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pendue haut et court

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Une actualité de Véronique D.
Publié le 31/08/2010

la messagère de l’au-delàSe réveiller dans la plus profonde obscurité peut être inquiétant dans nos sociétés habituées depuis longtemps aux bienfaits de la fée  électricité mais au XVII ème siècle, pour une jeune servante, quoi de plus quotidien pour qui se lève avant l'aube afin de veiller au confort de la famille qui l'emploie. C'est "la teneur de l'obscurité" qui inquiète pourtant la jeune Anne : "plus noire que noire, douce et enveloppante". Il lui est impossible de se mouvoir, elle semble flotter entre deux rêves, ne ressent ni froid, ni faim, ni douleur. Soudain, un souvenir se précise à son esprit : la dernière fois qu'elle à vu le révérend Coxeter, il implorait la clémence de Dieu à son encontre. Et elle, debout sur le gibet, une corde autour du cou, attendait la mort !

Voilà pour la teneur des deux premières pages de La messagère de l'au-delà, autant dire que ce roman, inspiré d'un fait divers véridique, commence sur les chapeaux de roues. Mary Hooper prend le parti de placer son héroïne en narratrice et c'est donc sous forme de flash-back successifs qu'Anne Green, condamnée pour infanticide, pendue haut et court et dont le cadavre est choisi pour être disséqué par les étudiants de médecine, raconte, prisonnière de son corps immobile, comment elle en est arrivée là, à être considérée comme morte alors qu'elle ne l'est pas. Le jeune étudiant bègue qui la veille vient, en chapitre alternés, apporter son point de vue au récit de la servante. Il est tout à ses pensées losque les yeux de la jeune fille semblent ciller...

On pourrait croire cette histoire terriblement morbide mais au-delà du fait divers à faire dresser les cheveux dans les chaumières à la lumière tremblante d'une rare chandelle, Mary Hopper fait aussi œuvre d'historienne et dépeint avec talent les laissés pour compte d'une Angleterre où la justice n'est pas la même pour tous, où le manque d'éducation remplit son office de barrière sociale, où la misère des plus humbles est aussi celle de devoir se plier à tous les caprices des plus riches.

Précédemment  publié par les excellentes éditions du Panama aujourd'hui disparues, La messagère de l'au-delà est réédité chez un tout nouvel éditeur (Les Grandes Personnes) dont le catalogue est fort alléchant. On en reparle très bientôt...

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Véronique n'est peut-être plus adolescente depuis longtemps mais a développé une passion sans borne pour ce secteur de l'édition. Aussi passionnée de littérature victorienne que de westerns, elle aime la fiction sous toutes ses formes mais peut-être plus encore les balades en forêt au petit matin.

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Marie-Aurélie adore la littérature américaine et les romans noirs. Elle aime écouter de la musique déprimante des années 80 et changer de couleur de cheveux.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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