16/10/2018
A cœur battants, c’est l’un de ces livres avec un avant et un après.

D’un simple coup d’œil à la quatrième de couverture – France, attentats, Bataclan… -, je me suis dit que ce livre, je l’avais déjà probablement lu, les dramatiques événements qui ont secoués le pays (et le monde entier en fait) ces dernières années ayant déjà fait couler beaucoup d’encre.

Ce qui m’a décidé à ouvrir ce livre, sans véritable conviction de le terminer je le confesse, c’est la nouvelle collection dans laquelle il est publié (collection Echos des éditions Gulf Stream que j’estime beaucoup) et le nom de l’auteure, Charlotte Bousquet, reconnue pour son énorme contribution à la littérature jeunesse que j’avais honte de ne pas avoir encore lue. Alors je l’ai lu. Jusqu’à la dernière page. Et bon sang, quelle claque !

Encore terriblement secouée par les attentats du Bataclan, la France est plongée dans un climat nauséabond où cohabitent tant bien que mal l’intolérance, le racisme, la colère mais aussi la solidarité et le courage. Excédés par l’état d’urgence instauré par le gouvernement, beaucoup se sont alors réunis pour lutter pour leur liberté. Polly, JB et Harley sont d’ailleurs de ceux-là. Lycéens, ils sont là pour manifester. Samia, elle, est « vlogueuse » (c’est-à-dire blogueuse vidéo) et tient une chaîne Youtube dans laquelle elle s’exprime, pousse des coups de gueule, parle des inégalités. Il y a aussi Aurélien, un SDF qui zone avec Falkor, son fidèle compagnon. Mais il y a aussi le lieutenant Sébastien Périer, inquiet que sa fille ait décidé de participer à la manifestation et qui tente de trouver les véritables « méchants », ceux qui ont profité de ce moment pour semer le trouble, provoquer le chaos.

Alors que la foule arrive place de la République, la manifestation tourne à l’émeute. Les forces de police sont sur le qui-vive et réagissent au quart de tour. Polly et JB perdent de vue Harley qui se retrouve embarqué à tort par les CRS. Quant à eux, Polly et JB, tentent tant bien que mal de porter secours à Aurélien, passé à tabac par les flics qui ont vu en lui une menace. Samia, bousculée et blessée dans le mouvement de foule, cherche des rescapés qui pourraient rendre compte de la violence dont elle vient d’être témoin. Le lieutenant Périer, lui, se retrouve à faire le tri entre les émeutiers et les manifestants. Autant de personnes qui ne se seraient jamais croisées, et encore moins côtoyées si elles n’avaient pas partagées cette journée infernale. Et nous, lecteurs, vivons chaque minute de cette journée avec eux, retenant notre souffle, espérant que chacun d’eux s’en sortira indemne et que les choses changeront, que la liberté ne sera plus sacrifiée au prix de la sécurité.

Il s’agit donc là d’un message de résistance, de liberté mais aussi de solidarité. Et cette solidarité s’adresse également au service public. En effet, Charlotte Bousquet évoque également la triste et insupportable réalité qu’endure notamment les membres des services hospitaliers et des services de police. Surmenés, dépassés et manquant de moyens humains et logistiques, ils ont bien souvent du mal à subvenir aux besoins de la population.

« L’application des choix politiques par l’administration « tue » seize fois plus de policiers que les terroristes en France. (…) A cela s’est ajouté l’état d’urgence, nous faisant enchaîner les heures supplémentaires et le nouveau code de déontologie  de la police nationale, nous mettant au service des politiques et non du peuple… » (p. 174)

Alors j'ai lu ce livre, et jusqu'au bout. J'espère que je vous ai donné envie d'en faire autant parce que c'est un livre, bouleversant, percutant, diablement réaliste, bref, nécessaire.

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